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BULLETIN
DE LA ,
SOCIÉTÉ D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES
ANNÉE 1911
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CARCASSONNE PARIS
Viotor BONNAFOUS-THOMAS | G. FICKER, Librairie générale
"Imprimeur de la Société et Juternationale
90, RUE DE LA MAIRIE, 90 6, AUE DE SAVOIE, 0
41911 1911
BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES
DE L'AUDE
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BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES
DE L’AUDE
VINGT-DEUXIÈME ANNÉE. — TOME XXII
CARCASSONNE PARIS
Victor BONNAFOUS-THOMAS | G. FICKER, Librairie génirale
lnprimeur de la Socièté et Huternatiouale
O0, RUE DE LA MAIRIE, 90 6, RUE DE SAVOIE, 6
1911 1911
ART. 40 du RÈGLEMENT. — La Société ne prend sous sa
responsabilité aucune des opinions ou assertions émises par les
auteurs des articles insérés dans son Bulletin ou des communi-
cations faites en séance, même si elles n'ont été suivies d'aucune
discussion.
PREMIÈRE PARTIE
Liste des Membres. — Séances de 1910
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MEMBRES FONDATEURS
DE LA
SOCIETÉ D'ETUDES SCIENTIFIQUES DE L'AUDE
ALIEU (François), archiviste.
AMIGUES (Adolphe), notaire.
AUGÈRES (Victor), instituteur.
AURIOL (Adrien), professeur d'ugr.
AYROLLES (Aimé), propriélarre.
BAICHÈRE (l'abbé Ed.), professeur.
BARRE (Léopold), propriétaire.
Bros (Philippe), professeur.
BENEAUSSE (Maurice), tnstituleur.
BERGASSE (Marius), propriétaire.
BONNAVES (Pabbé Sylvain), curé.
BOURREL (Charles), D' médecin.
Bnu (Fernand), botaniste.
CAMBON (l'abbé Léon), professeur.
CANAL (l'abbé Pierre), professeur.
CASTEL (Pierre), trgénieur.
CHARTIER (Louis), naturaliste.
COMBES (l'abbé G.), professeur.
DAT DE ST-FOULC (Ch.), rentier.
DONNAREL (François), tustituteur.
DONNAT ‘Hippolyte), professeur.
DUMONT (Joseph), horticulteur.
FLEUREAU (Alphonse), professeur.
GanY (Léopold), propriétaire.
GASTINE (Fabbé M.), professeur.
GAUTIER (Gaston), botaniste.
HGAVOY (Louis), entomologiste.
GAZEL (abbé Lucien), professeur.
GLORIES (Emile), renier.
JALOUX (Adrien), )rogriétatre.
JEAN (Joseph), propriélaire,
JULLIAN (Ch.-Gabriel), étudiant.
JOULIA (l'abbé Ja, Sup.du P. Sém.
LIGNOX (Alban), instituteur.
MaHoOUXx (labbé Casimir}, curé.
MALBRET (Bernard), photographe,
MaARIEU (Charles), propriétaire.
Mary (Ulysse), propriétaire.
MAUREL (Oscar), instituteur.
Mirrocu (l'abbé Georges), profess.
MOLINIER (Jean), instituteur.
MonNTES (P.), anc. chef d'insliton,
MouLA (Paul), D' médecin.
MULLOT (Henri), propriétaire.
NaAVALS (Albert), tastituteur.
NoYEn (Joseph). botaniste.
PÉRIÉ (Auguste), tustiluleur.
PErTet (Abel), Dr médecin.
PILLOT (E.), garde gén. des forëts.
PONS (l'abbé Camille), professeur.
PRaTx (l'abbé Aus), professeur.
RANCOCULE (l'abbé £.-B ), profess.
REBELLE (Guillaume), négociant.
RESPAUD Auguste}, tnstituteur.
ROUSTAN (Désiré, étudiant.
SICARD (Germain), propriélaire.
SOL (Paul, Journaliste.
SOCRBIEU (Ed.), conchyliologiste,
ViGuiER (Laurent), étudiant.
VEZIAT Auguste), chef d'instiln,
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ETAT DES MEMBRES
DE LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES DE L'AUDE
Au 831 Décembre 1910
Président honoraire
M. Ch. Baron, à Narbonne.
Membres nés
M. le Préfet du département de l'Aude.
M. le Maire de Carcassonne.
M. l’Inspecteur d’'Académie.
Membres honoraires
MM.
BERGERON {Jules}, 157, Boulevard Hausmann, à Paris.
BRESSON ‘A.), Préparateur de géologie à la Faculté des
Sciences de Besançon (Doubs).
CAREZ (Léon), Docleur ès-sciences, 18, rue Ilamelin, à
Paris, Géologue.
CARTAILHACG (Emile), rue de Ia Chaîne, 5, à Toulouse
(Haute-Garonne), Sciences préhistoriques.
DEPÉRET ‘Ch.), Doyendela faculté des Sciences de Lyon.
DoxctEUX {L.), Professeur à la Faculté des Sciences de
Lyon.
FLAHAULT {Charles}, Professeur à la Faculté des Sciences,
à Montpellier (Hérault).
FLEUREAU (Alphonse), Proviseur au lycée, à Toulouse.
GAUTIER (Armand), Membre de llinstitul, Professeur à
la Faculté de Médecine, à Paris.
— XX —
DE GROSSOUVRE, Ingénieur en chef des Mines, à Bourges.
LAMBERT J.), Président du Tribunal civil, à ‘1royes.
MEUNIER ‘Stanislas), Professeur de Géologie au Muséum
d'Histoire naturelle, 3, Quai Voltaire, à Paris.
RoussEL (J.), Docteur ès-Sciences, Professeur au Collège,
9, chemin de Velours, à Meaux.
ViGuier (Maurice), Docteur ës-sciences, à Carpentras
(Vaucluse).
Membres donateurs
MM.
DoN DE CÉPIAN (Maurice), Propriétaire, à Villemous-
taussou.
SARDA ‘Jules), Propriétaire, Châleau de la Rouquette,
par Lasbordes {‘Aude).
LaNoiR (Georges), Inspecteur des forêts, à Diidijelli
{Algérie) |
Membres Titulaires
(L'astérisque indique les Membres fondateurs)
MM.
1899 Aper ‘Henrv), &. Ingénicur des Ponts et Chaus-
sées, aux l'orges de Quillan Aude’, et 68, ruc
de Laurision, à Paris.
1889* ALIEU françois), &ÿ, Arcmrviste à la Préfecture de
l'Aude, à Carcassonne.
1SS9* AMIGUES Adolphe), Notaire, rue du Marché, à
Carcassonne.
1890 ANCÉ ‘abbé Raymond), Curé, à Greffeil.
1891 D ANDRIEU (Gabriel), Propriétaire, à Coursan.
1899 AXÉ Picrre), &, Yÿ. Conducteur des Ponts et
Chaussées, à La Nouvelle.
1907 AnxauUD Charles), Ingénieur dela maison Fafeur,
Square Gambetta, à Carcassonne.
1889 AUGÈRES ‘Victor:, Directeur de l'Ecole Communale,
à Sigcan.
1909 AurTIER (Urbain), Pharmacien, à Villegly.
1893 AZALBERT (Antoine), &ÿ, Docteur-Médecin, à Caunes.
1900 AZÉMA (Jules), &ÿ, Propriétaire et Maire, à Saint-
Nazaire (Aude).
1910 AZÉMA (Lucien), Entrepreneur de Menuiserie, 32,
rue de Lorraine, à Carcassonne.
1892 Bac (Victor), Représentant de Commerce, rue de la
République, à Carcassonne.
1895 BarBur (Georges), 0. &, &ÿ 1. P. Professeur
d'Agriculture, rue de la Liberté, à Carcassonne.
1903 Barpou (Pierre), Propriétaire, à Cazihac.
1890 Baron (Charles), &ÿ. Libraire, à Narbonnc.
1892 Bary {Ernest), Négociant, ruc des Jardins, à Car-
cassontnc.
1899 BATUT (Raoul), Ingénieur agronome, Dr de la Colonie
de San Luis, à Huesca ‘Espagne).
1901 Bauvizze (Henri), Marchand-Taiïilleur, rue Char-
tran, à Carcassonne.
1894 Baux (Xavier), Négociant, rue de la Gare, à Carcas-
sonne.
1892 Bayarp (Antoine), &, labricant de couleurs, rue
des Jardins, à Carcassonne.
1889* BENEAUSSE ‘Maurice), Directeur de l'Ecole du Musée,
à Carcassonne.
1901 BERNON ‘Paul), &ÿ, Pholographe, rue de la Gare, à
Carcassonne.
1893 BERTHOMIEU Louis), &ÿ, Notaire, à Caunes-Minervois.
1899 BERTRAND (Armand), Propriétaire, à Azillanet
(Hérault).
1899 Benrraxp (Elie), Instituteur, à Villalier.
1903 BES ({Pierre-Gcorges), Régisseur à Montquiert, près
Carcassonne.
1893 BinorT ‘’Baptiste), Entrepreneur, à Maquens.
1895 BLANQUIER ‘Alexandre), &ÿ. Instituteur, à Cuxac-
d’Aude.
1901 BoxxaFrous {Joseph), Imprimeur, rue de la Mairie,
à Carcassonne.
1889* BoxxAvES {l’abbé Sylvain), Curé-doyen, à Couiza.
1893 Bonries (Guillaume), &ÿ, Propriétaire, à Fabrezan.
1897
1895
XIE. —
BoucuÈrRE (Cyprien) Docteur-Médecin, à Quillan.
BOURGES (Fernand), Sous-Inspecteur des Enfants
assistés, Square Gambetta, à Carcassonne.
1889* BourreL (Charles), Docteur-Médecin, rue Vollaire,
1895
1900
1906
1910
1890
1905
1599
1903
1591
1891
1901
1906
1899
1905
1890
1891
1897
1891
1901
1900
1892
11, à Carcassonne.
BousquETr (Jean-Baptiste), Inslituteur, à Salvezines.
BousquEer (Ilenri), Docteur-Médecin, Grand’Ruc, à
Carcassonne.
BousqQuET {Mile Jeanne),rue de la Gare, à Carcas-
sonne.
BOYER ’A.), Pharmacien, à Sorèze (l'arn).
Boyer (Victor), Négociant, rue de la Mairie, à
Carcassonne.
BRÉZET (François), Propriétaire, à Cazïilhac.
BruGuIÈRE (Auguste), Propriétaire, rue de Belfort,
à Carcassonne.
BRUNEL (Polydorce), Libraire, ruc de la Gare, à
Carcassonne.
Bucxarp (Léon), Peintre décorateur, ruc du Quatre
Septembre, à Carcassonne.
BuscaiL (Louis), Propriétaire, Boulevard Omer
Sarraut, à Carcassonne.
CALMET {Paul, Instituteur, à Aragon (Aude).
CALMON ‘Paul, Instituteur adjoint, à Cuxac-d’\ude.
CAaLSs Louis , Apiculleur), Gardien des fortifica-
lions. à la Cité, à Carcassonne.
CauBounxac ‘Henri, Avoué, 21, rue du Mail, à
Carcassonne.
CANEL Emile, Instiltuteur, à Gincla.
CanBou (J.-B.;.&£. 1. P.. Docteur-Médecin, rue de la
République, à Carcassonne.
CAREMIER Paul, Notaire, à Trèébes.
CARRIÈRE, Docteur-Médecin, rue du Marché, 2, à
Carcassonne.
CansALAT, rue des ‘Irois-Couronnes, à Carcassonne.
CASTEL Eugène:, Propriétaire, Grand'Rue, 71, à
Carcassonne.
CASTEL ‘Jean:,%£, &, Vétérinaire, ruc du 4 Septem-
bre, à Carcassonne.
+ XNI-—
1909 CasTEL (Jean-Marie), Quincailler, à Bram.
1896 CATHALA (Marius), Propriétaire, à Argelliers.
1900 CaTuALA (Julien), Instituteur, 49, rue des Etudes,
à Carcassonne.
1898 CAzaNovE, Docteur-Médecin, 91, Boulevard Barbès,
à Carcassonne.
1905 Cazaux (Pierre), Rentier, 73, Boulevard Barbès, à
Carcassonne.
1892 CÈBE (Mile), Maîtresse de Pension, Grand’Rue, à
Carcassonne.
1901 Crauzy (Vincent), Négociant, Boulevard Omer
Sarraut, à Carcassonne.
1890 CHAVANETTE, Docteur-Médecin, à Tuchan.
1899 Cnirrre (Jean), Conducteur des Ponts et Chaussées,
à Narbonne. |
1907 CLERGUE (François) .Régisseur, à Herminis, près
Carcassonne.
1896 CLuzox (lerdinand), Libraire, 26, rue Bellevue, à
Carcassonne.
1891 Cozz (Joseph), Banquier, 6, rue Mazagran, à Car-
cassonne.
1895 COMBELÉRAN ‘Ernest), Négociant, à Ricux-Minervois.
1902 COMBELÉRAN ‘Gaston), rue de la Gare, à Carcassonne.
1890 Comes (Louis), Caissier au Comptoir d’'Escompte,
à Carcassonne.
1896 CoURRENT (Paul), &ÿ, I. P., Docteur-Médecin, à
Embres et Castelmaure.
1895 Cros ‘Joseph), Maître d'Hôtel, à Fourtou (Aude).
1895 CRros-MAYREVIEILLE /Antonin), Président du Tribu-
nal Civil, Conseiller général, à Narbonne.
1902 Dacrs, Médecin-Vétérinaire, à Azille.
1892 Dazcy (Paul-Maurice), Propriétaire, à Saint-Lau-
rent-de-la-Cabrerisse {Aude).
1901 DEGRAVE, éÿ, Docteur-Médecin, à Lagrasse.
1905 DELAUDE (Charles), Ingénieur-Agronome, à Cuxac-
d’Aude. °
1906 DELEU (André), Serrurier, rue de la République,
60 bis, à Carcassonne.
1904
1895
XIV
DELMAS (Célestin), Ancien négociant, rue des Jar-
dins, à Carcassonne.
DELMAS (Louis), &ÿ, Docteur-Médecin, à Rieux-
Minervois.
DÉZARNAUD (Baptiste), Constructeur-Mécanicien, 15,
rue des Trois Couronnes, à Carcassonne.
Don DE CÉPIAN (Maurice), Propriétaire, à Ville-
moustaussou.
DucHaAx (Louis), Propriétaire, rue de la République,
à Carcassonne.
Dupuy (J.-J), Chef de Comptabilité à la Société
Méridionale d’Electricité, à Carcassonne.
DuraAnDp (Albert), Négociant, rue des Jardins, à
Carcassonne.
DussEaAuU (Victor), Agent d’Assurances, rue Pinel,
à Carcassonne. |
EmsrY (Pierre), Attaché au Laboratoire de géologie
du Muséum d’ilistoire naturelle de Paris, à Car-
cassonne.
ESCARGUEIL (François), Clerc de Notaire, chez M°
Amigues, à Carcassonne.
EScARGUEL (Aristide), Notaire, rue de la Mairie,
à Carcassonne.
ESPARSEIL {Raymond), 15, Boulevard Barbés, à
Carcassonne.
ESsPEZEL (François), Docteur-Médecin, à Espéraza.
D,ESPEZEL (André), Place Carnot, à Carcassonne.
D'EsPEzEL (Paul), Négociant, Place Carnot, à Car-
cassonne.
ESTRADE (Joachim), Directeur de la Société Méri-
dionale d’EÉlectricité, Avenue A. Mullot, à Carcas-
sonne.
Evror Charles), $, Conducteur des Ponts et Chaus-
sées en retraite, Square Gambetta, à Carcassonne.
FABRE (Antoine), Médecin-Vétérinaire, rue Littré,
à Carcassonne.
FaBrE (Numa), #ÿ, Maître-répéliteur au Lycée, à
Carcassonne.
1903
1908
1901
1901
1901
1901
1892
1904
19041
1895
1901
1902
1898
1896
1903
1910
1906
FABRE (Paul), Maire de Saint-Martin-Lalande, 20,
rue Riquet, à Castelnaudary.
FABrE (Emile), &ÿ, Inspecteur du Travail, à Car-
cassonne.
FAGES (Antoine), Régisseur à Rivoire, près Car-
cassonne.
FAGES-BONNÉRY (François), Avocat, Boulevard de
la Préfecture, 10, à Carcassonne.
FARGES (Justin), Négociant, rue Trivalle, à Car-
cassonne.
FARGES (Léon), Négociant, rue Trivalle, à Car-
cassonne.
FAURE (Marius), Notaire, à Saint-Hilaire (Aude).
FERRIÉ {Picrre), Docteur-Médecin, à Saint-Hilaire
(Aude).
FERRIÉ(Numa), Propriétaire, à Cazilhac (Aude).
FiNESTRES (Emile), Agent-vover, à Peyriac-Miner-
vois. Le.
FrTTE (Joseph), Pharmacien, à Azille.
FoNTANEL (Constant), &, Ingénieur agricole, à Em-
bres et Castelmaure (Aude).
FOoxTROUGE (Fils), Agent d’Assurances, Boulevard
du Canal, 8, à Carcassonne.
FOoURNIÉ (Ernest), Docteur-Médecin, Grand’'Rue, à
Carcassonne.
FourNIÉ (Georges), Propriétaire, au Châlcau de la
Forçate, près Villesiscle (Aude).
FnaissE (Célestin, Propriétaire, à Argelliers.
GALINIER (Casimir), Propriétaire et Marbrier, à
Caunes.
1889* Gary (Léopold), Propriétaire, à Terres-Rouges, près
1892
1889
Tournissan (Aude).
GASTILLEUR (Charles), Négociant, Grand’Rue, à Car-
cassonne.
GAuUJON (Victor), Docteur-Médecin, rue Barbès, 3,
à Carcassonne.
1889* (GAUTIER (Gaston), #, Botaniste, Place Saint-Just,
à Narbonne.
AVL —
1889* Gavoy (Louis), Entomologiste, rue de la Préfecture,
9 bis, à Carcassonne.
1899 GAYDE (Louis, Propriétaire, à Aigues-Vives (Aude).
1889* GAZEL (l’abbé Lucien), Professeur à l'Ecole Saint-
Stanislas, à Carcassonne.
1890 GERVIÈS (Amédée), Propriétaire, à Aigues-Vives
(Aude).
1889* GLortEs (Emile) ,Rentier, rue de la République, à
Carcassonne.
1898 Gourpou (Paul), Pharmacien, à Alzonne.
1903 GRiLLIÈRES (L.), C.:#, Colonel du génie en retraite,
Boulcvard Barbès, 90, à Carcassonne.
1898 Guiraup (Louis), Propriétaire, à Moux.
1891 GuirauD (Martin), Ingénieur-Constructeur, Avenue .
A. Mullot, à Carcassonne.
1892 HyvEerT (Georges), #ÿ, Ingénieur, quai Riquet, À
Carcassonne.
1903 JaALaABErT {Augusta), Directrice d’Institution, à Cas-
telnaudary.
1898 JEANJEAN (Alphonse), Propriétaire, à Saint-Hilaire
(Aude).
1909 Jorpy (Michel), Photographe-archéologue, À Car-
cassonne (Cité).
1898 LABORDE (Mathieu), &, Fabricant de futailles, rue
Montpellier, à Carcassonne.
1904 LarriTTE, Docteur-Médecin, à Chalabre (Aude).
1906 LamBriGoT (Paul), Marchand d’antiquités, Grand'-
Rue, à Carcassonne.
1895 LassazLE (Edouard), Horticulteur, rue des Quatre-
Chemins, à Carcassonne.
1903 LaTAPiE (Henri), Propriétaire, à Castelnaudary.
1901 LauTH ‘Frédéric), Ingénieur des Arts et Manufac-
tures, Boulevard du Jardin des Plantes, à Carcas-
sonne. .
1904 LaAvIALLE (Jules), Propriétaire, à ‘Lournissan.
1907 LEPARGNEUR (Jean), Etudiant en médecine, à Tou-
louse.
— XVI —
1899 LÉvYx (Adolphe), Propriétaire, Place du Palais, 8,
à Carcassonne.
1906 LiGxÈRES (Joseph), Propriétaire, à Trausse {Aude;.
1889* LiGNon (Alban), Professeur à l'Ecole d'Industrie et
de Commerce, rue Droite, 58, à Narbonne.
1904 Licxon (Léopold), Propriétaire, à Saint-Hilaire
(Aude).
1893 MADRENNES (Joseph), Ancien notaire, à Rieux-
Minervois.
1896 MarrrE (Ernest), Instituteur, à Armissan.
1901 MaixGauD (Constant), Négociant, 19, allée de
Bezons, à Carcassonne.
1903 MazerT {Achille), Propriétaire, à Espéraza.
1897 Mazrnric (Ifenri), Avocat, rue de Ja Gare, à Carcas-
sonne.
1889* MARIEU (Charles), Propriétaire, 4, rue Viollet-
Leduc, à Narbonne.
1905 MarTy (Ambroise), Receveur de l'Enregistrement,
à Quillan.
1892 MarTy (Augustin), Docteur-Médecin, Place du
Palais, à Carcassonne.
1895 MarTyY ’Léonce), rue Trivalle, 163, à Carcassonne.
1905 Marty ‘Picrre), Propriétaire, à Cazilhac.
1894 MarTuiEeu Joseph), Propriétaire, à St-Couat-d’Aude.
1898 MaTiiEU ‘Numa), Propriétaire, à St-Couat-d’Aude.
1907 MaurELz ‘Jean), 58, rue de la République, à Nar-
bonne.
1889 Mayxarp (Antoine), Instituteur en retraite, à
Bouilhonnac.
1891 MaAZURIER (Gaston), Pharmacien de rt classe,
Grand’'Rue, à Carcassonne.
1904 MÉric {J.), &ÿ, Iimprimeur-Editeur, à Limoux.
1907 MÉTRAL (Ernest, Caissier à la Succursale de la
Banque de France, à Carcassonne.
1889* Mirrou ‘Fabbé Georges), Supérieur de l'Ecole St-
Stanislas, à Carcassonne.
— AMI ==
1897 MoziniEer {Antoine), Propriétaire, à Couffoulens.
1889* MozixIER ‘Jean), Instituteur, à Tuchan.
1893 MoziniER (Louis), &ÿ, I. P., Chef de division en
retraite, ruc de la Mairie, à Carcassonne.
1892 MoxTAGNE (Gabriel), Juge de Paix, à Varennes
(Allier).
1904 MorerT (Lucien), 20, rue du Parc à Fourrages, à
Carcassonne.
1901 Moser ‘F.), Négociant et Propriétaire, à Lézignan.
1903 Mor (f'élix), Pharmacien, Grand'Rue, 20, à Carcas-
sonne.
190f MouGxié ‘ Noël), Conducteur des Ponts et Chaussées,
38, rue du Mail, à Carcassonne.
1899 MouLixEs (Raymond), Maître d'hôtel, à Quillan.
1903 MouLzs {Simon), Propriétaire, à Rieux-Minervois.
1889* MuLLoT (Ilenri), &ÿ, ruc du Quatre-Septembre, 6,
à Carcassonne.
NoGué (Osmin), Avocat, Boulevard du Musée, à
Carcassonne.
1904 NouBEL ‘Guillaume, Négociant, Grand’Rue, à Car-
cassonne.
1910 OLIVE Joseph, Apiculteur, à Bugarach.
1891 OnMIÈRES, Docteur-Médecin, rue de la République,
à Carcassonne.
1897 OURTAL (Jacques), Artiste-Peintre, rue des Arts, à
Carcassonne.
1901 PAYE ‘Auguste), Conducteur des Ponts et Chaussées,
rue Tranquille, à Carcassonne.
1891 PEcn Jean), £&ÿ, I. P. Professeur de Mathématiques
au Lycée, à Carcassonne.
1903 Prrpräotv ‘Jean:, Propriétaire, à Cazilhac ‘ Aude).
1905 PEnpiéou (Baptiste), Grand’'Rue, 128, à Carcas-
sonne.
1889* PÉRIÉ ‘Auguste, Directeur de l'Ecole de la Cité, à
Carcassonne.
1906 PEyrEe ‘Picrre), 67, rue Vollaire, à Carcassonne.
189
«1
—XIX —
1891 PEYRONNET (Paul), &ÿ, I. P., Docteur-Médecin, rue
Voltaire, à Carcassonne.
1908 Picassou (Jean), Propriétaire, à Cazilhac.
1891 Praxcarp, Docteur-Médecin, 16, rue Bayard, à
Toulouse.
1897 PouizrÈks (Joseph), Ilorloger, rue de la Gare, à
Carcassonne.
1889* PRrATxX (l’abbé Augustin), Curé, à Pomas.
1902 Prarx {Clément}, Propriétaire, à Tuchan.
1904 PuLLÈs (ferdinand), rue Victor [ugo, à Carcas-
sonne. |
1894 Rascoz (Henri), Pharmacien, à Chalabre.
1902 Rayuoxp {Martial), Ingénieur agricole, à Azille.
1892 RaynauDp {Michel), #, Négociant, Place Carnot, à
Carcassonne.
1889* REBELLE (Guillaume). rue Chartran, 11, à Car-
cassonne.
1900 REXAUX (Camille), &ÿ, 1. P., Professeur d'Histoire
enretraite,rue Antoine-Martv, 41, Carcassonne.
1889* REsPAUD (Auguste), Directeur d'Ecole, à Ouveillan,
1901 REY (Gustave), Négociant, rue Courtejaire, à Car-
cassonne.
1900 RicauD (Fortuné), Propriétaire, rue du Port, à
Carcassonne.
1892 RoBErT (Marius), Juge au Tribunal civil, 14, ruc
de la Poudrière, à Béziers ({érault).
1892 RocazvEe ‘Pierre, Propriétaire, à Villebazy.
1904 Rocer ‘Léon), Propriétaire, à Homps {Aude).
1903 RouaAxET Joseph}, Clerc de Notaire, ruc Ancienne
porte de Béziers, 19, à Narbonne.
1899 Rouayroux Oscar). Industriel, à Olonzac ({érault).
1906 RouniÈèrEe ‘{Henri), rue Courtejaire, à Carcassonne.
1896 RoumIEUX ‘Ancile), Professeur de Sciences Phy-
siques et Naturelles au Collège de Narbonne.
18914 RouQuET ‘Achille, Directeur de la Revue Méridio-
nale, ruc Victor [ugo, 9, à Carcassonne.
1890 Roux François), Pépiniériste, à Carcassonne.
1892 RouzauDp (Philippe), Négociant, Grand’Rue, à Car-
cassonne.
1908 Rouzaup (Elie), Minotier, à Saint-Jean, près Car-
cassonne.
1897 RurrEz (Léon), Notaire, rue Barbès, à Carcassonne.
1901 SABARTHES Abbé, &ÿ, 1. 1, Curé, à Leucate Aude).
1904 SaBariIER (Charles), Négociant, rue de la Digue, à
Carcassonne.
1909 SABATIER ‘François), Propriétaire, à Brandouy, près
Montréal.
1900 SABATIER ‘Jacques), rue Trivalle, 66, à Carcassonne.
1894 SABATIER (Michel), Distillatcur, route de Narbonne,
à Carcassonne.
1892 SABINEAU (Pascal), Propriétaire, à Serviès-en-Val.
1909 SaiNT-ELrIER, Propriétaire, à Cazilhac.
1908 SALIÈRES ‘Jean , Agent d'Assurances, Boulevard
Omer Sarraul, à Carcassonne.
1904 Samaruc (Jules), rue Barère, 4, à Narbonne.
1901 SaMaRyY, #, Lieutenant-Colonel en retraile, 12, ruc
Pierre Germain, à Carcassonne.
1897 Sarcos (Osmin), &ÿ, Docteur en pharmacie, Place
Carnot, à Carcassonne.
1892 SATGÉ (Albert), Propriétaire, rue de Ja RÉDUBIqUe
à Carcassonne.
1890 SATGÉ (Louis), Propriétaire, Grand’Rue, 77, à Car-
cassonne.
1901 SÉauiErR Jacques), Square Gambetla, 3, à Carcas-
sonne.
1896 SEMICHON ‘Lucien), Directeur de la Stalion œnolo-
gique, à Narbonne.
1898 SEMPÉ ‘Jean), Docteur-Médecin, rue Courtejaire, à
Carcassonne.
1899 SEnRiÈSs (François), Pharmacien de 1re classe, à
Montlaur.
1909 Sicarp ‘Clémence), 17, rue Malcousinat, à Limoux.
1889* SicaRD ‘Germain), #ë, !. P., Propriétaire, au château
de Rivière, près Caunes-Minervois.
AXL —
1889* SourBiEU ‘Edmond), Conchyliologiste, rue de la
République, 35, à Carcassonne.
1908 SUBERVILLE {Léon), :#, Négociant, Route de ‘Tou-
louse, à Carcassonne.
1893 TALLAVIGNES (Paul), Propriétaire, à Caunes-Mi-
nervois.
1910 TrRiBILLAC (Antoine), Comptable, à Lézignan.
1902 ViazAa (Jules), Agent-voyer, à Lézignan.
1899 VipaL (Edmond), Marchand de bois, roule Miner-
voise, à Carcassonne.
1902 Vipaz (Robert), Pharmacien, à Tuchan.
=" AAIL ——
Membres correspondants
MM.
BaRTUËS, Professeur au Collège de Sorèze (Tarn), Lola-
nisle.
BEL (Jules), Professeur à Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn),
Botaniste.
BONXNIER ‘Gaston), Professeur de Botanique à la Faculté
des Sciences, à Paris, Botaniste.
BRÉMoNxD, Commandant de Gendarmerie, à Saint-Etienne
(Loire), Minéralogiste.
CAUNEILLE (G.), Sous-Intendant militaire en retraite, 13,
rue Ravmond IV, à Toulouse, Apiculteur.
CliALANDE ‘Jules), rue des Paradoux, 28, à Toulouse
(Haute-Garonne), Herpétologue.
CHANTEGRAIN {M.), Directeur du Pensionnat primaire, à
Maintenon (Eurce-ct-Loir).
CHEVALLIER (l’abbé Louis), Professeur, à Precigné (Sar-
the), Botaniste.
CnoBAUT (Alfred), Docteur-Médecin, 4, rue Dorée, à Avi-
gnon (Vaucluse), £Zntomologiste.
CoPiNEAU (Charles, Juge, à Doullens :Somme), Botaniste.
COSTE {lPabbé Hippolyte), à l’Institut Catholique de Tou-
louse ‘faule-Garonne), Botaniste.
DOUMERGUE (François), Professeur au Lycée d'Oran
(Algérie), Bolaniste.
F'ABRE (Paul), Docteur-Médecin de la Cie des Houillères
de Comanentry (Allier), Géologue.
GARRIGOU E.), Docteur-Médecin, à Toulouse (Hautce-
Garonne), Géologue.
GOURDON Maurice, Villa Maurice, près Bagnères-de-
Luchon ‘aute-Garonne), Géologue.
GRANEL {DT Maurice), Professeur agrégé à la Faculté de
Médecine, rue du Collège, 11, Montpellier {Héraull,
Dotanisle.
JouANET-MauiE ‘le Frère, Directeur du Collège Saint-
Joseph, à Ramleh {Egyptle), Botaniste.
— XXIH —
LACVIVIER Croisiers de), Proviseur au Lycée de Mont-
pellier {Hérault}, Géologue.
LECLERCQ, Professeur à PEcole Normale de Melun (Seine-
et-Marne), Géologue.
LECOINTRE {Comtesse Pierre). Château de Grillemont, par
La Chapelle-Blanche ‘Indre-et-Loire.
LEENXNHARDT {franz), Professeur agrégé à la Faculté de
Théologie, faubourg du Moustier, 12, à Montauban
(Tarn-et-Garonne), Géoloque.
LÉoxcE le Révérend Père Marie), Abbé de Sénanque
(Vaucluse).
MaBiLLE Paul, 17, rue de la Gaîlé, au Perreux (Seine),
Entomologiste.
Mazixvaup ‘Ernest, Secrétaire général de la Sociélé Bo-
tanique de France, ruc Linné, à Paris, Botanisle.
MALLET Adrien), sous-Chef de Bureau au Ministère de
l'instruction publique ‘cabinet du Ministre}, 83, ruc
Notre-Dame-des-Champs, à Paris.
MARGERIE ‘Emmanuel de), rue de Grenelle, 132, à Paris,
Géologue.
Naxor Jules), Directeur de FEcole Nationale d'Ilorticul-
lure, à Versailles :Scine-ct-Oisc}.
OBERTHUR René), Imprimeur, à Rennes :Hlle-et-Vilaine),
Entomologiste.
OLIVIER Ernest, Directeur de la Revue du Bourbonnats,
à Moulins Allier), Æntomologiste.
PUuELz ‘Louis, 7, place des Trois-Pilals, à Avignon, £nto-
mologiste.
ROQUELAURE Fabbé de), Curé à Ganac Ariège), Ar-
chéologque.
VUILLEMIN Paul. Docteur ès-sciences. Professeur à la
Faculté de médecine, à Malzéville, près Nancy
Meurthe-et-Mosclle), Botaniste.
— XXIV —
Membres décédés pendant l’année 1910
BERTRAND Albert), à Carcassonne, membre titulaire.
Brüu (Fernand), à Narbonne, membre tilulaire.
CABANNES (iAlcime), à Argelliers, membre titulaure.
DEBEAUX ‘Odon), à Toulouse, membre correspondant.
DEvVILLE ‘Emile), à Alet, membre titulaire.
MULLOT (Emile), Propriétaire, Château du Pech, com-
mune de Saint-Hilaire, membre titulaire.
PHILIBERT ‘'Jean), à Conques ‘Aveyron', membre cor-
respondant.
Roca (Emile), à Castelnaudary, membre litulare.
FrürAr (Emile), à Foix, membre honoraire.
— XXV —
LISTE DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES
Ain
Société des Sciences naturelles et d'archéologie de l'Ain,
à Bourg. |
Société des Naturalistes de l'Ain, à Bourg.
Allier
Revue Scientifique du Bourbonnais et du Centre de la
l'rance, à Moulins.
Ardennes
Société d'Histoire naturelle des Ardennes, à Charleville.
Aude
Société des Arts et Sciences de Carcassonne.
Commission archéologique de Narbonne.
Société Centrale d'Agriculture de l'Aude, à Carcassonne.
Miscellanea Entomologica, Directeur E. Barthe, à Nar-
bonne.
Société démocratique d’encouragement à l'Agriculture
de l'Aude, à Carcassonne.
Bibliothèque Municipale de Carcassonne.
Syndicat d’Initiative de Carcassonne et de l'Aude, A |
Carcassonne.
Bibliothèques du 19° dragons et du 143° régiment d'in-
fanterie, à Carcassonne.
Basses-Alpes
Société scientifique et littéraire des Basses-Alpes, à
Digne.
Bouches-du-Rhône
Société d’'Hortliculture et de Botanique des ROUCRESE du-
Rhône, à Marseille.
Société linnéenne de Provence, àla Faculté des Sciences,
à Marseille.
— XXVI —
Charente-Inférieure
Société des Sciences nalurelles de La Rochelle ‘Musée
Fleuriau).
Société de Géographie de Rochefort.
Côte-d'Or
Société des Sciences historiques et naturelles de Semur.
Creuse
Société des Sciences naturelles et archéologiques de la
Creuse, à Guéret.
Finistère
Laboratoire de Zoologie et de Physiologie maritimes de
Concarneau.
Gard
Société d'Etude des Sciences naturelles de Nîmes.
Garonne (Haute)
Société d'Histoire naturelle, Hôtel d’'Assezat, à Toulouse.
Revue des Pyrénées ‘Ed. Privat, directeur), à Toulouse.
Société de Géographie, Hôlel d'Assezal, à ‘loutouse.
Société Archéologique du Midi de la France, Hôtel d’As-
sezat, à Toulouse.
Gironde
Société Linnéenne de Bordeaux.
Société d'Etudes et de Vulgarisalion de la Zoologie agri-
cole, à Bordeaux.
Hérault
Société d'Etude des Sciences nalurelles de Béziers.
Société d'Horticulture et d'Histoire naturelle de l'Iférault,
à Montpellier.
Bibliothèque Municipale, à Montpellier.
Ille-et-Vilaine
Insecta, Revue illustrée d'EÉntomoiogie, publication imen-
suelle de la Station entomologique de Ia Faculle des
Sciences de Rennes,
Ru ot RE me, ms
— XXVII —
Isère
Société des Amis des Sciences Naturelles de Vienne.
Société de Stalistique des Sciences nalurelles et Arts
industriels du département de lPIsère, à Grenoble.
Société Dauphinoise d’Ethnologie et d’Anthropologie de
de Grenoble.
Landes
Société de Borda, à Dax.
Loir-et-Cher
Société d’Ilistoire naturelle de Loir-et-Cher, à Blois.
Loire-Inférieure
Société d'Ilistoire naturelle de l'Ouest de la France, à
Nantes.
Lot
Société des Etudes littéraires, scientifiques et artistiques
du Lot, à Cahors.
Maine-et-Loire
Société d'Etudes scientifiques d'Angers ‘Place des ITalles,
ancienne Cour d'Appel).
Marne
Société d'Etudes des Sciences naturelles de Reims.
Marne (Haute)
Société des Sciences naturelles de la Haute-Marne, à
Langres.
Meurthe-et-Moselle
Société des Sciences de Nancy.
Meuse
Société des Amateurs naturalistes de la Meuse, à Mont-
med.
Oise
Société Académique d'Archéologie, Sciences et Arts du
département de l'Oise, à Beauvais.
Puy-de-Dôme
Station Limnologique de Besse.
— XXVII —
Pyrénées (Hautes)
Société Ramond, à Bagnères-de-Bigorre.
Pyrénées-Orientales
Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-
Orientales, à Perpignan.
Rhône
Sociélé Linnéenne de Lyon. |
Société des Sciences naturelles ct d'enseignement popu-
laire, à Tarare.
Société Botanique, à Lyon, 1, Place d'Albon.
Saône-et-Loire
Société d'Histoire naturelle d’Autun.
Société des Sciences naturelles de Saône-et-Loire, à
Châlon-sur-Saône.
Société d’Ilistoire naturelle de Mâcon.
L’Echange, Revue linnéenne, Directeur M. Pic, à Digoin.
Sarthe
Société d'Agriculture, Sciences et Arts de Ia Sarthe, au
Mans. |
Seine
Associalion des Naturalistes, à Levallois-Perret Seine).
Société Botanique de France, à Paris.
Société Entomologique de France, 28, rue Serpente, à
Paris. |
Société Géologique de France, 28, rue Serpente, à Paris.
Feuille des Jeuncs Naturalistes, rue Pierre Charron, 35,
à Paris.
Société de Spéléologie, 34, rue de Lille, à Paris.
Seine-Inférieure
Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen.
Société d'Etudes des Sciences naturelles d’Elbeuf.
— XXIX —
Sèvres (Deux)
Société Régionale de Botanique, à Pamproux.
Société Historique cet Scientifique des Deux-Sèvres, A
Niort.
Somme
Société Linnéenne du nord de la France, à Amiens.
Tarn
Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres du départe-
ment du Tarn, à Albi.
Vienne (Haute)
Société Les Amis des Sciences et Arts de Rochechouart.
Algérie
Académie d’'Hippône, à Bône.
| Alsace
Société d'Ilistoire naturelle de Colmar.
Belgique
Société Belge de géologie, de paléontologie et d’hydro-
logie, à Bruxelles.
Egypte
Société Entomologique d'Egypte, au Caire.
Espagne
Institucio Catalana d’Historia natural, Carrer del Para-
dis, nüm. 10, pis 1° 2%, Barcelona.
Sociedad Aragonesa de Cicncias naturales, à Zaragoza.
F'acultad de Ciencias, à Zaragoza.
Etats-Unis
The Missoury Botanical Garden, à St-Louis (Missouri).
The University of California, à Berkeley.
Italie
Academia Scientifica Vencto-Trentina-Istriana, à Pa-
dova. _
— XXX —
Lorraine
Société d'Histoire naturelle de Metz.
Portugal
Annaes de Sciencias Naturacs, à Porto.
Suède
Société Entomologique de Stockholm.
Institut géologique de l’Université d’Upsal {Xong.Uni-
versitets Bibliotheket).
Suisse
Société Helvétique des Sciences naturelles ‘Bibliotheque
de la ville), à Berne.
Société Vaudoise des Sciences naturelles, à Lausanne.
Urugay
Anales del Museo Nacional de Montevideo (Directeur J.
Arechavaleta).
OUVRAGES DONNÉS PAR LE MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
Bulletin du Comité des Travaux historiques et scienti-
fiques ‘Scetion des Sciences économiques et sociales.
Bulletin de Géographie historique et descriptive.
Revue des Travaux scientifiques.
Mission Scientifique au Mexique et dans J’Amérique
Centrale : recherches zoologiques publiées sous la direction
de M. Milne Edwards, membre de PInstitut.
+
ADMINISTRATION DE LA SOCIÉTÉ
Pour l’Année 1911
COMPOSITION DU BUREAU
Président honoraire : M. Ch. Baron.
Président : M. Osmin Sarcos.
“ — .4 M. le Dr Gauso.
Vice-Présidents : } MG. Bones.
Secrétaire : M. Louis Gavox.
Secrétaire-adjoint : M. G. REBELLE.
Trésorier : M. J. CaTuaLA
Conservateur-Archivisle : M. J. PEcH.
Nr M. A. Faces.
Conservateurs des collections :
) M. G Sicanop.
ComTÉ Du BULLETIN (1)
MM. Dr BourreL. MM. L. MarrTy.
Picrre Emery. | Henri MurLort.
A. FAGES. | C. RENAUXx.
Gaston GAUTIER. G. Sicanp.
COMITÉ DES EXCURSIONS (1)
MM. D' Bourne... MM. L. Manry.
Pierre EuBry. J. OurraL.
R. EsPaRsEIL. A. PAYE.
Cu. Evror. G. REBELLE.
À. FAGES. G. Sicanp.
CouiTÉé D'ETUDES
MM. Gautier. plantes phanérogames.
Gavoy, coléoplères.
REsPauD, plantes, oiseaux, poissons.
SICARD, objets préhistoriques, ossements des cavernes.
SOURBIEU, coquilles eroliques (terrestres el marines).
(1) Le Président et le Secrétaire font partie, de droit, du Comité du
Bulletin et du Comité des Excursions.
XXXIL —
DÉLÉGUÉS RÉGIONAUX
Région de l'Est ou des Etangs. — M. Gaston GauTiER.
(Capestang, Coursan, Narbonne, Sigean).
Région de l'Ouest ou de l’Ariégeois.— M. H. RascoL.
(Belpech, Bélesta, Chalabre, Mirepoix).
Région du Nord-Est ou du Minervois. — M. Germain Sicanp.
(Ginestas, Lézignan, Olenzac, Peyriac-Minervois).
Région du Nord ou du Cabardès. — R. EsParsEiL.
(Alzonne, Conques, Mas-Cabardés, Saissac).
Région du Nord-Ouest ou du Lauraguais. — NN.
(Gastelnaudarv-Nord, Castelnaudary-Sud, Revel, Salles-sur-l'Hers).
Région du Sud-Est ou du Roussillon. — M. le D' CHAVANETTE.
(Durban, St-Paul-de-Fenouillet, Rivesaltes, Tuchan).
Région du Sud-Ouest ou des Pyrénées. — M. le D' Boucaère.
(Axat, Belcaire, Quérigut, Sournia).
Région des Corbières méridionales. — M. Achille Maeer.
(Couiza, Limoux, Mouthoumet, Quillan). :
Région des Corbières septentrionales. — M. Léopold Gary.
(Capendu, Carcassonne-Est, St-Hilaire, Lagrasse).
Région des Corbières occidentales. — M. J. Méric.
(Alaigne, Carcassonne-Ouest, Fanjeaux, Mortréal).
DÉLÉGUÉS CANTONAUX (1)
MM. MM.
M. GUIRAUD (Carcassonne-Est). V. AUGÈRES (Sigean)
Ch. EVROT (Carcassonne-Ouest). À. JEANJEAN (St-Hilaire).
Dr ESPEZEL (Espéra:a), D' AZALBERT (Caunes).
Ch. BARON (Narbonne). Jean MoLiNIER /Tuchan).
4) Les délésués cantonaux ne sont nommés que dans les cantons
comptant au moins cinq membres titulaires.
PROCÉS-VERBAUX DES SÉANCES DE 1940
Séance du 16 Janvier 1910
PRÉSIDENCE DE MM. Cu. EVROT ET D' CARBOU,
Après la lecture du procès-verbal, qui est adopté sans observations,
M. Ch. Evrot, président sortant, prend la parole et s'exprime en ces
termes :
MESSIEURS ET CHERS COLLÈGUES.
a Arrivé au terme de mes fonctions, je tiens tout d'abord à vous
exprimer mes plus sincères remerciements pour la bienveillance que
vous m'avez accordée et pour le précieux concours que j'ai trouvé
auprès des membres du Bureau et. en particulier, auprès de M. Gavoy,
notre dévoué Secrétaire.
« Cela dit, si je jette un coup d'œil sur l'année qui vient de s'écou-
ler, je constate avec satisfaction que notre Société continue sa marche
ascendante et qu'elle conserve son bon renom. Les excellentes rela-
tions qu'elle entretient avec de nombreuses Sociétés savantes de
France et de l'Etranger et les demandes d'échange qui nous arrivent
de tous côtés en sont la meilleure preuve. Aussi notre Bibliothèque
s'accroit-elle chaque jour.
« Notre situation financière est très satisfaisante, vous l'avez vu
d'après le rapport de notre Trésorier, et nos réserves sont en augmen-
tation malgré la regrettable réduction de la subvention qui nous est
allouée chaque année par le Conseil général. |
« Nos séances sont toujours bien remplies par d'intéressantes
communications.
« Quant à nos excursions, elles continuent à étre bien suivies,
mais le succés en serait encore plus grand si la C'" des chemins de fer
du Midi n'avait supprimé les billets à demi-tarif qu'elle nous accor-
dail précédemment. Souhaitons que cette mesure soit bientôt rappor-
tée.
«€ Parmi les excursions effectuées en 1909, nous avons à signaler
principalement celles du 25 avril à Fabrezan et Coustouge. Là, M.
Bories, chargé de la direction de la caravane, nous a fait admirer les
pittoresques et intéressantes vallées du Rabet et de Viviès, inconnues
de la plupart d'entre nous. Le 9 mai, c'est M. Germain Sicard qui nous
J
— XXXIV —
fait visiter les grottes de Limousis, Marmorières et Coroluna. Les 30-
31 mai, M. le D' Courrent nous a conduits à Lagrasse, au château de
Termes, etc. Le 27 juin, c'est le chäteau de Villemartin que le proprié-
taire, M. Fabre et son aimable famille nous faisaient visiter dans tous
ses détails et où le déjeuner daus le parc a été des plus gais, grâce aux
excellents vins offerts par M. Fabre.
« Le mauvais temps nous a empèchés d'exécuter l’excursion de Quil-
lan à Marsa par les bois de Carach et de Lapinouse prévue pour le 14
juillet. Le projet pourra en étre repris cette année.
« Vous le voyez, Messieurs, l’année 1909 n'a pas été inférieure à ses
devancières et nous pouvons nous en réjouir. Mais il y a une ombre à
ce tableau et je constate avec regret que la mort a fait de nombreux
vides dans nos rangs. Six de nos collègues nous ont été brusquement
enlevés, MM. Douradou, Maza, Milhaud, J. Sabatier et Mile Rigues,
membres titulaires et M. Valéry Mayet, membre honoraire. En mon
nom et au vôtre je leur adresse un souvenir attristé et je termine en
souhaitant qu'une nouvelle phalange, plus nombreuse si c'est possible,
prenne la place des disparus.
« J'invite M. le D' Carbou à me remplacer au fauteuil de la Prési-
dence ».
M. le D' Carbou prend aussitôt séance et prononce l’allocution sui-
vante :
(€ MESSIEURS ET CHERS COLLÈGUES,
« Je vous remercie bien sincèrement du grand honneur que vous
me faites en m'élevant à la présidence de notre Société.
« Je suis d'autant plus fier de votre choix que je succède à des
hommes qui par leur savoir, par l'importance de leurs travaux et de
leurs écrits dans toutes les branches des sciences naturelles ont fait
de notre Association, si modeste à ses débuts, ce qu'elle est aujour-
d'hui.
« Vous avez voulu sans doute, en choisissant un médecin pour di-
riger vos travaux, montrer les rapports étroits qui unissent la méde-
cine aux sciences naturelles. N'est-ce pas en effet par l'étude des
sciences naturelles que doit être commencée l'étude de la médecine ?
Les remèdes employés pour soulager nos malades ne nous viennent-
ils pas des végétaux ou des substances minérales ? Cela est tellement
vrai que tout étudiant en médecine doit, avant d'aborder les études
médicales proprement dites, consacrer une année entière à l'étude
exclusive de la physique, de la chimie et surtout de l'histoire natu-
relle.
— XXXV —
« C'est l'histoire naturelle, Messieurs. qui fait l’objet principal de
vos travaux. Votre but est l'étude des productions naturelles de notre
département, et cette étude si pleine d'attraits est pour la plupart
d'entre nous une agréable diversion aux occupations journalières.
« Quel magnifique champ s'ouvre à notre activité, et combien nous
devons nous féliciter d'avoir à étudier le département de l'Aude ! Que
de sites attrayants, que de paysages variés, que de climats divers!
« Voici le rivage de la mer avec ses étangs et ses terrains salés où
le botaniste trouvera une abondante moisson de plantes méditerran-
éennes. Voici la plaine, formée par les alluvions des fleuves où le
soleil dore de riches moissons. Au Nord, la Montagne-Noire avec ses
masses granitiques, ses sombres forèts, ses pittoresques torrents. Au
Sud, les Corbières dont les terrains variés offrent au géologue une
mine inépuisable de documents. Plus au Sud encore, l'imposante masse
des Pyrénées, avec ses cimes neigeuses, qui nous attire par ses riches-
ses minérales et botaniques et par le charme puissant de ses paysages
enchanteurs.
« Un peu partout, couronnant monts et collines, des citadelles cré-
nelées nous rappellent que notre pays fut souvent le théâtre de terri-
bles tragédies et l'archéologue, en fouillant le sol, trouvera souvent de
précieux vestiges du passé.
« Notre beau département a déjà été l’objet de nombreux travaux.
Botanistes, géologues, entomologistes ont apporté ici de riches mois-
sons ; mais le champ d'études est vaste et il y a encore beaucoup à
glaner. Ce qui le prouve, c'est que nos catalogues de plantes et d'ani-
maux s'enrichissent tous les jours d'espèces nouvelles.
« Je n'ai pas à vous démontrer, Messieurs, le haut intérèt scientifi-
que et pratique des sciences naturelles. Je tiens cependant à affirmer
qu'il ne faut pas y voir simplement une sèche et stérile nomenclature
de plantes, d'insectes ou de minéraux. Il ne suffit pas, pour faire de la
science, d'écrire et d'imprimer des catalogues plus ou moins volumi-
neux. La botanique, par exemple, n'est pas simplement l'aride énumé-
ration des plantes que vous trouverez sous vos pas. Certes, il est
inéressant de compléter la liste des plantes trouvées par vos prédé-
cesseurs dans telle ou telle région, mais de plus hauts problèmes se
dressent devant vous.
« Ne vous éles-vous jamais demandé pourquoi les mèmes plantes
se trouvent toujours dans les mèmes régions ? Telle plante habite les
bords de la mer et les terrains salés ; telle autre ne se plait que dans
les plaines, d'autres vivent sur les coteaux, d'autres encore, dans les
prairies humides ou à l'ombre des bois, quelques-unes entin ne se
trouvent que sur le sommet des montagnes. Cela ne veut-il pas dire
— XXXVI —
que chaque espèce exige pour végéler des conditions particul ères de
terrains, de température, de sécheresse ou d'humidité qu'elle ne ren-
contre que dans des régions bien déterminées ? Vous ne larderez pas
à conclure que chaque région a sa flore et un botaniste quelque peu
exercé à qui vous présenterez une série de plantes vous dira de suile
à quelle contrée elles appartiennent et en reconstiluera facilement la
végétation dans son ensemble. Bien plus, dans les pays où la culture
ou toute autre cause a fait disparaître une partie de la flore primitive,
la persistance de quelques espèces permettra facilement de reconsti-
tuer les autres. De telle sorte que, de même que le géologue n'a be-
soin que de quelques os pour reconstiluer un animal lout entier, de
méme, avec quelques plantes. le botaniste pourra reconstituer la flore
de toute une contrée. Et ceci, Messieurs, présente un très grand inté-
rél. Vous n'ignorez pas que, d'une part par l’extension des cultures,
d'autre part par le déboisement, l'aspect de notre pays a complète-
ment changé. La Montagne d'Alaric, tout proche de nous, n'a pas
toujours eu cet aspect aride et désolé que nous lui voyons aujourd'hui.
D’épaisses forêts couvraient certainement ses flancs et son sommet.
De riantes cascades animaient ses vallons et formaient des cours d'eau
dont la régularité entretenait la fraîcheur et par suite la fertilité dans
la plaine. Ce qui est vrai pour l’Alaric l’est aussi pour une partie de
la Montagne-Noire et des Pyrénées. Or vous n'ignorez pas quels dé-
sastres résultent du déboisement. & L'homme en déboisant, a dit un
savant botaniste, méconnait les lois de la nature ». Il fait d'une con-
trée riaute ct fertile un désert sec ct aride. Michelet décrivant la dé-
vaslation des Pyrénées s'écrie dans un style imagé : « Tout ce Midi si
beau c'est néanmoins un pays de ruines... c'est une autre Judée ». Il
est donc très ulile pour le botaniste de retrouver la végétation primi-
tive de nos montagnes. Il contribuera ainsi à la reconstitution de nos
forèts et par suite à la régularisation de nos cours d'eau et à la ferti-
lité de nos plaines. Si la culture de la vigne, qui s’accommode d'un sol
relativement sec, a donné jusqu'à ce jour des résultats à nos agricul-
leurs, une crise récente leur a montré les dangers de la monoculture
et l'intérêt qu'il y aurail à arroser une plus grande partie de notre
sol. -
« Tels sont, Messieurs, quelques-uns des problèmes qui se présen-
tent à vous. Je ne veux pas terminer sans adresser de chaleureux
remerctments à ceux qui ont créé et fait prospérer notre Société. Leur
savoir et leur activité sont bien connus de tous, leur dévouement à
notre œuvre est si absolu que je n'hésite pas à leur demander encore
un petit effort.
« Notre Société est, vous ne l'ignorez pas, une Société ouverte.
— XXXVII —
Chacuu y est admis quel que soit son bagage scientifique. Nous fai-
sons appel à toutes les bonnes volontés. Mais n'y aurait-il pas lieu
d'adoucir aux débutants les premières dificultés ? Les débuts de
toute science sont arides et quelquelois décourageants. Ne pourrait-
on pas diminuer un peu cette aridilé en organisant, en plus des gran-
des excursions, de petites promenades d'études dans les environs
tinmédiats de la ville ? Ces promenades, dirigées par ceux qui sont
depuis longtemps passés maitres, seraient, j'en suis sûr, agréables et
profilables à tous ; clles donneraient à plusieurs le goût des sciences
naturelles et leur apprenant à lire dans le grand livre de la nature
ciles leur inspireraient le désir d'étendre plus loin leurs recherches.Les
premières diflicultés vaincues, ils goûteraient bien vite le charme
passionnant des sciences naturelles. Vous, leurs amis, qui rompus de
longue date aux difficultés des recherches scicentitiques avez supporté
des fatigues sans nombre, escaladé des montagnes inaccessibles, ex-
ploré des abimes impralicables et dangereux à la recherche d’une
plante, d'un insecte ou d'une pierre, vous saurez leur communiquer
une parcelle de l'ardeur qui vous anime, ct lorsque plus tard, échap-
pés à votre tutelle, ces débutants, devenus à leur tour des maîtres,
honoreront la Société par leurs travaux, vous serez tiers de vos élèves
et vous serez largement récompensés de vos peines par la satisfaction
d'avoir guidé leurs premiers pas ».
D'unanimes applaudissements accueillent la fin du discours du nou-
veau Président.
DISTINCTIONS HONORIFIQUES. — M. le Président annonce que nos col-
légues MM. Jules Azéma de Saint-Nazaire, Ch. Baron de Narbon-
ne, L. Berthomieu de Caunes, et G. Bories de Fabrezan viennent de
recevoir les palmes académiques.
I lcur adresse, au nom de la Société, ses plus vives félicitations.
DéÉcEs. — M. le Président a le regret de faire part de la mort de M.
Emile Deville, ancien agent-vover, maire d'Alct. M. Deville était notre
collègue depuis 1890.
CORRESPONDANCE. — M. le D' Gaujou remercie de sa nomination
comme Vice-Président.
M. le général Fleuret, commandant la 16° brigade de cavalerie,
adresse ses remerciements personnels ainsi que ceux des militaires
des deux corps de la garnison pour l'attribution qui leur a été faite
d'une collection complète de notre Bulletin.
La Société d'Etude des Sciences naturelles de Béziers nous envoie
— XXXVIII —
son programme général d'excursions pour 1910. L'excursion de Pâques
aura lieu cette année à Venise et à Florence, du 22 mars au 4 avril.
La Société linnéenne de Provence, fondée à Marseille le 22 avril 1909
nous adresse les deux premières feuilles de son Bulletin à l'appui
d'une demande d'échange.
Cette demande est favorablement accueillie et l'échange accepté.
ACQUISITIONS. — L'Assemblée vote l'acquisition d'un lot d'insectes
rapportés du Tonkin par un soldat de l'infanterie coloniale.
Doxs. — M. Léon Carez, membre honoraire. nous envoie un exem-
plaire du Fascicule VI de son travail sur la Géologie des Pyrénées fran-
(aises.
Remerciemeuts.
ADMISSIONS. — Sont élus à l'unanimité membres actifs :
M. d'EsPezeL André, tils, négociant, à Carcassonne.
M. TRiBiLzac Antoine, comptable, à Lézignan.
COMMUNICATIONS. — Le Secrétaire donne lecture du Rapport de M.
J. Méric sur l'Excursion du 27 juin à Villemartin.
Ce rapport Sera inséré au Bulletin.
Le Secrétaire lit une lettre qu'il a reçue de M. F. Bru, botaniste, à
Narbonne, par laquelle notre collègue émet le vœu que « à côté des
collections acquises par notre Société, il soit formé, à l’aide des maté-
riaux recueillis par tous les membres dans l'étendue du département
une collection qu'on pourrait appeler ('ollection normale de la Société
d'Etudes Scientifiques de l'Aude. Cette collection, révisée et classée
par des spécialistes — ceux-ci ne manquent pas parmi nos membres
honoraires. titulaires ou correspondants — constituerait un ensemble
de documents authentiques au moyen desquels il serait toujours pos-
Sible de contrôler les renseignements publiés sur les diverses bran-
ches de l'histoire naturelle de notre département ».
L'Assemblée déclare que le vœu de notre collègue mérite d'être pris
en sérieuse considération ct d'ètre réalisé. Mais. comme sa réalisation
entrainerait des frais auxquels notre Société ne peut faire face
actuellement, elle se contente pour le moment de l'enregistrer jusqu'à
ce que les circonstances lui permettent de le reprendre et d'en pour-
suivre l'exécution.
M. Gavoy fait la communication suivante :
« Dans le fascicule 3 du Bulletin de la Société d'Histoire Naturelle de
Toulouse, M. H. Ribaut, chargé de cours à la Faculté de médecine et
— XXXIX —
de pharmacie de Toulouse, rend compte d'une cxcursion faite par lui,
au printemps de 1909, dans les forêts de Cayroulet et d'Hautaniboul
situées dans la partie nord-ouest de la Montagne-Noire. Deux jour-
nées de chasse lui ont procuré 29 espèces de Myriapodes, dont 2 nou-
velles ct l'ont amené à cette curieuse constatation, c'est que « à l’en-
contre de ce que l'on aurait pu attendre par suite de la situation de
ce massif montagneux, par suite aussi de ce que l'on sait sur sa faune
eutomologique, ses récoltes ont révélé un caractère très nettement
pyrénéen de la faune Myriopodologique ».
« Dans le mème fascicule, M. A. de Montlezun, publie quelques
notes sur les collections de trois entomologistes de la région Toulou-
saine, MM. Marquet, d'Aubuysson, Delherm de Larcenne.
« C'est une heureuse pensée qu'a eue là le sympathique préparateur
du Muséum d'Histoire Naturelle de Touleuse de conserver le souvenir de
ces naturalistes aujourd'hui disparus qui se sout consacrés avec tant
de zèle à l'étude de nos insectes indigènes et de rappeler l'importance
de leurs collections.
€ M. d'Aubuysson (1823-1901) s'était consacré à l'étude des papillons
dont il avait réuni une belle séric comprenant 649 espèces représen-
tées par 1320 exemplaires. Il publia en 1868 un catalogue des Lépidop-
tères de la Haute-Garonne comprenant 523 esnèces, auxquelles il en
ajouta 9% dans un supplément qu'il fit paraître en 1885.
€ M. l'Abbé Delherm de Larcenne (183#-1906), professeur au collège
de Gimont, consacra les loisirs que lui laissait son ministère à la
recherche des coléoptéres dont il avait pu réunir une collection de
5291 espèces. Il est l'auteur d'un catalogue des insectes coléoptères
du Gers et du Lot-et-Garonne, qui, je crois. est resté inachevé.
« Charles Marquet. né à Béziers le 2 mars 1820, mourut le 6 mai
1909 à Toulouse où il était tixé depuis de longues années. C'est là que
je l'ai connu en 1871 et depuis cette époque jusqu'à sa mort je n'ai pas
cessé d'entrelenir avec lui les relations les plus cordiales. Tout d'abord
il s'était consacré à l'étude des coléoptères d'Europe cet du bassin
cirea méditerranéen dont il avait réuni une collection de 8867 espèces.
« Dans les dernières années de sa vie, il ayait entrepris l'étude de
plusieurs autres ordres. et élait parvenu à en réunir un nombre d'es-
pêces assez notable. M. de Montlezun en donne la nomenclature et
arrive, pour l'ensemble de loules ces collections, au chiffre de
12.527 espèces.
«€ Marquet publia de nombreux travaux sur les Coléoptères. les
Orthoptéres et les Hyménoptères, mais son œuvre principale fut la
2°’ édition de son Catalogue des Coléoptères du Languedoc qui parut
en 1897 dans le Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Toulouse,
trois ans avant sa mort.
« Le seul reproche que l'on puisse faire à ce travail, c'est d'embras-
ser une région beaucoup trop étendue, dont l'auteur n'avait pu ex-
plorer toutes les parties et pour laquelle il avait dù faire appel à ses
collègues. Une bonne partie des renseignements concernant les insec-
tes de l'Hérault lui avait été fournie par M. Valéry Mayet. de Mont-
pellier. C'est pourquoi, tandis que notre Catalogue des Coléoptères de
l'Aude, dont la publication dans notre Bulletin fut achevée en 1905.
comprend 3260 espèces ou variétés, réparties en 67 familles, celui de
Marquet ne comprend que 298 espèces réparties en 66 familles, soit
une différence de 282 espèces en faveur de notre département, diflé-
rence que rendra plus sensible encore le Supplément auquel nous
travaillons eu ce moment et qui mentionnera près de 150 espèces
recueillies par nous depuis 1905 ».
Au nom de la Commission de Comptabilité, M. Gavoy rend compte
de la gestion du Trésorier pendant l'exercice 1909,
Les comptes présentés par M. Cathala ont élé reconnus exacts :
l'Assemblée Iles approuve et lui vote des félicitations.
M. Cathala présente ensuite le projet du budget pour 1910. Ce pro-
jet est adopté à l'unanimité.
Le Secrétaire,
L. GAVOY.
Sgance du 20 Février 1910
PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, lRÉSIDENT
Le procès-verbal de la séance du 16 janvier cst lu et adopté sans
observations.
M. le Président fait part du décès de M. Albert Bertrand. survenu
le 1% février courant. Au nom de la Société, il adresse à la famille de
notre jeune collègue l'expression de ses plus sincères éondoléances.
CORRESPONDANCE. — MM. François Sabatier, André d'Espezel et A.
Tribillac remercient de leur récente admission comme meinbres
actifs.
— XLI —
La Société préhistorique de France nous informe que la sixième
session du l'ongrés préhistorique de France se licndra cette année à
Tours (Indre-et-Loire) du 21 au 27 août 1910.
Démissiox. — M. H. Olivier, Contrôleur des Contributions directes,
à Limoux, adresse sa démission.
Doxs. — M. À. Bayard fait don à la Société de la hampe florale de
l'Agare americana qui a fleuri en 1909 dans sa propriété de Villalier.
Cette hampe mesure exactement 7 mètres de hautcur.
M. A. Fages fait dou d'un échantillon de SYÉNITE provenant de Fitou.
Remerciements.
Le Secrétaire dépose sur le Bureau les Rapports de M. J. Madren
nes sur l'Ercursion du 13 juin 1909 à Tourouzclle et de M. G. Sicard
sur l'Ercursion du 9 mai 1909 aux Grottes de la Montagne-Noire.
Il dépose également une Note sur les Lophiodontidés de la région de
Carcassonne, par M. Ch. Depéret, Doyen de la Faculté des Sciences de
Lyon, membre honoraire.
Ces divers travaux figureront au Bulletin de 1910.
Sur la proposition de M. le Président. l'Assemblée vote une somme
de 2 francs en faveur des inondés de Paris.
COMMUNICATION. — M. A. Fages fait la communication suivante :
Dans notre séance du 21 février 1909, M. Gavoy nous a communiqué
une Nole de M. A. Lacroix, parue dans le Compte-rendu sommaire des
séances de la Société géologique de France (1° février 1909), sur une
Syénite néphélinique recueillie à Fitou (Aude) par M. Ch. Depéret.
J'offre à la Société un échantillon de cette roche, provenant du même
gisement.
« Cette roche est un composé, sans quartz (ou pauvre en quartz),
d'éléments granitiques à texture purement et complètement grani-
toides. La Syénite présente ordinairement des teintes foncées, le
uoirâtre el le verdàtre. Quelquefois le Feldspath est coloré en rouge
et la roche est alors rouge de corail.
« L'histoire et les particularités de gisements de la Svénite se
confondent avec celles du granite.
«a Une grande partie des Syénites zirconicnnes reposent sur des
schistes argileux qui alternent avec des grès et des calcaires d'époque
silurienne renfermant des Ortharerux.
« Dans le Tyrol méridional la Syénite est intercalée dans les ter-
rains de sédiment qui semblent déborder du grès rouge dans Ja
formation calcaire superposée. Ainsi, il existe des Syéniles d'âge
"XL —
essentiellement différent, particularité commune à la presque totalité
des roches plutoniennes.
« Le plus grand nombre des monuments KEgyptiens ont été taillés
dans la syénite : cette roche est employée comme le granite. »
Excursions. — L'ordre du jour appelle l'examen du programme des
excursions de la Société en 1910, élaboré par les soins du Comité. Ce
programme est adopté comme suit :
22 mars-#4 avril. — Venise et Florence (avec la Société de Béziers).
28 mars. — Mines de Mispickel de Villardonnel.
24 avril. — Olonzac, Cesseras, Grotte de Minerve ou de la
Coquille.
15-16 mai. — Gorges du Tarn (avec la Société de Béziers).
16 mai. — Narbonne, Ile Sainte-Lucie, Lanouvelle.
5 juin. — Mas-Cabardès, Cascade de Cupserviès.
26 juin. — Alet, Grotte de Lavalette, Saint-Salvaire.
13-14 juillet. — Haute vallée de l'Aude, Pic de Madres.
31 juillet, — Fleury, llage de Saint-Pierre, la Mer.
Le Secrétaire,
L. GAVOY.
Séance du 20 Mars 1910
PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT.
M. le Président annonce que M. Germain Sicard vient d'être frappe
cruellement dans ses plus chères affections ct de perdre une de ses
filles âgée de 23 ans. Il se fait l'interprète des sentiments de la
Société en adressant à notre collègue si durement éprouvé lexpres-
sion de sa plus vive sympathie.
Il ajoute que, depuis notre dernière séance, la mort a fait un uou-
veau vide dans nos rangs. M. Alcime Cabannes, d'Argelliers, qui faisait
partie de notre Société depuis 1898, est décédé dans ces derniers
temps.
M. Cabaunes ne prit pas une part active aux travaux de la Société
d'Etudes scientitiques. mais c'était un travailleur qui aimait à com-
pulser les registres des notaires de la région et les manuscrits
— XLII —
conservés dans les principales villes voisines, dans le but de réunir des
documents pouvant servir à l'histoire régionale ct à celle d'Argelliers
en particulier. Son œuvre n'a jamais été publiée, mais elle ne sera pas
perdue pour ceux qu'intéressent les études historiques ; elle a été
léguée par M. Cabannes à M. Fraïsse Célestin, son régisseur, qui va
le remplacer parmi nous et qui voudra bien, nous en avons l'assu-
rance. la mettre à la disposition de nos historiens.
CORRESPONDANCE. — M. Fages communique un passage d'une lettre
qu'il a reçue de M. de Grossouvre, dans laquelle notre distingué
membre honoraire promet de nous donner avant la fin du mois de
mai une série de Notes à ajouter à son travail Sur la Craie des Cor-
bières qui doit être imprimé dans notre Bulletin. Ces notes seront
mises sous forme de renvoi au bas des pages afin de bien distinguer
les deux textes.
Dons. — M. Gavay fait don, pour les collections de la Société, d'un
échantillon de Minerai de fer provenant de Lesquerde, près Saint-
Paul-de-Fenouillet (Pyrénées-Orientales).
M. Numa Fabre fait don, pour la bibliothèque, d'un bel ouvrage
intitulé : l'Embryologie comparée, par L. Roule. :
Remerciements aux donateurs.
PRÉSENTATIONS. — M. Fraïsse Célestin, propriétaire à Argelliers,
présenté par MM. Marius Cathala et Maurel Jean.
Olive Joseph, Apiculteur à Bugarach, présenté par MM. Emile
Glories et Gavoy.
COMMUNICATIONS. — M. Marius Cathala nous signale par lettre une
découverte intéressante.
Dans la commune de Montouliers (Hérault), limitrophe de celle
d'Argelliers (Aude). des carriers ont mis à jour une grotte sépulcrale.
C'est une simple fissure de rocher dans laquelle sont entassés des
ossements humains.
Notre collégue a fouillé une partie de cette grotte avec M. Laurent
Maurctte, l'habile préparateur de paléontologie de FUniversité de
Lyon, envoyé à Moutouliers par M. Depéret à qui M. Mendie. maire,
avait signalé la découverte et réservé le droit de fouiller.
H n'a pas été recueilli de matériaux permettant de tixer l'époque à
laquelle on peut faire remonter ces inhumations.
I résulle cependant de l'eramen sommaire aüquel s'est livré M. le
D' Lucien Mayet. professeur d'Anthropologie à la Faculté des Sciences
— XLIV —
de Lyon, sur les premiers crânes qui lui ont été communiqués, que
Ilcs squelettes paraissent néolithiques et apparlenir à la race de Cro-
Magnon ; mais ces dolichocéphales primitifs sont déjà mélangés par
l'élément brachycéphale infiltré au cours des temps néolithiques.
Parmi les cränes étudiés, il se trouve, en cilet, un représentant de
la race brachycéphale. M. le D' Mayet doit se rendre sur les lieux
pour compléter son étude.
En attendant l'exposé complet des conclusions du savant RE
il convient de louer M. Mendie, Maire de Moutouliers, d'avoir.
dès la découverte de la grotte, fait suspendre immédiatement les
travaux sur ce point et conservé ainsi à la science anthropologique
de précieux documents.
Excursions. — L'ordre du jour appelle l'examen du programme de
l'Excursion du Lundi de Pâques (28 mars) aux Mines de Mispickel de
Villardonnel et de Salsigne.
Ce programme élaboré par M. Esparseil, qui dirigera l'excursion,
est adopté dans tous secs détalls.
ll est ensuite décidé que, à cause des élections législatives dont la
date est fixée au 24 avril prochain, l'Excursion à la Grotte de Minerve
qui devait avoir lieu ce même jour, sera avancée el fixée au 17 avril.
Par contre, la séance du 173 avril sera reportée au 24.
Rien plus n'étant à l'ordre du jour, la séance est levée.
Le Secrétaire,
L. GAVOY.
Séance du 24 Avril 1910
PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT.
M. J. Cathala. trésorier, fait part du déces de M. Emile Roca. ingé-
nieur civil. à Castelnaudary. qui était membre de notre Société depuis
1890.
M. Gavoy annonce également la mort de M. Odon Debeaux, ancien
pharmacien principal de l'armée et botaniste distingué, membre cor-
respondant.
Le Sccrélaire dépose sur le bureau le programme du x1° Congres
géologique international qui se réunira à Stockholm du 18 au 25 aoûl
prochain. À la méme époque aura lieu la 11° Conférence agrogéologique
internationale, où seront traitées des questions en étroite connexion
= LV
avec celles qui seront discutées par le Congrès géologique. La Société
est invitée à s'y faire représenter.
Les adhésions devront être adressées, autant que possible avant le
4°" juin prochain, à M. le Professeur Helge Bæckstrwm à Stockholm.
Par une circulaire en date du 1‘ avril, MM. R. Bigeard et H. Guil-
lemin, auteurs de la Flore des Champignons supérieurs de France,
annoncent qu'ils se proposent de publier, dans le courant de 1911, uu
Complément à cette Flore.
La Société décide de souscrire à un exemplaire.
Doxs. — M. A. Fages offre, au nom de M. J. Bousquet, instituteur
en retraile, à Azillanet, une brochure ayant pour titre : Les Cavernes
des environs de Minerve (Hérault), par M. Eugène Ferrasse, avec 1 plan
hors texte de la Grotte de la Coquille, que la Société a visitée, le
17 avril courant.
M. Bousquet, qui est l'auteur de ce plan où sont minutieusement
relevés tous les accidents de terrain, la longueur et la largeur des
galeries, la hauteur de la voûte, etc... avait bien voulu s'offrir pour
servir de guide aux excursionnistes. Ceux-ci ont pu ainsi parcourir
en tous sens cette belle caverne dont la visite a duré plus d'une heure.
M. Bousquet nous a également remis, pour les collections de la
Société, quelques échantillons de Limnées fossiles recueillis par lui
aux environs de Minerve (Hérault). M. Fages y ajoute un échantillon
de Calcaire à alréolines provenant des environs de la Grotte de la
Coquille. ù
M. le D' Bourrel fait don de deux Scorpions du Nord de l'Afrique
(Buthus europæus seu ocrilanus) conservés dans le formol.
M. le Président adresse ses remerciements aux donateurs et plus
particulièrement à M. Bousquet qui, bien que n'appartenant pas à
notre Société, nous a témoigné d'une manière si gracieuse l'intérêt
qu'il prend à nos travaux.
ADMISSIONS. — Sont élus à l'unanimité membres actifs :
MM. Fraïsse, Célestin, propriétaire, à Argelliers.
OLIVE, Joseph, apiculteur, à Bugarach.
COMMUNICATIONS. — M. Gavoy fait la communication suivante :
Note sur la capture de deux Coléoptères nouveaux
pour le département de l’Aude
« Le 11 de ce mois d'avril, au cours d'une promenade sur la rive gau-
che de l'Aude, avant d'arriver au Moulin de Maquens, j'ai capturé un
excumplaire de Lixsodema lituratum Curtis, en battant une haie d'au-
bépines.
= ALVE —
D'après le D' Gobert (Cat. rais. des Col. des Landes), &« cet insecte
vit sous l'écorce du lierre, du chéne. Perris l’a obtenu de l'aubépine
et surtout de la vigne sauvage. Il est abondant en mai et avril en
battant les haies de chène qui ont des branches mortes ».
D'après l'abbé Delberm de Larcenne (Cat. des Col. du Gers et du Lot-
el-Garonne), « il vit dans les rameaux secs de la vigne blanche
(Clématite), du châtaignier, du noisetier, de l’aubépine. Sa larve vit à
la suite des Xylopertha sinuata, Sinorylon, Agrilus derasofasciatus,
dans la vigne sauvage et le figuier ».
« Remontant toujours la rive gauche de l'Aude, vers la plage qui
s'étend à l'est du domaine du Chapitre, je remarquai des dunes de
sable dans lesquelles s'ouvraient des galeries de Cicindela fleruosa.
Comme j'avais précisément besoin de regarnir mes cartons de doubles
de cette espèce, si diflicile à capturer en plein soleil, je me mis à
gratter le sable légèrement, par petites couches et j'en recueillis sans
grande peine un bon nombre d'exemplaires. En mème temps, je
déterrai un petit Saprinus, d'un vert brillant, qui n'était autre que
le S. rugifrons Payk. et un second, de taille plus avantageuse et d'un
cuivreux doré, que je ne reconnus pas tout d'abord.
« Rentré chez moi, je m'empressai d'étudier ma trouvaille et je recon-
nus avec plaisir que j'avais affaire au Saprinus Pelleti Marseul, espèce
qui jusqu'à présent avait échappé à mes recherches. Je savais qu'elle
avait été découverte à Béziers, dans le sable, à la suite des inonda-
tions de l'Orb (Marquet, Cat. des Col. du Languedoc), qu'elle avait été
retrouvée aux bords du Tarn, au Rozier (Aveyron), par le frère de
mon collègue et ami M. J. Sainte Claire Deville, à Albi (Tarn), par le
capitaine Carpentier, et à Collioure (Pyrénées-Orientales), par le D'
Normand, mais j'ignorais dans quelles conditions.
« Le Saprinus Pelleti vit au bord des cours d'eau, dans les dunes de
sable fin qu'afflectionnent les Cicindèles. Il lui faut un sable bien lavé.
peu compact, non recouvert d'une croûte de limon. I s’y tient, comme
les Cicindèles, dans les couches supérieures, échauflées par le soleil,
en compagnie de S. rugifrons, et de quelques autres espèces ammo-
philes (Rhyssemus germanus, Psammodes sulcicollis, Cardiophorus equi-
seli), sans pénétrer dans les couches humides. Je ne saurais dire s'il
existe un rapport quelconque entre les Saprinus et les Cicindela, mais
j'ai remarqué que les tertres sableux qui ne contiennent pas de
Cicindela fleruosa ne contiennent pas non plus de Saprinus.
«Le Saprinus Pelleti est moins abondant que S. rugifrons. à peu près
dans fa proportion de 20 ° .. Néanmoins, ce n'est pas une espèce rare
et avec un peu de patience on peut en faire une bonne provision.
— XLVII —
puisque, en deux séances de deux heures chacune, j'ai recueilli
44 Pelleti sur 250 r'ugifrons.
« Voilà deux espèces de plus à ajouter au Catalogue déjà si riche
des Coléoptères de notre département ».
Excursions. — L'ordre du jour appelle l'étude du programme de
l'excursion du 16 mai prochain (lundi de Pentecôte) à l'Ile Sainte-
Lucie. Faute de quelques renseignements indispensables, il n'est pos-
sible que d'en tracer les lignes générales. Dès que ces renseignements
lui seront parvenus, le Comité établira le programme définitif qui sera
porté à la connaissance des Sociétaires par la voie de la presse, comme
d'habi ude.
Le Secrétaire,
L. GAVOY.
Séance du 22 Mai 1910
PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT.
CORRESPONDANCE. — M. J. Olive, de Bugarach, remercie la Société
de son admission comme membre titulaire.
Doxs. — M. A. Fages fait don, pour les collections de la Société, de
2 pointes en jaspe et de 2 Nucleus de même matière, provenant du
Moustérien de Leigné-sur-Usseau (Vienne).
Remerciements.
COMMUNICATIONS. — M. Fages signale, dans l'Homme préhistorique,
numéro d'Avril 1910, une très intéressante étude sur la véritable
Signification des trouvailles faites au pied des Menhirs, par M. le D'
Marcel Baudoin (de Paris), Secrétaire général de la Société préhistori-
que de France.
M. Baudoin pose en principe que, jusqu'à présent, on n'a pas com-
pris la signification réelle des trouvailles faites au pied des vrais
Menhirs fouilles.
I essaye de le démontrer : 1° en résuwmant les observations précises
publiées sur ces fouilles ; 2 en faisant ressortir l'importance particu-
Lière de certaines trouvailles, après les avoir dégagées nettement des
divers autres objets trouvés ; 3° en indiquant que ces trouvailles ne
— XLVIL —
peuvent ètre en rapport qu'avec une cérémonie particulière, un rite
accompli lors de l'érection du Menhir ; #* en montrant qu'on retrouve
un rile analogue à une époque historique, pendant la période romaine
et même à l'époque actuelle, dans certaines coutumes en rapport avec
la construction des maisons d'habitation.
Et il en dégage cette conclusion que les Menbhirs étaient des #1onu-
ments indicateurs de sépullures et que, à côté du Rile funéraire, il ÿ
avait déjà un Rite de construction pour la protection des Mégalithes
devenus fabous. c'est-à-dire sacrés.
M. Baudoin énumère les objets découverts au pied de Menhirs dans
es départements du Finistère, du Morbihan, de l'Ille-et-Vilaine, des
Côtes-du-Nord, de la Vendée, de l'Eure, de l'Orne, de la Creuse, de
l'Oise, de la Marne, du Loir-et-Cher et des Hautes-Alpes, et dans
quelques Alignements et Cromlechs. Partout, ce qui domine, ce sont:
1° Les charbons el les cendres : 41 fois ; 2 les lessons de poterie : 22 fois;
3 une terre spéciale : 16 fois ; #° les éclats de siler : 15 fois — sans
compter les pierres de calage presque toujours étonnées par le feu.
Ces trouvailles prouvent d'une façon indéniable que ces monuments
remontent à l'époque néolithique.
On a bien trouvé aussi d'autres objets tels que : haches en bronze,
bracelets en or, monnaies ou médailles anciennes, mais ils ne sont
pas de cette période et n'ont aucun rapport avec l'érection des Menhirs
eux-mêmes. Certains peuvent avoir élé égarés ou perdus, d'autres
avoir élé placés au pied d'un Menhir parce que c'était un point de
repère facile à retrouver.
Quelle est donc la significalien réelle de ces charbons, de ces rendres,
de ces pierres brülées et en place, de ces traces de feu? M. Baudoin croit
l'avoir trouvée dans le passage suivant d'un auteur latin, cité par
Fustel de Coulanges : Sicuztvs FLacus.
Pour ériger les « Trrmes », sorte de représentant sacré du culte
domestique, voici comment s'y prenaient les anciens Italiens : « [ls
commençaient par creuser une fosse, et dressant le Terme sur le bord.
ils le couronnaïient.... Puis, ils offraient un sacrifice. La victime immo-
lée, ils en faisaient couler le sang dans la fosse ; ils y jetaient des
charbons allumes, des grains, des gâteaux, des fruits, un peu de miel...
Quand tout cela était consommé dans La fosse, sur les cendres encore
chaudes, on enfonçait La pierre... »
Il serait diflicile de trouver un texte qui cadre mieux avec les trou-
vailles faites au pied des Menhirs ! Tout y est: charbons. cendres, elc.
Or, cette cérémonie. qui est un rile de construction, se retrouve dans
les coutumes relatives à la construction des maisons, qui existent
encore de nos jours en divers pays.
— XLIX —
En Vendée, par exemple, quand une maison vient d'être construite,
on tue un canard, on verse le sang sur le plancher et on le fait brûler;
en Basse-Cornouaille, on tue un coq ; dans l'Ille-et-Vilaine, la victime
est une poule noire. |
ll est évident qu'il s'agit ici d'un sacrifice, fait pour conjurer du
mauvais sort, pour protéger non-seulement la maison, mais ceux qui
l'habitent.
Certains auteurs, en fouillant les Menhirs, ont constaté l'existence
à leur base d'une cavité spéciale qu'ils ont appelée Cella. C'est une
cavilé artificielle dans laquelle on trouve des charbons. de la terre
brülée, des cendres mélangées avec de la terre et une sorte de magma
humide, comparable à une pâte de teinte brune, qui a donné à l'ana-
lyse 2 gr., 5 pour 100 de phosphate de chaux. Il se peut donc fort bien
que, de même que pour les Termes et les maisons, on a versé au pied
des Menhirs du liquide. peut-être du sang.
Du rapprochement de tous ces faits, M. Baudoin conclut que l'érec-
tion d'un Menhir avait pour but d'indiquer une sépulture voisine et
que, pour consacrer le caractère riluel de ces monuments, ou se livrait
à une cérémonie spéciale avant la fermeture de la fosse à Menhir, avant
le calage de la face libre et après le redressement de la pierre.
La théorie du D' Baudoin jette un‘jour nouveau sur la destination
de ces Mégalithes, restée jusqu'à présent si obscure. Il est à souhaiter
que les recherches ultérieures, orientées dans le sens indiqué par lui
viennent la confirmer ».
M. F. Bru nous communique la note suivante :
« Le 15 août 1907, j'herborisais sur les plages de Sainte-Lucie en
compagnie de notre collègue, M. Rebelle, lorsque je découvris un
Epilobium qui me parut, au premier abord, tout différent de ceux que
j'avais jusqu ici observés.
« Après un examen approfondi et de minutieuses recherches dans
plusieurs ouvrages, une seule diagnose se rapportait assez bien à ma
plante, sans toutefois me satisfaire complètement. C'était celle de
l'Epilobium parriflorum Schreb., Grenier et Godron, Flore française.
« Je résolus alors de m'adresser à un des plus éminents spécialistes
du genre, Mgr Léveillé, Voici sa réponse :
« L'Epilobium envoyé est bien l'E. partiflorum Schreb., var. Men-
thoides Hauuk. On trouve sauvent cette variété dans les terrains salés
à côté des formes maritimem et replans, à Uiges rampantes et
odorantes. »
« Ces variétés n'étant indiquées dans aucune Flore. je n'avais pu
arriver à un résultat. Aujourd'hui, le litige a été tranché par léminent
*
— }, —
spécialiste à qui j'adresse mes plus sincères remerciements et notre
département compte une nouvelle variété de plus. »
M. A. Cros-Mayrevieille nous adresse copie d'une communication
qu'il a faile à la Sociclé des Arts et Sciences de Carcassonne (séance
du 10 avril 1910) relativement à des restes antiques découverts, à
suite de défoncements. sur son domaine de Mayrevieille. Dans deux
grands champs situés au-dessus de la chapelle, la charrue a mis au
jour 7 ou 8 emplacements circulaires contenant des cendres, des
charbons, des débris de cuisine et des poteries et dénotant qu'une
peuplade fort ancienne a séjourné en cet endroit.
Cette communication, présentant un intérêt tout particulier pour
notre Société, sera publiée in e.rlenso dans le prochain Bulletin.
Excursioxs. — L'ordre du jour appelle l'examen du programme de
l'excursion du 5 juin.
Etant donné le retard apporté cette année dans la végétation par
une température absolument inconstante et anormale, il est décidé
que l'excursion du 5 juin sera reportée à 8 jours plus tard, c'est-à-dire
au 12 juin et que celle d'Alct précèdera celle de Cupserviès dans la
Montagne-Noire, laquelle est reportée au 26 juin.
Le Secretaire,
L. GAVOY.
Séarce du 19 Juin 1910
PRÉSIDENCE DE M. O. SARCOS, vicE-PRÉSIDENT
En l'absence du Secrétaire, M. Rebelle. Secrétaire-adjoint, donne
lecture du pracès-verbal de la séance du 22 mai, qui est adopté sans
observations.
CORRESPONDANCE. — La correspondance comprend :
4° Une circulaire portant le règlement et le programme du premier
Congrès International d'Entomologie qui se tiendra à Bruxelles, du
1°" au 6 août prochain. + |
2 Une circulaire de la Société Géologique de France relative à la
Réunion extraordinaire qui se tiendra à Valence (Drôme). Alais et
Nitues (Gard), du 22 au 29 septembre 1910
P Le programme de l'Excursion que la Société d'Etudes des Scien-
ces Naturelles de Béziers fera, le 26 juin courant, à Palavas.
F
Dons. — M. Hyvert offre à la Société un ouvrage dont ilest l’auteur,
ayant pour titre : Le Ruraliway, dans lequel il préconise un nouveau
système de Tramway monorail plus pratique et plus économique que
ceux adoptés jusqu'ici pour les transports ruraux ou coloniaux.
Remerciements.
PRÉSENTATION. — M. Azéma Lucien, entrepreneur de menuiserie,
rue de Lorraine, 32 et 15, à Carcassonne, présenté par MM. A. Fages
et P. Bardou.
CoMMuxicATIONS. — M. Georges Hyvert présente un appareil dont il
est l'inventeur, auquel il a donné le nom de NITROCOLORIMÈTRE DIFFÉ-
RENTIEL.
Ainsi que son nom l'indique. cet appareil permet d'apprécier, par
l'intensité des colorations dues à certaines réactions chimiques provo-
quées simultanément dans un milieu à analyser et dans un milieu préa-
lablement titré, la différence de teneur en acide nitrique des deux
milieux comparés.
L'inventeur utilise un réactif analogue à la Diphenylamine, mais
beaucoup plus sensible, puisqu'il peut déceler la présence d'un poids
de 0 gr., 000,000,001 d'acide nitrique. .
En effet, s'il s'agit, par exemple, d'un vin naturel additionné de
10 *’, d'une eau de riviére renfermant 0 gr.. 001 d'acide nitrique par
litre, ce vin titrera 0 gr., 0001 par litre. L'opération ayant lieu sur 5
gouttes pharmaceutiques (30 au centimètre cube), le volume du liquide
soumis à l'expérience renferme SE Z 0 gr., 000,000,001. On
ne saurait exiger d'un réactif une plus grande sensibilité.
Naturellement, les liquides tels que boissons, lait, vins, vinaigres,
etc. doivent ètre préalablement décolorés au noir animal chimique-
ment pur, avant d'être soumis à l'expérience. Cette dernière doit
avoir lieu rigoureusement, pour les liquider à titrer, à la mème tem-
pérature, sous le même éclairemenut et pendant le méme laps de temps
que pour le liquide étalonné qui sert de terme de comparaison.
L'appareil que M. Hyvert fait fonclionner sous nos veux permet
d'opérer dans ces condilions.
Notre collègue, dont les premiers essais remontent déjà à 5 ans. le
brevet à 3 ans, n'a pas voulu présenter sa méthode à une Société
scientifique avant qu'elle ne fut complètement au point. Ce n'est
qu'après de nombreux tâtonnements el. disons-le mème, après quel-
ques insuccès qui n'ont pu le décourager. qu'il a été conduit au dis-
positif délinitif. Le neuvieme, et dont il a réservé la primeur à la
Société d'Etudes séientiliques de l'Aude.
LI =
Ce nouveau modèle s'applique tout particulièrement à la recherche
du mouillage des vins.
Lors du Congrès international de Chimie appliquée, tenu à Rome en
1907, les savants italiens et allemands, après avoir étudié minutieuse-
ment les méthodes basées sur la présence des nitrates dans les vins,
ont proclamé à l'unanimité que les vins naturels ne doivent pas en
renfermer, et ils ont indiqué, pour les doser, diverses méthodes très
compliquées.
Celle de M. Hyvert paralt résoudre le problème par son extrême :
simplicité. On en jugera par la lecture du mode opératoire ci-après,
qui est à la portée de tous et n'exige aucune connaissance spéciale :
— Préparation des
Liqueurs à comparer.
1° Réduire à 3 "3 par l'é-
bullition, 103 de bois-
._ Son, laver la capsule avec
J quelques gouttes d'eau
distillée ; ajouter au vin
d réduit et compléter le
volume à 5°"3 avec de
l'ean distillée. — 2° Agi-
ler 20 fois avec une dose
de noir. — 3° Passer sur
un filtre, préalablement
| lavé à l'aide d'eau distil-
1 _2@ F 4 Jée, acidulée par 10°,
TT | ET d'acide sulfurique.
ee | M: Ménios-cnérations ét
le vin étalon (vin pur
Vue de l'Appareil additionné de 10°;, d'eau
Brevelé S G. D. G. No 390.863
naturelle).
C
Î M
B. — Emploi de l'Appareil. — 1° Le réfrigérant étant rempli d'eau
et les bougies lavées à l'eau distillée, verser dans celles-ci 2 ou 3°"
d'acide sulfurique ; laisser égoutter ; verser de l'acide dans le tube
central jusqu'à ce qu'il aflleure à la base dés bougies. — 2° Dans cha-
que bougie, laisser tomber, bien d'aplomb dans l'axe, d'abord 5 gouttes
des liqueurs correspondantes: puis 15 gouttes de réactif par groupes
de 5, pour éviter le suréchauflement et la caramélisation, conditions
indispensables. — 3° Verser # à 5°"% d'acide sulfurique par le tube cen-
tral, pour constituer un matelas acide de 3 centimètres sous Îles
liqueurs. — 4° Observer les coloralions au bout de 15 à 20 minutes.
— LI —
C. — Diagnostic. — Tout vin qui fournira une leinte plus intense
que celle donnée par l'étalon (vin pur additionné de 10 * , d’eau) sera
déclaré suspect et le négociant soucieux de sa réputation et de sa
tranquillité ne devra pas accepter de le prendre en charge sans
exiger de son vendeur des garanties spéciales et un bulletin d'un
laboratoire ofliciel, sinon il s'expose à tous les désagréments des
poursuites correctionnelles. La forte hausse des vins, constituant une
prime à la fraude, doit mettre sa prudence en éveil.
Nora. — Ilest évident, & plus forte raison, que les coupages de vins
naturels avec les vins artificiels qui renferment au moins S0°,, d'eau
naturelle, sont immédiatement décelés par l'appareil.
La communication de notre savant collègue a vivement intéressé les
membres présents à la séance qui ont suivi ses explicalions avec une
altention soutenue. Il est à souhailer, dans l'intérèt de la viticulture,
que Îles laboratoires s'emparent de cette méthode appelée à rendre les
plus grands services et que la fraude par le mouillage soit désormais
cnrayéc.
M. Fages lit une Note dans laquelle il énumère les trouvailles
d'objets préhistoriques ou anciens faites par lui sur la rive droite de
l'Aude. depuis le plateau de Mayrevicille (plateau de .Carsac), près
Carcassonne, jusqu'au village de Leuc.
Cette Note, trop étendue pour figurer daus le présent procès-verbal,
sera insérée dans notre-prochain Bulletin, à la suite de celle de M. Cros-
Marvrevieille dont il a éte donué lecture dans la séance précédente.
M. Gavoy présente une liste de près de deux cents espéces de
Coléoptères recucillies par lui, le 2% mai dernier, dans des détritus à
la suite d'une cruc de l'Aude.
ExCURSIONS. — Le programme de lExcursion à Cupserviés et au
Roc du Bougre (Montagne-Noirc), projetée pour le 26 juin, est adopté
lel qu'il a été élaboré par les soins du Comité.
Le Secrétaire de lu séance,
F G. REBELLE.
Séance du 17 Juillet 1910
PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT
CORRESPONDANCE.— Celle-ci comprend :
{° Une lettre circulaire de M. de Rey-Pailhade, président du Comité
pour la Propagation des Méthodes décimales, accompagnant une Péti-
DIV =
tion adressée à M. le Ministre de l'instruction publique en vue de
réaliser la division décimale du jour entier, proposée par les auteurs
du système, métrique vt décrétée par la Convention nationale le 4
Frimaire an Il.
Le moven proposé par le Comité pour arriver à ce résultat consis-
terait à commander, par concours, à l'horlogerie française, 100 mon-
tres décimales à trotteuse centrale, du système dit de la Convention
nationale. | È |
Ces instruments seraient répartis daus divers établissements d'en-
scignement supérieur, secondaire et primaire, dans quelques-unes de
nos grandes Sociétés scientifiques et sportives et serviraient à en
étudier méthodiquement les avantages et les inconvénients.
> Une lettre-circulaire de M. J. de Lahondès, Président de la
Sociélé archéologique du Midi de la France, invitant les membres de
notre Société à participer aux travaux de la Sous-Section d'Ar-
chéologie, lors du Congrès de l'Association Française pour l'Avan-
cement des Sciences qui doit se tenir à Toulouse du {" au 7 août pro:
chain.
Doxs.— M. Léon Carez, membre honoraire, fait hommage à la So-
ciélé, pour sa bibliothèque d'un exemplaire de son travail intitulé :
Etudes géologiques sur la feuille de Mauléon (Basses-
Pyrénées). (Extrait du Bulletin de la Sociélé géologique de France.
4° Série, T. NX, page 73, année 1910). |
Remerciements. -
ADMISSION.— Est élu, à l'unanimité, membre actif :
M. AzZEMA, Lucien, entrepreneur de menuiserie, rue de Lorraine, à
Carcassonne.
COMMUNICATIONS. — M. Gavoy signale. dans le Compte-rendu som
maire des séances de la Société géologique de France, n° 12 et 14. séance
du 20 juin 1910. une Note de M. Léon Carez, qui intéresse un point
de notre région et qui, à ce titre, lui parail mériter d'ètre consignée
dans nos procès-verbaux. Cetle note est intitulée : Examen conm-
paratif de mes conclusions et de celles de M. Léon Ber-
trand sur la structure des Pyrénées.
@_ ME. Carez. continuant la série de ses communications sur le versant
Nord des Prrénées. examine les théories de M. Léon Bertrand (1) qui
admet, comme on sait. une série de nappes de charriage superposées.
fi L. BERTRAND Contribution à l'histoire stratigraphique et tectonique des Prrénées-Orientales
et Cuutrales. Bull. Sere. Carte géol. Fr., &. NNII, 4905, p. 465.
— LV —
« L'auteur énumère les charriages qu'il reconnait et qui sont peu
nombreux : pic de Bugarach, massif de Lacoura. ctc.; il rejette tous
les autres et pense que tous les massifs primaires séparés de la zone
primaire centrale sont enracinés. sans exception.
€ S'occupant spécialement de la feuille de Quillan. il passe en revue
les différentes coupes de M. L. Bertrand et estime que ces coupes ne
sont pas suflisamment étavées par les observalions, que nulle pert on
ue peut voir les superpositions de séries ou de nappes indiquées par
ce géologue, enfin que les inclinaisons de couches telles qu'elles.sont
tigurées sont le plus souvent différentes de la réalité, soit pour le
sens du plongement, soit pour leur intensité.
« En rétablissant les véritables inclinaisons. on arrive à cette conclu-
sion que non seulement les nappes de M. L. Bertrand ne sont pas
prouvées, mais que leur existence est contredite par tous les faits
bien constatés, et qu'en aucun point il n'est possible de voir la super-
position des diverses nappes supposées. Tandis que les contacts
normaux où anormaux sont presque toujours verticaux ou voisins de
la verticale, M. L. Bertrand est amené à les figurer horizontaux, ce
qui ne se voit nulle part et est tout à fait contraire au mode de struc-
Lure de la région.
€ Pour bien montrer combien les coupes de M. L. Bertrand sont
théoriques, M. L. Carez s'attache à la coupe 16 de la planche 11 (1);
il explique que celte coupe est prise suivant une ligne où les seules
couches qui affleurent, soit sur cette ligne même, soil à une grande
distance à l'Est et à l'Ouest, sont les calcaires marmoréens jura-
crétacés et le Primaire ; néanmoins l'auteur a figuré six terrains
superposés : Trias, Lias et Jurassique, calcaires aptiens, schistes
albiens. Primaire, calcaires marmoréens, et les a distribués en deur
nappes séparées par une surface horizontale, la nappe inférieure pré-
sentant un très beau pli couché au Nord.
€ Si l'on supprime des différentes figures de M. L. Bertrand ce qui
est hypothétique pour ne laisser subsister que ce qui est visible et
contrôlable, on arrive à cette conclusion qu'il ne reste rien des argu-
ments mis en avant pour soutenir Fexistence des quatre grandes
Nappes superposées.
« Ce qui existe, comme M. L. Carez l'a dit depuis longtemps (2), ce
sont de très nombreux chevauchements, de trop faible amplitude pour
mériter Île nom de charriages, et non détachés de leurs racines ; ces
ds Op ete.
«D Les premieres notes ou M L. Carez à mentionné les chevauchements sus la feuille de
Quillan datent de 1883, 1842 et 1N93.
=: LVL
chevauchements sc portent le plus souvent vers le Nord, mais il y en
a aussi un certain nombre dirigés en sens inverse.
« M. Léon Bertrand reléve les attaques dont ses observations dans les
Pyrénées et leur traduction graphique en coupes synthétiques vien-
nent d'être l'objet. Il répond, tout d'abord, à l'un des principaux
griefs de son contradicteur, qui lui a vivement reproché de faire
figurer dans ces coupes autre chose que ce que l'on peut strictement
voir à la surface aux points précis où passe chacune d'elles. Les cou-
pes en question sont synl'héliques et, pour ne pas les multiplier à
outrance, l'auteur y a fait figurer, en profondeur, les données qu'on
est vraisemblablement en droit d'induire, par conlinuilé, des rensei-
gnements fournis par les points contigus ou par les coupes voisines.
de façon à donner unc idée de l'allure profonde des renseignements
fournis par la surface.
« Il discute, en même temps, la manière dont ont été établies les
coupes très différentes que M. Carez vient d'opposer aux siennes et
dans lesquelles ne se montre pas le souci d'une semblable coordina-
tion tecionique les contacts anormaux y apparaissant, à tort, tous
presque verticaux et sans aucun lien leS uns avec les autres.
. QI maintient formellement la généralité de ses interprétations tant
pour la feuille de Quillan, dont il vient d'être question, que pour
celles de Foix et de Baguères-de-Luchon, dont M. Carez doit s'occuper
dans la prochaine séance, à laquelle M. Léon Bertrand n'assislera
pas. :
€ M. L. Carez. répondant à une observation de M. de Margerie, per-
siste à trouver regrettable que M. L. Bertrand n'ait pas indiqué par
un figuré distinct ce qui est le résultat d'observations et ce qui cest
l'application des théories.
€ S'il est vrai pour les coupes 1 à 4 de la planche ur, que certains des
contacts figurés sont au-dessous du niveau de la mer et que par suite
le lecteur attentif ne peut croire que ces tracés sont la reproduction
de faits observés, il n'en est pas du tout de même pour les coupes
suivantes. La coupe 8, par exemple, montre la surface de contact.
anormal qui sépare les nappes À et B sous le plateau du Clat, à une
altitude qui n'est pas seulement supérieure au niveau de la mer. mais
de 400 mètres plus élevée que le fond des deux vallées de FAude ct
du Rébentvr entre lesquelles est compris le plateau du Clat
« Jen est de méme pour toutcs les coupes suivantes. »
ExcrRSsIoNs. — L'ordre du jour appelle l'examen du programme de
l'Exeursion à Fleury et à la Mer. Ce programme est adopté lel qu'il
— LVII —
a été élaboré par les soins du Comité; la date seule est changée et
remise au Dimauche, 7 août, au lieu du 31 juillet.
I est, en outre, décidé que l'Excursion au Château des Cheminières
qui n'a pu avoir lieu le 10 juillet, à cause du mauvais temps, se fera
le dimanche 2% juillet.
Le Secrétaire,
L. GAVOY.
Séance du 16 Octobre 1910
PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT.
En l'absence de M. Gavoy, excusé, M. Rebelle. Secrétaire adjoint,
donne lecture du procès-verbal de la séance du 17 juillet dernier, qui
est adopté sans observations.
NÉCROLOGIE. — M. le Président a le regret de faire part à la Société
que, pendant les vacances qui viennent de s'écouler, elle a perdu trois
de ses membres.
C'est d'abord M. Eugène Trutat. docteur ès sciences.
Prébistorien de la première heure, Trutat devint en 1869 un des
directeurs de la Revue: Matériaux pour l'Histoire de l'Homme, fondée
par G. de Mortillet. Nombreux sont les travaux qu'il y publia ainsi
que dans le Bulletin de l'Académie des Sciences et de la Société d'His
loire naturelle de Toulouse et dans la Revue archéologique du Midi de
la France. Nos collègues n'ont pas vublié la belle conférence qu'il
uous donna, le 19 mars 1893, dans la salle des fètes de l'Hôtel de Ville.
Sur les Pyrénées et à la suite de laquelle il fut nommé membre hono-
raire de notre Société. Il fut pendant de longues années Conservateur,
puis Directeur du Musée d'Histoire naturelle de Toulouse.
Trutal est décédé à Foix, le 29 juillet 1910, à l'âge de 69 ans.
Quelques jours aprés, le 4 août, s'étcignait à Narbonne, après une
longue ct douloureuse maladie, un de nos membres fondateurs,
M. Fernand Bru. Elevé à l'école de M. Gaston Gautier, le distingué
botaniste narbonnais. Bru s'était passionné pour l'étude des plantes
et ne manquait aucune occasion de nous faire part de ses trouvailles
ou de ses observations. Notre Bulletin renferme de lui de nombreuses
notes botaniques -consignées soit dans les procès-verbaux de nos
Séances, soil dans nos rapports d'exeursion.
— LVII —
Nous perdons en lui un collègue anssi sympathique que botaniste
consciencieux. |
Il avait à peine 40 ans.
Enfin, les journaux nous ont annoncé, il y a un mois environ, la
mort de M. Jean Philibert. :
Nommé membre de notre Société en 1892, il fut chargé, dès cette
même année, des délicates fonctions de Secrétaire qu'il remplit jus-
qu'en juillet 1900, époque à laquelle il quitta Carcassonne pour occu-
per le poste de percepteur à Davejean.
- Doué d'un tour d'esprit très personnel, d'une urbanité exquise,
poèle même à ses heures, il avait su conquérir les sympathies de tous ;
aussi son départ ne laissa-t-il parmi nous que des regrets. En recon-
naissance de ses services, la Société lui avait conféré le titre de mem.
bre correspondant.
Philibert est décédé à Conques (Aveyron), à l'âge de 40 ans.
CORRESPONDANCE. — Par lettre du 15 juillet, M. le Bibliothécaire des
Sociétés savantes nous demande de vouloir bien compléter la colleclion
de notre Bullelin par Fenvoi du tome XII (1902) qui lui manque.
Satisfaction lui a été donnée.
Par lettre-circulaire du 30 juillet, M. le Ministre de l'instruction
publique et des Beaux-Arts nous annonce l'envoi, en dix exemplaires,
du programme du 49° Congrès des Sociétés savantes qui s'ouvrira à
Caen, le mardi 18 avril 1911. Ce document est mis à la disposition des
membres de la Société.
Par lettre en date du 1% août, M. A. Boyer, pharmacien à Sorèze
(Tarn). demande à faire partie de la Société. Il sera slatué sur cette
demande dans la prochaine séance.
3
Doxs. — M. F. Doumergue, membre correspondant, fait hommage
à la Société :
1° D'un exemplaire de la Carte géologique de l'Algérie (déparlement
d'Oran), feuille de St-Cloud, n° 15%, avec nolice explicative.
2 De silex taillés provenant d'une stalion de plein air du Tell
Oranais ;
4 De silex et quartzites taillés provenant de stations de plein air
des environs d'Oran, Arzew, Saint Cloud, etc. -
Remerciements.
M. Rebelle présente, disposée dans deux cartons vitrés, par les
soins de M. Gavov, notre collègue, la collection d'insectes du Toukin
acquise par la Société en janvier deruier.
Cette collection comprend de beaux spécimens de Coléoptères, des
Hémiptères, des Hyménoptères, des Diptères, des Orthoptères et des
Lépidoptères. : :
— LIX —
Sur la proposition de M. lc Président, la Société vote l'acquisition
d'un crâne de Gorille adulte et d'un crâne d'Élephant rapportés du
Gabon par un de nos compatriotes. Mandat est donné au Bureau de
traiter cette acquisition aux meilleures conditions.
COMMUNICATIONS. — M. A. Fages fait connaître à l'assemblée que,
sur la demande qui lui en a été faite par notre collègue, M. G. Bories,
de Fabrezan, notre éminent membre correspondant, M. J. Lambert,
président du Tribunal civil de Troyes, consent à publier dans notre
Bulletin une NoTE SUR LES ECHINIDES DE RENNES-LES-BAINS.
Ce travail comprendra euviron 30 pages de texte et 2 planches.
Des remerciements sont volés à M. Lambert pour sa collaboration à
nos travaux et à M. Bories pour son heureuse intervention.
M. Fages fait ensuite la communication suivante :
« Aux environs du village de Cavanac, entre le point marqué 162 sur
la carte géologique et la ferme de Quarantus, s'ouvre une grotte
dénommée « Trou du renard ». Son ouverture est du côté du nord,
ctle commande à une petite vallée où coule un affluent du Touron.
Un mur rocheux de 8 mètres environ de hauteur la recouvre, il porte
le nom de « Roc d'al courhas ». À environ quatre cents mètres de là,
on voit trois roches à peu près semblables, superposées l'une
au dessus de l'autre. La dernière se trouve à mi-pente du plateau
des Justices, elle nous parait avoir été forliliée. En effet, on peut
y voir quelques coupures pareilles à des créneaux et, par places,
des blocs de pierre collés à la roche par un ciment rouge.
« L'entrée de la grotte du renard a 0 mètre 60 de haut sur 1 mètre 10
de large ; elle est difficile, vu que c'est à plat ventre qu'il faut sv.
glisser, pendant 3 mètres environ, point où elle se bifurque et prend
des proportions plus larges et plus hautes. Un couloir va vers le sud,
landis qu'un autre se recourbe vers l'entrée pour aboutir à l'oucst,
dans une salle ayant 3 mètres 20 de large sur 2 métres de haut, d'où
partent de nombreux boyaux très étroits ct impraticables.
«€ Le peu de temps que nous avons passé dans cette grotle ne nous
a pas permis d'y faire la moindre fouille : mais il nous a semblé que
les trouvailles ne seraient pas abondantes, vu que le remplissage
paraît peu épais. Nous signalerons seulement quelques éclals de silex,
dont unc lame lincment retouchée, que nous avons recueillis à l'entrée.
« La nature du terrain est en Lutélien moyen (e, — el) ».
Le Secretaire adjoint.
G. RERELLE.,
Séance du 20 Novembre 1910
PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT.
. CORRESPONDANCE. — Par lettre circulaire du 10 courant, l'Université
de Toulouse fait appel aux autres Universités et aux Sociétés scienti-
tiques et médicales du monde pour l'aider à reconstituer, dans la me-
sure du possible, la section de sa Bibliothèque consacrée à la Médecine
et aux Sciences. qui a été anéantie par le feu, le 27 octobre dernier.
L'assemblée décide qu'une collection complète de notre Bulletin sera
adressée à l'Université de Toulouse.
Doxs.— M. le D' Bourrel fait don d'un cxemplaire de salamandre
aquatique {Trilon marmoratus Latr.) conservé dans le formol.
Cet exemplaire a été trouvé dans un mur en démolition. Le fait n'a
rien de surprenant, car on sait que, quoique vivant habituellement
dans l'eau, les salamandres aquatiques en sortent quelquefois par les
temps chauds et orageux.
M: J. Bousquet, Instituteur en retraite à Azillanet, offre pour nos
coHections une dent de cheval et des dents et fragments de mâchoires
d'ours, provenant de la grotte de Minerve (Hérault).
M. A. Boyer, pharmacien-chimiste à Sorèze (Tarn), offre un excm-
plaire d'un opuscule qu'il vient de publier sur : Les calcaires de Soreèse,
leur eturle yéologique, yéoynosique et chimique, leur avenir dans l'in-
dustrie.
M. P. Embry fait hommage d'un exemplaire à part de son intéres-
sante relation de voyage en Andorre paruc dans notre Bulletin sous
le titre : Les vallées d'indorre : d'Ax-les-Thermes à la Seo de Urgel.
Remerciements aux donateurs.
ADMISSIONS.— Est nommé à l'unanimité membre actif :
M. A. BoyEr, pharmacien-chimiste à Sorèze (Tarn).
Sur la proposition de M. Gavoy, M. J. Lambert, Président du Tri-
bunal Civil de Troyes. est nommé membre honoraire.
Mémoines présexrÉs.— Le Secrélaire dépose sur le Bureau, au nom
de M. Paul Calmet, instituteur à Aragon, un travail intitulé : Géologie
agricole du département de L'Aude el des pays environnants au point de
vue des plantations forestières el de la reconstitution du vignoble en
plants américains,
— LXI —
Ce travail a valu à son auteur une médaille de vermeil dans le con-
cours organisé par la Société démocratique d'encouragement à l'agri-
culture de l'Aude.
Renvoyé au Comité de publication.
AcQuisiTIONS.— Sont exposés sur le Bureau le crâne d'éléphant et
le crâne de gorille dont la Société avait voté l'acquisilion dans sa pré-
cédentle séance.
+
COMMUNICATIONS. — M. le D' Bourrel signale en ces termes un cas
curieux de lératologie végétale qui lui a été soumis par notre collè-
gue, M. le Lieutenant-Colonel Samary :
« Voici une feuille double d'hélianthe, vulgairement appelé « Soleil
de Californie ». Comme on peut le remarquer, nous avons aflaire à
l'accolement par la nervure médiarme (côté dorsal) de deux feuilles
semblables de tout point. Ces feuilles conslituent une partie d'un
bourgeon de l'Hélianthe, l'autre partie, avortée, se trouvant enserrée
dans la masse d'insertion du pédicule commun.
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« Il est intéressant de constater que les faces ventrales (internes)
sont devenues externes ou dorsales, non par leur fonction physiologi-
que, mais par leur position sur l'axe de la tige, position en contradic-
tion avec la normale.
=: LXH —
«« À mon avis, la malformation date de la période embryonnaire du
bourgeon, alors que les feuilles, encore pliées et se touchant par leurs
faces externes (au futur), une cause quelconque a empéché les nervu-
res dorsales de se séparer complètement. Ici la portion terminale des
deux feuilles est parfaitement libérée et c'est, si mes souvenirs sont
exacts, la première qui se dégage et s'individualise.
« À quelle cause attribuer cette monstruosité ? A une piqùre d'in-
secte ?
« J'ai eu plusieurs fois l'occasion de constater, dans les jardins un
peu humides, la présence fréquente, sinon constante, de nombreux
Forficutes en train de butiner Sur les jeunes pousses de « Soleil de
Californie ». Dans mon jardin, notamment, il n'était pas un seul pied
qui en fut indemne. J'ignore si le fait est général, maïs il se pourrait
bien que le cas de téralologie dont je viens de vous entretenir soit
imputable à un de ces insectes qui, comme vous le savez, font le dé-
sespoir des jardiniers ».
M. Gavoy donne lecture du Rapport sur l'Ereursion du 26 juin 1910
à la Cascade de Cupsertiès et au Roc du Bougre et d'un compte-rendu
d'excursion botanique et entomologique intitulé : Dans la Montagne-
Noire.
Ces deux travaux figureront dans le prochain Bulletin.
Le Secrétaire communique un extrait d'une lettre adressée à M.
Fages par M. Bories, de Fabrezan, dans laquelle ce dernier fait part
à notre collègue de quelques observations qu'il a été amené à faire
Surc la stratigraphie des environs de Rennes-les Bains.
« Comme cela avait été convenu entre M. Lambert et moi, nous nous
sommes rencontrés, le 8 septembre dernier, en gare de Couiza pour
monter ensemble jusqu'à Rennes.
« Dès notre arrivée, nous avons commencé nos explorations.
« Nos premiers pas se sont portés vers Montferrand où se trouve.
rive droite du ravin qui passe à l'ouest de ce hameau, une couche en
cénomanien contenant Exrogyra columba, Ostrea carinata et quelques
oursins réguliers actuellement à l'étude chez M. Lambert. Cette mème
assise se trouve à l'est de la Pourteille, point situé centre Sougraigne
et Bugarach ; ce gisement se continue vers l'est et sur le passage du
sentier du Linas à la Source Salée : on peut y récolter les orbitolines
et les nérinées sur une couche supérieure, au croisement de la ligne
électrique venant d'Axat.
« Je reviens à mon premier point, c'est-à dire aux couches de Mont-
ferrand. Ces couches ne paraissent pas se raccorder avec celle qui est
vers le Cardou et ne Semblent pas contenir la même faune. Ainsi,
— LXHI — :
toute la partie qui porte Montferrand devrait étre en turonien, mais
très réduit, puisque certains auteurs mettent la couche à Cyphosoma
Archiasi, qui se.trouve au dessous de Montferrand, à la base du séno-
nien. Les calcaires noduleux et marnes à échinides et ammonites
forment toute la couche remplissant le vallon et passent au nord du
Lac pour se diriger vers le ravin de Sougraigne. Ainsi cette assise à
échinides permet d’aflirmer que toute la montagne des Cornes, celle
des Croutets et celle de Sougraigne (nommée Brens dans le pays) est
forcément sénonienne et supérieure aux oursins des calcaires nodu-
leux. Sur tous ces points nous sommes bien d'accord avec M. Lambert.
« Les marnes bleues non fossilifères recouvrant les micrasters
existent sur le chemin de la Fageolle et doivent mème paraître à
l’ouest de Rennes sur la couche à micrasters ; il en est de même dans
le grand ravin de Sougraigne.
« Sur les marnes bleues existe la grande faune de Sougraigne dont
le point de départ est au chemin qui va aux Croutets.
« Plusieurs assises gréseuses ct calcaires remplissent les niveaux de
la montée des Croutets et de Brens. A ce point, on peut compter au
moius trois ou quatre assises avec faune ferrugineuse avant d'arriver
à celle de la fontaine de Sougraigne qui paraît être la supérieure et
qui contient encore des ammonites et, chose très rare, une bélemni-
telle. Les couches à rudistes ne sont pas bien intéressantes sur ce
point, car elles sont très pauvres et ce n'est que dans les marnes que
l'on peut voir quelque sujet n'ayant pas été déformé.
« Comme vous pouvez le voir par ces données qui sont bien le résu-
mé des constatations que nous ‘avons faites, le sénonien occupe une
grande place dans cette région et donne presque la totalité de la
faune ».
Le Secrétaire,
L. GAVOY.
Séance du !/8 Décembre 1910
PRÉSIDENCE DE M. LE D' CARBOU, PRÉSIDENT
ET DE M. LE D' GAUJON, VicE-PRÉSIDENT.
=
M. le Président annonce que M. A. Blanquier, instituteur à Cuxac-
d'Aude, vient d'être promu Oflicier d'Acadéinie. Au nom de la Société,
il adresse à notre collègue ses plus sincères félicitations.
— LXIV —
CORRESPONDANCE. — M. J. Lambert, Président du Tribunal Civil de
Troyes, remercie de sa nomination de membre honoraire et nous pro-
met l’envoi prochain de son Etude sur les Echinides crétacés des envi-
rons de Rennes-les-Bains.
M. Louis Guiraud, de Moux, nous annonce la découverte récente,
aux environs de la gare de cette localité, de tombes creusées dans Île
roc et de silos de différentes dimensions.
Quelques membres se proposant d'aller visiter ces tombes, M. le
Président les invite à nous rendre compte à l'occasion du résultat de
leur examen.
A ce moment, M. le D' Carbou est obligé de’quitter la séance pour
se rendre auprès d'un malade ; il est remplacé au fauteuil par M. le
D' Gaujon, vice-président.
La Société d'Etude des, sciences naturelles de Béziers envoie le pro-
yramme général des excursions pour l'année 1911 et celui de l'excur-
sion de Pâques en Espagne, du 12 au 23 avril prochain.
Dons. — M. F. Doumergue nous adresse, pour la bibliothèque, une
brochure dont il est l'auteur, ayant pour titre : Contributions au pré-
hislarique de la Prorince d'Oran (Extrait du Bulletin de la Société de
géographie et d'archéologie de la province d'Oran, T. xxx, fascicule
cxxiv, 1910).
Remerciements.
Dénissiox. — MM. Léon Peyraudel, de Carcassonne, et Alquier-
Griffoulet, d'Alzonne, envoient leur démission.
PRÉSENTATION. — M. MaAyYxanié Jean, propriétaire à Aiguesvives
(Aude), présenté par MM. le Dr Bourrel et Gavoy.
COMMUNICATIONS. — Le Secrétaire expose que, à la suite de fouilles
exécutées dans une de nos régions les plus riches en gisements pré-
historiques sur des propriétés particulières temporairement louces à
cet effet, les objets recucillis ont été dispersés hors de France, au
profil de collectionneurs ou de marchands étrangers. Nous nous trou-
vons ainsi dépossédés sur notre propre territoire de pièces essentielles
à l'étude de nos origines et dont la plupart ÉCIARPErONE pour jamais à
l'investigation scientifique.
Ce fait a soulevé au sein de nos plus importantes Sociétés savantes
une émotion bien légitime et l'Académie des sciences, le Comité des
travaux historiques, la Société d'Anthropologie ont réclamé la protec-
tion d'une loi nouvelle. L'Administration des Beaux Arts, de qui relève
la conservation des monuments préhistoriques, a conlié la préparation
— LXAV —
de cette loi à une commission de savants et de juristes et le gouver-
nement a déposé, le 25 octobre 1910, sur le Bureau de la Chambre des
Députés un projet de loi qui organise la surveillance des fouilles
entreprises par les particuliers et prévoit pour l'Etat, si l'intérêt
scientifique l'exige, le droit de se substituer au fouilleur.
Les sanctions prévues sont de deux ordres : les unes, pénales, lais-
sent un large pouvoir d'appréciation aux tribunaux; les autres, civi-
les, sont destinées à réparer les dommages qui pourraient résulter
des infractions à la loi.
Mais un semblable projet, en obligeant « tout établissement, toute
association ou tout particulier, qui veut exécuter des fouilles archéo-
logiques ou paléontologiques, soit sur un terrain lui appartenant, soit
sur le terrain d'autrui, à en faire la déclaration à la préfecture du
département sur le territoire duquel ces fouilles seront ouvertes », et
en soumettant ces fouilles à la surveillance de l'Etat, est plutôt de
nature à nuire au développement de nos Sociétés archéologiques de
province et à l'initiative des véritables chercheurs.
Aussi a-t-il déjà soulevé des protestations au sein de nombreuses
Sociétés régionales et notamment au sein de la Société préhistorique
française qui vient d'être reconnue d'utilité publique. Cette dernière
estime que, pour arrèter l'exode à l'étranger de nos trésors archéolo-
giques, il suflirait de faire quelques adjonctions à la loi du 30 mars
1887. |
Cette loi protège les vestiges archéologiques, laisse libre cours aux
initiatives et n'impose pas une surveillance vexaloire à l'inventeur
d'une découverte, surveillance ou contrôle qui serait une atteinte à la
propriété scientifique au moment mème d'une découverte.
Les articles nouveaux qu'il faudrait ajouter à l'ancienne loi pour-
raient se résuiner ainsi :
ART. À. — Aucun objet présentant un intérèt national d'archéologie
ou de paléontologie ne pourra franchir les frontières françaises
sans autorisation spéciale du ministre compétent.
ART. 2. — L'Etat, en cas de vente d'objets intéressant l'archéologie
et la paléontologie, pourra exercer un droit de préemption.
ART. 3. — Toul étranger désirant faire des fouilles devra solliciter
l'autorisation ministérielle.
Telles sont les mesures que juge nécessaires la Société préhistori-
que française. Avec plusicurs autres Sociétés régionales telles que la
« Polymathique du Morbihan », la « Société archéologique de Limoges,
la Société archéologique de Troyes », etc., elle demande que nos
richesses archéologiques restent en France, mais qu'on n'entrave pas
y
— EXVI -—
l'initiative des travailleurs, au risque de perdre à jamais les inesli-
mables résultats que leur zèle fournit.
| Après cet exposé, l'assemblée consultée déclare. à l'unanimité moins
3 voix, adopter les conclusions de la Société préhistorique française
et se rallier entièrement à sa manière de voir.
Copie de cette délibération sera transmise à la Société préhistorique
française.
M. À. Fages présente, disposés sur cinq planches, les silex el
quartziles des environs d'Oran dort M. F. Doumergue, notre membre
correspondant, a bien voulu nous faire don pour nos collections (Voir
séance du 16 octobre).
Ces pièces nous montrent quelques types variés de l'industrie pré-
historique algérienne que l'on pourra comparer avec ceux de notre
industrie régionale.
Notre collègue donne à leur sujet les explications suivantes :
PLANCHE 1. — Acheuléen II ou Moustérien. — Quartzites granulés
compacts ; Station en plein air d'Oran, d'Arzew, Saint-Cloud, etc. Ces
quartziles sont pareils à ceux des grottes de Bize ; c'est la matière
qui remplaça les silex après la crue hesbayenne : ils ne sont taillés
que sur une face (1).
PLANCHE IT. — Moustérien. — Calcaire compact, silex corné, jaspe
quartzifère. Station en plein air d'Arcole, Canastet et Saint-Cloud.
Nous sommes encore dans la période des quartziles, représentés par
uue pierre de jet, des éclats saus caractères, une ébauche de pointe el
deux éelats de silex sur lesquels on a voulu retoucher une face.
PLANCHE TE. — Moustérien. — Tell Oranais. — Jaspe commun, silex
meulière, silex pyromaque et calcaire siliccux. Quoique les pièces
soient incomplètes, elles caractérisent très bien l'époque moustérienne
par leurs retouches sur une seule face.
PLANCHE IV. — Moustérien. — Lames en silex corné et une pointe
en silex moeuliére. Tell Oranais. Station en plein air.
PLANCHE V. — Moustérien. — l'ointe de flèche en jaspe (inème pro-
venauce).
Les trois dernières planches sont formées de pièces de mème pro-
(4) L'extrémite infer eure présente le plan de frappe et le conchoïde de percussion
à l’état brut. Ce conchoïde se développe sur le côté non retaillé, qui vffre la face de
l'ecl tement toute lisse, sans aucune retouche. Sur l’autre face les bords seuls soat
plus ou moins retouchés sur les rôtés et s- terminent en pointe au sommet.
— LXVI —
venance et s'il n'y a pas eu mélange des couches, nous nous trouvons
en présence de la période paléolithique et de l'époque Moustérienne.
Toutes les pièces sont bien caractéristiques ; seule la pointe de
flèche, qui est pédonculée, devrait, d'aprés nos maîtres en préhistoire,
être exclue de cette époque. Pour une fois nous la laisserons dans ce
classement et nous dirons même que l'époque Moustérienne fut l'au-
rore de l'époque Robenhausienne.
Notre pointe de flèche est en jaspe, pareille aux pointes de nos
collections de Leigné-sur-Urseau (Vienne), provenance Moustérienne
souvent décrite par des savants préhistoriciens, et elle est retouchée
sur un seul côté, elle est rugueuse et irrégulière ; on dirait, en l'exa-
minant avec attention, qu'elle a été taillée accidentellement. Quelle
différence avec les flèches robenhausiennes ! autant l’une est finie,
autant l'autre est grossière ; dans le Moustérien c’est le début, tandis
que dans le Robenhausien c'est l'art arrivé à son apogée. Il nous sem-
ble donc que cette flèche marque les débuts de la flèche de l'époque
de la pierre polie.
D'après la classification de M. Adrien de Mortillet, la flèche pédon-
culée nous apparaît sans préparatif aucun. Rien dans l'époque tarde-
noisienne ne nous met sur la trace d'une ébauche. Comment se fait-il
qu à cette époque nous ayons des pièces présentant un pareil fini.
L'ouvrier est-il devenu expert dans cet art” Non, cela n'est pas; la
pointe de flèche, comme toutes les armes de l’époque, a cu une époque
brute, époque de débuts et ces débuts ont été à l'époque Moustérienne.
Comment se fait-il qu'on ne la retrouve pas dans les trois époques
qui séparent le Moustérien du Robenhausien, et comment aussi se
fait-il qu'on ne retrouve pas les sculptures et les dessins du Magda-
Jenien dans le Robenhausien ©?
Tous ces changements proviennent sans doute de l'émigralion de la
peuplade qui a formé l'époque, émigration amenée par le changement
de climat ou le manque de gibier favori.
Les époques ont été formées par des peuplades qui se sont succédées
emportant leurs armes et leur industrie. Ne se peut-il pas que quel-
ques-unes soient revenues à leur point de départ avec leurs anciennes
armes plus finies, avec une industrie plus perfectionnée.
Prenons les deux époques : dans l'une et dans l'autre pas de dessins,
pas de sculptures, des armes dégagées, solides, utiles des deux côtés;
nous retrouvons les grattoirs. des pointes, de grands éclats retouchés
pareils à nos haches taillées. |
Pour nous, il nous semble que l'époque Moustérienne fut l'époque
brute de l'époque Robenhausienne.
Depuis lougteinps j'ai recueilli daus uu ravin du Plateau des Justices
— LXVIIN —
des flèches grossièrement taillées, qui ressemblent bien à la flèche
du Tell Oranais.
En terminant, j'espère que M. Doumergue ne s'arrêtera pas là,
qu'il continuera de nous envoyer du préhistorique Algérien, et ces
matériaux nous perineltront de faire des études comparatives inté-
ressantes.
Rapport DU TRÉSORIER. — M. Cathala, trésorier. présente son rap-
| port sur la situation financière de la Société. Il constate avec satisfac-
tion que l'exercice 1910, malgré les vides qui se sont produits dans
nos rangs, augmeute sensiblement notre réserve.
RENOUVELLEMENT DU BUREAU. — L'ordre du jour appelle les élections
pour le renouvellement du Bureau.
Le dépouillement du scrutin pour le remplacement de M. le D’
Carbou, Président sortant, donne le résultat suivant :
Suflrages exprimés : 49.
M. O. Sarcos ayant obtenu l'unanimité des voix, est proclamé Pré-
sident pour l'année 1911.
Ont pris part au vote par correspondance : MM. Ch. Baron, D
Bourrel, A. Boyer, Aug. Bruguière, L. Cals, M. Cathala, E. Combélé-
ran, G. Combéléran, D' Courrent, P. Embry, E. Finestres, G. Hyvert.
A. Jeanjean, Dr Laflitte, H. Malric, J. Mérie, J. Molinier, L. Molinier,
F. Mot, J. Pech. C. Pratx, G. Rey, M. Robert, J. Rouanet, 0. Rouar-
roux, Ph. Rouzaud. J. Sabatier, colonel Samary, J. Séguier, G. Sicard.
A. Trébillac.
Est élu à l'unanimité Vice-Président, M. G. BoniEs, de Fabrezan.
Les autres membres du Bureau sont maintenus dans leurs fonctions.
Le Bureau de la Société, pour l'année 1911, est constitué comme suit :
Président: M. O0. SARCos.
Vice-Présidents : MM. le D' Gavson et G. BoRIES.
Secrétaire : M. L. Gavory.
Secrétaire-adjoint : M. G. REBELLE.
Trésorier : M. J. CarTnaLa.
Conservaleur-Archiviste : M. J. PEcH.
Conservaleurs des collections : MM. A. FAGEs et G. SicaRo.
M. A. Fages est nommé membre du Comité du Bulletin, en rempla-
cement de M. Bru, décédé.
L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 4 heures.
Le Secrétaire,
L. GAVOY.
—— LXIX —
NOTE SUR LA SITUATION FINANCIÈRE
DE LA
SOCIÉTÉ D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES DE L'AUDE
À la fin de l'Exercice 1910
ET PROPOSITIONS POUR LE BUDGET DE 1911
Pan M. CATHALA, TRÉSORIER
—
La Société avait en caisse à la fin de l'exercice 1909... 1.853 fr. 35
Elie a recu pendant l'exercice 1910.....,,..,,,....,, 1.763 15
FO ses asset 3.616 50
Les dépenses s'élèvent à... 1.716 70
L'excédent des reccttes est de... 1.899 NO
Les Recettes et les Dépenses se décomposent comme suit :
RECETTES
Solde en caisse au 4er janvier 1910.........,,...,... : 1.853 3)
237 cotisations 1910 et 2 1909 à 6 fr.......... Sonate 1.43% »
Subvention du Conseil général...,.,,..,.,. os dr 200 »
Sous-location du Syndicat médical....,... door si 50 »
Recettes diverses (vente du Bulletin, insignes, diplo-
mes, encaissement de coupons, intérêts en compte
courant)......... ie das SF 19 15
ROUES heat ocre 3.616 50
DÉPENSES
LOVE SE ie A uses #00 »
Concierge.. ......... AR PR TT TT A 10 D
fimpositions. ss. HS RNte ET 19 35
Assurance contre Lincendie ..,..., Hess iiinecss {1 15
Eclairage ce Aulas ss essais virer ent 1N 60
Mobilier et entretien.....,.......,.... Re 30 »
linpression et brochasc du Bulletin de 1909. ......., S## 60
Envoi du Bulletin, port de livres, impressions diverses,
frais de bureau et Ge correspondance, frais de
recouvrement des cotisations, ete... Te 126 79
À reporter .,,..... ° 1.490 45
— LAX —
Achat de livres, abonnements.
Report.....
Entretien des Collections et de la Bibliothèque
Frais d’excursions. ....,...,.. IT ‘ se sie
Dépenses: AIVETSCS sister see eee —
Solde en caisse... osseuse Mia ss s
Total os. ee ee, 00...
RECETTES
Solde en caisse au fer janvier 1911.,..,...,.., de
240 cotisations à 6 fr..,,......... lis daionen. ss
6 membres nouveaux à 6fr.........,...... sise
6 diplômes à 2 fr........ Messie :
Subvention du Conseil général... ss ss sors.
Sous-location du Syndicat médical ...,....., nca
Total ae sun.
Loyer .......
Concierge......
DÉPENSES
0. 00. , 000, °
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Impositions........ Te
Assurance contre l'incendie ....,,....,., Hate
Eclairage et chauffage .,......,,,.... ... sais sous
Mobilier et entretien ..,.....,.....,.... PR DU :
Impression et brochasge du Bulletin de 4910.......,..
Frais d'envoi du Bulletin .,.............,,,... ‘ ë
Impressions diverses... ,,.,,..,,,..,......... se. .
SALONS) ae er te dinars A
Entretien de la bibliothèque ......, RS
Achat de livres, abonnements... Dies de
Entretien des collections... ondes TT
Frais de collections élémentaires... ...,.,.., Mesa
Frais de conférences. ss ss esse esse TT
Frais d'excursions ...,,.,.,..., Se T7
Dépenses diverses... ue an don
Solde à reporter à nouveau. ....,....,... tissus
OA ...
1.49 5
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53 M
32- (6
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1.899 N
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100 n
350 n
386 6
3.637 N0
DEUXIÈME PARTIE
Rapport sur les Excursions de la Société
EXCURSION
Du 28 Mars 1910
AUX MINES DE YILLARDONNEL ET À LA GROTTE DE VILLANIÈRE
Par M. R. ESPARSEIL
Le programme de l'excursion, d'ordre exclusivement géolo-
gique et minéralogique, était trop alléchant ce jour-là pour que
les admirateurs des deux belles sciences ne se rencontrassent
pas au rendez-vous. C'étaient les excursionnistes de la belle
époque, ceux qui, au prix de réelles fatigues, voulant s'instruire,
négligent même le bon hôtel qui dévie leur route au détriment
de” la science, et qui portent sur le dos, empaqueté soigneuse-
ment dans le sac à vivres traditionnel, juste de quoi tromper la
faim que le séjour dans la montagne aiguillonne généralement.
Le beau sexe était joliment représenté et il contribuait à atté-
nuer le sérieux de tant de gens savants. Seul émergeait au-
dessus de cet heureux mélange un bijou rayonnant, dans la
personne d'une gracieuse fillette qui, elle aussi peut-être, avait
voulu pénétrer les mystères cristallographiques du mispickel
puisque, paraît-il, c'est grâce à lui que l'on a de l'or dans le
département de l'Aude. Dans tous les cas, un pays des plus
pittoresques, un temps à faire rêver les photographes, la
perspective d'une récolte d'éléments instructifs incomparables,
au milieu d'une société choisie où l'entrain n'avait d'égal que
le charme goûté auprès de tant de personnes aimables, il n'en
fallait pas plus pour mettre de la gaieté dans les cœurs et c'est
par une explosion de cris joyeux que l'on accueillit le Président
de l'excursion lorsque de sa voix qui voulait se faire sérieuse
il nous pressait de monter en voiture. |
Avant d'aborder le fond de mon sujet, je dois m'excuser
auprès de mes lecteurs du manque de documents qu'ils trouve-
ront dans ce récit. N'ayant pas été désigné pour l'écrire, j'ai
suivi l'excursion en tête folle, sans prendre des notes, jouissant
avidement du plaisir que nous procurait cette belle journée, de
telle facon qu'obligé de céder après quelques mois aux sollici-
tations irrésistibles de la personne documentée qui devait
ei
sexécuter. j'en prends la place sans autre bagage que mou
piètre souvenir.
Mais nous voici déjà à Villardonnel, patrie de M. Mahul, l'au-
teur du célèbre Cartulaire. Une visite à son châleau s'imposait et
nous voilà partis sans réfléchir à l'heure matinale vers cet impo-
sant manoir. La réponse à notre demande de visiter que per-
sonne n'avail prévue et qui pourtant nous parut toute naturelle
apres réflexion, fut qu'il étail trop matin et que rien n'était
préparé pour recevoir dignement la Société d'Etudes scientili-
ques de l'Aude. Nous renoncons donc à cette visile qui, sionen
juge par l'extérieur du château, ne devait pas nous faire décou-
vrir des documents sérieux au point de vue archéologique et
l'on se dirigea vers l'église dont l'aspect ancien et délabré nous
_ faisait espérer une compensation à ce contre-temps. Cette visite
fut courte, l’oflice -du malin allait sonner. Si nous ajoutons à
cette considération qu'à part un bénitier assez curieux, rien n'a
attiré notre altention el que notre impatience de voir la mine
devenait de plus en plus fébrile à mesure que nous approchions
du but, on comprendra l'élan qui nous fit planter là tous les
monuments plus ou moins archéologiques de Villardonnel pour
nous diriger vers la cheminée de l'usine que nous apercevions
devant nous, émergeant au-dessus du ravin.
USINE DE ViILLARDONNEL. — La visite débuta par l'usine que
les propriétaires ont installée aux abords de la mine dans le
ravin, à un emplacement tel que le choix qui a présidé à son
installation ne peut être plus heureux pour l'avenir. Cette
usine est destinée à la fabrication de l'acide arsénieux et est
construile de telle facon que les éléments trailés, de par la
gravité, Viennent d'eux-mêmes prendre la place que le trai-
tement industriel doit leur assigner. C'est ainsi que le mis-
pickel, porté par un câble aérien du carreau de la mine après
être passé dans le concassenur, tombe de lui-même dans le
wagwonnel qui le verse après lavoir transporté dans le four,
après lequel sont situées les chambres de condensation. C'est à
. Ja base de ces dernières que l'on recueille l'arsenic pendant que
les résidus tombent du four dans une chambre inférieure où
ils se refroidissent pour être mis de côté en vue du traitement
pour or.
+
Cette usine est assez importante et de construction moderne.
Elle se compose de fours Czermack-Spireck qui consomment
0 kil. seulement de coke pour une tonne, alors qu'ils permet-
tent de passer cinq à huit tonnes de mispickel par jour. Cette
faible consommation provient du calorique dégagé en partie
par la combustion du soufre contenu dans les pyrites de fer’et
arsénicales. Les sociétaires, à qui tous ces détails ont élé expli-
qués très judicieusement, ont pris un très vif intérêt à écouter
ces explications et ont pu constater que tout avail élé prévu
pour un aménagement futur des traitements pour or.
La visite de la mine a suivi directement celle de l'usine: On a
parcouru à la file indienne les longues galeries, écoutant reli-
gieusement les explications de notre guide et goùtant avec un
plaisir infini les beautés de la science géologique appliquée à
l'exploitation de Villardonnel. Le niveau supérieur dans lequel
tout le monde est entré est desservi par une descenderie de
70 mètres. L'extraction se fait électriquement par une Société
de transports de force voisine. L'électricité actionne également
les pompes d'épuisement. Cette partie est la partie riche de la
mine, aussi nous n’:umes garde d'oublier de bourrer nos poches
de mispickel cristallisé en souvenir de cette belle excursion.
À la sortie de la mine, on s'aperçut tout d'un coup que chacun
de nous avait le ventre creux et que l'heure fuyait. Un homme
aimable, tous l'étaient dans notre excursion, mais celui-ci,
comme on va le voir, l'était doublement, un homme aimable,
dis-je, prit la parole et, dans un argument irrésistible, nous
démontra que les abords de la mine était un lieu bien mal
choisi pour effectuer notre déjeuner. 11 v avait dans les environs
une proprièlé appartenant à son beau-frère ; il nous y invitait
à dénouer les cordons de nos sacs à vivres. L'offre était faite
avec trop de cordialité pour que l'on refusät et nous voilà tous
partis pour Combe-Estremière. M. Malric, l'homme aimable en
question, nous y avait réservé une véritable surprise. Avec une
de ces attentions délicates dont il connait seul le secret, il avait
fait dresser la lable, une vraie table, avec des couverts, une
belle nappe et des serviettes.
Pareil luxe pour des excursionnistes qui arrivent dans ce
home des plus hospitaliers avec leurs sacs tout culottés, ne
pes
s'était pas vu depuis longtemps, aussi c'est avec empressement
que nous nous sommes associés aux paroles de remerciements
qu'a adressé à M. Malric notre sympathique trésorier, M. Cathala,
président l’excursion. M. Malric répondit d'abord en emplissant
nos coupes de vin mousseux des Cheminières et, le verre en
main, nous dit, en portant un toast à la Société, combien il
serait heureux de voir cette dernière en excursion au Château
des Cheminières appartenant à son beau-frère, M. Mir, où l'on
pourrait s'instruire en voyant fabriquer le vin de champagne
que nous dégustions en ce moment et dont on appréciait la
saveur. L'excursion aux Cheminières, mise aux voix, fut instan-
tanément décidée.
Le programme étant inexorable il fallut s'arracher aux
douceurs d'une bonne digestion pour nous diriger vers la
grotte de Villaniére. Salsigne et ses mines abandonnées
momentanément pour cause de grève furent franchis sans
arrêt appréciable et l'on s'achemina vers la grotte. Une des-
cription de cette dernière serait superflue puisque la Société
y ayant excursionné en 1896, une description en a été faite
dans le Bulletin de la mème année. Nous avons constaté que
les locataires de cette grotte avaient fait un pont souterrain
pour permettre de franchir sans échelle le gouffre noir qui
sépare l'entrée de la grotte de celle de la chambre aux stalac-
tites. Ces dernières ont élé respectées par les visiteurs et, chose
rare, sont encore en place. Nous eûmes, comme en 1396, la
même vision merveilleuse qui nousaurait retenu plus longtemps
si toujours la même voix n'avait crié: « Allons, en route,
l'heure passe ».
USINE DE LA FONLE. — L'arrêt à Laslours fut de très courte
durée, tandis que celui à l'usine de la Fonde fut plus long. Cette
usine diffère de celle de Villardonnel en ce sens que l'acide
arsénieux incomplètement récupéré dans des chambres de
condensation s'en va en fumée, el que le but du traitement est
surtout Ja fabrication des mattes aurifères à enrichissement
progressif. On conçoit donc, pécuniairement parlant, l'impor-
tance de cette usine. Le minerai. prenant sa place dans le trai-
tement suivant le même principe qu à Villardonnel, est passé et
repassé dans le four jusqu'à ce que les mattes qui en résultent
—
aient acquis une teneur en or suffisante pour en justifier avec
bénéfice la livraison au fondeur. La méthode employée à la
Fonde est celle dite de fusion cuivreuse où on ajoute au minerai
pyriteux ou oxydé à base de silice, de la chaux et un peu de
minerai de cuivre que l'on trouve en quantité appréciable en
profondeur dans les travaux de Salsigne (1). Pour cela, on a
construit des fours dits Water-Jackets de forme rectangulaire à
circulation d'eau que les sociétaires ont visité en détail ainsi
que la galerie des machines faisant fonctionner la soufilerie el
l'ascenseur servant à remonter les mattes.
Les voitures étaient attelées, les chefaux piaffaient. Sur le
même ordre du Président, tout le monde s'embarque et voilà
comment s'est terminée une heureuse journée ROUE la Société
d'Etudes scientifiques.
(1) Voir l'étude qui suit ce compte-rendu
NOTES COMPLÉMENTAIRES
POUR SERVIR
A L'ÉTUDE DES MISPICKELS AURIFÈRES DU CABARDÈS
Gite de Villardonnel
Les travaux souterrains de Villardonnel signalés dans notre
étude en 1908 (1) semblent avoir acquis aujourd'hui 1n déve-
loppement tel qu'ils peuvent être susceptibles de faire ressortir
quelques faits nouveaux pour l'étude que nous avons entreprise
depuis 1903 du gite de mispickel de notre région (2). C'est le
résultat de nos investigations personnelles, sur ce point, que je
me propose de consigner dans ce travail. Nous y examinerons
également d'un coup d'œil ce qui a pu se produire dans la
reconnaissance des autres parties du gîte et les résultats obte-
nus.
GÉOGRAPHIE. — La concession de Villardonnel est située dans
la commune de ce nom, dans la Montagne-Noire, à 10 kil.
environ au Nord de Carcassonne. Elle est traversée par 2
ravins, le ruisseau de Malabiau et celui de Villaude, et elle à
une limite commune avec les concessions de Salsigne et Villa-
nicre, dont l'étude a fait l'objet des travaux cités plus haut.
On y accède par la route nationale d'Albi en Espagne et par la
route départementale de Villardonnel à Salsigne. qui aboutit à
la gare des tramways de la Caunette (G kil.)
TopocRapine. — La mine de Villardonnel est située en partie
sur les flancs du ravin de Villaude, et ses galeries ont eu pour
but surtout de reconnaitre les derniers affleurements de mis-
pickel que l'on rencontre vers le sud, avant la disparition du
(1) R. Esparseis. — Notes eomplementaires pour servir à l'étude des
moispickel du Cabardes. B. S. FE. S. de l'Aude, 1908. Tome XIX.
(2) R EsparseiL. — Etude sur Les nouvelles erploitations souterraines
de quelques gisements du Cabardés, BB. S. ES, de l'Aude. 1901.
Tome XIV.
Fe
primaire sous le secondaire. Ces affleurements sont constitués
par une série de filons parallèles mis au jour par l'érosion du
ravin. Ils font partie du champ appartenant au second système
de fractures étudié dans les études précédentes. Les galeries
qui débouchent sur l'escarpement du ravin reconnaissent le
gite en direction tandis qu une descenderie débouchant sur le
plateau sera prolongée en profondeur, quoiqu'elle ait déjà 70m,
pour reconnaitre un filon parallèle.
GÉOLOGIE. — La structure des terrains est surtout formée,
dans la concession de Villardonnel, par les schistes du silurien
inférieur, les potsdamiens, dont la formation recouvre presque
toute la région qui nous occupe. Ces schistes étaient vraisem-
blablement recouverts par le calcaire géorgien du même étage
dont il ne subsiste plus que les racines de leurs plis (1). Cepen-
dant, jusqu'à aujourd hui, malgré le travail de Leymerie (2) qui
signale le calcaire au rocher de Canecaude, il a été établi que
la formation schisteuse recouvrait le pays, abandonnant les
dernières racines calcaires à Lastours et à Villanière d'où elles
semblent émerger. Si, étant donné le silence de tous les géolo-
gues qui sont venus après Leymerie et qui ne mentionnent pas
le calcaire de Canecaude sur leur carte, on peut appeler cela
un fait nouveau, il sera intéressant, pensons-nous, de signaler
ce calcaire qui, en réalité, prend naissance au rocher de Cane-
caude, apparaît dans le voisinage des travaux au mispickel de
Villardonnel, se poursuit dans la direction de Salsigne où il
émerge par endroits, notamment dans des travaux au fer
appelés le Trou de l'eau, la Jourdanne pour se continuer vers
Villanière, source supposée d'une des grandes bandes calcaires
qui traverse la Montagne-Noire dans toute sa longueur et avec
son orientation.
Puisque nous sommes aux faits nouveaux, nous croyons
eo
(1) R. EsPansFiL. — Aperçu groloyique de l'Aude, note 1, page 1. —
léologie de l'Aude, sur le plomb dans la Montagne-Noire B. S. E. S. de
l'Aude, 1906. tome XVII.
(2) LEYMERIE. — Description géognoslique du versant méridional de
la Montagne- oire, 1873,
— 40 —
devoir signaler une dolomie dont personne n'a encore parlé (f)
et qui ressort vers la ferme de Saint-Julien. Elle doit se trou-
ver à la jonction du postdamien et du géorgien et doit être
probablement de l'âge de ces derniers calcaires. Notre opinion
sur ce point est basée sur ce que la dolomie est une roche de
transformation dont le carbonate de chaux plus soluble que
celui de magnésie a disparu suflisamment pour que l'enrichis-
sement en magnésie qui en résulte puisse transformer le cal-
caire primitif en dolomie. On comprendra que le calcaire pri-
mitif étant géorgien, la roche qui nous occupe soit de même
origine. On doit donc rencontrer cette roche à l'endroit même
où elle est formée, car elle doit être le produit de réactions
diverses dont les phénomènes se sont produits à l'endroit mème
où on la trouve.
Gite DE MispickEL. — Le gîte de mispickel, on le sait, fait
partie du système filonien auquel appartiennent les gites de
Salsigne, de Villanière et de Cupserviès, ainsi que ceux de
Labastide. Nous avons établi qu'ils ont tous été formés vrai-
semblablement par l'influence des grandes rides hercyniennes,
le gite de Villardonnel entre donc dans cette catégorie. Il a, du
reste, la même direction et a trop de liens communs pour que,
appartenant au même système de fracture, on lui refuse la
méme origine. Du reste, nous avons nous-même constaté, soit
dans la formation du gite, soit dans son allure, soit dans sa
minéralisation, soit encore dans la similitude des roches en-
caissantes et du remplissage, une relation trop étroite avec ceux
auxquels nous le rattachons pour qu'il puisse subsister dans
notre esprit l'ombre d'un doute à ce sujet. Une étude donc plus
complète de ce gite risquerait d'aboutir à une redite de notre
part ; nous nous bornerons donc à enregistrer les travaux exé-
cutés et à disséquer les résultats nouveaux mis en lumière par
ces derniers et ceux qui n'étaient pas faits autre part lorsque
nous avons écrit les études précédentes.
Travaux EXÉCUTÉES. — L'exploitation actuelle s’est développée
dans deux centres différents appelés Combe Lisou et la Royale.
(1) Découverte par M. Fages, de Rivoire.
At =
Une simple découverte d'afleurement doit être signalée à 800"
vers le nord et en direction; elle à été abandonnée momenta-
nément.
Cour Lisou. — L'étude en galeries de ce point a été provo-
quée par d'anciens travaux indiqués par des haldes et des
oxydations arsenicales superficielles.
Trois guleries A. B. C. sont superposées et alteignent respec-
tivement en direction 60,100 et 130n.
La galerie A voit son toit très incliné sur l'horizontale au
début des travaux (25 à 300), avec une imprégnation de cristaux
de mispickel très caractérisée. Sa direction est sensiblement
N.S. et le pendage du toit à l'avancument se redresse jusqu'à ce
qu'il soit voisin de 600. La galerie a suivi le filon, et ce dernier
offre avec une très grande irrégularité, qui est du reste la
caractéristique de ces gites dans notre pays, une allure très
complexe. Tantôt le mispickel se présente à l'état pur, plus
loin il disparait brusquement pour céder la place au quartz
qui remplit la totalité de la fracture et retourne peu à peu au
mispickel massif en passant par le quartz moucheté de pyrite
de fer et cuivreuse mélangé par endroits de fer spathique non
décomposé. L'avancement, en ce moment, est quartzeux avec
mouches pyriteuses, tandis que les épontes semblent considé-
rablement imprégnées de solution arsenicale. L'analyse de ces
dernières a donné du reste chez M. Pautrat, chimiste à Paris,
1,70 0/0 d'arsenic pour 4 gr. d'or 0/0. |
La galerie B entre en direction comme la galerie À, et suit
également le filon qui présente avec les mêmes caractères d'ir-
régularité et de complexité les mêmes imprégnations schis-
teuses.
C'est à ce niveau que l'on continue un travers-banc destiné à
recouper le gite de la Royale situé à 100" environ. L'avance-
ment de la galerie présentait une épaisseur de filon de 060,
avec une boule de quartz imprégnée de pyrite arsénicale. Non
loin de l'amorce du travers-banc les travaux ont rencontré un
bouleversement tectonique, constitué par une série de failles
et de rejets qui se traduisent surtout par un flottement, une
sorte d’hésitation bien naturelle dans la conduite des travaux
qui ont réussi non Sans peine à recouper Île filon beaucoup plus
6
— 12 —
loin La teneur en or de cette galerie varie entre 9 et 10 gr.
tandis que celle de l'arsenic arrive à 36 0/0.
Les trois galeries sont en communication par des descende-
ries ou des remontages dans Île filon, ce qui permet une con-
naissance plus approfondie de l'allure du gite, et c'est par un
de ces remontages que l'on a suivi Île filon sous un ravin jus-
qu'au nouveau (, qui ne révéle pas de faits nouveaux méritant
une mention spéciale.
RoYaLe.— Ce point, plus élevé que Combe-Lisou, sera mis en
communication avec ce dernier par Île travers banc que nous
avons indique qui servira d'écoulement. Les formations super-
ficielles de cette attaque présentent une inclinaison de 30 °;.
sur Ja verticale qui s'améliore à 40° en profondeur. Cette atta-
que a été effectuée par une descenderie de 70" de profondeur
qui suit l'inclinaison du filon qui dessert 2 niveaux et un pui-
sard. La direction du gite semble être parallèle à celle de
Combe-Lisou, c'est-à-dire sensiblement N.S. Le premier niveau
est constitué par 2 galeries de 40" de développement, le 2°
par des galeries de 220" envirou. Le traçage normal s'eflectue
par des remontages ou des descenderies. Le premier niveau se
trouve à 30% environ du jour. Le filon qui a été suivi à droite
el à gauche se présente avec Jes mêmes caractères d'irrégula-
rité jusqu'a une premiére faille. Dans la galerie sud, la faille
rejette le filon qui n'a pas élé suivi par la galerie, cette der-
niere s'étant égarée sur une ramification qui a vite disparu.
Au nord, le filon, régulier d'abord, se poursuit nettement
jusqu'à un bouleversement géologique déterminé d'une façon
imprecise, et la galerie à été arrêtée jusqu'à la fin du remontage
entame au niveau inférieur et qui y traverse aujourd'hui.
Le 2"n6 niveau constitue le point central de toute l'exploita-
lion, et c'est celui qui est poussé le plus activement dans les
deux sens, parce que jusqu'à présent c'est lui, avec la descen
derie qui S'enrichit en profondeur, qui a donné les espérances
les plus chatovantes. Le pendage du filon plonge de 70° à
l'est, et les avancements, après être passés dans les alternatives
d'épaisseur que l'on connaît, offrent au nord et au sud des
épaisseurs de 0"60. L'avancement Sud est sec, le Nord est
Le 49
mouillé, l'eau s'écoule lentement dans le puisard d'où elle est
remontée au jour électriquement.
Les anomalies signalées à Salsigne et à Villanière se rencon-
trent à Villardonnel, notamment la présence en milieu schisteux
du fer spathique ; nous nous sommes assez étendu sur ce point
pour n'avoir point à y revenir. Quelques mouches de pyrites
cuivreuses sont à signaler dans les pyrites de fer et les pyrites
arsénicales, mais pas de cuivre natif dans les épontes comm
à Salsigne. |
Le minerai est encore en place, mais les travaux ont donné
sur le carreau de la mine de 5 à 600 tonnes de mispickel trié à
28 °/, d'arsenic et 25 gr. °/, d'or. Voici, du reste, le résultat de
quelques analyses :
Analyses de M. Pautrat, chimiste à la Faculté des sciences de
Paris : |
RoYyaLe Norp. Mispicket quartzeux. arsenic 8.70°/ or 16 gr. °/.
RoyaLe sup. Mispickel peu quartzeux arsenic 23.03°/, or 4 gr."
Résidus grillés, moyens........... arsenic {.90°/ or 16 gr. °’,,
MOVCNNES Sn este idee arsenic 16.41°/ or 20 gr. °/,
Analyses de M. Jacob, ingénieur à la Caunette :
CoMBE-Lisot : attaque coupe de bois affleurement.— arsenic 27.50 */.,
argent 160 */., or 17 °/..
CouE-Lisou : minerai décomposé au toit, puis schiste et bande de
minerai. — arsenic 13.10 ‘/.. argent 158 °/.., or 17 °/..
Come Lisou : 0*15 décomposé, schistes minéralisés, 0*20 pur. —
arsenic 32 */.. argent 90 °/.. or 15 °/.., cuivre 0.15 */.
Analvses de M. Desflassieux, chimiste, au Monestrol :
ROYALE 2° NIVEAU : Côté nord, à 10 mètres de la descenderie. —
arsenic 21.2 */., argent 36 °/., or 14 gr. °/..
Côté nord, de 10 à 20 mètres de la descenderie. — arsenic 17.6 °/..
argent 52 */., or 31 °/..
Côté nord, de 20 à 30 mètres de la descenderie. — arsenic 19.3 en
argent 48 °/., or 51 °/...
Côté nord, à 10 mètres de la descenderie. — arsenic 26.2 °/,, argent
36 07. or 15
Côté nord, de 10 à 20 mètres de la descenderie. — arsenic 28.1 ‘/.,
argent 48 °/., or 30 °/...
Côté nord, de 20 à 30 métres de la descenderie. — arsenic 25.7 ‘/.,
argent 57 °/,, O7 48 ‘/o.
he
Ces échantillons, un peu supérieurs à la moyenne, ne com-
portaient pas de pyrites.
Quartz blancs secs. Royale sud 1“ niveau. Rares mouches de mis-
pickel : or 2 gr. °/.. argent 2 gr. °/.
Quartz blancs secs. Royale sud 2*° niveau. Rares mouches de mis-
pickel : or 2 gr. °.., argent 14 °/..
Ces deux analyses confirment que l'or est bien véhiculé par
la minéralisation pyrite au mispickel.
Royale 2m6 niveau. — Echantillons moyens des deux galeries
sud toute la longueur.
{re galerie sud. — Ces échantillons sont presque tous massifs
et comportent beaucoup de mispickel, très peu de pyrites :
Perte au feu 36°/, arsenic 29.7 °/. or 22°/., argent 45 °/.….
Le trié du triage comportant un peu de quartz doit être un
peu inférieur à ces résultats.
Royale n° 2, 2m niveau.— Galerie nord sur toute la longueur.
h#O mètres d'avancement. — Les échantillons, presque tous
identiques, sont constilués par du minerai quartzeux très miné-
ralisé en pyrite et mispickel intimement mélangé :
Arsenic 17.35 °/, or 40°/., argent 32°/., perte au feu 2h */...
Filon très intéressant, la moyenne est régulière et le trié doit
se rapprocher sensiblement de ce chiffre.
Royale 2%" niveau sud.— Poussière des coups de mine. Epais-
seur du filon 0,50 quartz et mispickel sans pyrite:
Perte au feu 21°/, arsenic 15.6 °/, or 16°/., argent 35 */.…
Cet échantillon est très quartzeux, environ 50 °/, la teneur
est donc conforme au restant de la galerie.
Royale 2m niveau, — Avancement nord. Poussière des coups
de mines. Quartz, schiste, mispickel, pyrite, échantillon trés
mélangé :
Perte au feu 18°, arsenic 11.4", or 21°, argent 54 °/.
Le filon à 040 d'épaisseur en moyenne avec barre de schiste
au milieu, ce qui explique sa faible minéralisation; la teneur en
or reste toujours proportionnelle et le trié dépasse certainement
90 grammes d'or.
Royale no 1, 2me niveau.— Montage nord. Poussiére des coups
de nine, composition, épaisseur, filon très régulier, Um36 miné-
ralisation, quartz, pyrites, mispickel, type de cette galerie :
Arsenic ÎN.22 ”/., Or 37 oo. argent 45 °/.
La moyenne de ce filon concorde exactement avec celui de la
galerie. L'allure. le toit, la minéralisation sont trés intéres-
sants.
Nous noterons que ces analyses ont été elfectuëes sur des
minerais tout venant et non concentrés et que les stalistiques
adressées au Conseil général signalent à Villardonnel une
teneur en or variant entre 12 et 30 grammes d'or.
Dans la direction de la ferme de la Royale, on à relevé d'autres
afMleurements prolongeant les travaux actuels. Quelques travaux
faits pour mettre en lumière les analyses ont été abandonnés
momentanément.
Entin M. Morin, chimiste de la Monnaie, à Paris, trouve à
l'avancement actuel du 2" niveau, c'est-à dire en mars 1911,
or, 90 gr. °/w. Tout venant moyen de la mine : or, 26 gr. ‘/0o.
Il existe dans la même concession et dans le ruisseau de
Malabeau d'autres affleurements intacts dont voici quelques
analyses.
Analyses de M. Jacob, ingénieur à la Caunette :
Malabeau ........... sessd os AIS 4 008 087%, O1 SV
— filon principal pyriteux. . arg. DN°/ O7. 00
-- hHlonnet de fer..... cuiv. 0.1°/ arg. 10°, or. 5°,
— YroS grains....... arg. 70°, or. 22°/,
— grains fius........ arg.21#°/. or. 40°/,
Canecaude, toit.............. | arg. 64% 07. N°
— Dlélti:::sissdns ave A2 cr 127%
— aflleurem. moyen.. arg. HN /s OP. 12/4
— minéralisat. droite. arg. 3964 o17. 14 °/
-- filon en placc..... arg. 92°, or. 25°
Eutin, on vient de découvrir dans une vigne un beau filon de
quartz moucheté que l'on se propose d'analyser et qui, pour Île
moment, est recouvert de terre végétale.
= A6 —
Analyses de MM. Jacob, Catala et R. Esparseil des ruinerais
de Villardonnel :
Or... 61/2 9 12" IN 40e 35 Ve
Argent... 661/2°, 93" 13% 36% MN 21%
Analyses de M. Jacob, Villardonnel, menu résidu-triage :
Uri 8 "/o argent.. 20°/.
140 tonnes : 8 | RTE 20"/, argent . 2N°/,
Analyses de M. Campredon :
Stock..... or. 16°, arg. 31 °/o ars. 12°
Analyses de M. Morin :
Stock...... or. 18 "/, arg. 3) ars. 24.83"
Pyriteux... 0, 229 arg. 90 ars. 12
CuPsERVIES. — Indépendamment des filons qui ont été déja
étudiés précédemment, d'autres affleurements ont été décou-
verts dans le ravin, ils affectent tous une direction parallele
aux précédents. Une description serait forcément superflue,
car ils ressemblent à ceux qui ont été décrits. Qu'il nous suffise
de noter simplement que nous avons pu constater, au cours de
plusieurs prospections dans le pays, que le ravin de Cupservies
est absolument parsemé de fractures remplies par du mispickel
jusqu à Labastide, point où se sont arrêtées nos prospections
depuis l'époque qui a vu l'apparition de notre dernière étude.
Les plus importantes sont les suivantes : 4° le filon inférieur du
noyer d'une épaisseur de 0m60 à {" environ; 2° le filon supé-
rieur parallèle au précédent, 0m20 d'épaisseur ; 3° Le filon de
Labezigou, très sulfuré, peu d'oxydation, 0m10 ; 4° Le gros
filon de Labezigou, 0"40, quartzeux et sulfuré par parties, se
prolonge de bas en haut de la montagne ; 5° le filon du chemin
de Labastide, affleurant au bord d'un champ; 6° enfin Ha pro-
Jongation vers le haut de la montagne, entre Cupserviés et la
æalerie Arton, du filon attaqué par le banquier. Nous l'avons
mis à jour dans une vigne où nous avons dù enlever la terre
végétale. Ces filons inexploités sont encore vierges et n'ont
jamais été touchés. Des analyses effectuées chez différents chi-
mistes Ivonnais et parisiens et chez M. Campredon, donnent:
ET ee
arsenic 40 0/0, #1 °/55 OT: À 9/00 } 1 9/00 ; J 0/00 : 4 9 00 ; 7 0/00 ;
16,°/00 ; #0 °/0. 11 faut noter que ces analyses ont été faites sur
des minerais de surface, et qu'en profondeur, si on consi-
dére les résultats de Salsigne et de Villanière, la teneur en or
augmentera.
SALSIGNE. — Les travaux se sont poursuivis très régulière-
ment au point de vue de l'abattage et de la reconnaissance du
gite. Ce dernier, qui a atteint la profondeur de 110", une épais-
seur de filon de 11" de puissance, à révélé certaines particula-
rités intéressantes comme celui de Villanière, dont il fait suite.
Le front de taille, en profondeur, est surtout composé de quartz
moucheté de pyrites arséhicales, de pyrites de fer et de pyrites
de cuivre qui paraissent plus abondantes qu'en surface. Une
veine d'une sorte de calcaire très siliceux, complètement trans:
formée par métamorphismes et piqué de gros cristaux cubiques
de pyrite de fer, a été mise à jour comine très aurifere. L'ex-
ploitation des terres oxydées s'est terminée par leur transfor-
mation en minerai sulfuré. Ces dernières ont donné à l'analyse:
arsenic 9,40 °/% ; argent 2120/%; or Î# 0/3; argent 188 0/00 ;
32 "/00 3 OÙ 16 °/6 ; 30 9/60 ; 36 0/00, alors que le sulfuré donnait :
arsenic 31.6 °/; 36.02 0%; argent 87 9/05 1%%4 9/03 08 °/003 Or
4
49/00 3 36 */ov ; 16 °/00 ; 70 9/00.
ViLCANIÈRE. — Les travaux effectués dans la concession de
Villanicre ont poursuivi le même but que ceux effectués dans
la concession de Salsiwne, avec cette différence que lon a mul-
tiplié ici la diversité des attaques d'affleurements dont plusieurs
ont été prolongées et notamment une attaque située à la limite
de la concession de Lastours où le gite S'y prolonge (1), et qui
donne des résultats très rémunérateurs. La teneur en or des
différents chantiers de Villaniére varie entre 20 et 70 gr. d'or à
la tonne, et nous cilerons une tonne vendue au titre de 800 gr.
d'or. Toutefois, ces teneurs ne sont pas constantes, et elles
(1) Nous aunoncions en 1903, dans notre élude, que nous poursui-
vons aujourd'hui, que celle concession était en instance. Elle est
aujourd'hui accordée, et appartient au mème propriétaire que celle de
Villaniére. Voir note 2, page 1.
19 —
offrent les mêmes irrégularités que les teneurs des autres gites.
Les pyrites cubiques ont été rencontrées piquées dans un cal-
Caire analogue à celui de Salsigne, en direction dans un chan-
tier appelé Terrisse ; elles ont également 70 gr. d'or à la tonne,
tandis que un quartz noir, sans sulfure, en titrait S8S gr. La
diversité des attaques ou des points d'exploitation a permis aux
exploitants de Villanière d'avoir une diversité proportionnelle
dans les allures des filons suivant la nature des épontes encais
santes, et là comme partout ailleurs, dans le monde minier on
a pu se rendre compte du changement très caractéristique de
la minéralisation suivant que le filon se trouvait dans les schis-
tes ou dans les racines calcaires que nous connaissons. Parfois.
l'attaque du Mispickel où des pyrites arsenicales en milieu
calcaire donnaient des résultats merveilleux en or, comme par
exemple le filon de pyrites cubiques, piqués dans un calcaire
rendu méconnaissable par la forte transformation que lui à
fait subir un métamorphisme intensif. Ce calcaire, très siliceux
lui-même, encaissé dans des épontes calcaires offrait, nous
l'avons dit, une richesse de 70 gr. d'or ; mais lorsque les filons
généraux, encaissés normalement dans les schistes, passaient
brusquement en milieu calcaire, cela se traduisait par un dé-
sordre général de l'allure du gite, de la minéralisation et sur-
tout de la richesse ; cette dernière s'abaissait d'abord pour
remonter très irrégulicrement ensuite, beaucoup plus irrégulie-
rement que daps les schistes.
Faits nouveaux
Les travaux de Villardonnel font ressortir, pour la connaïis-
sance du gite de mispickel du Cabardès, quelques faits nouveaux
ainsi que les travaux récents de Salsigne et de Villaniere.
Nous signalerons d'abord dans les galeries de Combe-Lisou
une imprégnalion des deux épontes par l'arsenic et l'or surtout
en ce qui concerne | imprégpation du toit et dans les exploita-
lions de Salsigne et de Villanière, une veine filonienne de
pyrite de fer cristallisée, en gros cubes piqués dans une yangue
silico-calcaire, ainsi qu'un quartz noir sans sulfure riche en or.
L'imprégnalion dont il est ici question consiste en une péné-
A tes
22.40:
tration dans les schistes encaissants du magma minéralisé qui
s'y cristallise le plus souvent avec accompagnement de quartz,
tantôt cristalisé, tantôt amorphe. Il est résulté de cette péné-
tration une sorte de mélamorphisme qui transforme en schiste
micacé le voisinage direct des imprégnations métallifères.
L'étude à laquelle nous nous sommes livrés sur ce phénomène
nous a conduit à une comparaison du minerai de la roche
intacte avec la roche à laquelle le minerai s'est substitué, avec
les cavités des épontes remplies par les cristallisations de mis-
pickel ou de quartz avec, enfin, le minerai lui-même et son
métamorphisme. Pour cela, nous avons posé comme principe
duquel nous sommes partis, qu'il fallait avant tout bien se
figurer la dissolution thermale circulant dans la fracture, se
répandant à droite et à gauche dans les fissures de la roche
renfermant toujours un peu de silice qui, grâce à la pression
énorme exercée avant l'érosion sur le point où elle se fait sentir,
se dissout à la faveur de quelques carbonates alcalins et se.
reprécipite ensuite dans des conditions données. Nous nous
sommes aperçu ensuite que les schistes auxquels nous avons à
faire pourraient être chloriteux, mais dans tous les cas sont très
quartzeux. La silice, pour se précipiter, avait sûrement entrainé
avec elle, dans les parois de certains petits vides,'des parcelles
de magna minéralisé et ces deux éléments s'étaient déposés en
petits cristaux contre ces parois ou en avaient cimenté les vides.
Cela nous a conduit à observer les origines de la silice que
nous étudions et nous avons pu acquérir la conviction que nous
nous trouvons, dans le Cabardès, en présence de deux classes de
silice. La première, stérile, résultant de la dissolution des
épontes à travers lesquelles la solution thermale à passé, créant
par le fait mème de cette dissolution, avec les accidents tecto-
niques, des petits vides, des interstices de toutes sortes où est
venue après COUP, pour les cimenter, se crislalliser cette mènre
silice qui, cela se concoil aisément, à entrainé des parcelles de
solution thermale.
En dissolution, ces parcelles offrant une mobilité comparable
a celle de la silice, SY sont cristallisées avec elle en cristaux
épais suivant que le refroidissement à élé plus ou moins insen-
sible. Il est certain que, pour quelques points déterminés, ce
4
— 9 —
refroidissement a été très insensible, Du reste, l'explication de
ce phénomène est toule auaturelle si on admet le long des
épontes les concentralions de principes volatils et mème au
besoin de la vapeur d'eau, ces concentrations proyoquées par
le contact des épontes, ont adouci le refroidissement brusque
qui est indiqué généralement par les parties des filons où nous
trouvons au contraire le mispickel en grain serré. La deuxième
classe de quartz serait d'origine profonde et par conséquent
riche, comme les quartz noirs de Villanière, à 88 gr. d'or, ou
certains quartz ordinaires du mème endroit. L'opinion de
M. Desllassieux, citée plus haut à propos de ses analyses dans
lesquelles il prétend que les analyses des quartz indiqueraient
que l'or n'est pas véhiculé par le quartz, doit s'entendre dans
le sens de quartz d'origine sédimentaire, dans la première classe
par conséquent. Nous ajouterons que l'on à trouvé rarement
des leneurs en or intéressantes dans le quartz seul, et il ne fau
dra pas en être surpris si on admet notre théorie quoique, ainsi
que nous allons le voir, il peut très bien se faire que natre
quarlz d'origine profonde, difficilement discernable de l'autre.
ne soit pas obligatoirement aurifére. 11 est mème certain que
ce doit être la généralité dans le Cabardès et nous nous appuie-
rons sur ce fait qu'il n'ya pas de traces d'or libre dans les
gites qui nous occupent. L'or n'est pas amalgamable, il ne se
trouve pas à la battée qui n'en révèle que 50 °/, seulement dans
les résidus traités dans les usines du pays, il doit donc se trou
ver combiné avec la solution métallisante et a dù être amené
avec elle. Par conséquent, le quartz riche en or trouvé par
endroits doit être l'exception.
L'action de contact qui a provoqué avec les concentrations
des phénomenes lents de cristallisation dans les schistes des
épontes, fail partie d'une série de phénomènes qui dépendent
les uns des autres et qui ont produit des résultats divers comme,
par exemple, la production du schiste sériciteux que nous avons
observé ait voisinage immédiat des imprégnations. Il est évi-
dent que sans l'intervention de minéralisateurs tels que des
chlorures alcalins, il n'est pas possible d'expliquer ce métamor-
phisme de la roche encaissante et encore indépendamment de
loule action chimique devrons-nous faire intervenir des causes
— 9 —
d'un autre ordre telles que la pression, les gaz, la décompression
résultant de l'écartement des parois, etc., etc. ({).
La production, ou plutôt l'imprégnation de ce schiste micacé,
que nous avons pu observer directement au voisinage des
imprégnations arsenicales, nous amènera tout naturellement à
l'étude de ces dernières. Il faudra pour cela encore partir du
même principe par lequel toute venue hydrothermale se produit
à la faveur d'un minéralisateur et nous verrons alors, dans le
cas qui nous occupe, que si certains éléments métalliques peu-
vent s'être dissous par l'intervention de l'eau chaude sous pres-
sion, l’arsenic et le soufre qui sont des minéralisateurs beaucoup
plus faibles que cette dernière ont eu leur influence prédomi-
nante comme minéralisateurs lorsqu'il a fallu concentrer dans
des fumerolles moins chaudes les éléments sulfurés au bord du
magma, de telle façon que l'imprégnation des terrains schisteux
se produise. Nous devons donc regretter, à différents points de
vue, que l'on n'ait pas recherché la limite de ces imprégnations;
au point de vue économique, si on admet, avec M. Desflassieux,
les éléments sulfurés comme étant les véhicules de l'or par
excellence dans notre gite et au point de vue technique pour la
connaissance des différents rapports des gites entre eux. À ce
sujet, nous ferons remarquer que si nous avons observé au fur
et à mesure que l'on s'avance vers le sud (2) une complexité de
plus en plus forte. dans la composition des éléments des gites
arsénicaux, nous pourrons établir la mème comparaison au point
de vue de l'imprégnalion des épontes de chaque gite qui aura
(11 Nous avons indiqué dans un autre travail le rôle que jouaient ces
différentes causes pour que nous ne nous y appesantissions pas. Nous
ajouterons cependant que Michel Lévy, analysant l'intensité des phé-
nomènes généraux exercée par le métamorphisme en profondeur sur
les éléments de l'écorce terrestre, dit que ce dernier se traduit sous
différentes formes à des distances plus où moins grandes. A grande
distance, on trouve une ample cristallisation des éléments sédimen-
laires accusant peut-être une intervention de minéralisateurs volatils
lels que les chlorures alcalins. de teile sorte que l'on a des schistes
micacés. C'est peut-être à une action métamorphique de ce genre qu'il
faudra attribuer cette Silitication de la couche calcaire piquée de
pyrites cubiques.
(2) Notes complémentaires pour sertir à l'étude du nuspickel du
Cabardes. (B. S. E. S. de l'Aude, 1908. Tome XINX).
une intensité en raison inverse de la richesse en or contenu
dans le minerai.
Indépendamment de la localisation de l'or dans le mispickel
el non dans le quartz, l'imprégnation des épontes est nulle à
Cupserviès, le Mas-Cabardès et Villanicre ; on commence à s'en
apercevoir à Salsigne, elle devient très caractéristique à Villar-
donnel avec un appauvrissement en or, et dans les Corbières
ou les Pyrénées-Orientales, c'est-à dire à l'extrême sud, elle se
transforme en véritable substitulion, c'est-à-dire que la fracture
étant remplie par un quartz stérile en arsenic et mélaux pré-
cieux, les deux épontes sont imprégnées de telle sorte que le
mispickel s'est éparpillé dans les fissures du schiste d'une facon
si intime qu'on peut considérer ce dernier comme un véritable
minerai arsenical pauvre en or où le schiste est imperceptible
au contact direct du quartz. Lorsque la fracture des éléments
sédimentaires anciens se prolonge dans les roches éruptives du
Canigou, elle reprend son étal normal toute imprégnalion ces-
sant, mais l'or ne réapparaissant qu'à une teneur inférieure à
D gl. 0/0.
La répartition de l'or dans le mispickel
Les cours avilis de l'arsenic laissent peu de place à une
rémunération sérieuse, si on se borne au traitement pour
arsenic. Une forte teneur en or peut assurer au contraire, mal-
gré Son irrégularité, un bénéfice aussi sérieux que constant.
C'est là que réside le secret de la fortune des gîtes aurifères du
Cabardés et de la faillite des gites non aurifères du Sud et des
Pyrénées-Orientales, encore en exploitation récemment. Dans
ces conditions, on concevra aisément l'importance que lexploi-
tant a attache à la connaissance de la répartition de l'or dans
son mispickel; et voilà pourquoi, aprés avoir étudié celte ques:
ion dans un autre travail, nous allons y revenir aujourd'hui
pour essayer de compléter ce qui v a élé dit.
I ressort, tout d'abord, des fréquentes analyses qu'ont faites les
trois exploitants qui englobent le réseau arsenical du Cabardés.
que contrairement à ce que lon observe autre part dans tes
gites arsenicaux à luinerai complexe, la gangue quartzeuse n'est
aurifere que très rarement, ce qui tient évidemment à la com-
binaison chimique par laquelle l'or est entré dans le minerai
— 24 —
et à la différence de nature du quartz. Nous avons déjà dit
qu'il n'y avait pas d'or libre dans le pays, si ce n'est dans les
résidus sortant des fours où l'or libre entre pour 50 ‘/, environ
de la teneur du minerai non grillé. Cette particularité rend, on
le conçoit, le traitement du minerai très difficile, si difficile
que sauf ceux qui ont adopté la fusion cuivreuse ou mieux
plombeuse, aucun n'a réussi à retirer plus de 60 °/ de l'or
contenu dans le mispickel. L'or a d'abord été constaté en quan-
tité très appréciable dans la colonne oxydée de Sualsigne (1).
C'est la seule partie du filon qui a été vraiment oxydée au point
d'être complètement transformée en oxyde de fer pvriteux et
peu arsenical. Nous ne savons pas sous quelle forme l'or avait
été concentré sur ce point, mais il est probable qu'une partie
sûrement avait été rendue libre. En effet, l'or a une appa-
rence d'insolubilité plus fictive que réelle, car la moindre alté-
ration superficielle lui fait subir une influence très marquée.
ll ne serait donc pas irrationnel qu'une partie de l'or soit
rendue libre par le mécanisme chimique suivant que nous em-
pruntons à de Lapparent. Le sulfate de peroxyde de fer formé
par l'oxydation a dissous les métaux précieux du gite. En s'in-
filtrant dans les parties de pyrites inaltérées, le sulfate s'est
réduit en sel de protoxyde, ce qui a sufli pour déterminer la
précipitation de l'or et de l'argent. Ce phénomène, ainsi que le
prouve la nature physique du gite sur ce point isolé, est un
accident local qui ne peut absolument influencer en rien la
présence de l'or dans les parties profondes de Ja fracture. En
général pourtant, lorsque l'on rencontre une concentration
anormale de l'or sur une partie déterminée du gite oxydé, on a
remarqué que le métal précieux était distribué très régulière-
ment dans les autres parties du filon. On préfère donc un mé-
tal réguliérement disséminé, et si la pratique sur Île gite qui
_ nous occupe n'a pas trop démenti celte manière de voir, il
n'en est pas moins vrai que l'or, quoique étant réparti d'une
facon très irrégulière dans le filon, subsiste en quantité telle
que, reconnu et exploité, il offre encore une teneur excessive-
ment rémunératrice.
La nature des schistes encaissants nous permet de sup-
(1) Voir note 1, page,
— %, —
poser que les eaux thermales devaient contenir une notable
proportion de chlore en dissolution. Or, la présence du chlore
dans les eaux thermales ou dans les eaux superficielles devra
suffire pour montrer qu'elles contiennent les éléments nécessai-
res pour dissoudre une substance comme l'or. Si, de plus, nous
admettons ce métal entrant de cette facon dans les eaux métal-
lisantes, nous arriverons logiquement à supposer au tout une
mobilité impossible à obtenir si l'or est à l'état solide, et alors
“on comprendra sa faculté de se transporter, de se concentrer
el de se séparer des autres métaux au besoin ; mais dans tous
les cas de se localiser, en combinaison, à certains endroits
déterminés lorsque les conditions du milieu comme la pression,
la température, le contact d'une éponte, etc., l'y auront
porté ({).
Ainsi envisagée, la question de la répartition de l'or en pro-
fondeur, suivant certaines données à apparence irrégulière,
peut être solutionnée dans son vérilable sens, car on n'a plus
qu'à supposer le magna minéralisé précipité, tel que nous ve-
nons de le décrire à l’état liquide, pour avoir une vue d'ensem-
ble sur la formation solide du gîte. On aura forcément une
réponse aléatoire si on veut essayer de déterminer une loi pour
cette répartition de l'or, car si on suppose la dissolution arse-
nicale, dans laquelle l'or peut être sous la forme d'arseniure,
en circulation dans les vides de l'écorce terrestre, on compren-
dra que le métal précieux ne pourra laisser de traces de son
passage que si la précipitation a lieu. Or, comme le remplissage
du filon, lorsqu'il n'a pas été mécanique, résulte de la précipi-
tation des éléments en dissolution et que cette précipitation ne
peut s'effectuer que dans certaines conditions de milieu impos-
sible à déterminer régulièrement, il sera impo:sible d'attribuer
à l'or tel ou tel point plutôt que tel ou tel autre ou telle ou telle
profondeur, malgré que l'origine profonde du métal précieux
soit théoriquement démontrée par le départ des chlorures ou
fluorures d'or associés au sulfure de fer ou de cuivre au contact
du bebrock ancien, c'est-à-dire au contact de la roche primi-
tive supposée, qui a laissé échapper la fumerolle métallisante.
D'après M. de Launay, l'or serait associé dans les minerais
(4) DE Lauxay. — Scienre géologique.
RE re [A —-NPERE à -LPRIE EEE
complexes comme le nôtre à un quartz spécial. D'après cela, il
faudrait se demander si ce quartz spécial ne serait pas celui
qui est aurifère par partie. C'est une question que je pose sans
la résoudre, préférant adopter comme explication de cette
silice d'origine profonde (que nous indiquions au début dans
la.2me classe), celle qui tendrait à la faire venir de la dissolu-
tion des roches éruptives où elle existe à l'état de silicate en
profondeur, en même temps que.les fumerolles en question.
On concevra maintenant la difficulté contre laquelle on se
heurtera si on veut délerminer par une loi la répartition de
l'or dans notre gite. 11 est tout naturel, d'après ce que nous
avons dit, qu'il y soit trés régulièrement, car les conditions
physiques ou chimiques du milieu où l'or s'est localisé dans le
mispickel peuvent varier à l'infini. Il n'en serait peut être pas
de même s'il existait à l'élat libre, et peut-être l'avenir nous
réservera des indications sur ce point.
Tant qu'il subsistera à l'état de combinaisons plus ou moins
sulfurées ou arseniées, il faudra toujours s'attendre à des sur-
prises au point de vue de sa régularité. Indépendamment des
causes inconnues qui modifient sa présence, nous avons pu voir
que le passage du filon d'un milieu physique déterminé à un
milieu physique différent suflisait largement pour l'influencer.
Nous connaissons cette cause, il peut y en avoir bien d’autres
qui se rattachent une à multitude d'effets que la pratique laisse
passer sans y porter beaucoup d'attention, mais que la théorie
disséque souvent très judicieusement.
La question de l'or est aujourd'hui primordiale pour les ex-
ploitations du Cabardès. Les importants travaux qui ont été
exécutés sur divers points ont résolu des questions essentielles
laissées en suspens il y a quelques années, les jeunes exploi-
tations comme celles de Villardonnel, de Cupserviès ou de
Malabeau n'ont qu'à marcher sur les traces de leurs ainés Sal-
signe et Villanière, mettant à profit leur expérience, car il est
aujourd'hui prouvé indiscutablement que les mêmes phéno-
méenes se répartissent sur l'ensemble du réseau filonien dont
nous avons entrepris l'étude.
R. ESPARSEIL.
EXCURSION
Du 17 Avril 1910
A CESSÉRAS et à la GROTTE DE LA COQUILLE
Par M. A. FAGES
Pendant l'année 1910, un dimanche sans pluie fut chose plutôt
rare. Pourtant, le 17 avril, bien que le ciel soit resté couvert
toute la journée, il ne plut pas.
Il était à souhaiter d'ailleurs que le beau temps revint pour
réparer les dégâts causés par les dernières morsures de l'hiver.
En effet, quelques jours auparavant, une gelée tardive, ce que
nos viticulteurs appellent une gelée noire, succédant à une abon-
dante chute de neige, avait séché les bourgeons naïissants de la
vigne. Le désastre fut-général et servit de thème à toutes les
conversations durant notre trajet de Carcassonne à Moux où
M. Bories, de Fabrezan, vint nous rejoindre.
Notre collègue nous détourna de ces graves préoccupations
en nous donnant un aperçu stratigraphique des terrains que
nous allions parcourir. |
La distance qui sépare Moux d'Azille fut vite franchie et à
3 h. 30 nous quittions notre train pour prendre place dans un
grand omnibus, traîné par quatre chevaux, qui devait nous
amener à la grotte.
Le dernier village que nous traversons avant de rentrer dans
le département de l'Hérault est Pépieux. Je ne dirai rien de
ce gros bourg de mille habitants, dont le nom n'est pas inscrit
sur le programme de notre excursion, mais je ne puis m'empé-
cher de signaler à l'attention du passant la rangée de cyprès qui
sert de bordure au cimetière de cette localité. Pauvres martyrs!
ils n'ont pas, comme dans nos bois, leurs cimes élancées et ma-
jestueuses; ici on leur fait courber le front pour former des
arcs aux portes d'entrée ; plus loin on a voulu. par des tailles
plus ou moins savantes, leur faire imiter les instruments de
la Passion; plus loin encore, ce sont de ces mille jeux d'en-
fant qui n'ont pas leur raison d’être. Pourquoi donc arrêter
ainsi leur croissance naturelle, pourquoi modifier leur tenue
sévère qui inspire si bien le silence et la paix ?
4QN V1 44 SANOIHILNIIDS SAUNLAG ALAIDOS
JULES-S-UOIEUT) ‘59391 SIURRINOY IC .
‘SVYJSS139 10 1S1193 — ‘'INedriuIeS ‘ — ‘o112Id-IUIES ‘y
NIVNHIO-LNIVS 1Q dA1VuNnu 1$S1193 |
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— 97 —
A peu de distance se trouve le domaine de La Mignarde, que
nous traversons. [ci aussi les méfaits de la neige sont encore
visibles, c'est sur des pins silvestres qu'elle a laissé des traces
nombreuses.
En effet, dans la cour de cette ferme on voit un gros tas de
branches de pins brisées.
Ici les pins ne manquent pas : une culture intelligente a voulu
utiliser les vacants en les reboisant, l'essence choisie est le pin
sylvestre, espèce d'Auvergne. Ce conifère est appelé à rendre
de grands services ; de plus, il est un des plus vivaces, car on
le retrouve de 600 à 1400 mètres d'altitude. Il est spontané dans
les Vosges, où il n'est pas très répandu ; dans les Alpes, on le
rencontre rarement ; il existe surtout dans les Pyrénées-Orien-
tales. L'espèce la plus belle est celle du massif central (1).
Nous avons deux modes de culture du pin silvestre : {re,
plantation de plaine, semée serrée, qui donne croissance rapide :
arbres utilisés surtout pour poteaux télégraphiques ; 2m, ter-
rains arides, semence large:le pin reste court et trapu, il a l'avan:-
tage d'avoir des qualités de rectitude ; le faible développe-
ment des nœuds, la densité du bois peuvent compenser et
même surpasser les avantages d'une croissance rapide.
Le ruisseau de Saint-Michel, qui coule à quelques centaines
de mètres plus loin, forme la séparation de l'Aude et de
l'Hérault. A l'Est, au milieu des derniers pins et de quelques
rares amandiers, une chapelle romane est encore debout ; les
murs formés de gros cubes de grès blanchis par le temps sem-
blent encore défier les années à venir.
Cette église, dédiée à St Germain, a été depuis longtemps
convertie en bergerie, et, fait très rare, on lui a conservé son
caractère primitif. Elle est orientée Est-Ouest, son entrée prin-
cipale est au Sud. Les murs sont percés de fenètres cintrées
que séparent des contreforts plats également distants les uns
des autres. L'abside est décorée extérieurement par des arca-
tures simulées ; le tout est couronné par une corniche, « cordon
de Charlemagne », que semblent soutenir quatre modillons
historiés.
(1) R. Hickez. — Grignon.
8 —
Le clocher, ou plutôt le clocheton, percé de deux ouvertures,
repose à la division de l’abside et de la nef.
L'intérieur de l'église, quoique ayant un aspect sévère avec
ses hautes voûtes, est très pauvre comme architecture. Les
voûtes de la nef sont en berceau, celles de l’abside en cul de
four. La nef de l'abside est séparée par un arc à deux rouleaux
que soutiennent deux colonnes frustes surmontées de chapi-
teaux en damier.
Quelques tours de roue et nous voilà à Cesséras. M. Bousquet,
instituteur honoraire à Azillanet, nous ÿ attendait pour nous
servir de guide. Cesséras traversé, nous prenons lentement
le chemin qui doit nous conduire à la grotte ; les côtes sont un
peu raides, aussi, Comme nous ne gagnons rien à rester en
voiture, tout le monde descend et s'éparpille sur la route
blanche qui longe le talus du ravin de Fauzan et qui nous
améne sur le Causse.
Le Causse est une immense étendue de terre ayant pour toute
fortune une bien maigre végétation ; seul le petit chène ou
chêne Kermés ÿ pousse au milieu des plantes aromatiques.
Quelques carrés de vigne, plantés dans des caïlloutis, semblent
former une bordure à ce coin si pauvre. Fauzan, petit hameau
qui dépend de Cesséras, domine de ses noires maisons cette
lande aride qui ne semble bonne qu'à nicher les perdreaux.
Si l'on prend la bifurcation de l'Ouest, et qu'on la suive,
on arrive à l'établissement qui sert à la manipulation des phos-
phates. Ce fut en 1887 que la commune de Cesséras concéda à
M. Gautier, de Narbonne, l'exploitation des phosphates de
chaux et de la Brushite formant le sol de la grotte. Pour cette
exploitation on dut creuser un puits qui aboutit au milieu de
galerie principale. C'est par là que sont montés les phosphates
au moyen d'un fort treuil ; nous y avons vu une sècherie, mais
le temps dont nous disposions ne nous permit pas de visiter à
fond cet établissement qui nous parut très important.
Sous l'habile direction de M. Bousquet, nous prenons le che-
min de la grotte. Suivant un sentier à travers la lande nous
parvenons à une étroite coupure qui doit servir à l'écoulement
des eaux les jours de grande pluie. Le sol en est glissant et c'est
appuyés aux parois que nous commençons la descente. Un
+, 90 .—
moment d'arrêt est nécessaire pour contempler le site sauvage
el surtout pittoresque qui se déroule à nos yeux : en face de
nous, une falaise aux arêtes brutes, creusée d'énormes excava-
tions ; à nos pieds, la Cesse roulant ses eaux torrentueuses dont
le mugissement arrive jusqu'à nous.
Notre caravane s'engage dans un passage étroit et difficile où
il faut s'aider l'un l'autre; ici, c'est un pont naturel, là des
roches énormes qui ont glissé et qui appuyées encore à Ja
falaise forment de longs couloirs, d'autres sont tombées dans
le torrent et forment des barrages naturels qui enjolivent cette
sauvage vallée.
Le passage s'élargit et nous voici enfin en face l'entrée de la
grotte de Aldène ou de la Coquille. Son nom lui viendrait de
quelques excavations pleines d'eau, ayant la forme d'une
coquille (1).
Elle s'ouvre vers le Nord au pied d'un immense rocher et à
quarante-cinq mètres au-dessus du cours de la Cesse. L'entrée,
qui est actuellement murée, devait être très grandiose avant
l'exploitation des phosphates, car elle mesurait 11 mètres de
hauteur.
Elle est formée d'une galerie principale dont la hauteur
varie, depuis 4" jusqu'à 18", et au fond de laquelle jaillit
une source que l'on dit intermittente. Comme galeries latérales,
il y en a trois, qui sont: la galerie du Trône, avec une hauteur
de voûte de 20, très belle par ses stalactites ; la galerie de
la Fausse Monnaie, qui est très étroite, on voit encore sur le sol
des trous cylindriques qui avaient servi de creuset à une bande
de faux monnayeurs. Enfin, du côté opposé, la galerie du Lac,
ainsi dénommée parce qu'une partie est pleine d'eau et prive
ainsi les visiteurs de parvenir au fond, où l'on peut lire la
signature du chevalier de Caraman, 1783 (2).
Cette grotte devait être très belle, car malgré les rails et
matériaux qui encombrent les galeries, elle garde encore par
ses voûles un cachet des plus grandioses.
Par les débris d'ossements d'animaux qu'on y recueille cha-
(Ü) AMELIN. — Guide dans le département de l'Hérault ({S27).
(2) E. FERRASSE. — Grotte de la Coquille,
— 9 —
que jour on peut dire que nous sommes en présence d'un
ossuaire de l’époque quaternaire. Tous les habitants de nos
cavernes y ont Jaissé une trace, depuis l'Ursus spelæus jusqu'au
Felis spelæa (1).
L'homme préhistorique n'a pas dédaigné une si belle de-
meure : l'accès difficile, l'exposition abritée, et enfin la riviere
poissonneuse qui coulait à ses pieds répondaient bien à ses
besoins. Les traces de son séjour consistent en de belles pointes
moustériennes, qu'on y a recueilli à l'entrée et surtout dans
le ravin, au pied de la grotte (2), ainsi que des fragments de
poterie néolithique dispersés dans presque tous les couloirs.
Un dernier regard pour contempler encore les colossales
dentelles qui reluisent sous le faible et tremblant éclairage de
nos bougies, et nous quittons à regret ces belles salles dont
notre aimable guide connaît les moindres recoins.
Nous reprenons nos sacs à l'entrée, et allons nous installer à
quelques mètres plus loin, dans une petite grotte bien enso-
leillée, où nous procédons à l'analyse du contenu de nos sacs.
Dans le court espace qui sépare les deux grottes, nous avons
remarqué des parties de rochers rougies, noircies même par le
feu : ne seraient-ce pas les habitations d'été de l'homme préhis-
torique ou plutôt des abris sous roche ?
Devant nous, sur la rive gauche de la Cesse, s'ouvrent encore
de nombreuses grottes dont quelques-unes ont été murées et
servent à remiser les troupeaux.
M. Emile Rivière en cite plus de cent qui ont fourni des tra-
ces du séjour de l'homme depuis l'époque Moustérienne jusqu'à
l'époque du fer. Au Nord, sur un promontoire de calcaire num-
mulitique, douze dolmens sont encore debout. Un peu au Sud,
sur la rive gauche, est un camp gaulois (3).
Le sifflet de notre chef d'excursion nous rappelle que nous
n'avons encore rempli qu'une partie du programme de la jour-
née. Nous bouclons nos sacs et reprenons par le même chemin
que tout à-l'heure la direction de Cesséras, où nous arrivons à
trois heures.
(1) Collection de M. Bousquet, à Azillanet.
(2) Collection de M. Bousquet, à Azillanet.
(3) Note de M. Bousquet.
ot
Cesséras est un gros bourg de sept cents habitants, de belles
maisons bordent les avenues et témoignent de l'aisance qu'a
apporté dans le pays son vin renominé.
On y voit quelques restes de vieilles murailles qui devaient
faire partie d'un mur d'enceinte ; deux tours à poivrière sont
encore debout et donnent une idée de ce qu'étaient ces moyens
de défense. Sur le point le plus élevé est bâti le château; les
remaniements dont il a été l'objet lui ont enlevé son caractère,
seules de grandes fenètres à meneaux le classent vers le xv°
siécle.
[I nous semble que quelques notes glanées dans les travaux
publiés ou chez nos nombreux amis ne seront pas ici mal
placées, car, grâce à elles, nous pourrons avoir une idée de ce
que fut autrefois Cesséras.
843. — Cesséras fut donné par Charles-le-Chauve à Hildricus
qui sans doute construisit le château-fort.
Pendant la guerre des Albigeois, Pierre-Raymond de Cesséras
fut emmuré pour crime d'hérésie par le terrible Frère Fenarius:
son fils, Bernard Arnaud, fut déclaré faidit, et ses petits-fils
Guillaume et Pilfort furent dépossédés à jamais. Après la con-
quête, Saint-Louis donna Cesséras en assignat à Trencavel (1).
1362. — Cesséras fut pris pas une grande Compagnie conduite
par Gartiot (2).
1591. — Combat aux portes de Cesséras entre Joyeuse et
Montmorency (3).
Cesséras avait des consuls en 1260, pendant que Trencavel,
le vicomte dépossédé de Béziers, avait la seigneurie de la ville.
En 1319, Jordain de Barre, le baïilli de « noble dame de Beau-
trix, seigneuresse de Cesséras », voulait exiger la dime des
fruits des habitants ; la communauté porta ses plaintes devant
Raymond Garrigues, le juge royal de Siran, et à la cour du
sénéchal, et elle eut gain de cause.
En 1394, le seigneur de Cesséras voulut obliger les habitants
(4) Notes de M. Bousquet.
(2) Notes de M. Barthe, curé de Cesséras.
(3) Mémoires du baron d Ambres.
— 32 —
a moudre leur grain dans ses moulins. Un procès long d'un
an donna satisfaction à la communauté ({).
En 1421, les consuls firent reconstruire les fortifications de
Cesséras malgré l'opposition du seigneur. Une tour fut mème
construite en face le château ; et l'on peut se demander si la tour
menaçait les ennemis du dehors ou le seigneur.
Malgré le sac de la ville par les routiers qui. avaient toul
brûlé, les chartes de franchise furent rétablies par les consuls.
A la fin du xvesiècle, Corbeyran de Corsier, devenu tout
puissant, voulut user de son crédit pour recouvrer les droits
perdus par ses prédécesseurs. Il essaya de rétablir la banalité
du four et voulut défendre aux habitants de couper du bois des
garrigues. en dehors de leur consommation. Les consuls récla-
mérent et, en 4500, ils obtinrent pleine satisfaction. |
En 1501, le roi Louis XII publia des lettres patentes portant
commandement au sénéchal de Toulouse de rétablir les consuls
et habitants dans tous leurs privilèges.
L'église du lieu est un joyau ogival qui ne peut passer ina-
perçu. C'est une masse imposante, dont le clocher monumental
surmonté de créneaux indique bien qu'elle était disposée pour
la défense et servait de refuge aux habitants en cas d'attaque.
Des contreforts saillants et dégagés vont finir en prisme à
hauteur de l'arète du monument, quelques rares gargouilles
historiées existent encore, une très remarquable est à l'Est de
l'entrée ; elle est pareille à la cinquième du chevet de l'église
de Saint-Nazaire à la Cité de Carcassonne.
Quoique sur la majeure partie de cette église on lise l'art
sothique, il nous semble que l'architecte a voulu copier ou
hiniter des travaux antérieurs. La porte d'entrée notamment,
quoique portant la date de 1551, est en arc surbaissé et au-
dessus une place est toute indiquée pour un tympan.
Le méme travail se retrouve à l'intérieur de l'église en face
l'entrée et est décoré de deux culs de lampe historiés de style
renaissance. |
ee
(1) J. MiquEL. — Exsai sur l'arrondissement de Saint-Pons, (Archives
communales de Cesséras.
99e
L'intérieur de l'église a 21 mètres de long. Sur les côtés et
entre les contreforts sont aménagées six chapelles, dont une
sert de sacristie.
Les voûtes de la nef sont élancées, les arceaux se croisent
entre chaque travée. Les travées, en ogive. reposent directement
sur des colonnes minces et allongées, sans chapiteaux, ce sont
bien là les caractères de la fin du gothique.
L'abside est indépendante de la nef. Sa voûte est divisée par
huit meneaux prismatiques.
Les voûtes des chapelles sont aussi de la même époque ; elles
ont éclairées par des fenètres à lancettes.
En face de l'abside et au fond de l'église est une belle rose
flamboyante.
Dans cet ensemble d'architecture religieuse rien ne révèle le
luxe; seuls les socles qui sont à l'entrée de l'abside portent
quelques moulures, de plus, ils ne concordent pas avec les
colonnes rondes. Faudrait-il en déduire que l'église actuelle à
été rebâtie sur l'emplacement d'une église antérieure ?
En 840, il existait déjà à Cesséras une église bâtie en l'hon-
neur de St-Genés ; nous le savons par la charte en vertu de
laquelle Charles le Chauve donna Cesséras au chef Goth
Hildric (1).
Nous nous plaisons à signaler quelques statues, en grès du
pays, qui nous paraissent remonter au moins au xvi° siècle. Elles
représentent St-Pierre, St-Paul, St-Roch et un groupe de Sts-
Anne, Marie et l'Enfant. Malgré la rugosité de la matière, on
voit que l'artiste a donné tout ce qu'il a pu. Tout en restant
dans son cadre, les lignes sont simples et dégagees.
Une vieille cloche, qui date certainement de la construction
de l'église, est encore dans le clocher, elle porte l'inscription
suivante :
L'AN + MIL + CCCCC + NX + II + SANCTE GENESY +
AVE + MARIA + IHS +
Nous nous attarderions volontiers à étudier ces restes du
passé, mais l'heure presse, il faut partir. Nous nous separons
(1) Note de M. Barthe, curé de Cesséras.
ss 0h
à regret de nos aimables cicerones el prenons place dans la
voiture qui doit nous ramener à notre point de départ, non
sans avoir vivement remercié M. Bousquet de la complaisance
avec laquelle il nous a guidés dans notre visite à la grotte et
M. l'abbé Barthe, curé de Cesséras, de sa gracieuse réception
et des renseignements qu'il a bien voulu nous fournir.
Nous terminerons ce compte rendu par un résumé des indi-
cations que nous a données notre collègue, M. Bories, sur la
stratigraphie et la faune de la région de Cesséras à la Grotte de
la Coquille.
Les premiers contreforts de la Montagne-Noire ont été dépo-
sés par une masse de sables venus de l'Océan, qui ont envahi
toute la vallée de l'Aude depuis l'Alaric jusqu'à la couche des
calcaires lacustres du sommet du Lutétien moyen.
Ces terrains sont sans trop de dénivellement dans la plaine.
mais sur les bords ils sont plus redressés. Ils ont fourni une
belle faune de vertébrés : Lophiodon de grande taille (L. lepto-
rhynchum) et Pachynolophus. Les calcaires lacustres (calcaires
de Ventenac) forment le sommet du Lutétien moyen et contien-
nent toujours les Limnées et Planorbes {L. Michelini Deshayes.
P. pseudoammonius Voltz). Cette assise possède sur certains
points Bulimus Hopei avec des intercalations de marnes bleues
ou rouges et de lignites. Ces couches se répètent plusieurs fois
sur la route qui monte vers Fauzan.
Les calcaires du sommet du Lutétien inférieur ne se montrent
que tout près de la grotte : ils sont peu fossilifères.
A. FAGES.
EXCURSION
Du 26 Juin 1910
A LA CASCADE DE CUPSERVIES AU ROC DU BOUGRE
Par M. IL. GAVOY
Bien que remontant déjà à treize ans, vous n'avez sans doute
pas oublié le remarquable rapport de M. Joseph Sabatier sur la
première excursion que fit la Société à Cupservies et au Roc du
Bougre, le 10 juillet 1898.
J'aurais pu, par conséquent, me dispenser de vous infliger
pour celte fois ma prose, si notre regretté collègue, très versé,
comme vous savez, dans les choses de l'agriculture, ne s'était
placé, dans son compte-rendu, à un point de vue purement éco-
nomique, négligeant intentionnellement le côté pittoresque.
C'est donc à ce dernier point de vue seulement que je vous
parlerai de notre course de cette année, à laquelle le pittoresque
ne fit pas défaut.
Fixée tout d'abord au 5 juin, la date de notre excursion, par
suite du retard apporté à la végétation par un hiver des plus
maussades et un printemps pluvieux et froid, fut renvoyée
au 26.
Ce jour là, un dimanche, une douzaine de Sociétaires atten-
daient devant le Palais de Justice l'heure fixée pour le départ.
C'étaient Mlle Bousquet, M. et Mme Brunel, M. Fages et sa fille,
M. et Mne Gavoy, Ml: Guiraud, M. Marty et sa sœur, M. et Mme
Métral et leur fillette.
Six heures sonnent, on monte en voiture et on s'engage sur
la route Minervoise.
Au carrefour de Bezons, la Montagne-Noire se montre à dé:
couvert sur une grande étendue, mais de gros nuages gris cou-
rent sur la crête poussés par un fort vent d'ouest et ne sont pas
sans nous causer quelque inquiétude.
Puissent-ils ne pas descendre trop bas!
Une ondée nous arrive à hauteur du ruisseau de Trappel,
mais, loin de nous décourager, nous poursuivons bravement
= 6 =
notre route, convaincus que le ciel, devant notre résolution de
marcher quand même, se montrera clément.
Notre voyage se continue ainsi sans incidents à travers la
vallée de l'Orbiel dont nous revoyons avec plaisir les sites bien
connus : Conques, La Vernède, Lassac, Lastours et ses vieux
châteaux, les Ilhes et ses prairies verdoyantes.
Ce dernier village dépassé, nous descendons un instant de
voilure pour dégourdir nos jambes et aussi pour permettre aux
naturalistes de la caravane de satisfaire leurs goûts.
Les botanistes recueillent, en effet, quelques plantes, mais
rien ne s'offre aux yeux des entomologistes : le mauvais temps
des jours précédents et la pluie du matin ont repoussé les insec-
tes au fond de leurs retraites. Il fait gris, rien ne vole. |
Nous remontons en voiture avec l'espoir que le soleil voudra
bien se montrer et nous arrivons à Roquefère, où tout le monde
met pied à terre. Les cochers vont aller remiser au Mas Cabar-
dés et viendront nous rejoindre dans l'après-midi au Roc du
Bougre. |
Deux d’entre nous se détachent du gros et filent rapidement
sur le village de Labastide-Esparbairenque, distant à peine de
1,800 mètres, où réside le guide qui doit nous conduire à
Cupserviès par la vallée du Rieutort, pendant qu'une voiture
y transportera nos sacs par le chemin carrossable qui part de
Roquefère.
Je ne sais si vous en avez fait la remarque, mais j'ai constaté
bien des fois que le paysan en général et le montagnard en
particulier ne mettent dans leurs actes aucune hâte : ils ne sont
jamais pressés, le temps ne semble pas compter pour eux. Cette
observation a une fois de plus reçu confirmation.
En effei, sitôt arrivés à Labastide, nous nous mettons en quête
de la personne que M. Joseph Sicard, maire de la localité, à
bien voulu, sur notre demande, désigner pour nous servir de
wuide. M. Sicard est absent, il a été appelé à Saissac comme
membre du jury d'un concours pour la race ovine. Sa bonne
s'offre très obligeamment à aller nous quérir notre homme et
nous prie d'attendre au salon. Une demi-heure, trois-quarts
d'heure se passent, la bonne est revenue depuis longtemps, le
guide ne parait point. Je me décide à aller à sa recherche, et je
mn ne ne = ee EEE - en on 1 rm
== QT —
le trouve en train de se lester copieusement ; il n'a pas le moins
du monde l'air de se préoccuper de notre arrivée. Le porteur
de bagages n'a pas non plus encore attelé sa carriole, mais
ceiui-là aura largement le temps d'arriver avant nous à desli-
nation.
A force de les presser, nous finissons par être prêts à partir.
Ilest grand temps, dix heures ont sonné, nos excursionnistes
sont impatients. Fatiguée d'attendre, l’une d'elles est depuis
longtemps partie seule, à l'aventure.
Au sortir du village, deux chemins se presentent à nous, tous
deux sur la rive gauche du Rieutort. Le premier suit constam-
ment les bords du ruisseau, mais les pluies de l'hiver ont occa-
sionné en divers endroits des éboulements qui le rendent peu
praticable ; le second, tracé à flanc de coteau, est plus favorable
a la marche. C'est ce dernier que nous prenons.
Par petits groupes, nous grimpons, d'abord sous le couvert
de châtaigniers séculaires ou de chênes robustes, puis sur des
espaces découverts, d'où la vue se repose sur les flancs boisés
du vallon au fond duquel coule le Rieutort. Nous avons bien à
subir par moments quelques embruns, mais le soleil, qui a fini
par se dégager des nuages, a vite fait de nous sécher el, somme
toute, notre course s'eflectue sans trop de fatigue, malgré la
pente qui s accentue à chaque instant.
Nous arrivons ainsi en vue du village de Cupserviès, perché
au bord d'une falaise schisteuse au pied de laquelle le Rieutort
tombe d'une hauteur de près de 50 mètres, formant deux super-
bes cascades.
D'après le programme, notre diner devait avoir lieu au voi-
sinage de la première, mais la pluie était revenue et la tempe-
rature, jusqu'ici assez douce, s'était subitement refroidie. Nous
décidämes donc d'aller demander l'hospitalité au café de l'en-
droit. C'était prudent. En effet, à peine étions-nous installés
qu'une bourrasque épouvantable se lève, la pluie et le vent font
rage.
Bien à l'abri, nous laissons passer la tourmente et nous nous
consolons de ce contre-temps en dégustant une tasse de moka
brûlant.
—_ 38 —
A deux heures le temps semble s'être rasséréné. Nous allons
jeter un coup d'œil à la modeste église du village et nous repre-
nons l'exécution du programme qui consistait à aller rejoindre
la route de Miraval-Cabardès au voisinage du Roc du Bougre
où les cochers avaient, comme je l'ai déjà dit, recu l'ordre de
venir nous attendre à 3 heures.
Le guide qui nous avait accompagnés nous mel sur le chemin
et nous quitte pour rentrer à Labastide.
Tout va bien pendant un quart d'heure environ : les dames
cueillent des bluets, les naturalistes reprennent leurs recher-
ches, les autres échangent leurs impressions. Mais voilà que
du fond de l'horizon s'avancent vers nous des nuées grises que
chasse un vent furieux. En moins de temps qu'il ne faut pour
l'écrire, ces nuées crèvent sur nos têtes et nous avons tout juste
le temps de nous réfugier dans une bergerie de la ferme de
Trescombelles.
Nous profitons d'une éclaircie pour repartir dans la direction
de la Métairie du Carnier où une nouvelle bourrasque nous
oblige de chercher un abri. Mais celle-ci se prolonge et, perdant
patience, nous abandonnons notre refuge et bravons la tem pète.
Notre troupe qui jusqu'alors avait, malgré tout, conservé une
certaine cohésion, se disloque et, sans plus de souci des che-
mins tracés, s'en va à la débandade à travers les ajoncs et les
fougères ruisselants d'eau, franchissant haies et fossés, sem-
blable à un troupeau de moutons affolés.
Nous nous reformons à la ferme de Bernadel où, pour un
instant, les dames font sécher leurs jupes devant un feu de
brindilles. Mais c'était bien peine perdue, car, pour aller rejoin-
dre la route, il nous fallut traverser un pré complètement
inondé. Ce fut le bouquet !
Arrivés là, nos vêtements étaient traversés par la pluie, nos
chaussures étaient pleines d'eau et... pas de voitures!
Fideles à la consigne qui leur avait été donnée, les cochers
nous attendaient un peu plus haut, au Roc du Bougre. M. Métral
se dévoue, malgré la rafale, pour les aller quérir. Heureuse-
ment, ils n'étaient pas bien loin. Pendant ce temps. les autres
attendaient sous le couvert des arbres. Sous le couvert! Quel
euphémisme ! La pluie avait un peu cessé et c'étaient eux main-
10 =
tenant, les arbres, qui agités par le vent déversaient sur nous
des torrents d'eau.
Les voitures arrivent enfin. Nous y montons vivement et
fouette cocher. Nous descendons à toute bride la haute vallée
de l'Orbiel noyée dans la brume, nous brûlons Miraval-Cabardès,
Mas (abardès et les autres villages traversés le matin et nous
rentrons sans encombre, vers 6 heures du soir, dans notre
bonne ville de Carcassonne.
ee chez nous, 1] fallut, bien entendu, changer de linge
des pieds à la tête, mais le lendemain, après une bonne nuit
passée, il n'y paraissait plus et aucun des excursionnistes ne
s'est autrement ressenti de ces douches prolongées.
Au contraire, cette course n a laissé à chacun que des souve-
nirs amusés et le désir de la refaire, mais par exemple avec un
plus beau temps. |
J'ignore ce que les botanistes ont rapporté comme plantes ;
quant à moi, jai recueilli fort peu d'insectes, mais, au milieu
de vulgarités, j'ai eu le plaisir de trouver un longicorne
(Agapanthia Kirbyi Gyll.) qui ne figurait pas encore dans ja
Faune de l'Aude. Un exemplaire c'est peu, cela suffit néan-
moins pour que je marque d'une pierre blanche la journée du
26 juin 1910.
L. GAVOY.
EXCURSION
Des 13 et 14 Juillet 1910
AU PIC DE MADRES (in)
9 h.
10 h.
Midi.
1 h.
Gh.
3 h.
4 h.
k h.
h, h. .
8 h..
. 30
22
on
J0 soir.
. 30 soir.
Par M. LIL GAVOY
PROGRAMME
PPEMIÈRE JOURNÉE. — Mercredi 13 Juillet
— Rendez-vous à la gare du Midi.
— Départ.
— Arrivée à Quillan. — Déjeuner facultatif.
— Départ en voiture. — Défilé de la Pierre-Lys. — Axat.
— Gorges de Saint-Georges. — Gesse. — Barrage de
Laguzou.— Bains d'Usson, d'Escouloubre et de Carca-
nières. — Forèt de Carcanet. — Cascade et Gorges de
l'Aude. — Puyvalador.
— Formiguères. Diner et coucher.
DEUXIÈME JOURNÉE. — Jeudi 14 Juillet
— Lever.
— Départ.
— Réal (1421 mètres).
— Col de Sansa (1791 mètres). — Pic de l'Esquine d'Axe
(2010 mètres).— Roc Coscoune (2120 mètres). — Pic de
l'Ours (2341 mètres).
— Pic de Madrès (2453 mètres).— Herborisation.— Beau
panorama sur le Donnezan, le Capsir, le Massif de
_ Carlitte et le Conflent.
— Déjeuner à la Fontaine du Roc Mary (2334 mètres).
avec les vivres du sac.
— Descente sur Puyvalador.
— Départ en voiture pour Quillan.
— Quillan. — Diner à l'Hôtel des Pyrénées.
— Départ en chemin de fer.
— Arrivée à Carcassonne,
Site
Que pensez-vous, Messieurs, de ce programme ? N'était-il pas
alléchant et de nature à engager de nombreux excursionnistes ?
Eh bien ! vous me croirez ou non, c'est tout juste si nous fümes
quatre au rendez-vous, le mercredi 13 juillet.
Leurs noms méritent d'être cités. C'étaient Mre Brunel,
Mit Bousquet, M. le D' Carbou et votre serviteur. Un cinquième,
Mn C. Sicard, devait nous rejoindre à Limoux et nous devions
prendre un sixième, M. Marty, à notre passage à Usson.
On verra plus loin comment ce dernier nous faussa compa-
goie.
Dix heures. La machine est sous pression. Le temps de nous
installer dans un compartiment du train de Quillan et nous
partons. Un beau soleil répand ses rayons d'or sur la campagne,
le vent est bon, tout nous présage une belle journée. Tant pis
pour ceux qui n'ont pas osé se mettre en route!
A onze heures, nous arrivons à Limoux. Madame Sicard nous
attend sur le quai ; nous lui faisons place à côté de nous et
nous repartons bientôt pour Quillan où nous arrivons à midi,
pour diner.
Une heure et demie plus tard nous prenions place dans deux
voitures, les dames dans l’une, les messieurs dans l'autre, et
nous enfilions allègrement la route d'Axat.
Je ne m'attarderai pas à vous décrire la traversée de la Pierre
Lys, l'arrivée à Axat, les Gorges de Saint-Georges, l'Usine
hydro-électrique, etc.., sites vantés dans tous les Guides et
d'ailleurs connus aujourd'hui de nous tous. Je me contenterai
de rappeler que, au sortir du défilé de la Pierre-Lys, notre
cocher se tournant tout-à-coup vers moi, me dit, en me mon-
trant le ciel du bout de son fouet : Nous aurons de l'orage avant
la nuit, Monsieur !
En effet, de gros nuages gris, poussés par un assez fort vent
d'Est, passaient rapidement au-dessus de nos têtes et, par
moments, nous voilaient le soleil. Mais le pronostic de notre
automédon m émotionna fort peu et ne me causa pas la moin-
dre inquiétude, bien au contraire. Lequel de nous deux devait
avoir raison ? La suite le prouvera.
En tout cas, la traversée de la Haute vallée de l'Aude fut on
ne peut plus agréable, grâce précisément à ces nuages qui, en
RE
nous préservant des rayons trop vifs du soleil, nous permet-
taient d'admirer sans fatigue le paysage ravissant qui se dérou-
lait sous nos yeux et dont l'aspect changeaïit à chaque tournant
de la route.
A Gesse, nous descendons un instant de voiture et faisons à
pied quelques centaines de mètres pendant que nos cochers
laissent souffler leurs chevaux.
Les dames cueillent des fleurs, le docteur étudie les plantes
qui croissent sur les bords du chemin et de mon côté je bats les
buissons à la recherche des insectes.
Quand les voitures nous rejoignent, nous reprenons nos
places et filons sur Usson. Nos yeux ne peuvent se lasser
d'admirer, cest un enchantement perpétuel. Voici bientôt la
nouvelle usine électrique dite de Laguzou, du nom du pic au
pied duquel elle est construite. Cette usine, de 1250 chevaux de
force, est alimentée par une chute de 75 mètres et reliée à celle
d'Axat. Les eaux de l'Aude, prises en amont, sont amenées par
un canal en grande partie souterrain et leur trop-plein se
déverse dans la rivière en une cascade d'environ 20 mètres de
hauteur dont l'effet est superbe. L'art ici a encore embelli la
nalure.
A cinq heures nous arrivons devant l'Etablissement de Bains
d'Usson, où il était entendu que nous prendrions notre collè-
gue, M. Marty. Mais celui-ci, nous dit-on, est parti depuis une
heure dans la direction des Baïns de Carcanières. Nous l'y rejoi-
gnons, en effet, el notre présence le surprend beaucoup : ne
nous ayant pas vus arriver à # heures, comme il s y attendait,
il en avait conclu que le mauvais temps nous avait fait renoncer
à notre excursion, Car, la veille, il avait fait un orage très vio-
lent dans la région. Il est trop tard maintenant pour revenir à
Usson prendre son attirail de botaniste et nous accompagner.
Nous le quittons, navré de ce contre-temps et poursuivons notre
chemin à pied tandis que nos cochers détellent pour donner
l'avoine à leurs chevaux.
Dès qu'on a dépassé les Bains d'Escouloubre, la route s'éleve
en lacets nombreux jusques au Col du Capelier. Pour abréger,
nous coupons ces lacets. Le temps est splendide. Le ciel s est
complétement dégagé des nuages que le vent a refoulés vers
Suds
l'Ouest, toute menace d'orage a disparu, nonobstant les prédic-
tions de notre cocher et nous faisons pendant 5 ou 6 kilomètres
une promenade délicieuse que nous agrémentons par la cueil-
lette des fraises qui abondent sur les bords de la route.
Le soleil baisse à l'horizon et la nuit est proche quand nous
atteignons la Métairie de Madrès. Nos cochers sont en retard.
Enfin, un bruit de grelots se fait entendre. Ils approchent. Les
voici. Sans perdre de temps, nous remontons en voiture el
faisons prendre à nos chevaux une vive allure, car nous sommes
encore loin de notre gîte. La nuit arrive à grands pas. Une à
une, les étoiles s’allument à la voûte céleste d'un bleu profond,
la lune monte lentement répandant sa lumière argentée sur la
pature qui s'endort. Tout bruit a cessé, pas un souflle n'agite
les arbres de la forêt voisine. Ce calme est vraiment délicieux
et reposant et nous nous laissons aller insensiblement à une
douce somnolence.
Un arrêt brusque nous tire de notre engourdissement ; nous
sommes à Formiguëres, dans la cour de l'hôtel Merlat. Madame
Colom, la gérante de l'hôtel, désespérait de nous voir arriver ;
cela n'a rien de surprenant, car il est neuf heures et demie ;
nous sommes en retard de trois heures — rien que çà! — sur
l'horaire du programme. Sans autres explications, nous nous
précipitons vers la salle à manger où l'on nous sert un délicieux
potage suivi de nombreux plats aussi copieux qu'appétissants
et auxquels nous faisons largement honneur, car nous sommes
véritablement affamés.
Le commencement du repas est silencieux, mais peu à peu
les langues se délient, les lazzis partent comme des fusées de
tous les coins de la table, et c'est au milieu de rires fous que
s'achève notre diner.
Il se fait tard. On se souhaite une bonne nuit et chacun gagne
rapidement son lit, car 1} faudra ètre sur pied, le lendemain,
de grand matin.
DEUXIÈME JOURNÉE
Je dormais à poings fermés quand le docteur vint frapper à
ma porte à 3 heures du matin, heure fixée pour le lever.
ÿ
7,
Je saute prestement à bas de mon lit et cours à la fenêtre pour
m'assurer du temps qu'il fait.
Le jour est levé, pas un nuage au ciel, la montagne vers
laquelle, dans un instant, nous allons diriger nos pas s£g dresse
en face de moi et, malgré la distance, j'en distingue les moin-
dres accidents, tant l'atmosphère est limpide. J'en augure une
belle journée.
Je rejoins mes compagnons à la salle à manger où déjà ils
sont en train de se lester; puis, notre dépense réglée, nous
donnons ordre à nos cochers de venir nous attendre à 1 heure
au Pont de la Fargue, en deçà de Puyvalador et nous quittons
Formiguères sous la conduite de M. Marion, brigadier des eaux
et forêts, qui s'est mis obligeamment à notre disposition pour
nous guider. Il est quatre heures, exactement.
Par un petit chemin qui serpente à travers les prairies encore
humides de la rosée de la nuit, nous gagnons le petit village de
Réal, où nous prenons au passage un garde forestier qui pourra
au besoin nous décharger de nos sacs et nous nous engageons
sur le sentier qui conduit au Col de Sansa.
Si l'on s’en rapporte à la carte d'Etat-Major ou à celle du
Ministère de l'Intérieur, l'ascension paraît assez facile, mais les
lacets indiqués n'existent que sur le papier. Le sentier, raviné
par les avalanches, par le trainage des bois et par les pluies
d'orage, grimpe tout droit et c'est presque à pic qu'il faut ra-
cheter les 370 mètres de différence de niveau existant entre
Réal (1421m) et le Col (1791m). L'ascension est dure et nous
prend une bonne heure. Enfin, nous voici au Col.
Un petittemps de repos pour reprendre haleine, et nous
repartons avec une ardeur nouvelle, mais déjà diminués d'un.
Le docteur, que notre ascension a légèrement éprouvé, nous
laisse partir ; il occupera son temps à herboriser autour du Col
de Sansa et viendra nous attendre au rendez-vous donné aux
cochers.
C'est grand dommage qu'il ne nous ait pas suivis, car nous
avions Certainement accompli à ce moment-là la partie la plus
pénible de notre tâche. En eftet, au lieu d'un sol dur et rocailleux,
nous foulions maintenant un gazon épais et élastique et nous
montions sans fatigue en suivant l'arête de la montagne, décou-
on
vrant, au fur et à mesure que nous nous élevions, un panorama
splendide dont nos yeux ne pouvaient se lasser. Le soleil nous
envoie ses rayons de feu. mais une douce brise en tempère l'ar-
deur, nous apportant en même temps les effluves balsamiques
des pins, que nous aspirons à pleins poumons.
Soudain je m'aperçois que notre petite troupe s'est encore
réduite, Mlle Bousquet et le garde que nous avions pris à Réal
ont disparu. Je scrute l'horizon et bientôt je dis‘ingue en avant
de nous leurs silhouettes se découpant nettement sur les flancs
du Pic de Madrès dont ils vont atteindre la cime. C'est d'un
effet très pittoresque. Madame Sicard, moins habituée aux
courses en montagne, était restée en arrière. Dès qu'elle nous
a rejoints, elle nous dit que, se sentant un peu fatiguée, elle va
nous attendre au voisinage du Roc Mary où doit avoir lieu la
halte pour le déjeuner.
Nous ne sommes plus que trois maintenant pour gagner le
sommet du Pic qui se dresse encore à plus de cent mètres au-
dessus de nous, Mme Brunel, M. Marion et moi.
M. Marion s'éloigne un moment et je reste seul avec
Mme Brunel. Tout-à-coup, je vois celle-ci reculer brusquement
et pâlir et, me désignant du doigt sur le sol quelque chose de
grisâtre : là, là, me dit-elle! Je reconnais bien vite une
vipère.
Replié sur lui-même, le reptile semble prêt à s’élancer sur
l'imprudente qui, sans doute, l'a frôlé du pied. Je ne lui en
donne pas le temps. D'un coup de mon bâton ferré je lui casse
les reins et je l'achève en lui écrasant la tête avec une pierre.
L'émotion a été si forte que ma compagne ne se sent plus le
courage d'aller plus loin. Je la laisse donc se remettre tout
doucement et je me dirige, avec M. Marion, vers le sommet que
j'atteins enfin.
Il est neuf heures précises, trente minutes de plus que l'heure
indiquée au programme.
Du point élevé où nous sommes, un panorama immense,
merveilleux, se déroule sous nos yeux.
Au premier plan, le Pic de Bernard Salvatge et les Pâtu-
rages de Madrès, à droite le Roquefortés et le Donnezan, devant
nous le Capcir, vers la gauche le Conflent et, comme fond de
ne —
tableau, la chaîne des Pyrénées déroulant ses crètes dentelées
depuis le Saint-Barthélemy et au-delà jusqu'au massif du Car-
litte. Derrière nous, le Canigou.
Au pied du Pic, la Coume de Ponteils, où paissent en liberté
de nombreux troupeaux de vaches et de chevaux.
Après avoir longuement admiré ce beau spectacle, nous des-
cendons dans la direction du Roc Mary. Sous nos pas, un coq
de bruyère s'envole effrayé en poussant un cri rauque et per-
çant.
A dix heures nous nous retrouvons tous autour d'une source
fraîche et limpide. Les vivres sont tirés hors des sacs et étalés
sur le gazon et nous procédons à une réfection que la course et
l'air vif de la montagne avaient rendue nécessaire. Après quoi
nous reprenons le chemin de la plaine en longeant à travers la
forêt la rive droite du ruisseau du Roc Mary et nous arrivons à
à midi et demi au Pont de la Fargue. Nous sommes en avance
d'une demi-heure que chacun emploie à sa guise. Les dames
vont faire d'énormes gerbes de fleurs dans la prairie voisine,
les hommes vont se rafraîchir dans la maison attenante au
pont.
A une heure, les voitures arrivent; nous nous séparons de
nos guides obligeants et nous prenons le chemin du retour.
Un temps d'arrêt à Usson pour serrer la main à M. Marty et
aviver encore ses regrets de la veille.
A G heures 30 nous arrivons à Quillan et à 9 heures nous
sommes de retour à Carcassonne.
Favorisée par un temps splendide, notre promenade avait été
un perpétuel enchantement et je ne puis m'empêcher d'expri-
mer encore une fois le regret qu'elle n'ait pas été suivie par un
plus grand nombre de nos collègues, car elle n'offre aucune
difficulté et n'exige pas, en somme, de grands efforts. La preuve,
c'est que les dames s’en sont tirées à leur honneur et que mes
63 ans ne s'en sont pas trop mal trouvés. J'en suis fier, je l'avoue
humblement, mais excusez cette faiblesse, car cette ascensiqn
sera probablement pour moi la dernière.
Le Pic de Madrès est accessible par divers côtés, soit en ve-
nant des Bains de Carcanitres par la forêt de Carcanet et les
Pâturages de Madrès, soit en venant de Counozouls par la Mou-
Te
linasse et la forêt de Lapazeuil, soit encore par Réal, le Col de
Sansa et la vallée de Coume de Ponteils.
Cette dernière vallée est très sauvage et tres belle, mais en haut
la crète fait une courbe qu'il faut suivre sur environ 200 mètres
par un sentier étroit et rocailleux et qui ne convient pas aux
personnes sujettes au vertige.
L'itinéraire que nous avions adopté me paraît en tous points
le meilleur, car on a toujours bon chemin puisqu'on marche
continuellement sur le gazon et qu'on a l'avantage de découvrir
une grande étendue de pays pendant toute la durée de l'ascen-
sion.
Je ne saurais terminer ce compte-rendu, bien pâle en vérité,
d'une de nos plus belles excursions sans mentionner d'une
facon toute particulière le brigadier Marion qui, non-seulement
nous a fourni tous les renseignements nécessaires pour l'éta-
blissement de l'horaire de notre deuxième journée, mais encore
n'a pas hésité à se priver d'un jour de congé (n'oublions pas
que c'était le 14 juillet}, pour nous accompagner et nous guider.
Qu'il recoive ici encore une fois mes plus vifs et mes plus sin-
cères remerciements.
Liste des Coléoptères recueillis pendant l’excursion
ENVIRONS DE GESSE
Epuræa æstliva L. Danaciva pallipes Pang.
Throscus dermestoides L. Anaspis thoracica L.
Cardiophorus vestigialis Er. OŒEdemera flavipes F.
Athous Godarti Muls. Sitona regeusteinensis Herbst.
Dolopius marginatus L. Polydrusus sericeus Schall.
Adrastus limbatus F. Phyllobius betulæ F.
Cantharis bicolor Herbst. Cæœliodes exiguus Of.
Rhagonycha fuscicornis OL Gyuandrophthalma concolor F.
Malthodes minimus Thoms. Haltica lythri Aubé.
Malachius clegans Geottr. Cassida subferruginea Schrk.
DES BAINS D'ESCOULOUBRE À LA FORT DE CARCANET
Carabus nemoralis Müller. Harpalus rubripes. v: sobrinus Dej.
Pterostichus v:platypterus Fairm. — honestus Duit.
Amara curta De]. Quedius fuliginosus Grav.
— 48 —
Anthobium torquatum Marsh. Otiorrhynchus Pyrenæus Gvil.
L — v:adustum Kiesw. | Eudipnus mollis Stroem.
Læmophlæus ater OI. Apion immune Kirby.
Hypnoides minutissimus Germ. Phlæophthorus rhododactylus Marsh.
Melanotus castanipes Payk. Chrysomela cerealis L.
Corymbites tessellatus L. Adalia bipunctata L.
DU COL DE SANSA AU SOMMET DU PIC DE MADRES
Lebia cyanocephala L. Omophlus frigidus Muls.
Corymbites cupreus F. Otiorrhynchus singularis L.
D — v: æruginosus F. | Brachyderes lusitanicus F.
Cantharis obscura L. Hylobius abictis L.
Ernobius uigrinus Slurm. Pissodes notatus F.
Cæœnocara bovistiä Hoffm. Anthonomus varians Payk.
Salpingus castaneus Abeille. Magdalis frontalis Gvll.
DU SOMMET À LA ROUTE, A TRAVERS LA FORÈT
Carabus catenulatus Scop. Nebria Olivieri Dej.
— puuctato-auratus Germ. | Pterostichus Xatarti Dej.
— _ nemoralis Müller. À Gcotrupes stercorarius L.
L. GAVOY.
EXCURSION
Du 24 Juillet 1910
AU CHATEAU DES CHEMINIÈRES
Par Pierre EMBRY
L
n
Vingt-quatre excursionnistes, dont les noms suivent (1),
avaient répondu à l'appel des organisateurs et, à l'heure dite,
tous étaient groupés sur le quai de la gare de Carcassonne.
Chacun prenait place, et le train nous eimportait dans la
direction de Castelnaudary et du domaine des Cheminières.
Dans toutes les promenades de la Société d'Etudes scientifi-
ques de l'Aude, la gaicté est à l'ordre du jour ; mais celle qui
commençait s'annoncait déjà sous les meilleurs auspices et je
m empresse d'ajouter que le Grand Crémant des Cheminières,
que nous n'avions certes pas encore dégusté, n'était pour rien
dans la bonne humeur qui se manifestait déjà parmi nous.
Aussitôt après avoir quitté la station de Pezens, la vigne dis-
parait peu à peu, et la plaine, sous le soleil ardent, se dore de
céréales.
Le pays, dépourvu d'arbres,s'étend sur notre droite jusqu'aux
derniers contreforts de la Montagne-Noire, qui vont s'inclinant
de plus en plus vers le Col de Naurouze ; sur notre gauche, vers
les collines de Montréal et de Fanjeaux et au dernier plan, vers
les Pyrénées.
De toutes parts le maïs et les céréales constituent la seule
culture de la région.
Aprés avoir dépassé Pexiora, dernière station avant Castel-
naudary, le train longe un riche vignoble, des bouquets d'ar-
bres, de Ja verdure, puis un parc... et comine dans un éclair,
a l'extrémité d'une vaste pelouse, un chäteau, une grande pière
(1) Membres de la Société : MM" Brunel, Gavoy et Métral, MM"
Cathala, Bousquet, Fages, Métral et Puel, MM. Brézet, Brunel,
Cathala, Deleu.Embry, A. Fages, Fages fils, Gavoy, Mavnadier, Métral,
Perdigou, Pigassou, Roux.
Personnes non associées : M!" Vialatte, MM. Gélis et Roger.
— 50 —
d'eau, des maisons de gardes et une métairie. Tout cet ensem-
ble admirablement ordonné et entretenu, mais à peine entrevu,
est le domaine des Cheminières.
Peu après le train stoppe ; nous voici à Castelnaudary.
A la sortie de la gare, les sacs des cxecursionnistes sont
recueillis par une voiture du château et, ainsi allégée, la troupe
se met en marche vers le Domaine.
La route que nous suivons contourne le grand bassin du
Canal du Midi, sur la rive nord duquel s'étagent la ville et ses
moulins à vent. Cette route est sans arbres. Nous la parcourons
sous un soleil de plomb, au milieu de champs de blé, des gais
propos et des monotones chansons des cigales. Nous atteignons
ainsi moins d'une heure après le domaine des Cheminicres.
Partout aussitôt on remarque l'ordre parfait. la théorie jointe
à la pratique, le merveilleux effet de la main de l'homme trans-
formant le pays, le dotant de riches fermages, de gracieux
coins de parc et d'un château princier.
Jadis rien de ces merveilles n'existait ; seule une métairie
s élevait au lieu de tout cela.
Aujourd'hui on ne voit plus que vignes et vertes prairies,
rien n'a été épargné pour enrichir d'une telle transformation
ce pays autrefois à coup sûr moins pittoresque et moins pro-
ductif, si on en juge par les environs.
Sous la conduite très expérimentée de M. H. Malric, beau-
frere de M. le sénateur Mir, maitre de céans, nous commen-
cons aussitôt la visite du Domaine.
C'est d'abord la métairie de Donadery ; ici un arrêt s'impose
pour nous permettre de voir en détail cette exploitation agri-
cole, si parfaitement aménagée.
Dans la vacherie, vaste et bien aërée, où sont logées environ
cinquante bètes, des rails sont disposés pour en assurer le ser-
vice, au moyen de Wagonnets Decauville. Ces wagonnets déver-
sent dans des auges de granite la nourriture composée de
betteraves, de foin vert haché, conservé en silos. Le repas ter-
miné, ces mêmes auges se remplissent d'eau liédie à la tempé-
rature des locaux, pour la boisson des bêtes.
Nous visitons ensuite le forril, la porcherie, le grenier à four.
rage, l'ensilage et la cuisine. Des machines, actionnées par un
moteur à pétrole, broient et mélangent la nourriture destinée
aux nombreux pensionnaires de ce palace d'un nouveau genre.
Sur tout cela, notre aimable guide veut bien nous tonne les
plus intéressantes explications.
Après avoir visité la beurrerie, dont la totalité des produits
est vendue à la ville et dans les environs, et avoir jeté un coup
d'œil rapide sur la collection des instruments agricoles très
perfectionnés qui sont employés à la culture, nous nous diri-
æeons vers le Château à travers le parc dont l1 caractéristique
est d'être planté en majeure partie d'essences résineuses. Ce
parc fut, si mes renseignements sont exacts, dessiné par l'archi-
tecte paysagiste Chevalier et par M. Mir lui mème.
De ci, de là, au milieu de vertes pelouses, de nombreuses
statues disposées avec art, des bassins et de l'eau courante.
C'est l'oasis au milieu de la vaste plaine dénudée, c'est la
richesse au milieu d'un pays dont la culture n'a rien de luxu-
riant. ° |
Après une visite sommaire dans le parc et autour du Château,
nous trouvons nos couverts mis sous une vaste et ombreuse
tonnelle. Chacun rentre en possession de son sac et prend
place. Les vivres déballés, le pique-nique commence, agrémenté
du Grand Crémant du crû, et la gaieté reprend ses droits.
Cependant le silence se fait; et notre Secrétaire général,
M. L. Gavoy, prononce les quelques paroles que j'ai la bonne
fortune de pouvoir placer ici :
«(« MESDAMES, MESSIEURS,
« Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire un discours, Dieu
« me garde d'une pareille prétention en présence d'un maitre
« de la parole. Je risquerais beaucoup trop !
« Maintenant que notre premier devoir est accompli, — nous
« venons de faire taire les pressantes réclamations de nos eslo-
« macs — il est un autre devoir non moins impérieux auquel
« nous ne pouvons nous dérober.
« Grâce à l'aimable entremise de notre sympathique collègue,
« M. Malric, il nous est donné aujourd'hui de visiter un des
« plus beaux domaines de notre région. C'est une faveur dont
« nous devons lui être reconnaissants. C'est pourquoi, au nom
— #9 —
« de vous tous ici présents, au nom de la Société d'Etudes
« scientifiques de l'Aude, j'adresse à M. Malric nos plus vifs et
« nos plus sincères remerciements et je le prie de se faire
« auprès de M. le sénateur Mir, l’heureux propriétaire du
« Domaine des Cheminières, l'interprète de nos sentiments de
« gratitude pour avoir autorisé notre visite. »
A ces paroles de remerciements, notre aimable amphytrion,
représentant au milieu de nous le propriétaire, prononce quel-
ques paroles de bienvenue, et fait un rapide historique des
Cheminières.
Le désir de continuer la visite, en parcourant ces merveilles
industrielles, agricoles, voire même artistiques, nous fait lever
le siège.
Nous entrons à la suite de notre cicerone dans le grand vesti-
bule du chäteau. Nous parcourons le salon dans lequel se trouve,
au milieu de meubles très artistiques, un magnifique portrait
par Rembrandt, la salle à manger et la salle de billard, où sont
réunies une quantité d'esquisses de Cabanel, des collections
d'objets d'art et des curiosités d'une grande valeur.
Tout est disposé avec un art parfait dans les quelques pièces
que nous avons visitées, le luxe y est complet et partout du
meilleur got.
A la sortie du Château, de la grande terrasse, la vue s'étend
sur le parc et les Pyrénées.
Une allée nous conduit autour de la grande pièce d'eau du
parc ; de ci, de là, sur les pelouses, quelques curiosités archéo-
logiques attirent notre attention ; parmi elles nous devons men-
tionner une belle vasque et une rosace sculptées provenant de
la Cité de Carcassonne.
Nous traversons le verger avec ses espaliers et contre espa-
liers, et nous nous dirigeons vers l'orangerie construite en mi-
partie sur un bassin contenant 2,500 m° et où de pelits ruisseaux
d'eau chaude entretiennent une température régulièrement
uniforme.
Une entreprise d'ailleurs aussi grandiose, a besoin d’eau
pour produire de bons résultats.
Cette eau chaude d'où vient-elle ?
Après un examen géologique de la région, dont les terrains
3
sous-jacents forment cuvette, le plus sûr moyen de se la pro-
curer fut le forage d'un puits artésien.
Le point où devaient être faits les travaux fut convenable
ment choisi, derrière l'orangerie, de telle sorte que les eaux
jaillissantes peuvent de là se répandre commodément dans
toutes les directions.
Les travaux, commencés en 1898, furent terminés le 28 juil-
let 1899. Ils eurent pour résultat la découverte de la nappe à
une profondeur de #21 mètres, d'où sort un volume d'eau pou-
vant atteindre, en 24 heures, 360 mètres cubes environ (250
litres à la minute).
Cette eau, dont la température est de 31°, provient d'un
niveau aquifère, situé à l'intersection des grès d'Issel et de [a
Molasse de Castelnaudary. Elle a révélé à l'analyse la présence
de différents sels. savoir : les carbonates de chaux et de ma-
gnésie, l'oxyde de fer, le sulfate de soude et le chlorure de
sodium (1).
Comme composition elle se rapproche des eaux de Carlsbad.
M. Malric nous fait prévoir un projet d'utilisation des pro-
priétés curatives de ces eaux, et la création d'un établissement
thermal.
Tout est possible aux Cheminières...!
Non loin du puits artésien se trouve une pièce d'eau, remar-
quable par l'abondance des truites qu'elle contient ; car, on fait
aussi de la pisciculture aux Cheminières, on y élève la truite.
Il est rare de voir ce poisson dans les eaux de nos plaines de
l'Aude, mais il est plus surprenant de le voir dans des eaux
tièdes et à peine courantes.
J'ai déjà dit que tout était possible aux Cheminières, je me
plais à le redire.
Afin d'arriver à ce résultat, M. Mir a créé un véritable libo-
raloire de pisciculture où les œufs sont mis à éclore.
Les truites, apres être restées ainsi plusieurs mois, sont trans-
portées dans le bassin dont nous venons de parler, et après 18
à 20 mois elles sont bonnes à la consommation. — Les bassins
(1) Voir le travail de M. L. Gary, ingénieur des Mines, paru dans
le Bulletin de lu Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude,
NE.
des Cheminières ont déjà des reproducteurs de 5 ans, nés aux
Cheminières même et qui ont supporté des températures de à
au fond de l'eau.
Nous étions ainsi parvenus de merveilles en merveilles àu
Moulin du Vivier, dont la visite tout à fait édifiante nous mon-
tra les avantages de la minoterie moderne, si loin de n65
anciens moulins, poussiéreux et sales.
Des machines actionnées par l'électriéité sont destinées à
broyer les graines produites dans les nombreux champs de
céréales du domaine.
Les grains emmagasinés dans l’un des étages supérieurs sont
recus dans de vastes entonnoirs el amenés par une tuyauterie
spéciale dans les différents appareils qui les broyent et les
rendent à l'état de farine très pure, pendant que les déchets
sont mécaniquement mis à part.
La visite des vignes et des chais, où se produit et se prépare
l'excellent Crémant des Cheminières, était le principal but de
la journée.
En effet, créer un vignoble à Castelnaudary, en dehors des
limites de la culture de la vigne, est une œuvre considérable,
où tout autre que M.'Mir eùüt peut-être échoué.
Non seulement le climat, mais le sol lui-même, sont défavo-
rables à cette culture.
Aussi a-t-il fallu faire un choix judicieux des plants les plus
susceptibles de s'approprier à ces conditions défectueuses
réunies.
Après quinze années d'expériences, le choix fut enfin arrêté
sur les vignes à raisins blancs, parmi lesquels le Chardonnar.
le Semillon, le Muscadet, le Manzac et surtout la Clairette et le
Saint-Emilion blanc et les divers cépages de la Champagne, qui
constituent d'ailleurs à eux tous, les meilleurs cépages de tous
nos grands crûs de France.
J'aurais garde de m'étendre davantage sur ces questions
viticoles, étant données les limites trop exigues qui me sonl
imposées, et mon manque de connaissances dans cette matière.
Je m'en tiendrai donc à fournir quelques explications sur le
caves, dans lesquelles se préparent, se logent et se soignenl
= Em =
=
plus de six mille hectolitres de vin et où on traite de la prépa-
ration du Grand Crémant.
Lors de la visite de la Société d'Etudes Scientifiques, des
mineurs creusaient dans le roc, sur une étendue de plus de
3.000 mètres carrés, les fouilles d’un nouveau bâtiment qui,
joint aux caves déjà existantes, constituera l'ensemble des bâti-
timents destinés à la champagnisation, dans lesquels M. Mir
pourra manipuler et loger deux millions de bouteilles.
Dans les nouvelles caves, deux étages sont aménagés et l'étage
supérieur sera lui-même recouvert de plusieurs mètres de terre
et de plantations d'arbres, pour obtenir dans ces locaux une
température basse, et toujours la même.
Pour l'instant, la cave actuelle comprend trois étages, au-
dessus desquels sont établis les pressoirs mûs par l'électricité.
Les charrettes y accèdent pour le transport de la vendange. La
récolte pressée, les moûts sont envoyés dans les grandes cuves
à débourbage.
A l'étage supérieur et à l'étage moyen, sont aménagées les
salles de fermentation dans lesquelles les moûts débourbés
sont mis en barriques, et il est procédé à la préparation des
cuvées, à la mise en bouteilles et à la prise de mousse.
Enfin l'étage inférieur, entiérement en souterrain, sert au
travail, dit de la bouteille, qui est tout le secret de la fabrica-
tion du vin de Champagne et qui comprend : la fermentation,
la mise sur pointe sur les pupitres, le remuage journalier, le
dégorgeage, le dosage, le bouchage définitif, et enfin l'habillage
de la bouteille et la mise en caisses ou paniers.
La série de ces travaux dure de 6 mois à 1 an.
Entre l'ancienne et la nouvelle cave en construction est placée
la tour de l'escalier, où se trouve le monte-charge qui dessert
le tout, y compris la salle d'étiquetage et d'expédition.
Du haut de cette tour, on domine tout le domaine, qu'il est
permis de parcourir à vol d'oiseau ; au delà des limites des
Cheminières l'admirable panorama s'étend au Nord sur toute
Ja Montagne Noire, avec les nombreux villages, et au Sud sur
les coteaux du Lauragais avec Villasavary, Fanjeaux, Laurabuc,
Mireval et Fendeille, et jusqu'aux Pyrénées.
NÉ =
A regret nous quittons cet observatoire, car l'heure presse et
il faut rentrer à Carcassonne.
Nous visitons, en revenant au château, la distillerie Charen-
taise, les communs et la curieuse construction du manoir du
Petit Vizier, avec ses fenêtres à meneaux et son étrange toiture.
Que n'avons-nous pas vu aux Cheminières ? et quelle puis-
sance est la fortune quand elle est en bonnes mains!
Cette journée fut une suite d'enchantements qui laissera, j'en
suis certain, un excellent souvenir à tous les membres de l'ex-
cursion et vaut à notre aimable collègue, M. H. Mairic, toute
notre gratitude, pour le plaisir et l'enseignement tout à la fois
qu'il nous a procuré.
En quittant la gare de Castelnaudary, le train traversa encore
le domaine, ses vignes et son parc; une fois de plus saluons
« les Cheminières », et n'oublions pas cette franche gaieté
qui ne se démentit pas un seul instant de la journée, mais dont
finalement nous devons une large part au « Grand Crémant
des Cheminières. »
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE DES CHEMINIÈRES
L. Gary. — Note sur Le Puits artésien de Castelnaudary. (Bull. de la
Soc. d’Et. Scient. de l'Aude, 1900, page T5).
Lucien Semichon. — Château des Cheminières. — Le Vignoble. — la
Cave. — Le Grand Crémant. (Extr. de la Rec. de Viticul-
ture, 1908).
Jacques d'Hormont. — Le Grand Crémant du Château des Cheminière.
(Extr. de l’Hygiène Moderne, 15 sept. 1909).
Degrully. — Les eaux-de-vie du Château des Cheminières. (Extr. du
Progrès Agricole et Viticole, 30 janv. 1910, 27° année, n°5.
Lettre de M. Mir à M. Degrully, 20 mars 1910, 27
année, n° 12).
TROISIÈME PARTIE
Notes et Travaux Scientifiques
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TROUVAILLES au PLATEAU de CARSAC
Près Carcassonne
M. A. Cros-Mayrevieille a fait, à la Société des Arts et
Sciences de Carcassonne (séance du 10 avril 1910), la
communication suivante :
Samedi, 15 janvier dernier, je me suis rendu à Mayre-
vieille, avec MM. Amardel ct Rouzaud, pour examiner les
restes antiques découverts à suite de défoncements.
Sur les pentes du plateau de Carsac, situé sur la rive
droite de l'Aude, dans deux grands champs que l'on vient
de défoncer et qui sont situés au-dessus de la chapelle (A),
après avoir nivelé le sol et enlevé, à certains endroits,
1 mètre à 1 mètre 50 de terre, sept ou huit emplacements
circulaires contenant des cendres, des charbons, des osse-
ments et des poteries se sont montrés dispersés, mais non
loin les uns des autres. |
Nous en examinons deux, dont l’un absolument intact et
encore recouvert de 25 centimètres de terre rousse et
sablonneuse, de la nature de celle qui occupe la surface
du champ tout entier.
Nous faisons déblaver soigneusement cet espace de toute
la terre qui est au-dessus et attaquer méthodiquement la
lcutille de cendres et charbons qui nous apparait bien
comme le fond d’une ancienne hutte ou cabane. La len-
tille noire en question à environ 2 mètres 50 de diamètre
et sa hauteur, au point où elle a le plus d'épaisseur, est
de O0 mètre 70.
La lentille se montre constituée de couches de cendres,
de charbons plus ou moins ténus, mêlés à de la terre
noire, avec des débris de cuisine épars, tels que: osse-
ments de cerfs (os longs cassés pour en extraire la
moclle), côtes de bœuf cet surtout de mouton, mandibules
de mouton ‘{), astragales de cerf, os lombaire de lapin (3)
.et tessons de potcriecs noires. Celles-ci non faites au tour,
—
(A) N°° 379 et 391 de la section E du plan cadastral de Carcassonne.
9
— 60 —
modelées à la main et lissées à l'estèque, renferment,
dans la pâte, de petits fragments de pierres feldspathiques
ou siliccuses qu'on a intenlionnellement mêlés à l'ar-
gile pour permettre à ces poteries d'aller au feu. ‘Tous
ces vases sont du type caliciforme, mais quelques frag-
ments annoncent des vases plus grands, à fond plat. Le
fond des vases caliciformes est toujours petit avec une
sorte d'enfoncement ombilical qui fait un peu saillie à
l’intérieur. Même particularité du fond pour un gobelel
presque semi-sphérique dont nous avons quatre gros frag-
ments qui se rajustent. Ce sont des vases apodes qui ne
pourront aller au feu que soutenus par un support spécial.
Dans chaque lentille ou fond de cabane, il pouvait y avoir
des fragments de quatre ou cinq vases, un grand et les
autres plus pelits. £e qui indique un mobilier aussi pau-
vre que primitif. Les os d'animaux recueillis prouvent
qu'on n'a jamais consommé dans chaque cabane que des
portions ou quartiers de grands animaux.
Pas de métal rencontré, c'est-à-dire n1 bronze mi fer :
mais une tache verte caractéristique, sur une côte de
mouton, altesle que quelque menu objet de cuivre ou de
bronze s'est altéré au contact de cet os qui en a gardée
la trace. |
Tout £ela donne à penser que les hommes qui habi-
taient cette cabane connaissaient déjà l'usage du bronze ;
que leur mobilier, très pauvre, était réduit à quelques
ustensiles de terre cuite de fabrication indigène et que
le séjour sur cet emplacement a été relativement court.
Dans un autre cmplacement qui a été bouleversé par
Ja charrue à vapeur, on a trouvé une grosse couronne
de terre cuile formée d'un boudin de terre, de Ja grosseur
du poignet. avec un trou central où passe à peine le
pouce. Celle espèce de fusaïiole monstre a été très sou-
vent au feu et, sur un côté, la terre s’est allérée et comme
cffritée. Cet objet est une forche du genre de celles qu'on
a trouvées, en grand nombre, dans les stations lacustres
(Lac du Bourgel; el qui servaient à soutenir sur le feu
ou sur les charbons ardents les vases apodes. Avec d'au-
— 61 —
tres fragments de poterie analogues à ceux trouvés par
nous, on a encorc recueilli, sur ce point, une grosse poi-
gnée d'amandes de glands de chène vert qui se sont
conservées à l'état carbonisé, mais bien reconnaissables.
Les indigènes devaient donc nourrir déjà le porc ou se
nourrir eux-mêmes des dits glands.
En parcourant attentivement Iles bords du champ dé-
foncé et le tertre de grosses pierres qu'on y a reléguéecs,
nous avons découvert d’autres objets intéressants. Ce
sont les meules primitives à va-et-vient dont se servaient
les habitants de ce sile ancien. Ces meules sont formées
d'une grosse plaque ovoide ou allongée bien usée sur sa
surface plane où même incurvée, sur laquelle on prome-
nait un caillou de moindre volume et également plat d'un
côté. Ces pierres sont en grès du pays ou en granit tiré de
la rivière voisine qui coulait au pied du plateau de Car-
sac. Les habitants de ce plateau cultivaient donc déjà
les céréales (millet, orge ou blé).
N n'a été rencontré, nulle part, de tessons ou débris de
poleric importée. Aucune trace d'amphorces ou de tégules ;
aucun fragment de vase grec, campanien ou romain.
Pour toutes ces raisons, nous délcrminons des huttes
ou cabanes indigènes de T'époque préhistorique avant les
rapports commerciaux avec les marchands venus, dans
nos pays, par mer. C'est non seulement pré-romain, mais
pré-hellénique.
Le nom du plateau, Carsac, est à remarquer. Entre
Carsac et Carcas, il n°'v a que la différence d'une inver-
sion. Et comme le nom Carcaso de l’époque romaine,
peut être plus ancien el plus simple Carcas, il peut se
faire que le nom du site ait été, à l'origine, Carsac (voyez
Axat qui est écrit Arsac pendant tout Ie moyen âge (1).
Ce qui laisserait à penser que le plateau actuel, situé
au-dessus de Mayrevicille, pourrait être l'emplacement
originel de la peuplade qui alla, plus tard, se concentrer
et se fortifier dans la Cité actuelle, en emportant même
le nom du site primitif, parce qu'il était peu éloigné: (2).
Fout le platcau de Carsac est, d'ailleurs, à surveiller
æ 62 —
et à fouiller. On y a signalé depuis longlemps des anti-
quités (3), mais jamais d'aussi anciennes que celles que
nous venons d'y rencontrer et dont nous n'avons pas voulu
laisser perdre le souvenir.
(1) Voir: J. P. Cros-Mayrevicille : Histoire du Comté et de la Vicomte
de Carcassonne, 18%6 t. LE Recherches historiques, p. 19. — Au milieu de
l'immense bassin borné au Sud par les Pyrénées et au Nord par les
Cévennes, Carcassonne s'élevait sur une éminence baïignée par les eaux
de l'Aude.
Le plateau qui avoisine cette ville et s'étend vers le Sud-Ouest s'ap-
pelle Carsac. Ce nom qui est en usage depuis plusieurs siècles parait
celtique et, par conséquent, aussi ancien que celui de Carcassonne
(une charte de 1183 mentionne le lieu appelé Carsac, situé dans le
voisinage de Carcassonne. Gall. Christiana VI1-1035-pr. 465). La riviére
d'Aude coulait le long de ce plateau, côtoyait le rocher sur lequel est
bâtie la citadelle, arrivait à l'Est du faubourg des Trivalles, dont le
sol est de formation récente et couvrait fréquemment l'espace occupé
aujourd'hui par le faubourg de la Barbacane, la moitié de la ville
basse bâtie au x siècle et la prairie des Chanoïines.…. les côteaux
voisins de Carcassonne ont perdu une grande partie de leur hauteur
primitive. Cette ville n'est plus isolée comme elle l'était, il y a 2000
ans.
(2) M. Thiers a dit, à ce sujet, dans une étude sur la Stèle de Fadia
domestica et la Voie d'Aquitaine : Il est certain que les deux bornes
du in siècle, aujourd'hui déposées au Musée de Carcassonne, s'accor-
dent pour assigner à la Cité de cette époque un emplacement autre
que celui de la Cité actuelle. Il ne faut pas considérer ce fait comme
absolument anormal. C'est le contraire qui serait une exception. Vers
la fin du 1v° siècle, alors que les légions romaines canlonnées sur les
frontières de l'empire fléchissaient sous l'effort des envahisseurs, le
pays fut mis en état de défense. Mollement assises en plaine ou sur
le bord des cours d'eau, les belles cités gallo-romaines durent ceindre
leurs reins et gravir les hauteurs. Dans les fondations de leurs nou-
veaux remparts, on jeta les débris de leurs monuments et des tom-
beaux qui bordaient Icurs routes. À Narbonne, à Béziers, des fouilles
successives ont mis en évidence une notable partie de ces restes pré-
cieux ; mais, à Carcassonne, l'enceinte gallo-romaine s'étant conservée
à peu près intacte, tout au moins dans sa substruction, n'a pas
livré les secrets qu'elle renferme, de sorte qu'on sait aussi peu de
chose sur l'histoire de Carcassonne que sur sa situation pendant la
— 63 —
période gallo-romaine. (Bulletin de la Commission archéologique de
Narbonne, annéc 1892, 2° semestre, p. 495). |
(3) Voir : J. P, Cros Mayrevieille (op. cit. p. 16.)
On trouve, à Carcassonne, des poteries et des médailles regardées
jusqu'à présent comme celtiques. Nous en avons découvert notamment
sur le territoire de Carsac, au Sud-Ouest de la Cité, sur le plateau
appelé le Paradis.
Voir, dans le même sens, du même auteur : Les Monuments de Car-
cassonne, édition de 1850, p. 26.
$ +
M. A. Fages a présenté, dans la séance du 19 juin 1910,
la note suivante, qui vient compléter celle de M. Cros-
Mayrevicille :
ar les trouvailles que j'ai faites, depuis Mavyrevieille
jusqu'à Leuc, je voudrais arriver à démontrer que la rive
droite de l'Aude a élé habitée aux époques les plus recu-
lées.
Dans les parcelles N°s 379 et 391 que nous signale
M. Cros-Mavrevieille, j'ai recueilli, avant les labours pro-
fonds qui viennent d'y être faits, des éclats de silex relou-
chés :Robenhausien). Au sud et près du chemin dénommé
+ Carriero estreyto », 1e Lênement N° 216 m'a donné deux
haches polies ,actuel Robenhausien). Jar signalé, en 1905,
un bronze d’'Antonin (138 à 161), qui me vient du heu
appelé : Paradis », le Carsac d'autrefois. |
À Auriac, à Test du parc. on mit à jour plusieurs tom-
bes faites avec des briques à rebord ; l'une d'elles conte-
nait un talon de lance en bronze (actuel Larnaudien).
A 900 mètres environ de ce point el sur le chemin qui
va à Maragon. sont encore deux fours jumeaux bâtis à
plein cintre ; ils mesurent 2 m. 50 de long sur 1 mètre
de large et O0 m. 80 de haut. Les briques qui en forment
les parois sont rollées l'une à l'autre, réduites même en
päte, on doit à ge comple v avoir fait un feu bien vit.
Sommes-nous en présence d'un four de poticr ?
Le dernier champ qui forme la division de la commune
de Cavanac avec celle de Carrassonne porte le nom de
e Libertal ». In 1908, dans la partie ouest de ce champ,
— 64 —
%
on mit à jour vingt-sept foyers. [ls étaient recouverts
de vingl-cinq à trente centimètres de terre arable et
contenaient des charbons, des ossements, des tessons de
poterie micacée, bon nombre d’éclalts de silex ct quelques
gros cailloux roulés.
Au sud et dans le ruisseau on peut voir encore une lon-
guc pierre ayant la forme d'un menhir ; clle a 2 m. 80 de
long sur 0 m. 60 de large et O0 m. 50 d'épaisseur. Sur une
face sont gravées les armes de Poulhariez-Cavanac.
Si nous suivons le cours de l’Aude, nous rentrons dans
les terrains de Cavanac, centre certain du peuple préhis-
torique. Le grand nombre de pièces que j'Y 1 recueillies
en cest la meilleure preuve.
Depuis l’époque Thenaysienne, avec ses silex étonnés
par le feu, j'ai suivi pas à pas les périodes, les époques
même, des temps préhistoriques. Depuis 1906, j'ai ré-
colté environ quinze cents pièces et, dans le nombre,
des nouveautés, des pièces inédites. Je profite de l'oc-
casion pour vous présenter el vous signaler ma dernière
trouvaïlle. C'est une pointe de flèche dont le pédoncuie à
disparu, mais qui, malgré cela, est très reconnaissable par
ses côtés très bien retouchés. Elle est en calcaire silt-
ceux. Jusqu'à présent on avait signalé des flèches
taïllécs en jaspe, en obsidienne, en quartzite, en schiste
et en silex. Seule, une pièce de même nature figure dans
les vitrines du Musée de Saint-Germain, et nous vient de
l'Amérique du Nord. D'après la détermination que nous
en donne M. H. Coquand, nous sommes à nous demander
pourquoi ces flèches ne sont pas plus communes, £ar Îa
malière qui la compose n'est pas rare.
Le £calcaire siliceux est compact, blanc, à cassure
conchoïde ; il contient de la silice, souvent 48 0 0. Cette
substance, dissémince dans la pâte, Y forme aussi des no-
dules ou de petites foncrétions analogues aux agates. Le
calcaire siliceux appartient au terrain tertiaire, il esl
abondant aux environs de Paris {calcaire de Fontatine-
bleau;, ainsi qu'à Beaulieu, près d'Aix en Provence. On
le rencontre aussi accidentellement dans le voisinage des
UE
rognons de silex qui sont engagés dans certaines forma-
lions secondaires.
Près de Besançon et dans le Jura, il n'est pas rare
dans Ja partie supéricure de l'étage Oxfordien, comme
dans la Franche-Comté, sous le nom de terrain de Chail-
les.
Dans les terres de la Farguette on mit à jour, il y à
quelques années, un cercueil en grès du pays. 11 ne fut
pas recueilli de mobilier funéraire. Cette pièce a été
transportlée et enfouie dans le jardin du château.
En face du village de Cavanac cet sur la rive droite du
Toran, sont deux fours distants l'un de l’autre de 60 mè-
tres environ ; ils sont en tout semblables à ceux signalés
à Auriac.
J'ai signalé maintes fois des trouvailles préhistoriques
faites au pied du plateau des Justices. En dermer leu
jy ai recueilli des poteries décorées faites d'une pâte
rouge et vernie (Romain).
Sur le versant opposé, c'est-à-dire dans Ia partie sud
du plateau des Justices, des ouvriers espagnols découvri-
rent, en 1887, une £gachelle de l'époque Larnaudienne.
Elle contenait un grand nombre de bracelets et quelques
lalons de lance en bronze. Le tout fut brisé et vendu à vil
prix comme vicux cuivre. J'art vu dans la collection de
M. Bugnard un talon de lance conique et six fragments
de bracelets, seuls restes de cette cachette.
ÉTUDE SUR LES ÉCHINIDES
Crétacés de Rennes-les-Bains et des Corbières
Par M. J. LAMBERT, Membre honoraire
PREMIÈRE PARTIE
NOTICE STRATIGRAPHIQUE
Ma première intention en me livrant à l'étude des
Echinides crétacés des environs de Rennes-les-Bains était
d'entreprendre un travail exclusivement paléontologique ;
mais, lorsque je voulus attribuer chaque espèce à une
assise déterminée, je me trouvais en présence de telles
difficultés qu’il me parut indispensable de faire précé-
der mes descriptions de quelques renseignements strati-
graphiques.
Après les nombreux travaux publiés sur £e sujet
par des savants éminents, mon œuvre semblait facile
et certains penseront qu'il m'aurait suffi de résumer 1c1
les notes de mes amis, MM. Peron, Tl'ousas et de Grossou-
vre. Malheureusement ces géologues ne sont pas loujours
d'accord ct mes excursions sur le terrain sont venues
me démontrer combien les hypothèses de chacun avaient
suppléé aux difficultés d'observation. Les conclusions du
savant auteur de la Stratigraphie de la Craie supérieure
ont sans doute condensé les résultats des travaux de ses
prédécesseurs et Iles siens, mais elles sont elles-mêmes
restées imprécises en raison du rôle prépondérant donné
par lui à la théorie des faciès.
Dans ces conditions, j'ai dû reprendre l'examen de cer-
taincs questions et après de nombreuses excursions dans
la région, soit seul, soit accompagné de mon fils, de
MM. Griffe, Gary et Bories, je me suis permis de formuler
au dernier Congrès de l'Association française pour l'Avan-
cement des Sciences les quatre propositions suivantes :
I. — Dans la région de Rennes-les-Bains les Marnes à
Micraster corbaricus présentent une unité qui ne permet
pas de les diviser en deux étages ; on doit les attribuer en-
tièrement au Santonien.
| — 67 —
IT. — Les Marnes bleucs avec psammites, sans fossiles,
près de l’anticlinal du Cardou (Lac Barrenc, Montagne
de Brens), se chargent de fossiles à leur partie supé-
rieure vers le synclinal de la Sals (Moulin Tliffou, Sou-
graigne).
III. — Les calcaires à Æippurites b'oculaltus me sont
pas englavés dans les Marnes psammitiques à Placent'ce-
ras syrtale, ils leur sont supérieurs.
IV. — Ces calcaires reposent sur des couches à Poly-
piers, Balolites organisans et Act'nocamax ; ils sont Cam-
paniens.
Ces conclusions sont neltement en désaccord avec celles
de M. de Grossouvre et je dois les justifier. La chose sera
facile ; il suffit, au lieu de m'en rapporter de confiance
aux publications des auteurs, de reprendre, avec le se-
cours des observations généralement si précises de d’Ar-
chiac, l'étude du terrain sur place.
On sait que les Corbières sont formées par une série
d'anticlinaux dont Iles couches, infléchies vers le sud,
plongent brusquement et sont parfois rompues du côté
nord. Les synclinaux se trouvent en conséquence plus
rapprochés des anticlinaux sud que des septentrionaux.
Entre ces anticlinaux s'élendent de petits bassins plus
ou moins allongés de l'Est à lOuest el parfois séparés
entre eux par des bombements plus ou moins escarpés
(Pic ou Pech de Bugarach\, tandis que les anticlinaux
sont au contraire parfois transversalement brisés, comme.
celui de Saint-Antoine de Galamus, par le défilé de l'Agly,
et celui de La Ferrière par le défilé de La Blanque.
._ Le pelit bafssin crétacé de Rennes-les-Bains forme une
sorte de triangle circonscrit au Nord par l'antichnal du
Cardou ‘1). au Sud par £gelui dit de La Ferrière :2: et à
(1) Cardou, de la carte de l'Etat-major, au Nord de Rennes-les-Bains,
atteint l'ait. 396 mèt., est constitué par des terrains primaires. L'anti-
clinal, formé par ces mémes terrains, se suit à l'Est jusque vers Lauzadel
(alt. 841 m.).
(2) Ce nom a été donné par d'Archiae à l'anticlinal qui se dirige de
l'Est à l'Ouest, des hauteurs au nord de Soulatge (930 im.) à celles qui
dominent les sources de la Sals et est traversé par La Blanque, un
peu en aval de La Viallasse. 11 est franchi par les cols de La Pourtecille
et de Capela, au nord du Linas, et atteint 1021 m. au Bouchard.
l'Ouest par un relèvement plus vaguement limité, assez
mal étudié et qui va du Cardou “vers la chaîne de Bézu {1}.
La surface de ce triangle est formée de couches relevées
vers l'anticlinal du Cardou et plongeant vers le syncli-
nal de la Sals (2.
L'antichinal du Cardou est constitué par des roches pa-
léozoïques en partie dévoniennes et qui ont fourn à
M. de Grossouvre quelques fossiles intéressants, notam-
ment des Goniatites ; elles ont été inégalement recouver-
tes par le Trias, qui affleure près des sources de la Sais,
mais n'exisle pas sur les flancs du Cardou. Les sédiments
marins n’ont recouvert ce dernier que temporairement,
à l'époque du Lias, et M. Griffe m'a montré une Gryphea
arcuala recueillie par lui sur les flancs du Cardou. Mais
le Jurassique moyen et supérieur, reronnu dans les chai-
nes de Saint-Louis ou de Saint-Antoine de (ralamus ct
qui forme peut-être une partie de la masse du Pic de Bu-
garach (1.231 m.), ne s'élail pas étendu jusqu'au Cardou.
ni même jusqu'à l'anticlinal de La Ferrière, où le Crétacc
paraît directement reposer sur le Trias.
Dans ce bassin de Rennes-les-Bains l'Urgonien, cepen-
dant si bien développé dans l'anticlinal de Saint-Antoine
de Galamus (3° el que l'on retrouve sur le flanc du Pic
de Bugarach, apparaît à peine en lambeaux dans l'angle
Est, vers les sources de la Sals.
(1) Le Bézu, commune de Saint-Just. Ce bombement est jalonné par
les hauteurs de Bézu (6N3 m.), de Coume Sourde (5S2 m.) et du col de
Cuguillou (572 m.), que traverse le chemin de Rermnes-les-Bains à
Rennes le Château. |
(21 La Sals prend sa source à l'Eau salée, sur un pointement triasi-
que de lanticlinal de La Ferrière; elle descend à 4#{#% m. au pont de
Sougraigne, 31% m,. à son confluent avec La Blanque, 300 m. à Rennes-
les-Bains, 260 m. à sa sortie de l'anticlinal du Cardou.
(3) Cet anticlinal, que M. de Grossouvre nomme anticlinal de Mala
brac, atteint 32m. au signal de Quiribus, 966 m. au plateau de Saint-
Paul, 918 im. au Roc Paradet, s'abaisse à N56 m. au-dessus du Pas de
Malabrac, puis se relève jusqu'à 979 m. dans la chaîne de Saint-Louis.
avant d'être recoupé par l'Aude aux gorges de Pierre-Lys.
— 69 —
L’Albien, qui forme plus au sud, notamment dans la
chaine de Bézu (1), une bande assez continue, ne s'est
pas étendu jusqu'à Rennes-les-Baïns : il n'a même pas
atteint l'anticlinal de La Ferrière, puisqu'au col de Ca-
pela le Cénomanien à Orbitolines repose directement sur
des argiles bleues avec grains de Jayet et Quartz bipyra-
midé, que je crois avec M. de Lacvivier devoir rapporter
au Trias.
Ici comme sur beaucoup d’autres points, le Cénomanien
a été un dépôt transgressif, qui recouvre Toute la région
et dont Îles couches se sont étendues jusqu'au Cardou, aux
flancs duquel elles constituent un petit dépôt redressé
assez riche en Echinides. On en peut suivre le prolonge-
ment le long de l'anticlinal derrière Monlferrand jusqu’à
l'Est des Crouzils ‘2\, où M. Carez a recueilli D: plopodra
variolaris. On retrouve d’ailleurs le Cénomanien dans
l'anticlinal de La Ferrière, aux cols qui dominent de
400 mètres le village de Sougraigne. Dès 1854, d'Archiac
avail signalé le Cénomanien comme recouvrant dans la
vallée de Ia Sals les schistes anciens au-dessous de Ren-
nes-les-Bains ‘3) ; il cilait dans ces calcaires marneux,
noduleux (n° 20 de sa coupe, pl. P, les Osfrea cotumba,
O. carinala et Caprinella triangular's à sept méêtres au-
dessus du Primaire. Cette petite couche fossilifère, que
je n'ai pu retrouver. est comme perdue dans une série
d'autres dépourvues de fossiles et ce Cénomanien de la
Sals est bien différent de celui du col de Capela avec ses
(1) C'est le nom donné à cet anticlinal secondaire par M. Carez, dés
ISS9 ; il me paraît donc devoir être préféré à celui d'anticlinal de
Cugurou, que lui a donné depuis M. de Grossouvre. Cette chaine,
parallèle à celle du Cardou, cest constituée par une voûte cflondrée,
dont le bord septentrional est formé par les escarpements de Fal-
conière (90 m.) et les hauteurs de Bézu (842m.)et le bord méridional
par la chaîne de Tricoire (1059 m.). La Blanque confourne cet anticlinal,
qui semble se prolonger jusqu'à l'Est du Pie de Bugarach.
(2) Hameau au Nord-Est de Sougraigne.
(3) Coupe géologique des enrirons de Rennes-les-Bains (Bull. Soc.
Géol. de France, 2° sér. T. XI, p. 1S5 et pl. L.)
sen
bancs remplis d'Orbilolines. auxquels succèdent des cal-
caires À Ostracées et des bancs pétris de Nérinées. L'étage
n'apparaît nulle part ailleurs dans le petit bassin de
Rennes-les-Bains, dont il forme seulement la bordure au
nord comme au sud. Sa puissance ne paraît pas dépasser
une trentaine de mètres.
Le ‘TFuronien est mieux développé à Rennes-les-Baius,
où il constilue toutes les couches qui affleurent dans le
lit de la Sals, soit à la traversée du village, soit au-des-
sous, jusqu'aux assises cénomaniennes (n° 11 à 15 de
la coupe de d’Archiac). Ce sont des banrs de calcaire
marneux el de marnes avec quelques lits nodulcux dans
l'un desquels d’Archiac a signalé son Hem'aster Desort.
La couche Ta plus remarquable est formée par un cal-
‘aire dur, en saillie aux flancs de la gorge et dans lequel
on aperçoil çà et 1à des coupes de Rudisles indétermina-
bles.
Ce Turonicn, que traverse la Sals dans le bourg, où
sourdent Tes principales sources thermales, sur lequel
coule Fa Douce ‘1 au pont du chemin de Montferrand,
se redresse, comme le Cénomanien, sur le flanc du Cardou
et le long de l'anticlinal nord, maïs disparaît sous des cou-
ches plus récentes dans la partie centrale du bassin. On
peut lexplorer à Montferrand., où il forme la crète ro-
cheuse qui porte le village, Plus à l'Est, au bord du sen-
tier qui suit celle crète pour rejoindre le chemin de
Montferrand aux Crouzils. on retrouve les banes calcaires
du Turonien supérieur aver Rudistes, nolamiment {lrppu-
rites reseclus, dont certains individus allongés ont été
pris Jadis pour Batolites organ'sans.
Le TFuronien se retrouve beaucoup mieux développé
dans Tanticlinal de La Ferrière. On peut l'observer par-
liculièrement au revers sud de cet antliclinal entre Îles
(D La Douce est le torrent, desséeché en été, qui prend naissance au
nord de la Mare, dite Lac Barrenc et se jette dans la Sals, en face des
Bains de la Reine,
+
NU —
cols du Linas et de Capela (1) ,ou dans le vallon des Capi-
taines (2). Les calcaires blancs, assez durs, y sont riches
en Hippurites, surtout À. resectus et à côté H. Roussel,
H. petrocoriensis de grande taille, Præradiol'tes ponsia-
nus. Ces calcaires reposent sur des bancs marneux £onte-
nant quelques fossiles à l’état de moules et Hemuiaster
Desori Haime. Le Turonien est d’ailleurs bien mieux re-
présenté dans le pelit bassin méridional, Bugarach-
Camps-Soulatge, que dans celui de Rennes-les-Bains. La
puissance de l'étage est difficile à apprécier, dépassant
à peine 25 mètres à sa limile septentrionale, elle est plus
considérable dans l’anticlinal de La Ferrière, où les seuls
calcaires à /Zippurites resectus paraissent dépasser rette
épaisseur. Mais pour fixer cette puissance, l’inclinaison
des assises ne permet pas de se fier sur 1a différence des
altitudes et, préoccupé d'autres questions, je n'ai pu
faire sur place les relevés nécessaires à l'établissement
de cette puissance.
Le Sénonien est beaucoup plus développé et plus varié
que les étages précédents, bien que les sous-étages supé-
rieurs, Aturien, Maeslrichtien, fassent complètement dé-
faut; mais les sous-élages inférieurs offrent de vastes
affleurements el une faune échinitique très intéressante.
Il importe donc d'examiner séparément chacun de £es
sous-étages.
_ Le Coniacien est surtout représenté par une assise peu
puissante de calcaires marneux, de couleur grise ou jau-
nâtre assez claire, adossés au Turonien sur le coteau de
Montferrand. Ces calcaires sont assez faciles à obser-
ver sur le flanc droit du vallon de la Douce, mais plus
près de la crète que du fond. On y a signalé Perontceruas
subtricarinatum. qui doit y être fort rare, car Je n'ai
jamais rencontré aucune Ammonite à ce niveau ; les au-
(1) Le Linas, hameau entre Bugarach et Camps, près des sources de
l'Agly. Le col de Capela est au nord du Linas et au-dessus des sources
de la Sals.
2) Hameau à 500 m. à l'Est du Linas.
— 79 —
tres fossiles y sont cependant abondants, mais les Gas-
téropodes, les Pholadomyes, Isocardes, etc., sont à l'état
de moule ; quelques Pinna et Pecten ont seuls conservé
leur test et l'espèce caractéristique est le Phymosoma ÀAr-
chiaci, associé à Hemiaster Desor: et à Pertastler Ver-
neutli.
Je n'ai pas retrouvé ailleurs rette assise qui doit cepen-
dant exister à l'Est de Sougraigne, stratigraplhiquement
au-dessous des marnes à Micraster, mais topographique-
ment au-dessus.
Ou a proposé, et je crois avec raison, de rattacher
encore au Coniacien des calcaires jaunes noduleux, qui
recouvrent l'assise précédente sur le flanc de la Monta-
gne de Moutferrand el qui renferment quelques Ammoni-
tes (Barroisiceras Haberfellner!: Hauer), un gros Nautile
ct déjà quelques rares Micraster corbaricus.
Cet ensemble forme, dans la partie haute du bourg, les
bords de la vallée de la Sais et la couche n° 9 de la coupe
de d’Archiac. Sa puissance peu considérable ne dépasse
pas une dizaine de mètres.
Le Santonien comprend deux assises bien distinctes, à
la base des marnes dites à Echinides, caractérisées par
l'abondance du Aficraster corbaricus, au-dessus des mar-
nes bleues et psammites qui atteignent sur certains points
une grande puissance, dont la partie supérieure arénacée
se transforme en grès, ou passe aux argiles à Actlinoca-
max du Campanien.
Les marnes à Micraster corbaricus, bleues en profon-
deur, jaunâtres à 1a surface, sont constituées par une série
de pelits bancs calcaires à surface irrégulièrement nodu-
leuse, noyés dans des marnes plus épaisses qui deviennent
dominantes au sommet de l'assise. Les fossiles v sont
abondants et irrégulièrement répartis, moins nombreux
dans les couches les plus élevées ; les uns se rencontrent
seulement à certains niveaux, d'autres dans toute l'épais-
seur de l'assise et le Micrasler corbar'cus a dû se mult-
plier dans l'ancienne mer, comme le fait encore aujour-
d'hui Amphidetus cordalus Sur certains fonds littoraux
—_ 7) —
argilo-sablonneux. À la base, avec Mic. corbaricus abonde
Rhynchonella difformis ; au-dessus se rencontrent quel-
ques tests de Cidaridæ et 1eurs radioles en nombre consi-
dérable ; viennent plus haut Gauthiericeras Marge et
Cardiaster integer, tandis que dans les couches supérieu-
res moins riches on trouve Pachyd'scus Linder:, Sonne-
ralia Savin'. Inoceramus digitatus, Micraster Matheront.
Mais on recueille dans toute l'assise Morton'ceras Bour-
geoisi, Pecten Dujardin', Janira quadricostata et Spon-
dylus spinosus.
fl me paraît impossible de faire passer, comme l'a pro-
posé M. Toucas, la linite inférieure du Santonien par le
milieu des marnes à Micrasters, qui forment un ensem-
ble paléontologiquement et gstratigraphiquement indivi-
sible. On peut fixer sa puissance à environ 30 mètres ;
elle est certainement plus considérable que ne l'avait in-
diqué d’Archiac et elle correspond à la couche N° 8 de
la coupe de cet auteur.
Dans le vallon de la Douce, où elles sont particulière-
ment développées, les marnes à Micrasler, qui en for-
ment les deux flancs et le fond, sont fortement redressées
vers Montferrand, au-dessus de la zonc à Phymosoma
Archiaci et des calcaires noduleux à Barro'siceras Haber-
fellneri. Elles en constituent également le flanc gauche
sur une grande hauteur, puis, toujours inclinées au sud,
viennent traverser la Sals entre Rennes-les-Bains et le ha-
meau du Cercle pour remonter sur la rive gauche de la
vallée avec une inclinaison analogue ; elles passent au-
dessus du bourg et affleurent à nouveau en face des ber-
geries de Faviès (1). L'assise, alors fortement redressée
vers le nord, offre sur ce point un beau développement,
s’élend sur le col, ct finit par se relever presque jusqu'au
sommet du mamelon qui porte la cote 5{4. Je n'ai mal-
heureusement pas eu le temps de rechercher, au-dessous
de ces marnes à Mic. corbaricus, le Coniacien à Phy-
(1) Faviés, d'après la carte de l'Etat-major, ou Fabiès d’après une
orthographe locale, bergerie au nord de Rennes-les-Bains, près du col
(#55 mél.) qui conduit à Coustaussa.
en
mosoma Archiaci (1). Quant aux calcaires l'uroniens qui
sont au-dessous, je n’y ai pas rencontré de fossiles.
L'assise paraît d'ailleurs, sur le flanc gauche de Ia val-
lée se relever en même temps vers l'Ouest sur ce que j'a
appelé la ligne de bombement Bézu-Cardou, car M. de
Grossouvre aurait encore recueilli M'c. corbaricus ur
le chemin de Rennes-le-Château, près du col de Cuguil-
lou.
Les marnes à Micrasters, que nous avons vu former
le fond du vallon de la Douce, paraissent constituer aussi
le col qui, au nord du Lac Barrenc, sépare la Barre £al-
caire qui le domine des hauteurs boisées 759 et par lequel
passe le chemin de Montferrand aux Crouzils. On re-
trouve l'assise, à l’état de marnes bleues, au fond du
vallon de la Coume (2) ; elle y est très fortement inclinée
à la fois vers l'Est et vers le Sud, forme une partie du
flanc droit de la Coume à sa naissance, puis le lil même
du torrent ct, sur le flanc gauche, le petit ravin qui:re-
monte vers l’Est dans la direction des Crouzils. Après
avoir disparu sous des calcaires, par suite d'un léger
bombement, les marnes reviennent au jour au fond du
vallon, sous le point 656, et, plongeant de nouveau au
Sud, s'enfonrent profondément vers le synclinal de Îa
Sals, pour reparaître sur la rive gauche de la rivière, à
1200 mètres environ en amont de Sougraigne, £elte fois
relevées vers le sud contre l'anticlinal de La Ferrière.
Plus bleues que dans le vallon de la Douce, elles offrent
encore ici de beaux affleurements et permettent une abon-
dante récolte de fossiles. C'est sur ce point que j'ai re-
cueilli un Cardiaster integer assez bien conservé pour
permettre d'observer son fasciole marginal.
Au centre du bassin, par suite de l’inclinaison générale
(1) M. Miquel semble l'y avoir retrouvé, d’après les fossiles qu'il
m'a communiqués.
(2) On nomme ainsi le vallon qui s'ouvre au nord de Sougraigne
(41% mèt.) entre les deux montagnes des Croutets (656 mèt.) à l'Ouest
et de Brens (699 mèt.) à l'Est.
= 7 —
«
des assises, les marnes à Micraster se montrent dans le
vallon de Bordencuve (1), mais seulement sur son flanc
gauche, entre le petit ravin qui descend de La Fajolle (2)
et le ravin suivant en aval. Ce gisement, souvent visité,
semble inépuisable pour la recherche des fossiles et con-
tient, avec Micraster corbaricus, divers radioles de Cida-
ridæ, Echinocorys Graves, Mortoniceras Bourgeois, Mu-
hiericeras 'nconslans, Sonneratia Païlleter, etc.
Les marnes à Micraster se retrouvent sur divers points
plus éloignés de Rennes-les-Bains, au nord de Rennes-le-
Château, aux environs de Bugarach et de Saint-Louis, de
Camps, de Cubières et de Soulatge, surtout avec un très
beau développement au col du Linas.
Dans la région orientale du bassin de Rennes-les-Bains,
les marnes à Micrasler corbaricus sont couronnées par
une assise calcaire connue sous le nom de Barre du Petit
Lac et qui constilue, en effet, au nord du Lac Barreng,
l'étroite barre calcaire (alt. 700) dont l'extrémité occiden-
tale forme une sorte de corne au-dessus du vallon de la
Douce. Bien que je n’aie rencontré dans cette Barre aucun
fossile, d'autres plus heureux v auraient recueilli des
Rudistes déterminables. « Cetle Barre, dit M. de Grossou-
e vre (3). est pétrie d’'Hippurites. Par places ce sont de
e nombreux individus de petite laille, à surface extérieure
«< cannelée ; M. Douvillé les a déterminés comme /71'ppu-
(1) Bordeneuve est le hameau situé au Sud de Rennes-les-Bains,
sur le coteau que borde la Sals au Sud et à l'Ouest. Le vallon de Bor-
deneuve remonte de la Sals vers le nord-est dans la direction du lac
Barrenc ; un ravin secondaire se dirige vers la montagne des Croutets
(656 mèt.). Ce vallon est nommé par M. Toucas ravin de Laforest.
(2) La Fajolle est la petile métairie située au point marqué La Tui-
lerie sur la carte de l'Etat-major. Elle se trouve sur le plateau (460 m.)
un peu au-dessous du chemin de Montferrand aux Croutcts, au pied
de la grande pente de la Montagne des Cornes. L'ancienne Tuilerie,
aujourd'hui ruinée et complètement disparue, était située un peu plus
haut (480 m.) et plus à l'Est ; elle exploitait un banc plus argileux des
Marues bleues, supéricur aux grès tabulaires.
(3) Stratigraphie de la Craie supérirure, fase. EL, p. 445.
10
7% —
« riles socialis; Sur d’autres points la roche est remplie
« d'Hipp. sublævis. associés à de nombreux Plag'opty-
€ CUS ».
J avoue que cette fin de la description m'a toujours
inspiré des doutes, alors surtout que l’auteur déclare avoir
suivi les calcaires de la Barre, à mi-flanc de la monta-
gne des Cornes (1), au-dessus de la Douce, jusqu'au che-
min de Montferrand à La Tuilerie. Or, sur le flanc de
celte montagne, il n'y a aucune trace des £alcaires de Îa
Barre et la pelite falaise de calcaires à nombreux Hip-
puriles qui s'observe sur £e point est un débris démantelé
du niveau supérieur Campanien qui à glissé sur les mar-
nes bleues du Santonien supérieur. On peul donc se de-
mander si les Hippurites cités ne proviendraient pas de
ce prélendu prolongement de la Barre calcaire {2;. Tout
cela me laisse fort sceptique sur les affirmations un peu
trop générales de MM. Foucas (3) et de Grossouvre.
contrediles d'ailleurs par les observations de M. Carez 1,
lequel a parfaitement reconnu que les calcaires de la
Barre ne se prolongeaient pas vers Rennes-les-Bains. On
ne les retrouve d'ailleurs pas dans la vallée de la Sais, où
les marnes à Micraster Sont directement recouvertes par
des galcaires. grès et marnes grises N° 7 de la coupe de
d'Archiac.
Dans Te vallon de Bordeneuve j'ai pu observer le pas-
{
(1) La Montagne des Cornes, qui paraît devoir son nom aux nom-
breux fossiles en forme de cornes de bœuf {Hippurites) qui en jonchent
la surface, se dresse entre La Fajolle (460 m.) et le lac Barrenc (660 m.};
elle parait atteindre l'altilude de 670 mètres.
(2) EH faut noter aussi que ces petits Hippurites à surface extérieure
canuelée, dont parle M. de Grossouvre, ressemblent étrangement à
ceux que l'on trouve sur le prolongement de l'axe de la Barre. dans
les calcaires turoniens de la crète de Montferrand.
(3) Bull. Soc. Geol. de France, 3° sér. T. X XIV, p. 607.
(#) Les Pyrenées : Livret guide, coupe de la page 32, où les calcaires
à Hyppurites 11° ne forment qu'une lentille. Les autres renseigne-
ments fournis par cetle coupe sont d'ailleurs erronés.
— 711 —
sage des marnes à Micraster aux marnes bleues ct Psam-
mites. Ce passage se fait par des bancs de calcaire gré-
seux sans aucun Hippurites. Un peu plus haut cependant
et un peu plus au nord-ouest M. de Grossouvre a signalé,
au-dessus des marnes à Micrasler « un cordon calcaire
« avec Hippurites sans valves... Les Hippurites montrent
« une section semblable à celles de l'A. bioculatus». Il
pense que ce cordon est l'équivalent du calcaire de la
Barre. J'ai visité avec soin le point signalé et n'y a vu
aucun banc de calcaire à Hippurites en place, mais seu-
lement des Psammites des marnes bleues. Les rares blocs
de calcaire à Rudistes ont l'aspect de matériaux appor-
tés (1). |
M. de Grossouvre pense avoir retrouvé les calcaires de
la Barre dans ceux qui, un peu au-dessous de La Fajolle,
viennent créneler le sommet du petit mamelon à l'Ouest.
I s'agit de calcaires gréseux dans lesquels je n'ait pu ren-
contrer aucun fossile ; je ne saurais donc nt confirmer,
ni infirmer l'hypothèse présentée, mais je constate qu'il
ne m'a pas été possible de raccorder ce bans avec ceux
de la Barre du Petit Lac. Il me parait de même bien hy-
pothétique de rattacher à ces derniers des blocs épars
et sans fossiles signalés sur la rive gauche de la Sais, au
col de Cuguillou.
Au contraire, dans le vallon de la Coume, entre les mar-
nes à Micraster el les marnes bleues micacées, on observe
des £alcaires blanchâtres qui paraissent bien être le pro-
longement de la Barre du Petit Lac, ou du moins qui en
occupent la position stratigraphique.
Cetle assise, qui n'a guère plus de huit à dix mètres
d'épaisseur, formerait donc une lentille dans la région
orientale du bassin de Rennes-les-Bains, mais celle ne se
serait pas étendue à l'Ouest au delà de la Montagne des
Cornes. De l'autre côté de l'anticlinal de La Ferrière, à
(1) Des bergeries, aujourd'hui ruinées, ont jadis existé sur ce point
et sans doute des imocllons de calcaire à Rudistes entraicent dans leur
construction.
SR
l'est du Pic de Bugarach, on voit, au bord du ruisseau des
Pastressis, les marnes à Micrasler, qui affleurent sur
lc plateau coté 690 mètres, recouvertes par des calcaires
marneux gris, aves Polvpiers ct Nérinées géantes, forte-
ment inclinés vers le sud ; cette assise, que termine un
banc dur, noduleux, plonge vers les marnes bleues et
psammiles du coteau de La Bastide ; elle occupe donc la
place des calcaires de la Barre du Petit Lac. Je n'v at pas
rencontré de Rudistes, mais il paraît que dans la partie
haute de la vallée de la Bianque, sous le Pic de Bugarach.
on retrouverail des ralcaires, supérieurs aux marnes à
Micraster, avec Hippur'tes socialis et H. sublærws. On
Jes relrouveruait encore, avec ces mêmes Hippurites, dans
les gorges de l'Agly, entre Camps et Cubières.
Je suis donc loin de nier l'existence de ce niveau de
Rudistes Santoniens, je doute seulement de la provenance
exacte de carlains individus attribués à la Barre du
Petit Lac el je pense que la faune de cette assise, en ce
qui concerne le bassin de Rennes-les-Baïns, est complè-
tement à réviser.
L'assise des calcaires de la Barre du Petit Lac et selle
des marnes à MWicrasler corbaricus, sont uniformément
recouvertes par des marnes bleues, parfois grises, mica-
cées, avec bancs intercalés de Psammites et dont Ia puis-
sance s'accroil rapidement du nord au sud. On peut obser-
ver l'affleurement extrême de ces marnes au Lac Bar-
renc, dont elles retiennent les eaux ; on les suit sur les
flancs de Ia Montagne des Cornes, couronnées par un pla-
cage de calcaires à Hippurites du Campanien : on Îles
revoit dans Île vallon de Bordeneuve ; elles forment le
sommel du coteau à PEst de Rennes-les-Bains et Ssincli-
nent assez brusquement vers le svnclinal de ja Sals pour
plonger sous cette rivière au gisement fameux du Moulin
Tiffou ‘1. On les retrouve partout aux environs de Sou-
(1) Moulin au bord de la route de Bugarach en aval du confluent de
la Blanque. Cette désignation empruntée au nom du propriétaire, un
Tiffou, a été rendue célèbre par d'Archiac.
— 19 —
graigne, où elles atteignent une puissance beaucoup plus
considérable et forment au sud des Crouzils un vaste af-
fleurement relevé vers le nord. En dehors du bassin étu-
dié, ces marnes offrent encore de beaux développements
à l'est du Pic de Bugarach ct aussi à l'ouest près de Para-
hou. Il importe d'ailleurs d'éludier plus en détail cette
intéressante assise des marnes bleues et psammites. Dans
l'ensemble, la base est formée de bancs de grès micacé,
alternant avec des marnes bleues plus épaisses ; puis, les
bancs de grès diminuent et 1es marnes atteignent plus de
puissance et à la fin de la formation les bancs de psam-
miles reparaissent de plus en plus nombreux ct épais en
sorte que l'on passe à une véritable assise gréseuse.
C'est à ce niveau que l'on doit placer, sans transition
toujours bien nette, la limite supérieure du Santonien et
que commence le Campanien avec les argiles à Acfino-
camax (A. quadralus, A. Toucasi, A. Grossouvrei).
La superposilion à 1a Montagne des Cornes s'établit
comme il suit, en observant qu'en raison de l’inclinaison
des assises vers le sud et l'ouest la différence des altitu-
des ne peut être invoquée pour l'appréciation de la puis-
sance des couches :
(SOMMET DE LA MONTAGNE DES CORNES, alt. 678 mètres)
8. Calcaire à Rudistes avec lits marneux, quelques polvpiers,
Plagioptychus, Sphærulites el nombreux Hippurites (JT.
suleatus, H. striatus, H. biveulatus), environ.......... 8 m. 0C
7. * Banc plus dur formant corniche vers le Sud, avec les
mêmes fossiles... ...,......... Shore Re Re 2 m.
6. * Calcaires et marnes alternauts, remplis de Rudistes (IT.
lurgtdus, 1 canalientatus, IH bioculatus) 0 M.
D. 7 Banc de BTS NL. ses enr es sant Fées. so... 1m. 50
#. * Calcaire marncux. mal stratitié.avec Batolites organisans
CE M DOMNAMIR sssesdemseenneiesrates ésassses 200
3. Calcaire gréseux, à surface rousse, avec nombreux poly-
piers, grands (yrlolites el Hip. biorulatus.. 4m. 00
2. Marnes à parties argileuses noiràtres avec quelques poly-
piers et {rtinocamar Toucasi.. ses eee. . 1 m. 00
1. Marnes bleues paraissant sans fossiles avec dalles de
Psammites intercalées, environ........,....,,..., .... 40 m. 00
(La Fajolle, alt. 460 mètres.)
=
Les assises de £ette coupe marquées d'un astérisque
sont celles que l'on observe sur la photographie, fig. 1
de la planche I. Elles sont inclinées vers le Sud-Ouest
d'environ 15°. Je reviendrai sur leur détail en étudiant
le Campanien.
Au-dessous de La Fajolle, du côté de la Douce, il y a
encore environ 15 à 20 mètres de marnes bleues. Au
sud et dans le vallon de Bordeneuve, les marnes bleues
apparaissent faiblement inclinées au fond dans le bois et
elles atteignent de ce côté une grande puissance, puis-
qu'elles forment tout le revers de la Montagne des Crou-
tets. Puis, à l'approche de la vallée de la Sals, les mar-
nes plongent brusquement vers Île sûüd-ouest et s’inclinent
presque jusqu’à la verticale, en sorte que les bancs de
grès constituent des barrages, qui occasionnaient les peti-
tes cascades du torrent. Ces marnes bleues constituent
les deux rives de Ia Sals en fare des maisons de Borde-
neuve et elles affleurent depuis le pont de la route de Sou-
graigne jusqu'au hameau du Cersle {couches 5, 6 et 7
de la coupe de d’Archiac). Un peu en amont du Moulin
Tiffou on voit klans île lit même de la Sals des marnes argi-
leuses bleues, jadis très fossilifères, du célèbre gisement,
aujourd’hui à peu près perdu par suite des érosions de la
rivière. La liste des espèces en a été donnée par d'Archiac
et reproduile par M. de Grossouvre {1).
Sur Ja rive gauche de la Sals on peut relever sur ce
point la coupe suivante :
Grès jaunätre à gros grains, dit d'Alet..................., 5 m. 00
(Lacune occupée par des broussailles).............. cs... 9 M. 00
4. Grès gris, fin, avec rares empreintes de fossiles, moules
de C'ardium, en trois bancs.............,............ #4 m. 00
3. Gros banc de grès gris, micacé........... ééssasesessse, Lim 00
2, Marnes bleues, paraissant sans fossiles............. ..... 4 m. 00
1. Marnes bleues fossilifères (berges de la Sals)....... .…... 2m. 00
L'ensemble des couches est légèrement incliné vers Île
Sud et ici le Grès d’Alet vient interrompre la conlinuite
(1) Stratigraphie de la Craie supérieure, fasc. 1, p. 455.
ft —
des assises, précisément au point où devraient commenser
les premières couches du Campanien. Dans la £oupe de
d'Archiac tout le massif gréseux, Nos 3 et 4, avait élé
confondu avec le Grès d’Alet sous son N° 4.
En amont du pont de Sougraigne, on ne voit plus, aux
bords de la Blanque que le Grès d’Alet, mais au voisinage
de T'anticlinal de La Ferrière Iles marnes bleues reparais-
sent, l'assise a été fortement redressée et les banss de
grès, devenus verticaux, constituent £es murailles dé-
mantelées qui donnent à la région son aspect à la fois
si singulier et si pittoresque.
En remontant la Sals, on voit de chaque côté de larges
affleurements des marnes bleues, jusqu'au tournant où
elles sont recouvertes par le Grès d’Alet, qui s'étend trans-
gressivement sur la rive droite jusqu'à la crête de l'ex-
trémilé occidentale de la Montagne des Croutets. Après
une large interruplion, le Grès d’Alet forme à l'est des
Croutets le mamelon 656, et celte interruption est octu-
pée par les couches supérieures marno-gréseuses de las-
sise des marnes bleues, qui renferment sur ce point quel-
ques Globator et Pseudopyrina.
Dans le vallon de la Coume, sur le flanc droit, on voit
affleurer au-dessous du point 656 au sommet une quin-
zaine de mètres de sables et grès d’Alel, au-dessous des
calcaires à Hippurites en partie recouverts par les ébou-
lis des sables précédents, puis les bancs gréseux de la
partie supérieure des marnes bleues qui forment un
abrupt : l’ensemble de ces couches atteint environ 56 mè-
{res d'épaisseur, Au-dessous, une pente couverte de brous-
sailles est formée sur près de 70 mètres de hauteur de
marnes qui reposent sur une nouvelle assise de calcaires
gréseux ; puis des allernances analogues se reproduisent
plus bas. sur une hauteur à peu près égale. jusqu'aux
calcaires ‘12 mètres) qui surmontent [es marnes à Mi-
craster :8 mètres". Ainsi la puissance lotale de l'assise des
marnes bleues, qui ne dépassaient pas beaucoup une cin-
quantaine de mètres à la Montagne des Cornes, alteint
brusquement près de Sougraigne une épaisseur triple.
— 82 —
Il est donc probable que certaines couches, notamment
celles supérieures fossilifères, ne se sont pas étendues
vers le nord-ouest jusqu’à l'extrémilé du bassin. L'assise
aurait en somme 6té soumise aux mêmes influences que
les calcaires dits de Ja Barre et sc serait déposée dans les
mêmes conditions. Quoiqu'il en soit, cet ensemble de cou-
ches presqu'horizontales au point où nous venons de les
examiner, subit une flexion brusque au voisinage du syn-
clinal de la Sals et les couches gréseuses supérieures, qui
atteignent aux Croutets une altitude encore voisine de
600 mètres, plongeant avec une inclinaison à peu près
égale à £elle de la pente sud de la montagne, soit d'envi-
ron 16°, se retrouvent au bord fe la route près de Sougrai-
gne. L'assise, ainsi abaissée de près de 200 mètres, se re-
lève au contraire sur la rive gauche de la Sals, Vers l'an-
ticlinal de La Ferrière.
La première partie de celte flexion, déjà observée dans
le vallon de Bordeneuve, était pour moi le point le plus
intéressant à constater, car elle explique une disposition
de couches qui était restée énigmatique lors de mes pre-
mières recherches ct qui a donné lieu aux plus graves
erreurs de la part des précédents observateurs.
Nous avons vu les bancs les plus élevés des marnes
bleues avec Globator nucleus former la crèle de la mon-
tagne au nord-ouest des Croutcts. Cette couche passe sous
les maisons du hameau et un peu plus à l'est est recou-
verte par le calcaire à Rudistes {1) ; les deux rouches
s’inclinent alors vers la vallée de la Sals avec une pente
dans l'ensemble égale à celle du flanc de la montagne.
en sorte que sur celte pente, suivant Île relief plus ou
moins saillant des affleurements, on trouve à la surface
tantôt Tes marnes bleucs, tantôt les calcaires à Rudistes.
Lorsqu'un pareil phénomène d’inégale dénudation se
produit en terrain plat et pour des couches voisines de
l'horizontale, il est tellement connu que personne ne
(1) Ces calcaires ont été déjà signalés sur ce point par M. de
Grossouvre (Bull. carte géol. de la France, &. I, no 2%5, p. 4, 1891).
qe
s’y trompe. Ainsi, soit une surface de terrain A. B. ondu-
lée par le creusement de plusieurs ravins, V, V', V”, etc.
dans des marnes, avec crètes C, C’, C”, etc., d'un banc
‘alcaire jadis continu, personne n'ira s'imaginer que les
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F9 1
marnes m. ne forment pas une couche régulière el uni-
que sous les cinq buttes calcaires : personne n'ira préten-
dre, comme T'indiquerail le pointillé, qu'il y a cinq cou-
ches successives marneuses m, séparées par cinq cou-
ches différentes ralcaires. x.
Lorsque le phénomène se produit Sur un plan incliné,
à flanc de montagne, pourquoi lui donner une autre inter-
prétation ? C'est cependant ce qu'ont fait MM. Toucas ct
de Grossouvre, à la suite de Dumortier.
F9. 2:
Mais ici A c’est Sougraigne, B représente les Croutets,
VV, V, ete. ce sont les différents points de moindre
pente. où affleure la couhe inférieure des marnes bleues :
C, C’, C”, ete. figurent les lambeaux de Ia couche supé-
rieure à ippuriles b'oculalus.
LS GE
MM. Toucas 1} et de Grossouvre (2), imbus de sette
idée ue la théorie des faciès suffirait à l'explication
de la plupart des phénomènes géologiques, ont supposé
ici des couches multiples successives et des récurrences
stratigraphiques qui n'existent pas. La récurrence est
purement topographique et ce sont les mêmes marnes
bleues, le même calcaire à Hippurites que l'on rencontre
plusieurs fois en montant de Sougraigne aux Croutets.
De la part de M. Toucas. l'erreur s'explique facilement :
elle est une conséquense de ses théories sur la tectonique
de la région et de cette idée que chaque couche dont il
relevait un affleurement s'enfonçait vers le nord-ouest
dans la montagne, au lieu de constituer à sa surface une
sorle de placage, Simplement un peu plus incliné à Sou-
graigne que celui depuis longtemps reconnu et admis à
la Montagne des Cornes. De la part de M. de Grossouvre
qui avait si bien expliqué l'allure générale des assises aux
«
environs de Sougraigne ‘3 l’interprétation de la roupe
des Croutets donnée ensuite est plus surprenante et ne
s'explique que par la fidélité à une tradilion alors domi-
nante au sujet du prétendu recouvrement des salcaires à
Rudistes par les marnes bleues fossilifères.
D’Archiac avait cependant reconnu {4} qu’à Sougraigne
les calcaires à Hippurites occupaient la partie supérieure
de son second élage et devaient être regardés “omme suc-
cédant immédiatement aux marnes bleues. Or, il suffit
d'ouvrir les yeux pour constater qu'entre les Migniés et
ee 2 ee
(1) Bull. S. G. D. F. 3 Sér. t. XXIV, p. 612 et suiv. La fig. 3, qui
est un simple diagramme et non une coupe à l'échelle indiquée, ne
reproduit nullement la disposition des couches.
(2) Stratigraphie de la Craie, p. 460. — (Bull. carte géol. de la France,
t. DE, n° 25, p. #4, fig. 2).
(3) Stratiqraphie de La Craie supérieure, p. 459.
(#4) Les Corbières, p. 141, 148. L'erreur de d'Archiac a consisté à
faire intervenir pour l'interprétation de sa coupe des failles imaginai-
res. Mais le reproche que lui adresse M. de Grossouvre (Bull. Carte
géol. de France, LU, p. 6), d'avoir placé le banc à Hippurites au-
dessus des Marnes bleues cst mal fondé.
: _— 85 —
les Croutels les bancs gréseux suivent exactement la
pente de fa montagne el qu'un peu ples à l'Est c'est le
même banc de £alcaire à Rudistes qui, au bord du che-
min, reparaît plusieurs fois au-dessus d'un massit unique
de grès et de marnes bleucs.
Ce qui a trompé ici les auteurs qui ont donné des cou-
pes de la Montagne des Croutets (1), c'est que les rouches
suc£tessives dans le vallon de la Coume, subissent vers son
débouché dans la vallée de la Sals un gauchissement pro-
noncé qui transforme l'inclinaison ouest de la région
nord en une inclinaison sud, vers le syn£linal de la Sals,
en sorte que les assises qui affleurent au flanc sud de la
montagne ne sont plus celles qui affleurent sur le flanc
est, mais seulement deux ou trois des couches les plus
élevées de ces dernières. De là, res diagrammes succes-
sifs publiés par les auteurs. surtout frappés de l'allure des
couches du flanc oriental de la montagne, Dumortier ‘2,
Toucas ‘3, de Grossouvre : 4), tandis qu'eu réalité, un peu
plus à l'ouest, sur le chemin des Croutets, les assises sont
disposées comme le montre la photographie /ig. 2, de
ma planche 1, et l’on voit les divers bancs qui suivent la
pente de la montagne et sont recoupés par des ravins où
affleurent des couches inférieures ‘5).
Les couches que l'on peut observer dans cette montée
de Sougraigne aux Croutets sont donc seulement celles re-
(1) Le hameau de Sougraigne qui donne son nom à la Montagne
porte le nom de Croutets inscrit sur la carte de l’Etat-major et main-
tenu par M. de Grossouvre. M. Toucas le nomme à tort Cloutels et
Dumortier Sroutets.
(2) Bull. Soc. génl. de Franre, 2 sér., t. XVT, p. 865.
(3) Bull. Soc. géol. de France, 3 sér., t. VIT, p. 48, fig. 3 et t. XXIV.
p. 612, fig. 3.
(4) Bull. Carte géol. de la France, WE, n° %5, p. #. Le diagramme
est à peu près exact si l'on reculait la figure au nord jusqu'au point
656. mais il ne l'est plus s'il est réellement pris entre Sougraigne et
les Croutets.
(5) Un second cliché, plus démonstratif encore, avait été pris par
mon fils, il a malheureusement été avarié pendant le voyage de retour,
= 6
levées dans la coupe suivante pour laquelle il n’y a aucun
compte à tenir de la différense des altitudes entre les
points extrêmes el qui dépasse 200 mètres. Les couches
3à 9 affleurent seules au bord du chemin ; 8 cet 9 appar-
tiennent au Campanien:; 6 el 7 one le niveau à
Ammonites et Pseudopyrines, qui couronne l'assise des
marnes bleues.
9. Calcaire marneux roux à Hippuriles bioculatus........,. 2 m.00
8. Calcaire marneux gris à Actinoramarx et Batolites oryani-
SHRS (LE Sean ie AN ID TT …. 1m.0
7. Calcaire gréseux à Delphinula radiala,Globator nucleus et
PSone Sr mie tee ie issues. ns 00
6. Calcaire gréseux à Ammonites, Puzosia corbarica, Placen-
ich Sinlules EC sssasdetaracelessemses se 0 nr. CU
9. Marnes bleues fossiliféres à nombreux Cyelolites, Theca-
smilies, Trochus sougraiqgnensis, Globalor nucleus, etc. 2 m. 0
#. Marnes bleues à Lima martirensis................. ..... 3 m. 0
3. Marnes bleues et calcaires à Trllina Venei........,...... # m.0
2. Psammites en gros bancs ..........................,... 4 m. ®
1. Marnes bleues à Gaudryrerus Rourillei, Scaphites hippo-
CrÉDIS RCE cesse en a
Si nous examinons maintenant les assises qui ronsti-
tuent le flanc occidental de la Montagne de Brens, nous
y observons encore un énorme développement des mar-
nes bleues que couronnent près du sommet ‘alt. 69% des
calcaires à Iippuriles. où M. de Grossouvre cite H. so-
cialis. H. sublœvis. IT. Jeani. Ces calcaires confondus par
les auteurs avec ceux de la Barre du Petit Lac. en sont en
réalité séparés par la masse des marnes bleues. qui repo-
sent au contraire sur les calcaires de la Barre au fond de
la Coume par une altilude voisine de 500 ‘2°. L'allure
générale des couches à Ja Montagne de Brens est la même
(A) 4clinocamar Grossourreti est cilé ici d'après M. Toucas.
(2) Cette puissance des Marnes bleues qui atteindrait ici prés de
200" n'a rien qui puisse surprendre, puisque M. Roussel l'évaluait
jadis à un chiffre bien supérieur, 600 près de Soulatge (Bull. Sor.
Geol, de France, 3 sér., t. XV, p. 627).
D ,—
qu'à la Montagne des Croutets. Les strates se maintien-
nent presqu'horizontalcs depuis l'extrémité septentrionale,
terminée par deux abrupls qui donnent une belle coupe
des marnes micacées el des Psammitcs intercalés, jus-
qu'au point où la crète s’abaisse vers Sougraigne. Dans
cette partie septentrionale de la montagne, les marnes
bleues m'ont paru dépourvues de fossiles. Près de l'ex-
trémité méridionale, elles s’infléchissent si profondément
vers le svngelinal de la Sais que les bancs à Rudisies du
sommet (alt. 699) reparaissent au-dessus de Fancien ci-
melière de Sougraigne (alt. env. 450; avec une chule de
250 mètres. [Is renferment sur ce point d'assez nombreux
Hippuriles sublœv'is (1).
MM. Toucas et de Grossouvre ont voulu faire de £e gise-
ment du cimetière de Sougraigne un prolongement du ni-
veau dit de la Barre dont il est séparé par prés ‘de
200 mètres de marnes bleues. Dans l'hypothèse de ces
géologues, ce gisement aurait dù reposer directement sur
les marnes à Micrastler corbaricus et être recouvert par
les marnes bleues ; ils ont donc signalé au-dessus des mar-
nes à Placentiras syrtale :2j ; mais celles-ct, topogra-
phiquement plus élevées, sont stratigraphiquement in-
férieures aux couches à ippurites. Quant à M. Toucas,
il n'a pas hésité à indiquer {3 au-dessous du calciure à
Iippurites des mirnes à Micrasiters (couches :5 de sa
coupe), qui n'existent pas sur ce point. Pour retrouver
les marnes à Micraster corbaricus, il faut se reporter à
plus de 1200 mètres en amont sur le flanc gauche de la
ullée de la Sals où, comme nous l'avons vu, ses marnes
sont redressées contre lanticlinal de La fferrière. Au
Nord-Est de Sougraigne on trouve seulement de vastes
(1) M. de Grossouvre y cite, en outre, 21. præcessor, H, rennensis,
H. galloprocincialis, H. Jeani, H. Zurcheri que je n'ai pas rencontrés,
le gisement tendant à s'épuiser. |
(2) Cette espèce est d'ailleurs caractéristique des bancs supérieurs
des Marnes bleues et n'a jamais été rencontrée à leur base.
(3) Bull. S. G, de F., 3° sér. T. XXIV, p. 612,
— 88 —
affleurements des marnes bleues descendant jusqu’à la
Sais. qui les ravine et met ses fossiles en évidence, notam-
ment un petit l'urbo que trahit son test blanc.
Ces marnes bleues, redevenues presqu'horizontales au
bord de la Sals à Sougraigne, appartiennent au niveau
moyen de l’assise et plus en aval, en face des Migniés,
toujours sur la rive gauche, elles sont recouvertes par
d’autres marnes bleues avec bang£gs épais de Psammites in-
tercalés, dont le principal paraît correspondre à celui
No 2 de la coupe ci-dessus donnée du Moulin Tiffou.
En raison de son aspect protéique, de ses brusques
changements de puissan£ce, de l'inégale répartition de
ses fossiles et des ac£idents tectoniques qui l'affectent,
l’assise des marnes bleues est certainement de toutes cel-
les étudiées la plus difficile à bien comprendre cet celle
qui a donné lieu aux appréciations les plus divergentes.
En traçant ci-dessus les grandes lignes de ses caractères
ou de sa disposition et en signalant fes principales er-
reurs commises à son sujet, je n'ai d'ailleurs pas la
prétention d'avoir résolu tous les problèmes et une large
moisson d'observations intéressantes reste à faire sur
celte partie de l'étage Santonien.
Cette assise des marnes bleues a eu jadis son prolonge-
ment vers le sud par dessus l'anticlinal actuel de La
Ferrière et on en retrouve des portions encore importan-
tes de chaque £ôté du Pic de Bugarach. Le gisement occi-
dental montre surtout des couches supérieures et aurait
fourni près de Saint-Louis à M. ‘loucas Acf'nocamar
quadratus. Le gisement oriental, plus important, s'étend
des Pastressis à La Bastide ; il commente au ruisseau
venant des Pastressis, forme le mamelon allongé qui
porte La Bastide et s'élève encore à une assez grande
hauteur au sud. Les fossiles y sont très irrégulièrement
disséminés et ne se rencontrent que. dans les couches les
plus élevées au sud-ouest du hameau, le principal esl
Actlinocamax Toucasi ; j'y ai recueilli aussi À. (rrossou-
vrei, Trochacteon giganteus, des vertèbres de Mosasaurus,
etc., et M. Toucas y cite Actfinocamax quadrafus. On à
— 89 —
signalé également dans ces marnes supérieures de gros
Polypiers et des Rudistes. Il y a là une erreur: res gros
Polypiers. les Hippurites et Plagoptychus se trouvent sur
les marnes et non dans les marnes ; ils proviennent évi-
demment d'un ban£s supérieur, aujourd'hui démantelé et
que je n'ai pas retrouvé en place. Quoiqu'il en soit, là en-
core des Rudistes sont au-dessus des marnes bleues, comme
l'a reconnu M. Touras et non recouvertes par clles, comme
le suppose M. de Grossouvre. ,
Le Campanien comprend évidemment la partie des
marnes bleues à Actlinocamax Toucasi et À. quadralus,
supérieure aux bancs à ?lacenticeras syrtale du Santo-
nien. Ces marnes, réduites à moins d'un mètre à la
Montagne des Cornes, encore très peu épaisses à Sou-
graigne, n'aitteignent un sérieux développement que dans
le bassin méridional de Camps. Dans la région de Ren-
nes-les-Bains, elles sont pour ainsi dire inséparables des
calcaires à Hippurites où abondent Batol'tes organisans
et Hippurtles bioculatus.
En éludiant les marnes bleues, nous venons de recon-
naître cette assise à Hippurites à la Montagne des Cor-
nes, à celle des Croutets, où celle descend, en partie dé-
mantelée, jusqu’à Sougraigne. Nous l'avons retrouvée en-
core vers le sommet de la Montagne de Brens et au rime-
tière de Sougraigne ; mais nous n'avons pu conslater son
prolongement sur le revers nord de l'anticlinal de La
Ferrière, où, peut-être, elle existe cependant (1). On
sait qu’en dehors du bassin de Rennes-les-Baïns les cou-
ches à Hippurites du Campanien ont été signalées à
l'est de Saint-Louis, aux Gasrous ; on les retrouve en
lambeaux démantelés à La Bastide sur le flanc oriental
(1) Dans une petite carte, dont il a d'ailleurs fait lui-mémne une
sérieuse critique, M. de Grossouvre indique sur la rive gauche de la
Sals, entre Sougraigne et La Jouanc, un banc de calcaire à Hippuriles,
que je n'ai pas observé et dont il n'est fait la moindre mention, ni au
texte, ni dans les notes antérieures de l'auteur. — Recherches sur la
Craie supérieure, pl. I, p. 468.
200 =
du Pic de Bugarach. Quant aux autres gisements, que je
n'ai point visité, je m'absticndrai d'autant plus d'en par-
ler que leur niveau exact est loin d'avoir été suffisam-
ment précisé par des auteurs qui ont pu confondre des
horizons divers de calcaires à Rudisles.
Le plus bel affleurement de ses calcaires est celui de la
Montagne des Cornes, depuis longtemps classique ét bien
connu. Ïl est formé de couches successives, indiquées à
la coupe £i-dessus donnée, mais les divisions que fon
a voulu établir dans cet ensemble sont purement théori-
ques. 11 est inexact que certaines espèces caractérisent
certains bancs ; 1a vérité est que ces espèces se sont plus
ou moins développées sur certains points, tantôt dans
une couche, tantôt dans une autre. Les modifications
fauniques sont encorc plus latérales que verticales ; il en
cst de même d'ailleurs pour tous les dépôts réciformes.
Comme l’a dit M. de Grossouvre : « Généralement les fos-
« siles constituent des groupes dans lesquels une des
« espèces prédomine à l'exclusion des autres: ailleurs
« elles sont plus ou moins mélangées ensemble » (1).
Les SphϾrulites (S. angeoides, S. plicatus) se rencon-
trent plutôl vers le bord méridional du gisement ; les
Plagioptychus sont rares ; les Hippurites abondent, les
unes d'un côlé {H. turgidus), les autres de l'autre (1.
rennensis). Les groupes sont d'ailleurs associés et j'a
rencontré accolés H. sulcatus et H. bioculatus. On peut
dire seulement d'une manière générale que Baloliles orga-
nisans, Hippurites canaliculatus, H. turgidus sont plus
fréquents dans les couches inférieures, A. sulcatus, H.
strialus dans les courhes supérieures ; A. btoculatus
abonde à tous les niveaux.
La dernière assise crétacée du bassin de Rennes-les-
Bains est le Grès d’Alet, formé de sables et de grès plus
grossiers que ceux des marnes bleues et de teinte plus
claire, plus jaunâtre ; il est peu riche en fossiles ét ren-
(1) Stratigraphie de La Craie supérieure, fasc. I, p. 454.
— 91 —
ferme sculement des particules charbonneuses et de va-
gues empreintes végétales. Les Grès d’Alet, exploités près
de Ta route de Bugarach, sur la rive gauche de la Blanque,
s'étendent au nord sur le flanc gauche de la vallée de
la Sals jusqu'au col de Cuguillou, au-dessus des grès de
l’assise des marnes bleucs. Sur la rive droite de la Blan-
que, ils forment un massif assez puissant, borné par la
Sals à l'est et au sud par l'anticlinal de La Ferrière. Ils
franchissent même 1a Sals entre, en aval, l’échancrure
de Serbairou et, en amont, la limite de Sougraigne, pour
remonter en coin sur la montagne boisée qui s'élève au
“nord et en alteindre la crète. Après une interruption, le
Grès d’Alet reparaît à la crèle de la Montagne des Crou-
tets, en constitue Ie mamelon 656, puis se prolonge un
peu au nord sur le plateau étroit qui sépare le vallon de
Bordencuve de celui de la Coume.
Après ce rapide exposé de la straligraphic locale, il me
resle à préciser les quelques points sur lesquels je suis
en désaccord avec ceux de mes savants confrères qui se
sont occupés de la Géologie des environs de Rennes-les-
Bains. J'aurai d’ailleurs peu de chose à dire des travaux
de ceux qui se sont borné, comme MM. Roussel (1) et
Carez (2). à signaler des étages, sans centrer dans le dé-
tail des différentes assises.
Après avoir nié l'existence du Trias aux sources de la
Sals, M. Carez l’a admis et a publié des coupes générales
où ‘les diverses assises du Sénonien sont ‘intenlionnelle-
ment confondues. Ce Sénonien passerait sous Te Pic de
Bugarach, surtout pour satisfaire à la théorie des Nap-
pes, qui me laisse ici Sreptique. Sans discuter cette ques-
tion technique, qui m'entrainerait hors de mon sujet,
je remarque que, d'après les constalations de M. Roussel,
le crétacé conlourne sans faille le Pic de Bugarach (3).
(1) Bull, S. 4. de F., 3 sér. T. XV. p. 601.
(2) Bull. S, G. de F., 3 sér. T. XVI, p. 372. — Les Pyrénées, livret-
guide, p. 27.
(3) Op. cit., p. 625.
11
— 92 —
M. Carez a donné un petit diagramme {coupe sinueuse
allant du point 759, sur l'antliclinal du Cardou, à Sou-
graigne. C'est le résumé des hypothèses alors en cours
sur la multiplicité des bancs de Rudistes et leur recouvre-
ment par les marnes du Moulin Fiffou. J'ai établi que rien
de toul cela ne se vovail sur le terrain. Par sontre, Île
même auteur a parfaitement reconnu près de Montfer-
rand le substratum formé par le Turonien et le Cénoma-
uien dont la présence avait échappé à MM. Toucas et de
Grossouvre.
Peron avail déjà admis sans discussion que les mar-
nes bleues étaient supérieures aux courhes à Rudis-
tes (1). [1 confondait d'ailleurs le niveau Turonien à
Hippuriles resectus du Linas avec le niveau Campamien
à Hipp. bi'oculaltus de Ia Montagne des Cornes. Enfin, il
déclare {2} avoir recueilli dans les calcaires à Echinides
Radiolites s'nuatus et Biradiolites fissicostatus sans d'ail-
leurs en préciser le gisement el bien que personne n ait
jamais rencontré de Rudistes dans les marnes à Micras-
ters.
Après les criliques ci-dessus formulées de certaines
opinions de M. Toucas. je crois superflu de discuter ici
ses diverses notes sur Ta Géologie des Corbières {3) et Je
me bornerai à un rapide examen de la dernière, celle
où il résume plus nettement sa manière de voir ‘4). Bien
que M. TFoucas ait généralement indiqué pour ses coupes
une échelle, il importe de remarquer que £e sont de sim-
ples croquis, d’une exactitude relative au point de vue
lopographique, mais qui ont le grand avantage de nette-
ment synthétiser la pensée de leur auteur.
Sur Ja soupe de la Montagne des Cornes, le Cénomanien
et le Turonien fossilifère à Hippuriles resectus de Mont-
ferrand ont été omis. Le calcaire de la Barre du Petit Lac
EE
(1) Bull. SG. de F., # sér. À. V., p. 409.
(2) Ibid., p. 519. |
(3) Bull. S. G. de F., 3° sér. T. VHE, p. 39.
(4) Op. cit. T. XXIV, p. 602.
— 93 —
est prolongé dans le vallon de Bordencuve, où on ne le
retrouve pas et la couche à Acfinocamarx est placée entre
deux bancs de Rudistes, alors que les calcaires à Rudis-
les inférieurs sont des parties démantelées du banc su-
périeur qui ont glissé sur les marnes bleues. Enfin, il
n'existe pas réellement de marnes bleues au-dessus des
bancs à Rudistes.
La critique fondée qui en a été faite par M. de Gros-
souvre me dispense de revenir sur la deuxième coupe de
M. Toucas et après re que j'ai dit de celle de Sougraigne,
il serait superflu d’insister.
La quatrième coupe, du £ol de Capela à La Bastide, est
inapplicable sur le terrain, au moins pour sa partie £en-
trale. Les couches indiquées existent peut-être à 1 ou
2 kilomètres de là, mais pas sur la ligne de coupe. Quant
aux marnes bleues dites à nombreux Acfinocamax, il
faut retrancher l'adjertif. Ces fossiles sont des Plus rares
et les petits pâtres du pays, qui les recherchent avec
soin pour les vendre aux géologues, en trouvent à peine
un ou deux par an.
Je tiens, d'ailleurs, à proclamer ici que si j'ai le pro-
fond regret de constater que mes observations sur divers
points de détail ne concordent pas avec celles de MM. Tou-
cas et de Grossouvre, je n’en rends pas moins hommage
à l’ensemble de leurs recherches qui ont permis de dé-
brouiller l'ancien £haos de la stratigraphie des Corbières,
et, en adressant mes publics remerciements au savant
dont les bienveillantes communications m'ont permis d’'en-
treprendre et de compléter £ette étude, je tiens à dire ma
respectueuse estime pour les travaux de mes éminents
confrères.
M. de Grossouvre, qui a longuement exploré les Corbiè-
res et publié sur le crélaré de cette région des notes suc-
cessives, a en quelque sorte résumé ses observalions dans
le tableau suivant : (1)
(1) Stratigraphie de la Craie supérieure, p. 468.
0% =
Campanien. — Grès d'Alet.
Psammites, grès et conglomérats avec marnes
bleues subordonnées à divers niveaux ; calcaire
à Rudistes et à Polvpiers. Plarenticeras syrtale.
Puzosia corbarica, Gaudryreras Rourvillei, 4ctino-
camarx Toucasi, Au sommet, Hippuriles sulcatus,
IL. striatus : à la base H. organisans, H. ranali-
| culatus, FL. rennensis.
Santonien. nie |
Calcaire à Hippurites du petit Lac. Brens. Lau-
SUP. |
zadel, avec 11. Jeani, I. socialis, H. pracursor. H.
subleætis.
INF. { Marnes et calcaires à Micraxter corbaricus, M. Ma-
theroni, Holaster integer, Mortoniceras teranum.
Sonneralia Pailletei, Inoceramus digitatus. Spon-
dylus spinosus.
| Calcaires noduleux à Micraxter corbaricus, Morto-
SUP. ) niceras Emxscheris, M. Bourgeoisi, Gauthiericeras
; Marge, Ostrea proboxcidea.
Coniacien. |
- Calcaires durs jaunâtres à Cyphosoma 4rchiari,
INF. Orthopsis miliaris, Peroniceras subtri carinatum,
Tissotia Ewaldi.
Cette classification est évidemment insuffisante. Son
auteur a voulu éviter lécueil où lui paraissaient être
tombés ses devanciers et pour y parvenir, il a confondu
les Psammites et Îles couches à Rudistes, les marhes
bleues et les grès dans un complexe. C'est peut-être un
procédé : #e n'est pas une solution.
Le Cénomanien et le Turonicn sont supprimés. La di-
, vision en deux sous-élages des marnes à Micrasler cor-
baricus est artificielle puisque Micraster corbaricus, S pon-
dylus spinosus, Morloniceras Bourgeo'st se rencontrent de
la base au sommet.
Je me suis déjà expliqué sur les calcaires de la Barre du
Petit Lac el sur leur faune, dans un prétendu prolonge-
ment au flanc dela Montagne des Cornes. Je grrois avoir
élabli l'impossibilité de synchroniser avec eux les bancs
de Rudistes de 1a Montagne de Brens et du cimetière de
Sougraigne qui en sont séparés par près de 200 mètres de
marnes bleucs.
m0 =
M. de Grossouvre a intercalé au milieu de l'assise des
marnes bleues son deuxième niveau d’Hippurites Séno-
niens, dont ie type serait au point qu'il nomme ravin de
la Fajolle. et 11 te place au-dessous des marnes à Actino-
Camux.
En réalité, les pelits ravins que les orages ont creusé
sur le flanc occidental de la Montagne des Cornes, au-
dessus de la Fajolle, au niveau de l'ancienne ‘uilerie,
n'entament qu'à leur partie supérieure des courhes en
place ; plus bas, ils ont simplement creusé des lambeaux
des mêmes couches qui ont glissé sur les marnes, ainsi
que le prouvent les inclinaisons variables des blocs dé-
mantelés. Les ralcaires à Rudistes sont en effet ic1 in-
elinés vers l'ouest d'environ 15° et ils ont facilement
glissé sur leur substratum argilo-marneux au contact en-
retenu humide par d'abondantes infiltrations. Nous en
avons déjà vu des blocs éboulés sur le flanc gauche du
vallon de la Douce. On en retrouve d'autres ici qui offrent
d'ailleurs pour la récolle des fossiles d'excellents gise-
ments et s’est l'un d'eux, au bord du chemin, qu paraît
avoir fourni jadis à Picot de Lapeirouse ses premiers
Tuvaux d'Orgue :Batolites organisans) .
Je n'ai pas à revenir ici sur mon interprélation si dif-
férente de celle de M. de Grossouvre pour les couches du
Moulin Tiffou et surtout de Sougraigne.
Ces pages étaient écrites lorsque j'ai pu, quelques jours
avant sa mort, discuter les conclusions de mon travail
avec le Colonel Foucas. Après eXamen des nombreux cli-
chés pris par mon fils sur le terrain, nous étions tombés
d'accord sur la plupart des points. Je dois toutefois à la
vérité de dire que M. TFoucas maintenait énergiquement
son opinion sur la présence À Sougraigne de deux niveaux
d'Hippurites. lun inférieur, Santonicn, eclur du cime-
tière, L'autre supérieur, Campanien, de la Montagne de
Brens et du chemin des Croutets. Ce second niveau, dont
l'âge était pour lui établi par la présence à la base d'un
Actinocamax, qu'il persévérait à identifier à A. quadra-
— 96 —
tus, formerait à la montagne des (ornes, au-dessus des
couches à Batolites organisans, deux assises bien dhis-
tincites par les espèces d’Hippurites nouvellement étu-
diées, bien que ces assises soient reliées par quelques
espêces communes, comme A. bioculatus. Je n'ai mal-
heureusement pas écrit sous la dictée de M. ‘loucas les
noms de ces espèces considérées par lui comme caracté-
ristiques et ne puis les citer ici.
Sans partager sur ces derniers points la manière de
voir de mon si regretté confrère, je tenais à rappeler les
opinions suprêmes du savant géologue qui a si longtemps
et si heureusement cxploré le Crétacé des Corbières.
mt RER
_
107.
DEUXIÈME PARTIE
DESCRIPTION DES ESPÈCES
Bien que l’éron, après avoir, cn 1877, donné la liste des
Echinides crétacés de Rennes-les-Bains, ait fourm sur
quinze d’entre eux des renseignements assez complets et
détaillés (1), bien que Cotteau, dix ans plus tard, ait pu-
blié un £calalogue de ceux recueillis dans Iles Corbières par
M. Roussel (2), on est enrorc assez mal fixé sur plusieurs
de ces espèces et leur révision m'a paru d'autant plus né-
cessaire que, dans la liste de Cotteau, on trouve confondues
celles de régions différentes, notamment celles des Pe-
lites Pyrénées. Enfin, un £ertain nombre d'espèces ont
été publiées dans Ia Paléontologie française (3) ou acci-
dentellement dérrites par d'Archiac (D, par Cotleau (5),
par Savin (6 ou par moi (7). [1 importait de réunir tous
ces documents épars et en même temps de faire connaître
les quelques espèces nouvellement rencontrées par M. Bo-
ries et par moi au £gours de ces dernières années. J'ai donc
PR re "mt
(1) Bull, Soc. Géol. de Fr. 3e sér T. V, p. #77, 520 et suiv.
(2) Catalogue des Echinides crétacés des Petites Pyrénées et des Corbie-
es. — Bull. S. G. D. F., 3° sér. T. XV, p. 639.
(3) La plupart des réguliers par d'Orbignv : Pal. franc. Crét. VE les
autres par Cotteau, Crét. VIT.
(9) Bull. S. 4. D. F. % sér. T. XI, p. 228. 1854.
(5) Echinides fossiles des Pyrénées : Mém. Congrès Scient. de Bor-
deaux, 1863.
(6) Note sur quelques Echinides du Dauphiné (Bull. Soc. Stalist. de
l'Isère, 4° ser. T. VI). — Révision des Echin. foss. du dép. de l'Isère.
(Bull. Soc. Statist. de l'Isère, 4° sér. T. VID).
(3) Exsai d'une Monographie du genre Micrasler (Paris, 1895). —
Rérision de quelques Cidaride de la Craie (Bull. Soc. Se. Hist. et Nat.
de l'Yonne, 1" sem. 1908, — Essai de Nomenelalure raisonnée des Echi-
nides, par J. Lambert et P. Thiéry, fasc. 1, Chaumont, 1909 et
fasc. ?, 1910).
entrepris dans £e but cette petite monographie des Echi-
nides crétacés des Corbières, ou plus exactement de là
partie occidentale des Corbières orientales.
Je laisserai en effet de côté ici les espèces des Corbiè-
res les plus orientales. Cette partie du massif, qui en fase
de Ja Médilerranée comprend le pays entre La Clape et
Opoul, avec les gisements de Durban ct de lontfroide,
constitue une région sensiblement différente au double
point de vuc tectonique et paléontologique. Je ne l'ai pas
personnellement explorée et il n'a paru préférable de ne
pas confondre ses fossiles avec ceux de la région occiden-
tale. Je mentionnerai seulement ceux des environs de
Padern et de Tuchan, parce qu’ils appartiennent au bas-
sin du Verdouble, qui se relie très étroitement à Sou-
latge avec celui de lAglv, voisin au Linas de celui de
Rennes-les-Bains.
Si ce travail présente quelqu’intérêt, il le devra large-
ment aux bienveillantes communications de mes corres-
pondants ct, en particulier, à celles de M. le colonel
Toucas, qui a bien voulu, avec l'autorisation de M. Haug,
me permellre d'étudier les nombreux matériaux recueillis
par lui au £ours de ses heureuses recherches dans les
Corbières. Je dois aussi un souvenir reconnaissant à mon
ami si regretté Péron qui, avant sa mort, m'avait confié
les Echinides de sa belle collection, M. Miquel, de Barrou-
bio, et M. Borics, de Fabrezan, ont bien voulu Cgalement
mettre à ma disposition les cspères par cux recueillies :
je les en remercie el je suis heureux de pouvoir 1e1 lémoi-
gner à M. Bories ma gratitude pour lamabilité avec la-
quelle il na guidé dans celle région des Corbières qu'il
connait si bien et m'a fait part de ses précieuses observa-
tions personnelles. Je remercie aussi Fexcellent M. Griffe
sous la direction duquel j'ai visité plusieurs gisements des
environs de Rennes-les-Bains (1.
(1) Je regrette toutefois de n'avoir pu obtenir mème une réponse de
M. Jean, d'Alairac, qui a recucilli tant de {fossiles dans cette résion.
— 99 —
CipaRiSs PYRENAIGA Cotteau, 1862.
Cidaris vesiculosa EuuonrTiER (non Goldfuss) : Note sur les Corbieres
(Bull. S. G. D. F., 2° sér. T. XVI, p. 870.— 1857).
— pyrenaica CorrTeau : Pal. france. (Crét. VIE p. 201, pl. 1047 et
1048, lig. 1, 10. — 1862).
— — Cotreau : Echin. P. Pyrénées et des Corbières (Bull.
S. G. D. F., 4 sér. T. NV, p. 641. — 1887)
Ne gonnaissant pas en nature le test de cette espèce, je
ne saurais dire si elle appartient réellement au genre C1-
daris ; sa taille, la forme de ses plaques et surtout felle
de ses radioles la rapprothceraient des Sfereocidar's, mais
les figures nw'indiquent aucunes fosseltes suturales et tous
ses tubercules périapicaux ne sont pas atrophiés. Dans
ces conditions je ne me crois pas encore autorisé à la
changer de genre.
Le type de la rollection Puech paraît originaire de
l'Ariège, mais des radioles ont élé retrouvés dans la région
de Rennes-les-Bains, dans FAlbien du Bézu, commune de
Saint-Just. On en a signalé d'autres dans le même élage
entre Saint-Paul-de-Fenouillet et Soulatge.
Ciparis RENNENSIS Lambert.
(PI. I, fig. 12, 13).
On rencontre dans les couches à Ilippurites de la Mon-
tagne des Cornes des radioles de Cidar'dæ dont je ne
puis, en raison de leur état fragmentaire, donner une
bien complèle descriplion et que Je rapporte provisoi-
rement seulement au genre Cidarts.
Ces radioles rentrent dans le groupe st romplexe de
ceux de l'ancien Cidaris subves'culost; ls sont allongés
et Icur facette articulaire lisse forme sur le bouton un
bourrelet satllant ; anneau strié, collerette très basse. pres-
que nulle ; tige cylindrique. ornée de rangées très serrées
de petites côtes, séparées par d’étroits intervalles. Ces
pelites côtes ordinairement granuleuses. comme formées
de granules entassés. ordinairement arrondis, montrent
parfois une tendante à devenir spiriformes : partois aussi
— 100 —
les granules s’anastomosent el le radiole est orné seule-
ment de petites côtes longitudinales.
Ces radioles se distinguent facilement par leurs côtes
plus granuleuses et plus serrées de £eux des 7 ypocidar:s
subvuesiculosa d'Orbigny (C'daris) et T. serrata Desor.
Stereocidaris Lallier! Lambert et Temnocidaris Baylet
Cotteau ont leurs granules bien plus fins et plus épineux.
Ceux attribués par Colteau à son Cidaris pyrena'ca sen
rapprochent davantage, mais en diffèrent par leur forme
plus grèle, à tige ornée de granules moins fins, avec bou-
ton plus haut et collerette encore plus basse. Les radio-
les du C. rennensis sont plus voisins encore el peut-être
ne se distinguent-ils pas d'un radiole très allongé du Sé-
nonien supérieur de Gensac (Haute-Garonne), d'ailleurs
non décrit, ni figuré.
Localités : Montagne des Cornes, soit à la base dans
les couches à polvpiers et Æippurites b'oculatus, soil sur-
tout un peu plus haut avec Hip. turgidus ; sous-élage
Campanien.
Dorocipanis DErrancei Lambert, 1909.
Cidaris Defrancei fc).
— subvesiculosa {purx) CoTrEAU (non d'Orbigny): Paléont. franc.
(Crét. VIF, p. 261, pl. 1060, tig. 2, 3.— 1862).
_ = Toucas (non d'Orbigny) : (Bull. S. G. D. F.,
3" sér. T. XIV, p. 606. — 197).
Dorocidaris Defrancei LauweuT : Essai de nomenclature raisonnée des
Echinides, fasc. 1, pl. EL fig. 7, 11. — 1909 ;
et fasc. 2, p. 147. — 1910.
— — LAMBERT : Révision de quelques Cidaridæ de la
Craie, p. 23. — 1909.
Cotteau a dit de sctte espèce dans la Paléontologie fran-
caise: 7 M. d’'Archiac nous a communiqué un C'daris
« provenant de Ja Craie blanche de Soulalge fAude) : sa
« Laïlle est movenne, sa facc imféricure est relativement
« large et plate : ses ambulacres présentent seulement qua-
: tre rangées de granules et à peine quelques rudiments
« des séries intermédiaires ; ses tubercules interambula-
— 101 —
Æ%
craires, au nombre de six à sept par rangée, sont forte-
ment développés, surtout au-dessus de l'ambitus et quel-
« ques-uns paraissent crénelés ; Ia zone miliaire qu les
sépare est étroite, sinueuse, déprimée ».
D'après la figure donnée par Cotteau, cet individu est
trop mutilé pour que l'on puisse exactement apprécier
tous ses caractères, mais ses plaques nombreuses, peu
élevées, ses scrobicules peu développés, ses tubercules à
faible mamelon, parfois subcrénelé, ses ambulacres pres-
que droits à quatre rangs seulement de granules ne per-
mettent de le confondre avec aucune des espèces que je
viens d'étudier dans ma Révision de quelques Cidaridæ
de la Craie et je n'ai pas hésité à Jui donner un nom nou-
veau pour faire cesser toute fâcheuse confusion avec le
Typocidaris subvesiculosa d'Orbigny (Cidaris) du Cam-
panien de Royan.
L'attribution générique exacte de cette espèce aurait pu
rester douteuse, si je n'avais retrouvé dans les collections
de la Sorbonne deux individus que M. Haug a bien voulu
mettre à ma disposition et qui permettent d'en parfai-
tement apprécier tous les caractères. On constate ainsi
que l'individu figuré par Cotteau était accidentellement
déprimé et devenu plus rotulaire que le type. Ce dernier,
qui mesure 37 millimètres de diamètre sur 27 de hau-
teur. a bien sa face inférieure plus large que la face su-
périeure, mais sa forme est renflée, assez haute el sc re-
trécit un peu vers l'apex ; les tubercules sont bien au nom-
bre de sept par rangée ; les scrobicules sont elliptiques
en dessous, circulaires seulement en dessus ; la zone mi-
liaire déprimée ne saurait êlre considérée comme étroite
ct ses granules assez gros sont distinctement sériés. Le
péristome large (16 milk.) est très nettement pentagonal ;
l'apex est relativement étroit (13 mil. On n'observe
aucune trace de fosseltes aux sutures horizontales même
en dessus. La forme générale du test, le nombre des tu-
ber£ules par rangée, la dépression de la Zone médiane et
surtout l'absenre de fossettes ne permettent donc pas de
séparer £etle espèce des Dorocidarts.
À
LE
— 102 —
L’individu des rollections de la Sorbonne que je prends
pour type a élé successivement attribué aux Cidar's gra-
nulostriata el C. subvesiculosa, puis regardé comme es-
pêce nouvelle. Je n'ai pas hésité à confirmer cette der-
nière manière de voir et comme il porte sur une très
vieille étiquette le nom manuscrit de Cidaris Defrantizr,
qui lui a élé donné par un collecteur anonyme, je lui
conserve cette dénomination en rectifiant l'orthographe.
M. Toucas, qui a recueilli à Rennes-les-Bains un se-
cond individu de ce Doroc'daris, l'avait rapporté au Cida-
ris subvesiculosa, qui en diffère par sa forme moins éle-
vée, moins retrécie en dessus. ses plaques plus hautes, ses
tubercules moins nombreux dans chaque rangée, ses scro-
bicules plus profonds, tous circulaires, sa zone miliaire
plus étroite et la présence de fossettes sulurales bien ap-
parentes. D. Defrancei n'esl pas sans analogie avec mon
T'ypocidaris corbarica, pourvu de fossetles peu profondes.
mais il s'en distingue par ses plaques moins hautes, ses
lubercules périapicaux mieux développés, ses scrobicu-
Jes plus elliptiques avec cercles scrobiculaires confondus
en dessous, par son péristome plus large et plus nettement
pentagonal, par son apex plus étroit, par ses granules mi-
liaires moins fins et la présence dans ses ambulacres de
quatre rangs de granules seulement.
M. Bories a bien voulu enrichir ma collection d'un au-
tre individu du D. Defrancei recueilli par In dans le
vallon de Ia Douce au Sud du pont de Montferrand, au
bord du chemin qui remonte vers la Tuilerie, dans les
couches à Crdaridæ des marnes à Micraster corbar'cus.
Cet individu porte encore une partie de son appareil
maslicatoire et des fragments de radioles très incom-
plets. mais qui permettent de rattacher à l'espèce d'au-
tres radioles, notamment celui figuré à la pl. Il de notre
Essai de nomenrlature raisonnée des Echinides.
Ce radiole. malheureusement lui-même inromplet, est
exvlindrique, un peu allongé et rappelle ceux de l'ancien
groupe du C'daris sceptrifera. Sa surface articulaire pa-
rail lisse, Panneau strié, la collerette courte ; la tige porte
— 103 —
treize côtes rapprochées, armées d’épines saillantes, acé-
rées, infléchies vers l'extrémité, sans intervalle chagriné,
ni strié. Ce radiole est donc plus épineux que celut plus
grèle du Typocidaris corbarica ; il présente plus de res-
semblance avec le Cidaris pseudosceptr'fera Hébert, mais
s’en distingue par sa collerette plus courte, sa tige plus
cylindrique à côtes plus serrées, sans intervalles chagri-
nés. RE NE:
Localités : Soulatge (d’après d’Archiac), Rennes-les-
Bains ; partie inférieure des marnes à WMicraster kcor-
baricus ; Sous étage santonien.
BaLaANocIDARIS SORIGNETI Desor.
(Cidaris) 1853
Bien que £ette espèce ne m'ait pas été communiquée, il
convient de rappeler que M. Roussel eu a signalé les ra-
dioles dans le cénomanien de l'anticlinal de La Ferrière
(Bull. S. G. S. F. 3° sér. T. XV, p. 626). Cotteau les a
indiqués à Padern (op. c'f. p. 658).
BALANOCIDARIS GIBBERULA Agassiz.
(Cidaris) 1846
(PI. IL, fig. 29)
Cette espèce a été établie par Agassiz pour un radiole
glandiforme (1) indiqué romme originaire de Cassis, à
mamelons plus irréguliers que reux du C'daris cucumifera
Agassiz et pourvu d'un fleuron terminal généralement
bien accentué. Desor l'a figuré au Svnopsis ‘pl. VE
fig. 3), et dans la Paléontologie française Cotteau lui a
réuni deux autres radioles recueillis par Levmerie à
Rennes-les-Bains ‘2), mais évidemment identiques au
type. Il assimilait en même temps à ces radioles un
test recueilli par l'abbé Bargès dans le Cénomanien de
Cassis, d'ailleurs sans radioles adhérents.
(1) Catalogue raisonnée des Echinides, p. 25. — 1846.
(2) Pal. franc. Crét. VIE, p. 23%, 236, pl. 1051, tig. 15, 17. Le type
est figuré mème planche fig. 18.
— 104 —
Péron a élevé sur la légitimité de cette assimilation
des doutes fondés (1). Il résulte, en effet, .des renseigne-
ment fournis par le savant géologue et confirmés par ceux
de la région provençale !2), que personne n’a jamais
trouvé de radioles de B. gibberula aux environs de Cassis.
On peut donc considérer qu'une erreur a été commise soit
par Agassiz, soit par Michelin, qui lui avait communiqué
le type, au sujet de la provenan£e de ce radiole. Le B.
gibberula doit donc être rayé de la liste des Echinides de
la Provence et au contraire être placé sans aucun doute
parmi ceux de Rennes-les-Baïins.
Quant au test, recueilli dans le cénomanien de Cassis
par l’abbé Bargès, décrit ct figuré par Cotteau {3) sous le
nom erroné de Cidaris g'bberula, il est certainement sans
rapports avec Îles radioles et il y a lieu de lui restituer
le nom de Bargesi que Cotteau lui a donné trois mois
plus tard (4). Ce Cidar'dæ de Cassis est bien un Tyloci-
daris, voisin du T. Bowerbanki Forbes ({Cidaris), mais
différent par ses granules ambulacraires moins égaux et
serrés. J'ai fait connaître autrefois à M. Savin que ce
Tylocidaris se rapprochait du T. Ramond Leymerie
(Cidaris), mais je n'ai pas dit, comme Savin semble l'avoir
cru {5) qu'il lui était identique. Chez l'espèce du Maes-
trichlien de la Haute-Garonne le mamelon du tubercule
est moins gros, les zones miliaires sont plus larges. les
granules ambulacraires centraux sont plus fins et plus
réguliers. Malgré les explications données par Péron,
Gauthier et M. Michalet ont continué à citer Balanoc'da-
daris gibberula en Provence à la Bedoule et au Revest.
(1) Bull. Soc. G. D. Fr. 3 sér. T. V, p. 520.
(2) MM. Coquand, Toucas, Gauthier, Le Merle, — contra Hébert,
mais Hébert n'a pas osé aflirmer l'identité de ses radioles du Cénoma-.
nien de La Bedoule avec ceux du Santonien de Rennes-les-Bains.
Bull, S. G. D. F., 3 sér. T. VI, p. 323.
(3) Pal, franc. Crét. VI, p. 234, pl. 1034, fig. 1, 7. — Juillet 1862.
(4) Op. cit. p. 290. — Octobre 1862.
(5) Echinides fossiles de l'Isère, p. 210.
— 405 —
Mais ces citations sont essentiellement douteuses et en ce
qui concerne les radioles du Revest, ils m'ont paru appar-
tenir plutôt au B. Sorigneti Desor (C'daris).
Cotleau a encore indiqué dans le cénomanien un ra-
diole voisin du B. g'bberula, r'esl son Cidaris Mourguest,
du Liban (1, en réalité selon moi identique au Cidaris
clavimorus Frans ‘2), lui-même identique au C. clavinto-
rus Quenstedt ‘3. Après avoir admis ces équivalences
dans sa sYnonymie, Cotteau en a contesté la valeur dans
son texte et proposant de le réunir au C. g'bberula, il en
distingue son C. Mourguesi par sa forme moins cylindri-
que, plus acuminée, à granules plus allongés, plus compri-
més, moins serrés, plus nettement alignés. Mais il suffit
d'examiner une série de radioles du B. gtbberula, comme
comme celle d'une trentaine d'individus que jar sous les
yeux, pour reconnaitre que certains sont irréguliers el
fomprimés, d'autres dépourvus de fleuron et encore plus
acuminés que ceux du Cidaris Mourguest, avec granules
comprimés. alignés, passant à de véritables petites côtes.
Les intervalles entre les granules nettement et finement
chagrinés chez les individus glandiformes normaux, ten-
dent à devenir striés chez les individus plus acuminés
ornés de petiles côtes. Ainsi les Cidaris clav'morus Quens-
tedt et C. Mourguesi Cotteau tombent simplement dans la
synonymie du Balanocidaris g'bberula.
Pour les caractères détaillés de l'espèce je ne puis d'ait-
leurs que renvoyer à la description de Cotteau dans Ia
Paléontologie française {Crét. VIT, p. 234), mais seule-
ment à celle des radioles, p. 235, figurés à la planche
1051 (fig. 15, 18) et aussi à la description et aux figu-
res de Savin dans sa révision des Echinides de l'Isère
{p. 210, pl. IV, fig. 4, 6). Mais il importe de rappeler que
Savin a commis, au sujet de cette espèce, une double er-
(1) Echinides nour. ou peu connus, p. 56, pl. VIL, fig. 46, 17. — 1885,
(2) Aus dem Orient, LH, p. 13, taf. I, tig. 8, 13. — 1838.
(3) Die Echiniden; p. 189, Tab. 68, fig. 49, 50. — 1874.
— 106 —
reur en l’attribuant d'une part au genre Plegiocidar's et
d'autre part à l'étage cénomanien.
Les très légères crénelures observées par Savin sur
quelques radioles rentrent dans la catégorie de ce que j'a
appelé les crénelures obsolètes et ne peuvent être com-
parées aux profondes £rénelures des Plegiocidarts, ni par
conséquent emporter l'attribution générique proposée. Ces
impressions fugaces n'affectent d'ailleurs que quelques
radioles et tous ceux dont j'ai pu étudier fa facctle articu-
laire m'ont paru incrénelés. Le groupe figuré par Savin
provenait, comme il le dit, des couches à Echinides du
vallon ouvert entre Montfcrrand et la Montagne des Cor-
nes, où il n°v a pas le moindre affleurement de cénoma-
niet.
Quant à la synonymie de l'espèce, elle doit être recti-
fiéc comme il suit :
Oidaris gibberula Acassiz. — Catalogue raisonné des Echinides, p. 35.
— 1846.
— — Drsor. — Synopsis des Echinides, p. 3%, pl. VI,
fig. 11.
— — (pars) CorTEAU. — l'aléont. franc. Crét., VIL p. 334.
pl. 1051, fig. 15, 18 (radiolt non testa). — 1862.
— — CoTrTEeau. — Echin. foss. des Pyrénées, p. 1, (191). —
1863.
— clavimorus QuexsTEeDT. — Die Echiniden, p. 189, taf. GS. tig.
#9, 50. — 1874.
— gibberula PEnoN.— Bull. S, Géol. de Fr, % sèr. T. V, p. 520.—
1877.
— clavimorus Fraas. — Aus dem Orient, 11, p. 13, taf. 1. fig. à.
13. — 1838. |
— Mourguesi Correau. — Echin. nout. où peu connus. 1, p. 56.
pl. VIL fig. 16, 17. — 1885.
Plegiocidaris gibberula Savix. — Révision des Echin. foss. de l'Isère.
p. 210. pl. IV, fig. 4, 6. — 1905.
Balanocidaris — LAMBERT. — Les Echinides des iles SnowW-Hil
el Seymour, p. #4. Ext. Schwed. Sudpolar
exped. Bd. IE, L. 11. — 1911.
— 107 —
J'ai expliqué dans mes Echinides des îles Snow-Hill et
Seymour les motifs qui m'ont engagé à séparer des vrais
Cidaris les espèces à radioles glandiformes pour cons-
tiluer avec elles le genre Balanocidaris.
Localités : Vallon de la Douce, au pied de Montferrand,
vallon de Bordencuve ; bancs à Cidaridæ des marnes à
Micraster corbaricus ; sous-étage santonien.
Baaxocipanis Miqueut Lambert.
(PL. IE, fig. 4, 5).
Espèce connue seulement par ses radioles ; ceux-ci sont
subglandiformes, cylindriques, obtus ‘longueur 21 malt.
diam. $S mill.), à surface lisse et collerette étroite, res-
serrée, mal limitée ; anneau saillant et surface erticutare
sulcrénelée, ne portant que de très légères ct fugaces 1m-
pressions. | :
Ces radioles paraissent assez différents de tous £eux
actuellement connus et leur attribution générique reste
elle-même encore un peu incertaine. Le Pseudoc'dar:s
baltica Schlüter du Sénonien supérieur de lile de Sée-
land, de plus grande taille, se distingue par sa surface
finement granuleuse. Cette espère, à facette articulaire
dépourvue de véritables crénelures, ne saurait d’ailleurs
rester confondue avec les Pseudocidaris et serait mieux
à sa place parmi lcs. Balanocidarts.
De même Île Cidaris clav'phæn'x Fraas (non Quens-
tedt) du Liban (1) de plus grande taille, plus glandiforme
aveg collerette indistincte, me parait Ctre encore un Ba-
lanocidaris. Quant au Rad'olus claviphænix Quenstedt
de provenance inconnue, orné de fins granules régulière-
ment sériés et fagette articulaire probablement crénelce,
on ne saurait le confondre avec les formes précédentes et
c'est à tort que Cotteau a voulu identifier ces deux
sortes de radioles (1).
(1) Aus dem Orient, I p. 29, pl. 1. tig. 11. — 1878.
(2) Sur quelques espèces d'Echinides du Liban. (Ext. Ass. Franc.
pour l'avance. des Se.), Congrès de Besancon, p. 2. — 1N93.
12
— 4108 —
Localité: Vallon de la Douce ; niveau à C'daridæ des
marnes à Micrasler corbaricus ; sous-étage Santonien.
CYATHOCIDARIS CYATHIFERA Agassiz.
(Cidaris) 1840.
(PI. 11, fig. 24, 27).
SYNONYMIE
Cidaris cyathifera Acassiz. — Calaloqus systemalticus, p. 10.— 180.
— euryacantha AGassiz. — Op. vil.
— cyathifera Acassiz et DEsor. — Catalogue raisonné des Echi-
nides, p. 25. — 1846.
— Jouanneti AGassiz et DEsor (non Desmoulins), op. cit., p. 2%.
— cyathifera p'OrBIGNY. —- Prodrome, I, p. 274. — 1850.
— Jouannetii Deson (non Desmoulins), Synopsis des Echinides.
p. 33, pl. V. fig. 14. — 1855.
— Cyathifera Drson. — Op. rit., fig. 15.
= . CoquaNb. — Synapsis des foss. rrèt. du Sud-Ouest,
p. 1013. — 1860.
— Jouanneti Coquanb {non Desmoulins), op. rit.
— cyathifera CorrEau. — EÉchin. de la Sarthe, p. %56, pl. 42.
fig. 9, 12. — 1800.
— — Dusarpix et Hupé, — Zooph. Echinod., p. 481. —
1862.
— Jouanneti Dusannix et HuPÉ {non Desmoulins), op. rit.
— — CorrEeau (non Desnroulins), Paléont. france., Crét.
VII, p. 296, pl. 1072. — 1862.
Rhabdocidaris Noguesi Correau. — Op. cil., p. 350, pl. 1081, fig. 13,
14. — 1863.
— — CoTTEAU. — Echin. des Pyrénées, p. 29, 189. —
1863. |
Cidaris Jouanneti PéÉrox (non Desmoulins), Faune des Calcaires à
Echinides, Bull. S. G. D. F., 3° sér. T. V. p. 532.
— ANTI.
— — Toucas (non Desmoulins), Bull. S. G. D. F., # sér.
T. VIN, p. 46, 51. — 1880.
— — CorTEAU (non Desmoulins), Echin du Sud-Ouest de
la Fr., p. 11. — 1883.
— Ramoneti Correau. — Op. cit., p. 13, pl. 2. fig. 14, 16.
— Jouanneti Toucas (non Desmoulins), Bull. S. G. D. F., 3° sér.
T. XXIV, p. 606. — 1896.
— — DE GRossouvrEe. — Sfratig. Craie supérieure. T,
p. #44. — 1901.
— 109 —
Cyathocidaris cyathifera LamBerT. — Les Echinides des îles Snow-Hill
el Seymour. (Ext. Schwed. Sudpol. exped.
1901. Bd. HE, L. 11. p. 1. — 1911).
_ — LAMBERT et THiery. — Essai de nomenclut.
rais. des Echinides, fase. 2, p. 145.— 1910.
Desmoulins, en 1837, a créé son Cidaris Jouannet'i
pour des radioles préfigurés, à tige comprimée, du Juras-
sique de la Souabe, auxquels i1 assimilait d’autres radio-
les du crétacé de Périgueux (1). Le type était en eftet
pour lui le radiole figuré dès 1776 par Andrew (2) et re-
produit par Leske aux figures 8 et 9 de la planche 47
de Ses Additamenta(3) c'est-à-dire une. forme de radioles
jurassiques impossible à distinguer de celle aujourd’hui
gonfondue avec d’autres sous les noms de Rhabdocidartis
copeoides, R. caprimontana, etc. Quant à savoir ce que
pouvaient être les radioles £crétacés assimilés, personne
en 1837 ne pouvait s’en douter.
Cependant, même sans tenir comple des citations va-
gues du Calaloqus systematicus, il faut reconnaitre que
le Cidaris cyath'fera, succinctement décrit par Agassiz
dans le Catalogue raisonné et attribué à la Craic de ‘Lou-
raine, constiluait une espèce bien distinclte de la précé-
dente. Il est vrai qu'Agassiz créait en mème temps un
nouveau Cidaris Jouanneti' à facelle articulaire hsse
pour son an£ien C. eurynacantha, mais sans indication
d'origine autre qu'un vague Cr. En réalité, £e C. Jouan-
neli nouveau, bien différent du Rhabdocidar's juras-
sique de la Souabe, n'était autre que son C. euryna-
cantha, X. 75, de la Craie du Périgord que la présence
de quelques épines distingue seule de son C. cyath'fera,
90, de la Craie de Touraine.
Quoiqu'il en soit, nous voici dès lors en présence de
(1) Etudes sur les Echinides, p. 336, n° 26. — 1837.
(2 Brief aus der Schweiz nach Hannorer geschr. p. 40, tab. V. {. 6.
— 1776.
(3) Jac. Theod. Klein naturalis disp. Echinodermatum, p. 267, tab. 47,
f. 8. 9. — 1778.
— 110 —
deux Cidaris Jouanneti, le type jurassique de la Souabe
à surface articulaire crénelée ct le C. Jouannet: Agassiz
de Ta Craie du Périgord à surface articulaire lisse. Pour
Desor les C. Jouanneti de Ia Craie el le C. eyath'fera res-
tent encore deux formes distinctes, mais dans la Paléonto-
logie française Cotleau les réunit en maintenant aux ra-
diotes crélacés avec facelle articulaire lisse le nom de C.
Jouanneti qui appartient essentiellement aux radioles ju-
rassiques avec facette articulaire nettement crénelée.
Il avait été bien mieux inspiré lorsque, deux ans plus
tôt, dans ses Échinides de la Sarthe, il donnait à Fles-
pèce de la Touraine son vrai nom de C. cyathifera, qui
doit lui être conservé. Si Cotteau a préféré pour elle le
nom de Jouanneli c'est parce qu'il m'est pas remonté aux
origines ct ne s'est pas aperçu que sous fe dernier nom
on avait longtemps sonfondu deux espèces distinctes, le
Lype jurassique et la forme £crétacée qu'Agassiz en avait
en réalité séparé depuis 1840, ou tout au moins depuis
1816, sous le nom de cyulhifera.
En dépit de cette erreur sur le nom qui In appartient,
l'espèce, depuis les figures donnécs par Desor et ensuite
par Cotleau. était nettement définie et facile à recon-
nailre, Cest dons bien elle que Péron à signalée à Ren-
nes-les-Bains avec d'autres radioles de C'daridæ. H Tut
en même Temps el à juste titre remarquer que Cotteau,
après avoir décrit ces radiolcs comme C. Jouannetr dans
la Dordogne et la Touraine, en à fait dans les Corbières
son Rhabdocidaris Noguest. Cette observation est parfai-
tement exarte el justifiée par l'examen d'un individu com-
plet avec radioles adhérents, dont lun serait un Æ. \o-
guesi, Landis que l'autre est un C. cyathifera parfaite-
ment caractérisé. |
Voici la description de cet intéressant individu dont Sa-
vin a bien voulu enrichir ma collection :
Test d'assez grande taille, mesurant 62 millim. de dia-
mètre sur {0 environ de hauteur, élevé et £ependant ne
portant par rangée qu'un petit nombre de tubercules in-
lerambulacraires, six à sept. Ceux-e1 sont donc portés
— 111 —
par des plaques proportionnellement assez hautes, ce que
la forme des radioles suffisait d'ailleurs à faire prévoir.
Le mamelon perforé du tuberrule est médiocrement déve-
loppé, à rol lisse, cône peu saillant et scrobicule cir-
gulaire peu profond ; les granules serobiculaires, men dé-
veloppés en dessous, se ronfondent en dessus avec les gra-
nules miliaires ; tous forment des rercles complets, mais
celle double disposition démontre l'impossibilité de dé-
terminer sur £e seul caractère des plaques isolées ;
une granulation miliaire fine, régulière, sérice, rou-
vre le surplus de chaque plaque. On n'observe pas
en dessus de fossettes sur 1es sutures, mais selles de
la zone médiane Sont sensiblement déprimées. Les am-
bulacres onduleux, étroits, portent seulement quatre
rangs de fins granules, qui n'augmentent pas de gros-
seur à la face inféricure, près du péristome ; les zones
porifères, également étroites, présentent des paires de po-
res rapprochés, séparés l'un de l'autre par une cloison
oblique, saillante, dont la présence exclut l'espèce du
genre Leiocidaris.
Ce test ne me parait pouvoir étre réunr à aucun de
eux décrits par les auteurs ; il n a que des rapports éloi-
gnés aves certaines formes, jadis confondues sous le nom
de Cidaris subves'culosa, mais s'en distingue par ses am-
bulacres plus étroits, à granules égaux. Dorocidar!s per-
lata Forbes a ses ambulacres plus larges à rangées plus
nombreuses de granules et aussi des radioles très diffé-
rents. /). vendocinens's \gassiz a ses plaques plus nom-
breuses et moins hautes. Enfin £hez Lerocidaris venulosa
Cotteau les pores sont très différents.
Quant aux radioles, souvent plus larges à leur extré-
mité qu'au centre. ils consistent, comme on Île sait, en une
lige épaisse, subevlindrique, dont fa croissance plus ra-
pide de la partie sorticale a entrainé la disposition cupu-
liforme de leur extrémité élargie : la collerette est courte,
peu distingte ; l'anneau est peu saillant et Ia Facette arti-
culaire lisse. La surface de la tige est garnie de pustules
plus ou moins saillantes et régulières, parfois disposées
— 112 —
en lignes et passant souvent à de fines côtes granuleuses.
Le style central, ordinairement peu développé, s'élève da-
vantage chez un des individus figurés par Cotteau ; les
bords de la cupule sont simplement striés, plus ou moins
inégaux el l’intérieur est finement chagriné ; cette cupule
est d’ailleurs plus ou moins évasée, et, au lieu de s'ou-
vrir en £ornet, la tige reste parfois cylindrique jusqu'à
son extrémité. Ce sont des radioles de cette forme, d'ail-
Ilcurs mulilés du côté de leur cupule, qui avaient été pris
par Colleau pour des radioles de Rhabdocidaris et attri-
bués par lui à son À. Noguesi. Coticau a encore crée
avec ces radioles du Cyathocidaris une autre espèce, son
Cidaris Ramoneti qui, pour être du Campanien des Cha-
rentes, n'en esl pas moins identique à l'un de £eux que
j'ai recueilli au vallon de Bordeneuve.
J'ai déjà indiqué dans ma Description des Echinides
crélacés du pôle antarctique les caractères principaux du
Cidaris cyathifera et j'en ai fait le type d'un genre parti-
culier, Cyathocidaris, que distingue son étrange vestiture.
Localités : Le type décrit provient de Sougraigne et fait
partie de ma collection ; des radioles ont été signalés par
Péron aux environs de Rennes-les-Bains ; M. Bories en
a recueilli dans le vallon de la Douce ct nous en avons
retrouvé dans £gelui de Bordencuve. M. Toucas les a ren-
contrés au Linas, toujours dans les bancs à Cidar'dæ de
la partie inférieure des marnes à M'craster corbaricus ;
sous-étage Santonien.
Genres Tyrocibaris et STEREOCIDARIS Pomel, 1885.
En publiant, il y a deux ans, ma Révision de quelques
Cidaridæ de la Craie, je me suis principalement attache
à l'étude de leur test et j'ai intentionnellement négligé
celle des radiolcs pour ne pas compliquer outre mesure
les difficultés que j'avais à résoudre. Aujourd hut lexa-
men des Echinides des Corbières m'oblige à aborder cette
étude des radioles, où tout au moins de ceux de la partie
des genres T'ypocidaris ct Slereocidar's que l'on peut dést-
gner sous le nom de groupe du Cidaris sceptrifera.
— 113 —
I y a lieu d'abord de constaler que dans ce groupe
l'aspect plus ou moins fusiforme, la tige plus ou moins
tronquée ou couronnée, les granules plus ou moins sail-
lants, en rangées plus ou moins scrrées, séparés par des
intervalles plus ou moins chagrinés ou striés, la collerette
plus ou moins haute “onstituent des caractères assez va-
riables pour que l'on ne puisse fonder sur l'un d'entre eux
une distinction spécifique.
Les radioles typiques du S{ercoc'daris sceptrifera Man-
Lell (Cidaris) sont évidemment ceux de la Craie d'Angle-
gleterre figurés par Parkinson (Organ. rem. LIL) tab. IV,
fig. 2, Montell (Geol.a f Sussex), pl. XVIL, fig. 12, Forbes
‘in Dixon: Géol. of. Sussex), pl. XXV, fig. 3 à 7, Wright
(Brit. foss. Echin. 11}, pl. VL, fig. 2 à 6, pl. VIL, fig. 1, Z
et par Cotteau (Pal. franç. Crét. VID, pl. 1058, fig. 1.
Ces radioles se distinguent par leur aspert fusiforme,
lrès allongé, Ia finesse des granules spiniformes de leur
tige et le nombre de leurs rangées que séparent des inter-
valles ordinairement chagrinés mais souvent striés à leur
extrémité et par l'absence complète de collerette.
On a voulu en rapprocher une forme bien différente
signalée par Agassiz sous le nom de Cidar's filamentosa,
R. 21, incomplet, d'origine inconnue et qu a plutôt la
physionomie d'une forme jurassique. En faisant figurer
l'espèce (Synopsis, pl. V, fig. 22), Desor lu a substitué
un individu différent, de la collection Michelin, d'origine
également inconnue, mais évidemment crétacée et qu
est ainsi devenu pour lui et pour Cotteau le pseudotype
de l'espèce. Ce pseudotype se distingue d'après Cotteau
des radioles du Slercocidarts sceptr'fera par sa collerette
plus grêle et plus longue, son anneau un peu plus saillant
et par les granules de sa tige plus gros, en séries plus es-
pacées et intervalles striés.
Iébert à proposé en 1875 de séparer du Cid. sceplrt-
fera, sous le nom de C. pseudo-sceptrifera, les radioles
représentés aux figures 8, pl. 42 des Echinides de 1a
Sarthe. et 12 à 15, pl. 1056 de la Paléontologie française.
Il caractérisail son espèce par ses radioles à plus haute
D
— 114 —
collerette, à granules plus obtus, formant des séries
moins régulières, moins nombreuses, plus souvent inter-
rompues et disposés en côles crénelées. Les imdications
de localités et Ies renseignements fournis par Hébert sur
le test sont contradictoires ou vagues (1) et dans ces con-
ditions Cotteau s’est refusé à admettre l'espèce, même à
la mentionner (2).
J'estime £cependant qu’il y a avantage à séparer du
C. sceptrifera les radioles les plus courts, généralement
couronnés, à granules plus robustes et plus sarllants en
séries moins nombreuses, avec collerette distincte, sem-
blables à ceux des figures 12, 14 et 15 de la planche 1056
de la Paléontologie française et que le maintien du €.
pseudosceptlrifera peut parfaitement se justifier. L'ensem-
ble de ses caractères conduiraient d’ailleurs à le reporter
parmi les T'ypocidaris. On pourrait être lenté de rappro-
cher cette espèce du C. fusiformis Cotteau, mais ce der-
nier s'en distingue en réalité par ses radioles plus petits.
acuminés à leur extrémité, avec côtes irrégulières, for-
mées de granules moins saillants, moins spiniformes. par-
fois anastomosés. [1 s’en distingue surtout par son test à
tubercules subcrénelés, avec scrobicules circulaires peu
profonds, séparés du cône par un anneau, par ses zones
miliaires étendues, formées d'une granulation fine et ho-
mogène, surtout, d'après les figures 12 et 14 de Ja plan-
che 1055 de la Paléontologie française, par l'absence de
fossettes sulurales, en sorte que l'espère serait plutôt un
Balanocidaris qu'un Typocidaris.
De son £rôté, Schlüter, dans ses Die Regularen Echint-
den (p. 110, 141) a séparé une partie des Cid. sceptr'fera
(1) Le C. preudosceptrifera attribué au Turonien est dit cependant
très fréquent à Saint-Paterne (Santonien). Le test n'est même pas
indiqué d'une facon précise : entin Hébert parait confondre le Cl.
Ligeriensis, qui ne se trouve pas à Saint-Paterne, avec le C. pxruda-
pistilum qui + est fréquent (Bull. S. G. D. F., 4 sér. T. HE. p. 14.
(2) Eclun, foss. de l'Yonne NW. p. 430 ; 1878. — Echin. du Sud Ouest
de la France, p. 11; 1883.
— 115 —
de Cotteau, notamment le radiole fig. 12 de la pl. 1057
de la Paléontologie française, sous Ie nom de T'ypocidar:s
royanus, fusiforme, à collerette assez haute et granules
spiniformes en séries peu nombreuses.
Enfin, D. Valette a créé (1) son Cid. Lamberti pour un
radiole de la Craie de l'Yonne, auquel il réunit celui des
figures 8, 9 de la pl. 1056 de Ia Paléontologie française,
caractérisé par les intervalles entre Iles séries de granulics
de sa tige, lcsquels sont finement striés au lieu d’être
chagrinés. Cette espèce m'a toujours paru se confondre
avec le prétendu C. filamentosa Desor {non Agassiz).
Cotteau avait lui-même fait connaître son C. Roussel:
des Corbières, représenté par des débris de radioles très
voisins de £fertains radioles des marnes à Micraster de
Rennes-les-Bains, mais à granules plus atténués, se
transformant davantage en côtes longitudinales plus fines
et plus espacées. d'ailleurs attribués au Cénomanien (2.
Ainsi de tous les radioles attribués par Cotteau dans la
Paléontologie française à son Cidar's sceptrifera lui ap-
partiennent seulement ceux des figures + à 7 de la pl.
1056 et deux de la pl. 1058. Les autres figures doivent re-
£evoir les explications suivantes :
PI. 1056, fig. 12, 14, 15. Typocidaris pseudoxceptrifera.
— — — 13, Typocidaris sper. À,
— — — 8, 9. Typocidaris Lambertr.
— 1057, — 12. Typocidaris royanus.
— AO, — 3, #4, 5. Typacidaris pseudosceptrifera.
— — — 6. Typocidaris spec. B.
Notons que l'on trouve en outre à Saint-Paterne une
forme très différente de £elles signalées par Hébert, moins
fusiforme. plus grêle, à granules spiniformes plus fins
en lignes peu nombreuses, ave larges intervalles chagri-
(1) Dexcripl. de quelques Echinides noutecur, p. 2 fig. 1, 2.
(2) Plusieurs des indications stratigraphiques des Echinides com-
muniqués à Cotteau par M. Roussel m'ont toujours inspiré des
doutes.
— 116 —
nés. Peut-être £es radioles sont-ils ceux du Cidar's Vibra-
yet Lambert ?
On recueille d'autre part dans le Tl'uronien supérieur du
Revest (Var) des radioles assez courts ornés de granules
robustes, saillants, cn lignes assez rapprochées et colle-
relle distincte que M. ‘Toucas a rapporlé avec raison.
semble-t-il. au 7°. pseudosceptrifera.
Si nous examinons maintenant les radioles assez nom-
breux que l'on recucille aux environs de Rennes-les-Baïins.
en dchors de £eux très différents que nous assimilons aux
Cidaris rennens's, Typoc'daris corbarica et T. pseudopts-
tillum, nous en lrouvons d'autres appartenant au. groupe
du Cidaris sceptr'fera el que Péron n'hésilait pas à réu-
nir à cetlc espèce mais qu'il importe de soigneusement
étudier.
On peut en effet distinguer parmi eux :
19 Ceux, assez rares, en baguette fusiforme courte et
ordinairement rouronnée, avec collerette courte, tige ornée
de côtes à peine granuleuses et intervalles chagrinés.
On ne saurait les distinguer de reux du T'ypoc'daris hiru-
do Sorignet (Cidaris) dont le test a été rencontré dans
les mêmes couches.
2° Ceux, très abondants, en baguette fusiforme relali-
vement courte el assez épaisse, collerette lrès basse. par-
fois à peine apparente, lige ornée de fins granules spini-
formes en séries plus où moins rapprothées et intervalles
chagrinés. Quelques individus plus petits, plus grêles
restent à peu près cvlindriques. Avec ces radioles on en
trouve d'autres dont, entre les épines, la fine granulation
chagrinée est moins serrée el dont les granules microsco-
piques S'alignent eux-mêmes en séries longitudinales, don-
nant aux intervalles un aspert plus ou moins nettement
strié. Il existe d'ailleurs des passages insensibles de lune
de ges disposilions à Tautre et aucune pe coïncide avec
le caractère tiré de la hauteur de la collerette, qui reste
toujours peu élevée, parfois nulle, en sorte que lon ne
saurait séparer ces deux formes de radioles dont les ca-
raclères peuvent subir d'assez larges variations.
Malgré leur taille un ‘peu moindre, leur tige moins allon-
gée, moins nettement ‘fusiliforme, leur collerette partois
un peu plus distincle, leurs granules spiniformes ordinai-
rement moins acérés, en séries souvent un peu plus espi-
cées, ces radioles sont inséparables de ceux du Stereoc'da-
ris Sceptrifera qui présentent des variations identiques
et souvent plus importantes.
3e Ceux fusiformes, rourts, à tige ornée de granules spi-
niformes robustes, arérés, saillants, disposés en lignes
assez rapprochées, avec collerette distincte. Ces radioles,
assez rares, ne paraissent pas pouvoir être séparés de
“eux du Typocidaris pseudosceptrifera Hébert.
4e Ceux, beaucoup plus rares, en baguette subcylindri-
que, à collerette assez haule ct tige garnic de granules
Spiniformes saillants, en séries serrées, dont les étroits
intervalles ne sont ni chagrinés, m striés. J'ai cru devoir
les rapprocher au moins provisoirement du Doroc’dartrs
Defrancei.
5° Ceux des couches à Hippurites, en baguette fust-
forme, paraissant dépourvus de collerette et à tige ornée
de grauules spiniformes irréguliers séparés par des
intervalles striés ; ils se distinguent de ceux du Cidarts
Lamberti Valette par leurs épines plus saillantes, irré-
gulières, en séries plus rapprochées.
TYPOGIDARIS HIRUDO Norignel.
[Cidaris] 1850
(PI IL, fig. 1, 3).
L'unique individu recueilli dans les Corbières est de
petite taïlle et mesure 21 millim. de diamètre sur 12 de
hauteur. L'espère, créée pour un radiole de la Craie de
l'Eure, fut pour la première fois désrite et figuréc d'a-
près un débris dans la Paléontologie française”: D et doit
être interprétée comme elle la été par Cotteau, c'est-à-
dire en prenant pour type la forme commune du Turonien
inférieur. J'en ai d'ailleurs distingué la forme du Céno-
a
(D) Paléont. frans. Crét. VI, p. 244, pl. 105% bis, fig. 6. 16,
— 118 —
manien supérieur sous le nom de T'ypocidar's præhirudo
et Cotteau a établi pour relle du Campanien le Sfereoct-
daris pseudohirudo {Cidar's).
Le test complet du T. hirudo est fort rare et n'a jamais
été figuré, mais les radioles très abondants se renron-
trent depuis la base du Turonien jusque dans les prenners
banrs du Campanien et leur aire de répartilion straligra-
phique est très étendue. Après re que Cotteau et moi-
même {1) avons dit de cette cspèce et les figures grossies
que nous avons données de la disposition de ses granules
umbulacraires, on peut se faire une idée exacte de ses
caractères. Quant à Tlindividu rencontré par M. Bories
à Rennes-les-Bains, sa petite taille, ses ambulacres avec
deux rangs de granules seulement en dessus, à lambitus
quatre rangs, dont les internes plus petits que les margi-
naux el accompagnés près du péristome par quelques
verrues intermédiaires, Ses Zones miliaires un peu moins
développées ronstituent des différences qui n'avaient d’a-
bord porté à en faire une espèce particulière sous le nom
de 7. Bortesff 2° : mais un nouvel examen m'engage à le
considérer surtout comme Île résullat de la taille de cet
individu et à le réunir au T7. hirudo.
Un radiole que fje rapporte à £ette espèce a été recueilli
avec ce test : il est bien typique et se distingue de ceux du
Stercocidaris sceptr'fera Mantell (C'darfs par sa forme
plus épaisse, plus rourte, le plus souvent lronquée et cou-
ronnée à son extrémité, par sa tige ornée de rôles par-
fois granuleuses plutôt que de granules spiniformes et
souvent de rôles lisses.
Loculilés : Bergerie Gravère ‘3 dans le vallon de Ja
(À) Echinides crét. dans l'Yonne, l'Aube, ete. p. 32, fig. 3 (Bull. Soc.
Se. Hist. et Nat. de FYonne, T. XLVII, 1894).
(2) Revision des Cidarule de la Craie, p. 37. — (Ext Bull. Soc. Sc.
Hist. et Nat. de l'Yonne, T. LXNIL, 1909).
(3) On donne ce nom à la grange qui se trouve au bas de Montfer-
rand Sur un petit mamelon, à peu près sous l'R des mots Barin:-r-
Rennes de la Carte de F'Etat-major.
— 419 —
Douge ; couche à Cidaridæ de la partie inférieure des
marnes à Micraster corbaricus ; sous-étage Santonien.
Tyrociparis CoRBARICA Lambert, 1909
| SYNONYMIE
Typocidaris corbaricus Lammenr : Essai de nomenclature.raisonnée des
Echinides, fase. 1, pl. I, fig. 11, 16. —
Mars 1909. | |
— — LAMBERT : Lérision de quelques Cidaridew de la
Craie, p. 46. — 1909.
— — LAMBERT : Essai de nomenclat. vrais. des Echi-
nides, fasc. 2, p. 151. décembre 190.
Assez grande espèce dont le tvpe mesure 44 millim. de
diamètre sur 27 de hauteur, circulaire, assez renflée, à
péristome médiocre (17 millim.) et apex à peine déve-
Jloppé. Interambularres composés de plaques hautes en
dessus, plus basses en dessous, avec six tubercules par
rangée, dont un seul des périapicaux atrophié dans cha-
que aire ; ces tubercules sont subcrénelés à la face supé-
rieure ; scrobicules elliptiques en dessous, circulaires et
assez largement développés en dessus ; entourés d'un £er-
cle de 19 granules s’élevant sur une base subtrigone ; ces
cercles, Langents entre eux près du péristome, sont séparés
à lambitus et en dessus par les fins granules de la zone
miliaire, qui se développe dans la partie médiane de Faire
el s'étend jusqu’à la région adambulacraire. Ces granules
miliaires ne sont pas sériés en dessus, mais le sont très
distinctement en dessous et ils laissent bien apparentes
les sutures, dont les horizontales présentent en dessus
une fosselle assez nette. Ambulacres flexueux, portant à
l’ambilus six rangs de granules assez homogènes. Péris-
tome étroit, 16 millim., subcirculaire. Apex large, subcir-
culaire, nettement dicyclique, à cinq petites ocellaires
subtrigones en saillie et génitales irrégulièrement subhe-
xagonales ave£ celle de l'ambulacre IL un peu plus déve-
loppée ; toutes ces plaques sont couvertes d'une granula-
tion miliaire fine et homogène ; périprorte pentagonal en-
£cadré par les bords lisses des cinq génitales. |
_
— 120 —
Le type portait des radioles adhérents, dont les prin-
cipaux ont malheureusement été brisés ; ceux des granultes.
scrobiculaires se dressent encore en faisceau autour du
radiole principal, én baguette, dont la tige cylindrique,
d’après quelques radioles assimilés est ornée de côtes avec
granules plus ou moins épineux et intervalles assez larges
finement striés, non chagrinés comme chez le Stereoc:da-
ris sceptrifera ; collerette courte, mais distincte.
Cette magnifique espèce, dont le type, figuré dans notre
Essai de nomenglature raisonnée des Ichinides, a éte
recueilli à Sougraigne par feu le colonel Savin, se distin-
gue facilement de ses congénères par les caractères déjà
indiqués et en particulier du Dorocidaris Defrancei Lam-
bert par ses plaques plus hautes, à plus large scrobicule,
par ses zones miliaires plus-étendues et ses ambulacres
à six rangs de granules. T. htrudo Sorignet a ses plaques
encore plus hautes et ses granules ambulacraires plus ine-
gaux,entremêlés de verrucs. T. pseudopistillum, à radioles
très épineux, montre des granules ambula£raires diffé-
rents, les centraux nombreux, égaux, serrés, les margi-
naux plus développés, Stereocidaris sceptr'fera a ses pla-
ques moins nombreuses ; Iles tubercules des périapicales
tous atrophiés, des scrobicules un peu plus développés
et des granules ambulagraires plus inégaux. /
Localités : Sougraigne, Faviès près Rennes-les-Bains ;
radioles à la Bergerie Gravère et au vallon de Borde-
neuve ; couches à Cidaridæ, de la partie inférieure des
marues à Micraster corbaricus ; Ssous-étage Santonien.
TYyPOCIDARIS PSEUDOPISTILLUM Cotteau.
(Cidaris) 1862
(PI. 1, fig. 22, 3).
Si l'identité des radioles typiques, à corolle terminale,
du Santonien de la Sarthe et de ceux dépourvus de corolle
du Campanien des Charentes n'est pas absolument dé-
montrée, ceux des Corbières incomplets et privés de Ia
partie terminale de leur tige ne peuvent servir à trancher
Ja question.
AO
Comme l'a déjà remarqué Cotteau (Echin. de la Sarthe,
p. 384; tous les radioles de son C'daris pseudop*stillum
ne présentent. pas une corolle terminale également déve-
loppée. Celle-ci, parfois très réduite, peut même ne pas
exister. Avez ces radioles on recueille dans la Sarthe
quelques plaques isolées indiquant une espèce à ambula-
cres très étroits avec quatre rangs de granules, dont les
internes sont plus pelits que les marginaux et qu pré-
sentent des traces distinctes de fossettes des T'ypocidar:s.
Cetle dernière constatation est une nouvelle preuve de ce
fait que tous les radioles à £corolle terminale ne sont pas
des Cyathocidaris et que cette disposition est réellement
accidentelle.
Quant aux radioles du Campanien des Charentes, tous
subulés, il est difficile de les séparer des précédents. Ii
est d’ailleurs prouvé qu’ils appartiennent à un test bien
connu, également pourvu de fossettes, dont les caractères
ambulagraires ont été mis en lumière par Arnaud (1).
ses zones miliaires interambularraires semblent plus dé-
veloppées, plus homogènes, composées de granules plus
fins et plus égaux que felles de l'espèce tourangelle. Ces
deux formes, à radioles à peu près identiques, devront
cependant, selon toutes probabilités, constiluer deux espè-
ces lorsque le test de celle de la Touraine sera mieux
connu. 11 importe toutefois de remarquer que dans Ie Tu-
ronien et le Coniacien des Charentes on trouve des radio-
les semblables à £eux du Campanien. L'avenir seul nous
fixera sur le point de savoir si nous sommes en présengce
d'une espèce à longévité exceptionnelle ou d'espèces suc-
cessives qui se distinguent seulement par les caractères
de leur test (2).
Les radioles du Santonien des Corbières ressemblent
beaucoup à ceux de la Touraine; quelques-uns cepen-
(4) Observations sur le Cidaris pseudopistilhum. (Actes Soc. Linné-
enne de Bordeaux, T. 53, pl. I, fig. 1. — 1N98).
(2) Voir ma note : Révision de quelques Cidaridæ de la Craie, p. 43.
1908.
— 122 —
dant sont plus allongés avec tendance marquée à l'ali-
gnement d’épines plus rares et moins saillantes.
Les radioles du Cidaris spinosissima Agassiz, notam-
ment £eux que je leur assimile du Santonien du Beausset,
se distinguent par leur aspest plus robuste, leur forme
romprimée et leurs épines bien plus fortes, moins acérées.
Localités : Vallon de la Douce, sous Montferrand et à ja
Bergerie Gravère, vallon de Bordeneuve, dans la couche
à Cidaridæ de la partie inférieure des marnes à Micras-
ter corbaricus, et non, comme l’a dit M. Toucas (1), dans
la partie supérieure de ces marnes, où nt M. Bories, n1
moi n'avons retrouvé l'espèce ; sous-élage Santonien.
TYPOCIDARIS PSEUDOSCEPTRIFERA Hébert.
(Cidaris) 1875
(PI. IL, tig. 30).
M. Toucas à rapporté à cette espèce, dont je viens de
rappeler la création (2) et les caractères, quelques radio-
les rencontrés par lui en 1896 dans le Santonien de kKRen-
nes-les-Bains ‘3), mais c’est certainement à tort qu'il
les £citait en 1879 dans le Cénomanien du col de Ca-
pela {4).
Cette forme est rare à Rennes-les-Baïns et je ne puis
y rapporter qu'un seul radiole rencontré par moi dans le
vallon de Bordeneuve.
Localités : Vallon de la Douce ‘sous Moniferrand), val-
lon de Bordeneuve ; banc à Cidaridæ des marnes à Af!-
craster corbaricus ; Sous-étage Santonien.
TYPOCIDARIS HIPPURITUM Lambert.
(PL. IL, fig. 17, 18).
Ïl ne m'a pas paru possible de laisser confondus avec
les radioles du Stereocidar's sceptrifera ceux subfusifor-
mes, plus grèles, sans collerette et à tige ornée de granu-
(A) Bull. S. (5, d. F. 3 sér. T, XXIV, p. 607 — 1896.
(2 Op. cit. TU, p. 196 — 18%5.
(3) Op. cit. T, XXIV, p. 606.
(4) Bull. S. 6. d. F. 3" sér. T. VIE p. 44 — 1879.
— 123 — |
les spiniformes saillants, irréguliers, se muant par pla-
ces en côtes, que l'on rencontre dans les couches supé-
rieures à Hippurites. Leurs granules, en séries peu nom-
breuses, sont séparés par d’étroits intervalles finement
siriés.
Je viens d'expliquer que les radioles du 7. kppur:tum
se distinguent de ceux du Cidaris Lamberti Valette par
leurs épines plus saillantes, plus irrégulières, en séries
plus rapprochées. Ceux du Cidaris rennensis Lambert,
qui les accompagnent, en diffèrent nettement par leur
tige cylindrique, à collerette assez haute et tige ornée
de côtes granuleuses.
Localité : Montagne des Cornes ; lits marneux des cou-
ches à Hippurites ; sous-étage Campanien.
STEREOCIDARIS SCEPTRIFERA Mantell.
(Cidaris) 1822
(PI. Il, fig. 31).
L'individu de £etle espèce que j'ai sous les yeux est de
moyenne taille et mesure seulement 31 millimètres de
diamètre sur 16 de hauteur. Il se distingue du type an-
glais par ses scrobicules relativement plus développés ct
une diminution correspondante de la zone milhiare, en
sorte que les cercles de granules scrobiculaires sont en
dessous tangents entre eux dans la même rangée et res-
tent en dessus plus rapprochés que chez les individus de
la Craie blanche. Les granules ambulacraires sur $ix
rangs à l'ambitus forment aussi des rangées centrales
plus homogènes avec plus rares verrues intermédiaires.
Ces différences, bien que peu importantes, permettent de
distinguer £ette forme des Corbières au moins à titre de
variété et j'ai proposé pour elle le nom de Gr'ffe: (Ré-
vision de qq. Cidarides de la Craie ; p. 953, 1909).
Les radioles, tout en demeurant, comme nous l'avons
vu, spécifiquement inséparables de ceux de la Craie du
Nord, présentent eux-mêmes quelques différences, qui
viennent justifier l'établissement de la variété proposée.
léron, dans sa note de 1877, avait déjà constaté Ja pré-
13
Le dore
sence du $. sceptrifera dans les Corbières, mais ii n'en
connaissait que les radioles.
Localités: Le test a été recueilli à Soulatge par le
colonel Savin ; les radioles beaucoup moins rares ont été
rencontrés dans le vallon de la Douce, soit au-dessous de
Montferrand, soit au-dessous de La Fajolle et à Ia Berge-
rie Gravère ; on les retrouve dans le vallon de Bordeneuve
et au col de Faviès ; banc à Cidaridæ des marnes à M"'-
crasler corbaricus du sous-étage Santonien.
TYLOCIDARIS CLAVIGERA KϾnig.
(Cidaris) 1822
(PI. IH, fig. 29).
M. Péron a regueilli dans les marnes à Echinides de
Rennes-les-Bains un très beau test de £gette rare espèce,
dont les radioles seuls sont assez abondants. Il diffère un
peu de ceux de la Craie blanche d'Angleterre et de Nor-
mandie par Sa taille plus forte, mesurant 35 millimètres
de diamètre sur 22 de hauteur, par sa forme plus haute,
par ses tubercules plus nombreux, sept par rangée, un
peu plus rapprochés en dessus, ou les cercles scrobicu-
laires sont langents et confluents en dessous, par sa zone
miliaire un peu plus déprimée ; mais pour tous ses autres
caractères, cet individu est identique au 7. clavrgera
typique et les différences relevées sont trop peu impor-
Lantes pour légitimer la création d'une espèce, ou même
d'une variété, alors surtout que dans la Craie de Vendôme
il existe une forme déjà plus haute que le type. avec tu-
bercules plus nombreux, six par rangée, et zone militaire
centrale plus large, garnie de granules plus fins. C'est
donc de cette variété /Zeberti Desor (Synopsis, p. 12.
figurée dans la Paléontologie française {Crét. pl. 1071.
fig. 1, 4), que l'individu des Corbières se rapproche le
plus.
Les radioles sont généralement moins allongés, plus
ulobuleux que ceux de la Craie du bassin de Paris et que
tous feux figurés par Wright. Quelques-uns cependant
sont absolument conformes à ceux du Coniacien de
_— 19 —
l'Yonne. Plusieurs présentent une grande ressemblanse
avec ceux du Cidaris glandaria Lang (Cidarites) lel que
Fraas l'a figuré (1). On voit ainsi combien est délicate Ia
détermination des radioles isolés, puisqu'il est parfois
assez difficile de séparer ceux du Balanocidaris glanda-
-ria Cénomanien, de ceux du Tyloc'daris clav'gera du
Santonien, alors que les premiers sont déjà presque insé-
parables de ceux du Balanocidaris gland'fera Goldtuss
(Cidariles) du Rauracien. EL cependant les tests de ces
espèces sont bien différents, n’appartenant même pas
tous à un seul genre.
Localités : Rennes-les-Baïns ; radioles assez abondants
dans le vallon de la Douce, au-dessous de Montferrand,
déjà signalés par M. Toucas à Sougraigne ct au Linas;
banc à Cidaridæ des marnes à M'craster corbar:cus ;
sous-étag® Santonien.
Dipcopopia varioLaris Brongniart.
(Cidarites) 1822
Un grand individu de £ette espèce bien connue et par-
tout caractéristique du Cénomanien a été recueilli sur le
flanc du Cardou par M. Borics ; il mesure 56 millimètres
de diamètre et appartient, avec ses huit rangées obliques
de tubercules interambulacraires, à la variété ÆRossy'.
Je rappelle simplement ici que les individus de lAptien
et de l’Albien, jadis confondus avec ceux du Cénomanien,
n'appartiennent pas à l'espèce et que j'ai dû les repor-
ter parmi les D. Renevier! Cotteau (Pseudod'adema) et
D. Malbosi Agassiz (D'adema) .
Localités : Flanc sud du Cardou en face de Montfer-
rand ; l'espèce a été aussi recueillie par M. Carez à l'Est
des Crouzils et signalée par Cotteau à Padern ; étage Cé-
nomanien.
1) Aus dem Orient IT, p. 27, Tal. 1, tig. 8 — 1878.
— 126 —
GLYPHOCYPHUS RADIATUS Mœninghaus.
(Echinus) 1826
Aucun individu de cette petite espèce et provenant des
Corbières n'a élé soumis à mon examen ; mais je frois
devoir rappeler ici qu'elle a été citée par Cotteau à Pa-
dern dans l'étage Cénomanien.
OnrHopsis Grossouvret Lambert.
(PI. IL, tig. 44, 15).
Espèce représentée par un seul individu, un peu dé-
formé, sensiblement déprimé, mesurant environ 30 mil-
limèlres de diamètre et remarquable par le développe-
ment de ses tubercules. Les ambulacraires plus nombreux,
plus serrés et moins gros que les interambulasraires ne
sont accompagnés dans la zone médiane que de rares gra-
nules mamelonnés. Dans linterambulacre il y a deux
rangées principales remontant jusqu’à l'apex el deux ran-
gées secondaires adambulacraires de tubercules plus pe-
tits, qui s'élèvent jusqu'un peu au-dessus de l'ambitus et
se confondent plus haut avec les granules ; deux rangées
médianes de tuberrules presqu'égaux aux principaux en
dessous el qui disparaissent assez brusquement en des-
sus. Granules mamelonnés rares, inégaux, épars. La sur-
face du test est partout finement chagrinée comme chez
les autres Ortfhopsis de la Craie.
Cette espèce se distingue facilement de ses congénères
par Île développement relatif de ses tubercules. À la face
inférieure les interambulagraires sont disposés en lignes
à peine obliques. tandis que rhez O. miliarts les tubercu-
les bien plus petits s'écartent nettement en éventail. 0.
granularis plus voisin a ses tubercules interambulacrai-
res moins serrés en dessous et ses tubercules secondaires
y sont beaucoup moins développés.
Localité: Vallon de Bordeneuve ; marnes à Wicrasler
corbaricus du Sous-étage Santonien.
— 127 —
ORTHOPSIS MILIARIS d’Archiac.
(Cidarites) 1835
(PL Il, tig. 16).
Cette espèce bien connue a été plusieurs fois citée dans
les Corbières par d’'Archiac, Cotteau, Leymerie, MM. ‘Lou-
cas et de Grossouvre ; elle doit cependant y être assez
rare, car ni Péron, ni la plupart de mes correspondants
de l’Aude, ni moi-même ne l'avons renrontrée. Je possède
cependant dans ma collection un individu recucilh par
Savin à Soulatge. L'espèce est d'ailleurs peu caractéris-
lique d'un niveau délerminé et elle se propage dans les
Charentes depuis 1e Turonien jusqu'au -Dordonien inclu-
sivement.
Localités : L'espèce a été signalée par M. de Grossou-
vre dans les couches à Phymosoma Archiact du Conia-
rien de Montferrand ; d'autres auteurs l'ont citée dans les
marnes à Echinides de Sougraigne, à Bugarach, au col
de Linas et à Soulatge dans les marnes à Micraster
corbaricus du sous-étage Santonien.
Genre SaLENIA Gray. 1835
Il existe certainement plusieurs Salénies dans le cré-
tacé des Corbières et Cotteau y a cité son Salen'a scut:-
gera dans le Cénomanien ; mais, comme l'a depuis démon-
tré Arnaud, le savant Echinologue confondait sous ce nom
des formes si diverses qu il est impossible, sans une étude
nouvelle des individus recueillis, de dire exactement à
quelle espèce ils appartiennent. Le type du C'dar'tes
sculiger Munster d'Essen, sur lequel Schlüter n'a mal-
heureusement fourni aucun renseignement détaillé, ne
parait d’ailleurs identique ni à £gelur d'Agassiz moule
36 , ni à celui de Cotteau, de la Sarthe, beaucoup moins
granuleux et à tubercules plus serrés.
De son côté, M. Toucas a cité dans les marnes à Echi-
nides de Rennes-les-Bains S. Bourgeo'sr Bull. S. G. d.
F. 3° Sér. T. XXIV, p. 606, et M. Roussel signalait la
même espère dans les couches à Phymosoma Archac.
— 128 —
Mais les individus recueillis sont en très fâcheux état.
d’une détermination incertaine et il me paraît prudent de
ne pas encore inscrire le Salen'a Bourgeoïisi Colteau dans
la liste des cspèces de la partie des Corbières étudiées
dans ce travail.
PELTASTES ACANTHOIDES Desmoulins.
(Echinus) 1837
Cette espèce a été citée par M. Roussel dans le Céno-
manien de l'anticlinal de la Ferrière (Bull. S. G. d. F.
3e Sér. T. XV, p. 626), à Padern, dans le même étage :
elle ne m'a pas été communiquée.
PuyuosomAa RoussEezr Cotteau.
(Cyphosoma) 1887
M. Roussel a signalé £ette espèce dans le Cénomanien
de l’anticlinal de la Ferrière (Bull. S. G. d. EF. 3° Sér.
T. XV, p. 626) ; mais Cotteau, dans son Catalogue des
Echinides crétacés des Petites Pyrénées et des Corbières.
n'a pas reproduit celte citation (p. 651, pl. 18, fig. 1, 5:.
La présence du P. Rousseli dans la région étudiée peut
donc être considérée comme très problématique.
PHYMOSOMA ARCHIACI Agassiz.
(Diadena) 1846 |
Le tvpe de l’espèce provenait de Beaumont, près An-
goulême et d'après Arnaud du Coniacien inférieur. 11 esl
remarquable par la largeur de sa zone médiane interam-
bulacraire à peine tuberculeuse et le peu de développe-
ment de ses rangées secondaires externes, qui disparais-
sent en dessous. Ciltée par divers auteurs, £etle espèce à
été pour la première fois décrite et figurée d'après son
moule en plâtre {T. 63), dans la Paléontologie française
sous le nom de Pseudodiadema Archiac' :p. 505, pl.
1121, fig. 11, 13:. Le type de ce moule a été ensuite dé-
— 4199 —
crit et figuré dans le même ouvrage (p. 615, pl. 1149,
fig. 1, 3) comme Cyphosoma. Il présente en réalité dans
sa Zone niliaire quatre rangs de très petits tuberscules
ternaires el aux cotés externes des rangées principales
une rangée secondaire flanquée elle-même de tubercules
ternaires adambulacraires.
Cotleau rapportait à £e 1ype un individu de Soulatge
‘pl. 1149, fig. 4, 9), qui présente bien Ies mêmes carac-
lères, mais dont les rangées ternaires centrales sont ré-
duites à de simples granules mamelonnés. Parmi les in-
dividus soumis à mon examen, quelques-uns sont rigou-
reusement identiques au type, d'autres à la forme de
Soulatge figurée par Cotleau. L'un présente même, dans
la zone miliaire £entrale, à l'ambitus, quelques tuber-
eules secondaires ; mais le plus souvent il n'v a pas de
tubercules dans la zone miliaire et if n'existe qu'une seule
rangée de petits tubercules secondaires adambulacraires.
Les tubercules sont aussi de taille assez différente, plus
gros chez certains individus et chez d'autres diminuant
davantage de volume en dessus. La forme générale est
elle-même assez variable, ordinairement circulaire, nrais
parfois subpentagonale. Il est d'ailleurs de toute évi-
dense que ces individus divers, trouvés dans la même
couche, présentent une même physionomie générale get
appartiennent bien à la même espèce.
Péron semble n'avoir pas parfaitement compris fe P.
Archiacr et l'avoir au moins partiellement confondu avec
P. magnificum \gassiz ‘Cyphosoma). Sans doute, il existe
entre les deux espèces certains rapports. mais le con-
traste entre les tuhercules des deux faces est bicn plus
sensible chez P. magnificum, dépourvu de tubercules dans
la zone miliaire sentrale, dont les tubercules ambulacrai-
res ont leur base extéricurement radiée et dont le péris-
tome est bien plus étroit.
Localités : Cette espèce est caractéristique du Conian-
rien des Corbières : elle est assez abondante dans le val-
lon de la Douce, près de Montferrand ; Colleau la citait à
Quillan et à Soulatge, M. Toucas à Sougraigne et au Lit-
— 130 —
nas ; M. Miquel l'a recueillie près de Faviès ; sous-étage
Coniacien (1).
PHYMOSOMA TIARA Agassiz.
(Cyvhosoma) 1846
Cette espèce appartient à un groupe de Phymosoma
de la Craie blanche, remarquable par ses gros tubercules
et qui paraît avoir donné lieu à des interprétations bien
confuses. Si l'on met de côté certains moules siliceux.
comme ceux représentés par Lister et Klein, d'une inter-
prétation pratiquement impossible, le premier individu
figuré de ce groupe est le Cidaris variolala Parkinson,
de la Craie du Kent, dont la face inférieure était seule
connue (Org. rem. III, tab. 1, fig 10). Ce nom, antérieu-
rement appliqué par Klein à un groupe d'espèces vivan-
tes, a été changé par Mantell (1822) en celui de Aæntg'
et par Desmarest (1825) en celui de Miller’.
Goldfuss, en 1826, établit son Cidar'tes granulosus,
qui comprend deux formes : le type des environs d'Aix-
la-Chapelle (tab. 40, fig. 7), et un individu assimilé du
Tourtia d’'Essen, dont Schlüter a fait depuis son Phymo-
soma Goldfussi. Ce type cest remarquable par l'espacement
de ses tubercules principaux et la présence de rangées
marginales de pelits lubercules secondaires, interrom-
pues à l’ambitus, mais surtout développées en dessus.
À côlé de celle espèce Goldfuss décrit son Cidar'les var'o-
laris (non Brongniart) des marnes de Coesfeld, en de
confondant avec un Diplopodia du Cénomanien d'Essen
et diverses autres formes jurassiques. Ce C. var'olar's se
distingue du C. granulosus par ses tubercules principaux
(1) La confusion opérée par Péron, entre les Phymosoma Archiaci el
P. magnificum me paraît avoir entrainé celle de M. Toucas, qui cite à
son tour ce dernier dans les marnes à Micrasters de Montferrand
avec le prétendu Echinocomus conicus (Bull. S. G. d. F. 3 Sér. T. VIH,
p.otet T. XXIV. p. 606). Mais cette double citation semble faite sous
l'autorité de Péron, et je n'ai pu encore observer un véritable P. ma-
ynificum des Corbières ; M. Toucas ne m'en a montré aucun.
— 1431 —
moins gros, plus serrés et diminuant un peu plus de vo-
Jume en dessus et ses petits tubercules secondaires en
rangée plus complète el moins hétérogène.
En 1846, Agassiz réunit sous le nom de Cyphosoma
Millert au type toujours imprécis de Parkinson le C. gra-
nulosus (oldfuss et lui rapporte le moule M. 56 complè-
tement dépourvu de tubercules secondaires ; puis il crée
pour le Cidarilés var'olaris Goldfuss (non Brongniart
son Cyphosoma ornalissimum, dont le moule R. 28 mon-
tre des tubercules secondaires bien développés en dessus.
Enfin, il décril son Cyphosoma liara, moule M. 6, de
Meudon, de petite taille, à tubercules principaux peu ser -
rés en dessus et seulement quelques très pelits tubercu-
les secondaires en dessous.
Sous le nom de Cyphosoma Milleri, lorbes nous a donné
en 1850 la première interprétation du véritable Cidarts
Kœnigi Mantell. C'est une forme à tubercules 'princi-
paux relativement médiocres, nombreux, serrés, avec très
petits tubercules secondaires en rangées ininterrompues
{Forbes in Dixon : Géol. of. Sussex, pl. 25, fig. 17, 26 et
27). |
Cotteau, dans la Paléontologie française, a repris en
1865 l'examen de £es espèces. IF réunit à son Cyphosoma
KϾnigi le C. ornal'ssimum, le moule M. 56 au moule K.
28 et figure (pl. 1167; deux individus, dont l'un de la
Craie d'Angleterre pourvu en dessus de gros tuberrules
secondaires. Ces rangées secondaires sont encore plus
développées el flanquées de tubercules ternaires chez un
autre individu anglais figuré à la planche 1168 ‘fig. 1,
3). Tous sont évidemment différents du vrai C. Kænig' tel
que Forbes avait rirconscrit et se rapportent seulement
au C. ornalissimum.
Quant au C. granulosum Cotteau pl. 1169 à peu près
dépourvu de tubercules secondaires et provenant l'un de
la Craie de Kent, Fautre de celle du Cotentin, il est très
nettement différent du type de Goldfuss et on ne peut sans
inconvénients confondre cette forme avec le tvpe d AIx-
la-Chapelle. Ce C. granulosum Cotteau (non Goldfuss) ne
— 132 —
paraît d'ailleurs pas se distinguer du C. fiara Agassiz.
avec lequel Cotteau a confondu un plus grand individu
de la Craie de l'Oise pl. 1166, fig. 7, 12) à tubercules
ambulacraires périapicaux serrés et atrophiés, el qui sem-
ble se rapporter plutôt à la forme du‘moule M. 56.
Wright a commis dans l'interprétation des espèces de
ce groupe des confusions non moins regreltables : son €.
Kænigi jeune (pl. 22, fig. 5) n'appartient même pas au
genre ; c’est un Rachiosoma ! Son C. Kærnig' de sa planche
23 (fig. 1 et 3), de l'Upper Chalk, est identique à £elui
de Cotteau et représente seulement le C. ornatisstmum.
Son C. granulosum du Lower Chalk n'a aucun rapport
avec celui de Goldfuss et représente seulement la forme du
moule M. 6.
L'individu du C. Xænigi, figuré par Cotteau dans ses
Echinides de l'Yonne ‘II, pl. 79, fig. 1), avec ses très fai-
bles tubercules secondaires en dessus, est encore une
forme du moule M. 56.
Quant aux formes allemandes du Sénonien supérieur de
Rugen, jadis assimilées au C. Kænrg, Schlüter les en a
séparées avec raison sous les noms de Phymosoma prin-
ceps et P. tœniatum Hagenow.
A côté de ces espèces. Arnaud avait distingué du Cam-
panien supérieur de Saint-Sernin d'Uzet son Cosmocy-
phus boopis que la mort l'a empêché de publier. GCetle
espèce, à pores largement dédoublés en dessus, n'est d’ail-
leurs pas un Cosmocyphus, simple sous-genre de Phymo-
soma. La grosseur de ses tubercules principaux, {eur
écartement, la présence de petits tubercules secondaires
interrompus à Tambitus ct plus développés en dessus
m'engagent à les réunir au véritable ?. granulosum Gold-
fuss. quitte à reprendre le nom proposé par Arnaud, si
venait un jour à être démontré que des différences réel-
les existent entre les deux formes limbourgeoise et rha-
rentenaise. L'espèce sc distingue du P. tiara Agassiz par
ses tubercules principaux encore plus gros, plus espaces.
par la disposition de ses lubercules secondaires et par scs
— 133 —
majeures à sept éléments au Jieu de six, avec cône plus
fortement radié du côté porifère.
En résumé, dans le groupe qui nous occupe, si nous lais-
sons de côté Ics espèces de la Craie supérieure de Rugen,
nous restons en présence des formes suivantes :
A. forme à tubercules principaux nombreux, serrés,
avec scrobicules tangents dans la même rangée et tuber-
cules secondaires très peu développés. Elle paraît corres-
pondre au type du P. Xœnigt Mantell (C'daris), tel qu’il
a été interprété par Forbes, mais que ni Cotteau, mi
Wright n'ont plus mentionné. On en ignore le niveau stra-
ligraphique précis.
B. forme à tubercules principaux voisins de ceux de
la forme A, diminuant de volume en dessus, mais avec
tubercules secondaires bien développés à la face supé-
rieure €t parfois des tubercules en rangées lernaires.
Elle correspond au moule R. 28 et au P. ornalissimum
Agassiz {Cyphosoma). Elle caractérise la Craie à Marsu-
pites.
C. forme à tubercules principaux bien développés, es-
pacés, ne se serrant pas dans les ambulacres vers Fapex,
avec scrobicules distincts et tubercules secondaires très
petits, irréguliers. Cette forme £orrespond au P. t'ara
Agassiz {Cyphosoma, moule M. 6 et ïl ne me paraît pas
possible d'en séparer le Cyphosoma granulosum Coilteau
(non Cidariles Goldfuss). Elle appartient au Campanien
supérieur et remonterait dans l’Aturien.
D. forme à gros tubercules peu nombreux. bien espa-
cés et scrobicules séparés par quelques granules ; tuber-
cules secondaires, petits. irréguliers, n’apparaæssant que
chez les individus très adultes. Cette forme se distingue
de la forme C par son test plus rotulaire, moins renflé,
ses tubercules ambulacraires plus serrés près de Fapex.
ses rares tubercules secondaires plus irréguliers, mais
plus développés en dessus. Elle correspond au moule M.
96 et a élé confondue par tous les auteurs avec les formes
précédentes. Je propose de la distinguer sous le nom de
die
P. normannum. Elle paraît caractéristique du Coniacien
(Z. à Micraster decip'ens) dans la Craie du Nord.
E. forme à gros tubercules très espacés et scrobicules
séparés, avec pelits tubercules secondaires hétérogènes.
interrompus à l'ambitus et plus développés en dessus.
Elle correspond au P. granulosum Goldfuss :Cidarites .
mais non au Cyphosoma granulosum Cotteau. Elle se ren-
contre seulement dans la Craie supérieure du Limbourg et
des Charentes.
Les personnes qui ne partageraicnt pas mon opinion sur
ces distinctions de formes multiples et caractéristiques
de niveaux différents pourront d'ailleurs, suivant les
vues de Cotteau, réunir les formes A. B. D. sous le nom de
Phymosoma Kænigr, mais alors elles devront encore logi-
quement réunir à £<etle espèce, comme Île faisait Forbes.
la forme C, Phymosoma t'ara, que Cotteau a d ailleurs
lui-même en réalité confondu avec son Cyphosoma Kœ-
nigi. |
L'individu des Corbières que j'ai sous les veux mesure
38 millimètres de diamètre et est remarquable par la gros-
seur de ses tubercules principaux espacés et à scrobicu-
les cependant tangents entre eux dans la même rangée.
Ces tubercules diminuent peu de volume et ne se serrent
pas au voisinage de lPapex dans les ambulacres. Les tu-
bercules secondaires très petits sont rares, irréguliers et
l’aspert général du test rappelle surtout celui du C.
granulosum Cotteau non Goldfuss'.
C'est donc, comme nous venons de le voir et d'après les
distinctions qui précèdent, au P. fiara Agassiz que l'indi-
vidu des Corbières me paraît devoir être réuni, plutôt
qu'au P. Kocnigi. même en <onfondant avec Cotteau sous
ce nom les ?P. ornalissimum Agassiz du Santonien et ?.
normannum Lambert, du Coniarien.
Localités : M. Bories a bien voulu enrichir ma collec-
lion de l'unique individu par lui resueilh à la crête de
Laforet. à l'Ouest des Croutets, avec Globator nucleus.
etre. ; couches supérieures du sous-élage Santonien.
— 435 —
CincOPELTIS MERIDANENSIS Cotteau.
(Leiosoma) 1866
(PI. I, tig. 19, 21).
Malgré sa petite taille, l'individu que j'ar sous les veux,
mesurant 11 millimètres de diamètre sur 5 de hauteur,
présente bien les raractères du type figuré dans la Pa-
léontologie française (pl. 1186, fig. 1, 7'. Il est seulement
un peu moins renflé ct son apex conservé, à périprocte
subeirculaire, est encore complètement dicyclique.
On trouve dans Iles mêmes couches que ce test de petits
radioles de 11 millimètres de longueur sur à peine 2 de
diamètre et qui me paraissent devoir être attribués à cette
espèce. Is rappellent un peu ceux du Phymosoma sub-
compressum Cotteau, du Cénomanien ; mais sont moins
comprimés, avec anneau moins saillant, strié el leur sur-
face articulaire est complètement lisse. La tige a sa col-
lerette très finement striée, mal limitée et le surplus d’ap-
parence lisse porle en réalité une granulation tout à fait
microscopique.
Localité: Montagne des Cornes ; couches à Hippurites
du sous-étage Campanien, où Péron avait déjà cité l'es-
pèce ‘op. cit. p. 1479. C'est elle que M. de Grossouvre
paraît avoir signalé dans le même gisement, sans nom
d'espèce (Stratig. Craie sup. p. 463).
Le type avait été rencontré dans une couche à Poly-
piers de Figuières ‘Bouches-du-Rhône. attribuée au ‘lu-
ronien, mais on sait qu'en 1866 on attribuait volontiers à
cet étage toutes les couches à Ilippurites et à Polypiers.
Gonioryaus MAJOR Agassiz, 1858.
Je rappelle seulement iri que cette belle espèce a éle
cilée par Cotleau dans le Cénomanien de Padern ‘Echin.
des Pet. Pyrénées et des Corbières, p. 651).
Gotroryaus MExarpt Desmarest.
(Echinus) 1825
J'ai sous les veux un important fragment de la forme
haute de £etle espèce, recueilli par M. Bories dans le Cé-
— 136 —
nomanien du col de la Pourteille au dessus de Sougraigne.
M. Roussel a cité dans le Cénomanien de l'anticlinat
de La Ferrière 1e G. sulcalus Guéranger {Bull. S. G. d.F.
3e Sér. T. XV, p. 626), mais la présence de cette dernière
espèce dans les Corbières, non confirmée par Cotteau.
semble trep douteuse pour qu’il en soit fait état.
GONIOPYGUS PETROCORIENSIS Arnaud, 1890.
éPI. Il, fig. 6, 9).
On sait que celte espèce, à périprocte trigone et pour-
vue de granules tuberculiformes ambulacraires entre ses
tubercuïes principaux, se distingue du G. royanus d’Ar-
chiac par son apex tisse et ses ambulacres plus étroits, à
tubercules plus nombreux et plus serrés, avec granules
intermédiaires plus petits, ne s’élevant pas jusqu’à l'apex.
Le G. eravillensis Arnaud n'est guère qu'une variéte à
apex lisse du G. royanus ; il diffère donc du G. petroco-
tiensis par la largeur de ses ambulacres et le plus petit
nombre de ses tubercules. |
L'individu examiné des Corbières présente très exa£te-
ment les caractères du G. petrocoriensis du Iuronien des
Charentes et il ne me paraît pas possible de l'en distin-
guer.
Dans Îles couches à Hippurites de la Montagne des
Cornes on rencontre quelques radioles de Gomopygus.
l1s mesurent 17 millimètres de longueur, ont leur sur-
face articulaire non crénelée et leur tige lisse, légèrement
carénée à son extrémité. On ne saurail confondre ces
radioles avec ceux du G. royanus, dont la tige est cou-
verte de fines côtes granuleuses. [ls sont plus grèles el
un peu moins nettement carénés à leur extrémité que
ceux figurés par Cotteau du G. petrocoriensis, sans qu'il
soit actuellement possible d'opérer entre eux une Sépa-
ration spécifique.
Localité: L'unique individu recucilh par M. Bories a
été rencontré par lui à la Montagne des Cornes avec quel-
ques Pseudopyrina écrasés, au-dessus des marncs bleues
et Psammites, sous les grands bancs à Rudistes du flanc
Sud. Quant aux radioles, je les ai trouvés un peu plus
— 137 —
haut, dans les rouches à Hippuriles b'oculatus du sous-
étage Campanien.
AxortoPycus Micnrzixi Cotteau, 186o.
Espèce de moyenne taille, mesurant 31 millimètres de
diamètre sur 16 de hauteur, légèrement subconique, à
bords arrondis et face inférieure déprimée vers le péris-
tome. Périprocte arrondi, un peu plus haut que large,
irrégulier, plus ou moins oblique, s'’ouvrant au-dessus de
la marge dans les 6° à 11° plaques à partir de l'apex.
Petits tubercules scrobiculés, perforés, crénelés, très ser-
rés à la face inféricure, espacés en dessus, où les secon-
daires épars sont égaux aux principaux qui s'élèvent
seuls jusqu’à l’apex. Dans l'ambulatre, au dessus de l'am-
bilus, les tubercules principaux forment deux rangées
marginales et les secondaires bien plus petits disparais-
sent avant d'atteindre l'apex. Cet ambulacre est entière-
ment composé de primaires, tuberculifères de trois en
trois, mais le tubercule de la primaire 1 empièle sur la
2e et la 3° est simplement granulifère ; suture médiane
très apparente. Les plaques interambulacraires sont très
basses, légèrement inflé“hies à l'ambitus et à la face
interne, il existe en dessous une profonde dépression
correspondant à la suture médiane. Cette dépression, qui
existe également chez Anorthopygus orbicular's ne $se
manifeste pas à la surface externe du test. Les autres ca-
ractères sont ceux du genre.
Le type du Cénomanien de la Sarthe était de taille sen-
siblement plus forte, plus nettement subconique ; ses tu-
bercules scrobiculés sont proportionnellement moins gros
et plus nombreux en dessus ; ses ambulacres sont aussi
plus tuberculeux ; mais ces légères différences me sem-
blent simplement en rapport avec la taille moindre des
individus des Corbières. L'espèce se distingue du 4.
orbicularis Grateloup {Nucleol'tes\ par sa forme plus
haute, subconique, son périprocte plus éloigné de l'apex et
ses tubercules scrobiculés plus réguliers ct plus rares en
dessus.
...
— 138 —
Localités: L'espèce a été recueillie par M. Bories sur
le flanc Sud du Cardou, en face de Montferrand et au col
de la Pourteille au dessus de Sougraigne ; étage Cénoma-
nien.
Discoines suBucuLus Klein, 1734-78.
Cette espèce, une des plus caractéristiques de l'étage
Cénomanien, a été signalée par MM. Roussel et Cotteau
à Padern et Saint-Julia-de-Bec (Bull. S. G. d. F. 3° Sér.
T. XV, p. 626, 6147). M. Carez l'a retrouvée près des sour-
ces de la Sals.
DiscoipEs ARIZENSIS Cotteau, 1857.
Cette belle espèce aurait été retrouvée, d'après son au-
teur ‘op. cil. p. 648, pl. XVIH, fig. 8, 12), dans le Céno-
manien de Padern.
Discoipes MinNimus Agassiz, 18/0.
Péron, 1e premier, a cité le D. m'nimus à Rennes-les-
Bains. J'ai sous les yeux le petit individu, parfaitement
conservé, que mon savant ami a bien voulu me communi-
quer et je ne puis que confirmer sa détermination. Jadis
considérée comme rare, l'espèce est un des Echinides les
plus communs du Turonien inférieur de la Marne. Elle
apparaît dans la zone à Actinocamax plenus, abonde
dans Îles marnes à Rhynchonella Cuuwiert et T'ypoc'dar's
hirudo, devient plus rare dans celles à /Znoceramus la-
biatus et exceplionnelle dans les marnes à T'erebra-
tulina gracilis. Dans l'Yonne, l'espèce a exactement la
même répartition et l'examen de ces nombreux individus
permet de constater que le Discoides 1nferus Desor n'est
qu'une variété de taille un peu plus forte et à face ‘infé-
rieure moins bombée du D. m'nimus. J'eslime donc abso-
lument fondée l'opinion déjà formulée par Cotteau (Etude
sur les Echin. foss. de l'Yonne, IE, p. 322) sur la réu-
nion de ces deux espèces.
C’est bien le D. minimus que M. de Grossouvre a cité
.— 139 —
sans oser lui donner ‘e nom dans le luronien de l'aile
Nord du pli du Bézu. Quant à l'individu recucilh par
Péron, il est indiqué comme trouvé dans la même couche
que les radioles du Sfercocidar's sceptrifera(Bull. S. G.
d. 3e Sér.T. V,p. 527), mais l'étiquette qui accompa-
gne l'échantillon porte simplement Ia mention Rennes-
les-Bains. D'autre part, personne n’a jamais retrouvé le
D. minimus dans le banc à radioles de Cidaridæ des mar-
nes à Micrasler corbaricus et lout porte à croire que
Péron avait recueilli son individu un peu plus bas. En
tous cas, le gisement précis de cet unique individu de
Rennes-les-Bains reste douteux et il me parait plus sage
de n’en point faire acluellement état.
Localité: Cugurou, près Bugarach, dans l'aile Nora du
pli du Bézu ; étage Turonien.
Discoipes ArcHIAcI Cotteau, 1861.
Cette espèce, décrite et figurée dans la Paléontologie
française (Crét. VII, p. 40, pl. 1013, fig. 10, 13), a élé
attribuée aux calcaires marncux à Echinides, nom sous
lequel on désigne les marnes à icraster corbar'cus des
Corbières. Elle est très voisine de l'espèce précédente,
surtout de la variété infera et s'en distingue sculement
par sa face inférieure moins bombée cet son périprocte
plus petit. .
Localité : Padern, sur les bords du Verdouble, dans des
marnes à Échinides ; sous-étage Sanlonien.
Genre ConuLts Klein, 1534-78.
A la suite de d’Archiac (1), d'Orbigny (2, Cotteau ‘3),
Hébert (4) et Péron {5) ont cité, sous le nom d’Echino-
(1) D'Archiac: Les Corbières, p. 363 — 1859.
(2) D'Orbiguy : Paléont, française, Crét. VI, p. 517 -- 1859.
(3) Cotteau : Echin. foss. des Pyrénées, p. 40 — 1863.
(4) Hébert: Bull. S. (4. d. F. Y Sér. T. VE, p. 319 — 1N3S.
(5) Péron: Bull. S. G. d. F, 3 sér. T. V, p. 527 — INT.
14
— 140 —
conus conicus, le Conulus albogale‘us Klein dans la faune
des calcaires à Echinides des Corbières. M. Toucas s est
emparé de ces citations pour indiquer l'espèce comme si
l'avait lui-même recueillie {Buil. S. G. d. EF. 3° Sér. ‘E.
VIII, p. 51et T. XXIV, p. 606, mais il n'en possède au-
cun individu dans ses collections à la Sorbonne et s'est
borné en réalité à suivre ici une tradition sans fonde-
ment, que M. de Grossouvre avait considéré avec raison
comme forl douteuse {Stratig. Craie sup. p. 141.
D'Archiac ne faisait aucune mention de l'espèce dans
son Mémoire de 1854 : il l'indique seulement en 1859, sans
doute comme Leymerie l’indiquait en 1846 près de ‘Iroyves
el encore en 1858 à Joigny, c'est-à-dire en confondant
ie C. albogalerus avec le C. subrotundus. L'erreur était
d'ailleurs d'autant plus excusable que certains ƣ. subro-
tundus du Turonien affectent une forme franchement
conoïde. D'Orbigny, Cotteau, Hébert, Péron et M. ‘Ioucas
n'ont fait en somme que reproduire sans critique suffi-
sante une affirmation erronée de d'Archiac et que rien
absolument depuis plus d'un demi siècle de recherches
n'est venu confirmer.
Péron a commis une autre erreur en cilant incidem-
ment dans une liste de fossiles des couches à M'craster
corbaricus de Rennes-les-Bains l'£ch'noconus g'gas ‘Bull.
S. G. d. F. 3° Sér. FT. V, p. 477):. Jamais personne n'a
rencontré à ce niveau Ie Conulus grqas Cotteau (Ech'no-
conus) une des espèces les .plus caractéristiques du Maës-
trichtien de la Haute-Garonne. Péron lui-même n'en fait
plus mention dans son examen critique des espèces et il
n'a jamais pu ni me communiquer ni me montrer ce pré-
tendu C. g'ygas de Rennes-les-Bains. C'est donc avec rat-
son que M. de Grossouvre a regardé la malencontreuse
cilalion de Péron comme des plus douteuses ‘Stratig.
Craie sup. p. +411. Je n'hésite pas à la considérer com-
me erronée el j'estime qu'il Y a lieu de retrancher défi-
nilivement de la liste des espèces d'Echinides des Cor-
bières les Conulus albogalerus Klein et €. g'gas Cotteau
(ÆEchinoconus). |
LR
— 141 —
Conur.UusS SUBROTUNDUS Mantell, 18922.
Cette espèce bien connue, et caractéristique de l'étage
luronien inférieur, m'a élé jadis communiquée par M.
Carez, qui l'avait recueillie aux Joulis (sic), probable-
ment les Jordis de la carte de l’Elat major, un peu au
Nord de Saint-Louis. C’est elle probablement que Cotteau
a jadis citée à Cubières sous le nom d’Echinoconus co-
nicus.
Genre GLoBATOR Agassiz, 1810.
Le genre Globator a été établi par Agassiz dans son
Catalogus systemalicus pour son G. nucleus, de la Craie
de France, avec cette diagnosec: Ambilus subsphær'cus ;
ambulacra simplic'a, ad peripheriam divergentia, ports
non conjunctis. Anus posticus, oblongus, supramarg'na-
lis ; os quinquangulare. Les caractères du péristome ont
été précisés dès 1842 par Desor dans sa Monographie des
Galérites. Il en résultait que Globator ne se distingue réel-
lement de Pyrina Aygassiz (non Desmoulins) que par sa
forme plus circulaire au lieu d’être plus où moins allon-
gée ; aussi fut-il assez mal accueilli et d'Orbigny ne Favait
pas admis. |
Mais on sait que Desmoulins attachait avec raison aux
caractères du péristome chez les Echinides une valeur
considérable, en sorte que, dès 1835, en proposant son
genre Pyrina il le caractérise par sa bouche symétrique,
pourvue d'un système buccal interne analogue à celur de
ses Galérites. Avant reconnu qu'une espèce de ‘fouraine
(P. ouulum Lamarck {N'ucleolites) présentait une certaine
obliquité du péristome, il proposait, dans le cas où le Fait
ne serait pas le résultat d'une détérioration, de créer
pour elle un genre nouveau (1). Malheureusement, des
(1) Cette nécessité d'exelure du genre Pyrina les espèces à péristome
oblique nettement exprimée par Desmoulins, en 135, page 28 de ses
Etudes sur Les Echinides, est contirmée par lui deux ans plus tard. p.
259, note.
__—
— 142 —
sept espèces rapporlées à ce genre, la première, pourvue
de cloisons internes était un D'scoides et les deux suivan-
les de vrais Conulus, la cinquième élail un ÆEch'nocorys.
la sixième un simple nomen nudunt de de Blainville, la
septième identique au Nucleoliles ovulum Lamarck avait
réellement son péristome oblique et devait être exclue
du genre Pyrina, en sorte que la seule espèce conforme
à la diagnose, celle sur laquelle cette dernière semble
avoir été calquée, était l'espèce nouvelle P. petrocor'en-
sis, dont le péristome est en effet semblable à celui des
Conulus, mais qui en diffère par son périprocte supra-
marginal. Agassiz, qui eut le tort de n'attacher aucune
importance aux caractères tirés du péristome et de con-
fondre dans de mêmes genres des espèces à péristome
régulier et d'autres à péristome oblique ‘1, n'a tenu
aucun compte des observations de Desmoulins et, en
1810, ne rapporte au genre que deux espèces à ‘péristome
oblique, mais qu'il croyait pourvues d'un périsitome ré-
gulier. Ce sont Desor d'abord en 1842 et Agassiz en 1847,
qui ont créé un genre Pyrina nouveau ne comprenant plus
que Îles espèces à péristome oblique formellement ex-
clues par Desmoulins.
Ce nouveau genre Pyrina se confondait d'ailleurs pres-
que avec Je genre Globator, car le fait d'avoir une forme
un peu moins subglobuleuse, un peu plus allongée, na
qu'une valeur bien relative.
Dans ces conditions, je viens de proposer dans ma LDes-
cription des Echinides crétacés de la Belgique de resti-
tuer au genre Pyrina Desmoulins ses caractères prinntifs.
conformes au tvpe P. petrocoriensis et de faire des faus-
ses Pvrines de Desor ct d’Agassiz un simple sous-genre
de Globator. sous le nom de Pseudopyrina. Je n'ai d'ail-
leurs pas cru devoir séparer de Globator l'ancien Pyr'nü
(1) L'erreur d'Agassiz sur l'insigunifiance au point de vue taxonomi-
que des caractères tirés du péristome a été adoptée par Desor el
même par de Loriol qui a continué à confondre, avec les Botrtoproqus
à péristome pentagoual, des Pygorhynchux à péristome oblique.
— 143 —
Houzeaui Cotleau malgré la présence chez celle espèce
circulaire d'une cinquième ‘petite génitale imperforéce.
GLoBATOR Roussezi Cotteau
(Pyrina) 1887.
Cette espèce, bien décrite ct figurée par Cotteau dans
ses Echinides des Petites Pyrénées et des Corbières (Bull.
S. G. d. F. 3e Sér. T. XV, p. 6145, pl. 17, fig. 1, 3), se
rencontre surlout dans le Cénomanien de FAriège, mais
son auteur la signale également à Padern (Aude) et il
est probable que de nouvelles recherches permettraient
de la retrouver dans la région intermédiaire. M. Roussel
l'a d'ailleurs citée dans l'anticlinal de Ferrière {Bull S.
G. d. EF. 3e Sér. T. XV, p. 626). Cotteau a seulement
comparé ce Globator avec Pyrina cylindr'ca Gras,
qui est un vrai Pseudopyr'na. Elle est évidemment plus
voisine de Globator nucleus \gassiz, tvpe du genre, plus
pelil, plus globuleux et à périprocte moins développé,
situé plus haut. G. lœvis Agassiz ‘Galeriles) se distingue
de G. Rousseli par sa forme plus déprimée et pulvinée
en dessous.
GLOBATOR NUCLEUS Agassiz, 1810.
(PI. IT, fig. 15. 16).
Cette espèce, d'abord simplement connue par sa dia-
gnose générique, était alors attribuée à la Craie de France
ct le Lvpe porte dans la série des moules de Neuchâtel Ia
mention M. 18. Ses caractères ont été précisés par Desor
dans Sa Monographie des Galériles :p. 30, tab. I, fig.
1. 4. C'est une forme globuleuse, de 1% millimètres de
longueur sur 18 de largeur et 16 de hauteur et que l'au-
teur déclare d'origine précise inconnue, dont Fapex a
d'ailleurs été assez mal figuré Pi. Dans le Catalogue rat-
sonné elle est sans aucun motif attribuée à la Crate de
(1) est facile de constater que la disposition pénétrante des ocel-
laires, représentées comme intercalées entre les génitales, résulte
d'une erreur d'observation.
— 144 —
Ciply (Belgique) et d'Orbigny, qui l'a de nouveau décrite
et figurée (Pal. franç. Crét. VI, p. 489, pl. 987, fig. 1,
9) à, sans plus de raison, maintenu cette indication de
localité, justement critiquée par Desor, au Synopsis (p.
187, pl. 25, fig. 1, 4). Il est certain en effet que le type
M. 148 ne provenait pas de la Craie de Belgique, où l'on
n'a jamais rien trouvé de semblable. Ce type correspond
au contraire très exactement à des individus des Cor-
bières que j'ai sous les veux et c’est avec raison que De-
sor l’a attribué au crétacé de Sougraigne. La figure don-
née au Synopsis reproduit bien la forme générale du néo-
type de Sougraigne, mais elle manque d'exactitude pour
certains détails: ainsi toutes les plaques ambulacraires
ne sont pas des primaires ; lambulacre est composé d'as-
sules inégales : une grande primaire, qui enchasse à sa
partie externe une plaquette porifère, alterne en réalite
avec une primaire simple, comme cela a lieu chez Conu-
lus. Les tubercules mamelonnés, perforés, sont plus net-
tement scrobiculés et paraissent incrénelés. Le péristo-
me est oblique ; l'apex n'a que quatre plaques génitales ct
la cinquième génitale jimperforée, figurée par Desor,
n'existe pas.
Cetle espèce, assez répandue à Sougraigne dans les
couches calcaréogréseuses supérieures des marnes bleues,
est le plus souvent très déformée, mais les individus, sem-
blables au type figuré par Desor, sont faciles à dislin-
guer par leur forme subglobuleuse, dont le diamètre lon-
gitudinal l'emporte à peine sur le diamètre transversal.
L'apex a quatre plaques génitales et les ocellarres aux
angles. Les ambulacres portent en dessous six rangées de
tubercules assez serrés, puis les rangées internes devien-
nent irrégulières et cessent vers l'ambitus pour laisser
place à une assez large zone miliaire ; les rangées exter-
nes parviennent seules jusqu'à Fapex.
De très jeunes individus, au diamètre de 6 millimètres.
offrent déjà tous Tes caractères de ladulte. mais chez
eux le périprocte plus haut est plus rapproché de lapex
ct les zones miliaires ambulacraires sont moins dévelop-
pées.
— 145 —
Parmi les espèces voisines G. Roussel: Cotteau (Pyr'na)
du Cénomanign de Padern, de plus grande taille, a son
périprocte situé plus bas. G. lœv's Agassiz (Gater'tes)
aussi du Cénomanien, moins subglobuleux, a aussi son
périprocte plus bas. G. fauroentanus Gauthier, du Séno-
nien du Beausset {1), est de plus grande taille et de forme
plutôt subpentagonale que circulaire.
Il est très singulier que ni Péron, ni Cotteau, m le colo-
nel Toucas, ni M. de Grossouvre n'aient mentionné le G.
nucleus dans les Corbières, où l'espèce n'est cependant
pas très rare.
Localités : Le Globator nucleus, parfaitement typique,
a été recueilli par M. Bories à la crète de la Montagne
de Sougraigne au Nord-Ouest des Croutets. M. Miquel l'a
également rencontré près des Croutets dans des calcaires
gréseux gris de la partie supérieure des marnes bleues.
Le colonel Savin l'avait trouvé, probablement au même
niveau, sur la Montagne de Brens. M. Toucas m'en a com-
muniqué un individu provenant de la Montagne des Cor-
nes, sans autre indicalion précise de niveau. J'ai moi-
même recueilli l'espèce à Sougraigne, au bas du chemin
des Croutets. dans les marnes bleues à Zrochus sou-
graignensis. Les petits individus pisiformes, ci-dessus si-
gnalés, ont été trouvés par M. Bories dans fe lit du torrent
de Bordencuve, à un niveau peut-être un peu inférieur
aux précédents. M. Carez a rencontré G. nucleus à Sou-
latge. I parait se retrouver au Beausset, d'après des in-
dividus communiqués par M. Michalet.
En résumé, espèce caractérise dans les Corbières la
parlie supérieure des marnes bleues du Santonien supè-
rieur.
GLogaTor Haucr Lambert.
(PI HE, fig. 6, 10).
Cette espèce, dont je prie M. le professeur Iaug de bien
vouloir accepter la dédicace comme un faible témoignage
(1) Espèce non décrite ni tigurcée.
— 146 —
de mes remerciements pour ses précicuses communica-
tions, est sans doute assez voisine de la précédente, mais
elle en diffère par sa taille plus forte (longueur 25 milli-
mètres, largeur 25, hauteur 21 millimètres), par sa forme
moins subglobuleuse, sensiblement allongée, par son pé-
riprocte plus régulièrement ovale et plus développé, par
ses ambulacres un peu plus larges et sa surface beaucoup
plus tuberculeuse. Ses tubercules forment six rangées
ambulacraires qui s'élèvent jusqu'en dessus. Dans les
interambulacres, les tubercules scrobiculés sont même en
dessus abondants et épars dans une fine granulation mi-
liaire, fandis que chez G. nucleus ces mêmes tubercules.
encore assez nombreux dans la région adambulacraire de-
viennent rares dans la partie médiane de l'aire, où l'on
n'en voit plus que deux ou trois obliquement disposés sur
chaque plaque.
Malgré l'allongement de son test, la face inférieure du
G. Haugi très convexe ne permet pas de rattacher cette
espèce aux Pseudopyrina. Le type du G. Iaugt ne pro-
vient pas du département de l’Aude, mais, comme on la
parfois confondu avec G. nucleus et qu'il a éte désigné
sous ce nom dans les collections de la Sorbonne, il m'a
paru intéressant de l'en séparer en indiquant les carac-
tères qui permettent de distinguer spécifiquement cette
espèce, dont une variélé de laille seulement un peu plus
petite se retrouve d'ailleurs aux environs de Rennes-les-
Bains.
Localités : Saïint-Sirac près Levchert, Bastié ‘Ariège).
D'autres individus ont été recueillis dans les bancs su-
péricurs de calcaire grésceux gris du Santonien par M.
Bories au Nord-Ouest des Croutets.
GLOBATOR CORNUUM Lambert.
(PL. LL, fig. 41, 44).
Espèce de moyenne taille, mesurant 26 millimètres de
longueur sur 23 de largeur et 20 de hauteur, subpentla-
gonale, très renflée en dessus, faiblement convexe en
dessous. Péristome central, à fleur du test : périprocte
ovale, situé assez haut. Aimbulacres étroits, très légère-
— 147 —
ment saillants. Tubercules assez nombreux, épars dans
toutes les aires.
C'est probablement ce Globator que d’Orbigny dans la
Paléontologie française et depuis le colonel ‘l'oucas avaient
cité À Soulaige, à Sougraigne ct à la Montagne des Cor-
nes sous le nom de Pyrina petrocoriens's Desmoulins
(1). Mais ce dernier, qui appartient à une autre famille
d'Echinide, en diffère bien netlement par sa plus grande
laïlle, ses ambulacres plus saillants, son périprocte situé
plus bas, sa face inférieure plus plane et surtout son pé-
ristome régulier. Dès 1863, Cotteau élevait des doutes sur
l'assimilation proposée par d’Orbigny (2; et Péron a eu
le tort de la rappeler {3) sans critique suffisante. Après
examen des individus recueillis par M. Toucas, nous avons
reconnu ensemble qu'ils appartenaient en réalité À une
espèce bien différente et nouvelle: celle que je décris
ici, et qu'il y avait lieu de supprimer Pyrina petroco-
riensis de la liste des Echinides des Corbières.
La forme générale du Globator cornuum le rapproche
un peu du G. tauroentanus Gauthier, du Beausset, mais
ce dernier plus pentagonal cst moins renflé en dessus, ses
ambulacres sont complètement à fleur du test et ses
zones porifères superficielles ne sont pas déprimées com-
me celles de l'espèce de Rennes-les-Bains.
Localités : Celle de Soulalge indiquée par d'Orbigny est -
douteuse et pourrait bien se rapporter au Pseudopyr'na
alacina. Les seuls indifidus qu’il m'ait été donné d'exa-
miner ont été recueillis par M. Foucas el par moi dans les
bancs à Hippurites de 1a Montagne des Cornes et de Sou-
graigne que je rapporte au sous-étage Campanien.
(1) D'Orbigny : Pal. frane. Crèt. VE, p. 88. —Toucas : Bull. S.G.d.F.
3 sér. T. NXXIV, p. 604 et 614:
(2) Echinides fossiles des Pyrénées, p. #2 (202).
(3) Calcaires à Echinides de Rennes-les-Bains (Bull S. G. d. F.3:
sér. T. V. p. 479 — 1875).
— 448 —
PsEuDoryRiNA ATAGINA Cotteau
(Pyrina) 1856.
(PLU, fig. 23, 2).
Pyrina atacica Correau : Catalogue des Echinides fossiles des
Pyrénées, p. 13. — 1856. .
— ataciana D'OnBiGny : Paléont. franc., (Crét. VII, p. 401,
pl. 988, fig. 1, 5). — 1857.
— — DEson : Synopsis des Echinides, p. 191. — 185$.
— ataxensis Correacu : Échinides foss. des Pyrénées, p. #2, 202.
— 1863.
— — PÉRON : Calcaires à Echinides de Rennes-lex-Bains,
: (Bull. S. G. D. F. 3° sér. T. V, p. 4791. -— 1871.
— petrocoriensis Correau {non Desmoulins): Cutalogue des Echi-
nides des Petites Pyrénées et des Corbières (Bull.
S. G. D. F., 3" sér. T. XV, p. 662). — 1887.
— ataciana Toucas : Bull. S. (4. D. F.,3° sér. T. XXIV, p.614.
É — 1896.
— ataxensis DE (GROSSOUVRE : Recherches sur La Craie sup.
Stratigraphie gén., fase. 1, p. 453, 46%. — 1901.
Primilivement désignée sous le nom barbare d'atacicu
que d'Orbigny a transformé en alaciana, cette espêce a
reçu ensuite de son auteur le nom non moins barbare
d’'alaxensis. Je lui restitue son vrai nom latin afacina qui
pour être moins conforme aux règles édictées par les
Congrès (1) est seule conforme à la saine orthographe
latine.
Cotteau qui a créé ce Pseudopyrina l'avait plus tard
complètement perdu de vue et, en 1887, il en a désigne
(1) La majorité des Congrès scientifiques est trop souvent composée
de Barbares, étrangers au génie de la langue latine et sans compé-
tence pour la réformer ; ainsi la règle qui impose la termination enxts
aux noms de lieüx ue devrait s'appliquer qu'aux pays inconnus des
Romains. En la généralisant, on aboutit à des expressions grotesques
comme le serait romanensis pour dire romain. L'antique Narbonnaïse
a été trop longtemps et complètement romaine pour que la géographie
de cette région n'ait pas été latinisée. Ces noms antiques doivent pré-
valoir sur les néologismes modernes qu'ils soient ou non en ensis.
— 149 —
un individu de l'Ariège sous le nom de Pyrina petroco-
ritensis. Les deux espèces sont cependant bien nettement
différentes et le P. petrocoriens's de plus grande taille,
à ambulacres plus saillants, a son périprocte situé plus
bas et un péristome régulier, tandis que ce dernier est net-
tement oblique chez Pseudopyrina atac'na. j
Le Pseudopyrina atacina a été assez bien décrit et fi-
guré dans la Paléontologie française. J'en ai sous les yeux
un individu en bon état recueilli par Savin à la Mélainie
de Brens, près Sougraigne. 11 mesure 2£ millimètres de
longueur sur 20 de largeur et 16 de hauteur ; il est donc
nettement elliptique, arrondi à ses extrémités ; sa face
supérieure renflée, subhémisphérique, a son apex très
légèrement excentrique en avant ; la face inférieure plane,
arrondie et pulvinée sur les bords est un peu déprimée
vers le péristome. Ce dernier, situé au milieu de la face
inférieure, est assez large, neltement oblique et acuminé
vers l'aire 3. Les ambulacres sont en légère saillie avec
zones porifères un peu déprimées ; leur composition est
d'ailleurs conforme à celle des autres espèces du genre :
les pores très serrés, régulièrement superposés en dessus,
s'écartent de la ligne droite et forment des triades obli-
ques en approchant du péristome. Le périprocte assez
grand, ovale, ouvert dans le bord postérieur, est partiel-
lement visible du dessus, mais non du dessous. L'apex
est formé de quatre plaques génitales perforées avec ocel-
laires aux angles ; entre les deux ocellaires postérieures
ct les deux génitales 1 et 4 on aperçoit une très petite
plaque imperforée, rudiment de Ia cinquième génilale.
Les tubercules scrobiculés égaux, épars, sont cependant
sensiblement plus serrés en dessous qu'en dessus el ten-
dent à former dans les ambulacres des rangées latérales
assez régulières.
L'espèce se distingue facilement des Globator nucteus,
G. Haugi et G. cornuum par sa forme plus déprimée, sa
face inférieure non convexe et son périprocle situé plus
bas. P. Toucasi d'Orbignv ‘Pyr'na un peu plus allongé,
subconvexe en dessous, est plus cylindrique, a son apex
— 150 —
un peu plus excentrique en avant, ses pores en rangées
moins obliques près du péristome et ses tubercules plus
serrés en dessous. : : |
C'est évidemment par erreur que Gauthier, dans ses
listes de 1880, a cité P. atac'na dans le Cénomanien de
Cassis et de La Bedoule. On retrouve bien en Provence
une forme très voisine, moins arrondie en arrière, plus
déprimée en dessus, mais à un niveau plus élevé, dans
le Sénonien du Beaussot.
Localités : Le P. alacina paraît fort rarc dans les Cor-
bières cl je n'en connais que quelques individus, le meil-
leur recueilli par Savin à la mélairie dé Brens, un plus
petit trouvé par M. Bories au Nord-Ouest des Croutets el
dont il a bien voulu enrichir ma collection ; un autre a
élé rencontré par le colonel Toucas à la Montagne des
Cornes ; enfin, le type de la collection Cotteau était com-
me les premiers de Sougraigne. 11s proviennent tous, d'a-
près la roche, d'un bane de grès ferrugineux, immédia-
tement inférieur aux couches à Hippurites ct qui pour-
rait bien déjà être placé dans le sous-étage Campanien.
Pseuporyrixa Toucast d'Orbigny
(Pyrina) 1859.
Bien que le type de cette espèce ait été attribué à l'étage
Furonien du Beausset, il m'est impossible d'en séparer
un individu que j'ai recueilli sur le chemin de Sougrai-
yne aux Croutets. Une comparaison directe avec un tn-
dividu du Beausset ne me permet de relever aucune dif-
férence entre lui et celui des Corbières. P. Toucasr a élé
trop bien décril et figuré dans la Paléontologie française
Crét. VI, p. 482, pl. 984, fig. 6, 10) pour qu'il v ait
lieu de revenir sur cette description.
Localité: Sougraigne ; calcaires marneux gris du bas
du chemin des Croutels ; sous-étage Santonien supérieur.
sr
— 151 —
PSsEUDOPYRINA (spec. ind.)
Certains des auteurs ‘qui se sont occupés des fossiles des
Corbières, comme Cotteau (1) et Toucas 2), y ont cité le
Pyrina ovulum Lamarck (Nucleolites). J'ai examiné la
question avec M. Toucas et nous avous reconnu que ja-
mais le véritable Pseudopyrina ovulum n'avait été positi-
vement rencontré dans la région.
Sans doute, on trouve parfois dans les bancs marneux
des calcaires à Rudistes de la Montagne des Cornes un
Pseudopyrina qui se rapproche un peu de l'espèce tou-
rangelle, mail il est pius large, plus anguleux en avant,
moins convexe en dessous el même en dessus, donc moins
cylindrique ; ses tubercules sont moins nombreux, moins
développés en dessus el se réduisent à deux rangées
marginales dans la partie supérieure des ambulacres ; les
granules intermédiaires sont beaucoup plus fins et moins
inégaux. TT
Malheureusement, les seuls individus que je possède
sont en trop mauvais état pour pouvoir être correctement
décrits el figurés et je suis obligé, pour leur donner un
nom, d'attendre le hasard de nouvelles et heureuses dé-
couvertes. |
Localité: Montagne des Cornes ; bancs à Rudistes du
sous-étage Campanien.
PyGauLus sUBÆQUALIS Agassiz, 18/7.
Cetle espèce a été citée par Cotteau dans l'étage Céno-
manien à Padern {Echin. P. Pyrénées et Corbières, Bull.
S. G. d. F. 3e Sér. T. XV, p. 616).
NUCLEOPYGUS (nov. spec.)
(PL. IH, fig. 20, 22).
Espèce mesurant 10 millimètres de longueur, sur % de
largeur et 7 de hauteur au-dessus du périprocte, sub-
(1) Bull. S. 4. d. F, 3° sér. T. XV, p. 662.
(2) Bull. S. G. d. F. 3° sér. T. VIE, p. 65.
— 152 —
quadrangulaire, arrondie en avant, tronquée en arrière,
avec face supérieure renflée, déclive en avant et tace 1n-
férieure déprimée ; péristome enfoncé, subpentagonal, net-
tement excentrique en avant ; face postérieure subtrigone,
avec périprocte supramarginal, allongé, étroit. Apex el
pétates iuconnus. Il faut espérer que de nouvelles décou-.
vertes permettront de compléler cette diagnose ct d'im-
poser à l'espèce un nom spécifique.
Ce Nucleopygqus, insuffisamment caractérisé, se distin-
gue cependant facilement de tous ses congénères. Nu-
cleolites parallelus Agassiz est plus allongé et plus re-
lréci en avant. Nucleopyqus coravium Agassiz a sa face
inférieure moins déprimée et son péristome moins excen-
trique. Plus petit, Nucleopygus m'nor Agassiz a son pé-
ristome plus large et son périprocte plus voisin de l'apex.
Localité : Crète au Nord-Ouest des Croutets, près Sou-
graigne ; sous-étage Santonien.
BoTRioPyGus ATAXENSIS Cotteau, 1877.
Cette espèce décrite et figurée dans la Description des
Echinides crétacés des Petites Pyrénées et des Corbières
(p. 647, pl. XVII, fig. 4, 7), n’est toujours connuc que par
l'unique individu recueilli par M. Roussel dans le Cé-
nomanien de Padern. On ignore toujours les caractères
de son péristome el sa position générique exacle reste
problématique. |
PayizoBrissus Boriesr Lambert.
(PI. IN, fig. 17, 19).
Espèce de moyenne taille, mesurant 15 millimètres de
longueur sur 13 de largeur et 9 de hauteur, ovalaire, plus
élargie en arrière qu'en avant; face supérieure renflée
surtout vers les bords, simplement convexe et non caré-
née en dessous : péristome excentrique en avant, dans une
dépression sensible de la face inférieure, rendue étroite
par la convexité des bords ; ce péristome est entouré de
faibles bourrelets et de phyllodes peu développées. Apex
à quatre pores génilaux, excentrique en avant; pétales
étroits, ouverts, égaux, composés de pores oblongs, les
is
externes à peine plus longs que les internes et disposés
par paires nettement conjuguées. Périprocte peu déve-
loppé, assez haut, supramarginal, presqu’à fleur du test
et s'ouvrant au sommet d'un léger sillon, qui disparait à
l'ambitus.
Cette intéressante petile espèce ne saurait être confon-
due avec aucune autre, en raison de ses caractères mixtes,
qui la placent à la limile entre les vrais Phyllobr'ssus,
à plus faibles phyllodes, avec périprocte dans un sillon
mieux limité, ei les Catopyqus à face inférieure subcon-
vexe, péristome à fleur du test, entouré de bourrelets bien
développés. Le Botriopygqus ataxensis Cotteau en diffère
par sa forme moins renflée, avec périprocte bien plus
large, marginal et échancrant le bord, et par ses pétales
tendant un peu plus à se fermer.
Localité: L'unique individu, dont M. Bories a bien
voulu enrichir ma collection, a été recueilli par lui à Ia
Montagne des Cornes, à la base des couches à Hippuri-
tes du flanc Sud avec le petit Pseudopyrina resté indéter-
miné ; sous-étage Campanien.
OooPyaus Savixt Lambert, 1902
J'ai donné la descgiption et des figures de cette espèce
dans la Note de Savin: Note sur quelques Échin'des du
Dauphiné et autres régions, p. 6, pl. 111, fig. 6, 10, et
il me paraît superflu d'y revenir, sinon pour indiquer que
l'espèce comparée sous le nom de O. pyrifornus n'est
pas le O. piriformis Leske (Echinites), mais mon 0.
gracilis. Je ne puis d'ailleurs, au sujet de cette espèce et
des caractères du genre, que renvoyer à mes précédents
travaux: Liste critique des Echinides du Calcaire à Bau-
clites du Cotentin, p. 15 et suiv. {Caen 1909) et Descr'p-
tion des EÉchin'des crétacés de la Belgique, p. 56 et sui-
vantes (Bruxelles 1911). |
C'est par erreur également que dans la Note de Savin
cette cspèce a été attribuée au Turonien. Elle a bien été
rencontrée au Nord du petit Lac, mais sur le flanc gau-
che de la partie haute du vallon de la Douce, au pied de
== Ab
la barre calcaire ci-dessus décrite et dans les couches
supérieures des marnes à Micrasler corbar'cus, du sous-
étage Santonien.
CLYPEOLAMPAS ovuM Grateloup
(Galerites) 1836.
(PL II, fig. 4, 5).
Galerites ovum GRATELOUP : Oursins foss. de Dar, p. 5, pl. 2. fig. 5.
— 1836.
Conociypus — p'OnBiäny : Paléont. franr., (Crét. VI, p. 349. pl.
948. — 1856.
Conoclypeus — Toucas : Bull. S. 6. D. F., 3° sér. T. XXIV, p. 613.
— 1896. |
L'individu de Sougraigne que j'ai sous les yeux me-
sure 38 millimètres de longueur sur 32 de largeur et seu-
lement 24 de hauteur ; il est donc beaucoup moins élevé
que le type de la Paléontologie française (Crét. VI, pl.
948) et sa forme plus déprimée le rapprocherait un peu
du C. perovalis Arnaud (Conoclypeus) du Campanien ;
mais il n’en a.ni la partie apicale subconique m'la dou-
ble rangée de granulcs sur les crètes qui, dans les péta-
les, séparent les paires de pores. Je ne vois donc aucune
raison pour ne pas confirmer la détermination de C.
ouum qui m'a élé donnée par M. Toucas et sous laquelle
il figure dans les collections de la Sorbonne. Il ne sau-
rait d'ailleurs être distingué d'un individu parfaitement
typique que j'ai sous les yeux et qui provient du Santo-
nien supérieur {N 2 des Charentes.
Peut-être cet individu de Sougraigne est-il celur qu
avait été jadis provisoirement rapporté au C. peroval's?
Mais, comme nous venons de le voir, cette désignation;
ne saurait être maintenue.
Localité: Sougraigne ; paraît d'après la roche provenir
d'un banc de calcaire gréseux gris semblable à ceux avec
Placenticeras syrtale du bas de la montée des Croutels :
couches supérieures de l’étage Santonien.
(0 Bull. S. G. d. F. 3 sér. T. XXIV. p. B4.
— 155 —
CLzyrEeoLaMmpas Toucasi Lambert.
(PI. TE, fig. 1, 3).
Conoclypeus ovum Toucas (non Grateloup) : Bull. Soc. G. d. F. 3" Sér.
T. XXIV. p. 613-1896.
Espèce de moyenne taille, mesurant 28 millimètres de
longueur sur 23 de largeur et 18 de hauteur, un peu allon-
gée, arrondie en avant et en arrière, où elle est légère-
ment plus large qu'en avant ; face inférieure plane ; tace
supérieure renflée, subconique, non carénée, avec apex
peu excentrique en avant, beaucoup moins que le péris-
tome. Ambulacres à pétales assez longs, étroils, subfle-
xueux, dont les paires de pores sont séparés par une crèle
avec un seul rang de granules. Périprocte marginals
oblong et transverse ; zone sternale étroite ; floscelle bien
développé, analogue à celui du C. ovum.
On ne saurait cependant confondre l'espèce avec ce
Clypeolampas ‘ovum Grateloup {Clypeaster), plus haut,
à sommet plus arrondi, péristome moins excentrique cet
pétales plus courts, droits, plus réguliers. C. peroval's
Arnaud (Conoclypeus), qui a été cité par M. Toucas à
Sougraigne, diffère nellement de notre espèce par sa forme
plus large, son péristome beaucoup moins excentrique
en avant, ses pétales plus droits.
Localité: Sougraigne ; provient d’après la roche d'un
grès ferrugineux, analogue à celui qui, dans la montée
des Croutels, sert de base aux couches à Hippurites avec,
d'après M. Toucas, Ac{inocamax Grossouvrer. Cette cou-
che appartient probablement déjà au sous-étage Campa-
nien.
IloLasTEr NopuLosus Goldfuss
(Spalanqus) 1826.
M. Carez. dans son Livret-Guide des Pvrénées, a cilé
cette espèce dans le Cénomanien des sources de Ia Sals
(p. 29. Ne l'avant pas rencontrée moi-même dans les
Corbières, je lui laisse la responsabilité de cette cilalion.
15
— 156 —
Horasren TREcENsSIS Leymerie. 1842
Je n'ai jamais vu aucun individu de cette espèce pro-
venant des Corbières, mais M. de Grossouvre l'a indiquée
dans le Cénomanien, tantôt sous ce nom de frecens's à
GCubières {1), tantôt sous celui évidemment erroné de
Holaster tercensis à Parahou ‘2 ct à Cubières ‘3. 1
attribue cette dernière et malencontreuse détermination
à Gauthier, mais il est impossible que ce savant spécia-
liste ait commis une pareille méprise et confondu l'H0-
laster du Cénomanien de Troyes avec l'espèce non figurée
du Sénonien de Tercis, établie sur un individu écrasé et
que Cotteau supposait Ffasciolé : 41. M. le professeur Men-
gaud, de Toulouse, vient d'ailleurs de retrouver aux envi-
rons de Santander (Espagne) le Cardiaster tercensis,
qui, très voisin du C. æquiluberculatus Cotteau, en diffère
par son apex moins excentrique et la partie subpétaloide
de ses ambulacres pairs sensiblement plus longue. Evi-
demment M. de Grossouvre avait inexactement copié le
nom inscrit par Gauthier et il nv a pas à temir compte
de cette citation d'un ZZolaster tercens's, résultant d'une
simple erreur typographique.
Localités : Parahou près Saint-Louis, Cubières ; étage
Cénomanicen.
CARDIASTER INTEGER Agassiz
(Holaster) 1847.
SYNONYMIE
Holaster integer AGassiz : Calaloque raisonné, p. 134. — 1843.
= — D'ORBIGNY : Prodrome de Paléont, WW, p.200.— 10.
— — D'ORBIGNY : Paléont. frane., Crèt. VI, p. 18, pl.
851. — 1853.
(1) Recherches sur la Craie Supériewr'e. — Stratigraphie générale.
fase. 1, p. #41 — 1901.
(2) Hameau de la commune de St-Louis, dans la partie haute de la
vallée de la Blanque.
(3) Bull. S. 4. d. F3 sér. T. XXE, p. 287 et 291 — 1893.
(#1 Cotteau : Echin. [uss. des Pyrénées, p. 48 — 1863.
— 197 —
— latissimus D'Anciac : Bull. S. (4. D. F., 2° sér. T. XI,
p. 196. — 1854.
— integer LryMERIE et Correau : Calal. des Echin. foss. des
Pyrénées, p. 350. — 1856.
— — Desonr : Synopsis des Echinides, p. 341. — 1858.
— — D'ARCHIAC : Les Corbières, p. 359. — 1849.
— — + CoTTEAU : Erhin. foss. des Pyrénées, p. 47. —- 1863.
— — PÉRON : Bull. S. (4. D. F., 3° sér. T. V. p. 527. —
1877.
— Trigeri DE LAcviviErR (nomen nudum)j: Bull. S. (5. D.F.
3° sér. T. V, p. 538. — 1877.
— integer CoTTEAU : Etudes sur les Erhin. f[oxs. de l'Yonne,
p. 489. — 1878.
— — HÉBERT : Bull, S. 4. D. F., 3 sér. T. VI, p. 319.
— 1878.
— — Toucas : op. cit. T. VIII, p. 46, 554, 58. — 1880.
— Trigni Roussez {nomen nudum) : op. cit. T. XV, p. 619
— ANS.
— integer Toucas : op. cit. T. XXIV, p. 613. — 1896.
— — DE Grossouvre : Recherches sur la Craie sup.
Strat. gén., fasc. 1, p. 444. — 1901.
— — PÉRON : Bull. S. 6. D. F., &° sér. T. F, p. 520. —
1902.
Cette grande espèce, connue par le moule P. 96, par-
faitement décrite et figurée dans la Paléontologie tran-
caise (Crét. VI, pl. 851), peut être considérée comme ca-
ractéristique des marnes à W'craster corbaricus dans Îles
Corbières. Longtemps elle à été regardée comme dépour-
vue de fasciole ; mais j'ai pu en recucilhr à Sougraigne
des individus bien conservés montrant très nettement la
présence de cel organe. Cette découverte entraine néces-
sairement Île rejet de espèce dans le genre Cardiaster.
Divers auteurs l'ont signalée à tort dans la Craic blan-
che du bassin de Paris, où elle est remplacée par Holas-
ter placenta Agassiz, moule M. 2, presque dépourvu de
sillon antérieur et sans fasciole. Cotteau a démontré en
1878 l'erreur de la confusion des deux espèces, que Pé-
ron a persévéré à réunir malgré l'opposition d'iébert.
D'Archiac avait lui-même abandonné l'attribulion du Car-
— 158 —
diaster inleger au Holaster lal'ssimus, proposée par lu
en 1854. D’après Péron, le Cardiaster integer Se retrouve-
rait avec Micraster arenatus Sismonda, 4. Matheron:
Desor et Mortoniceras texanum dans le Santonien des Al-
pes-Maritimes. -
Localités: Vallon de la Douce, vailon de Bordeneure.
Faviès à Rennes-les-Bains, vallon de la Coume, flanc
gauche de la vallée de la Sals à Sougraigne, col du Li-
nas, Bugarach, Soulatge.
Ecnocorys Gravesi Desor
(Ananchytes) 1847.
Cette espèce, dont j'ai indiqué les caractères dans ma
Monographie du genre Echinocorys, p. 48, pl. 1, fig.
12, 15, se rencontre dans la partie inférieure des marnes
à Micraster corbaricus.
Localités : Vallon de Bordeneuve, Faviès à Rennes-les-
Bains, Sougraigne ; sous-étage Santonien.
Ecanocorys vurcanis Breynius, 1732.
Celle espèce bien connue, à tubercules plus développés
et flancs plus déclives que la précédente et dont j'ai égi-
lement donné une descriplion très détaillée dans ma Mo-
nographie du genre Echinocorys, p. 51, pl. 1, fig. 10.
17, a été signalée dans les Corbières dès 1854 par d'Ar-
chiac, comme variété de l’Echinocorys ovatus Leske, qu
est en réalité une autre espèce, caractéristique de ni-
veaux plus élevés de l'étage Sénonien. Péron a justement
rapporté les individus par lui recucillis près de Rennes-
les-Bains à Ha variété str'ata.
Localités: Vallon de la Doucc, vallon de Bordeneuve
à Rennes-les-Bains, col du Linas, cité aussi par M. ‘Lou-
cas à Sougraigne ct à Soulalge ; marnes à icrasler cor-
baricus du sous-étage Santonien.
— 159 —
EciNocoRYs GIBBUS Lamarck
(Ananchytes) 1816.
Je crois devoir rapporter à cette espèce un individu
recueilli dans les marnes à M'craster corbaricus du val-
lon de la Douce. Malgré son état de déformation il pré-
sente bien les caractères que j'ai attribués à l'espèce
dans ma Monographie du genre Echinocorys, p. 59%, pl.
IT, fig. 2, 6. C'est probablement cette même forme que
M. Toucas a désignée au même point sous le nom d’£.
ovatus Leske, espèce qui caractérise, comme je viens de
le dire, un niveau sensiblement plus élevé de l'étage Sé-
nonien.
- ÉPIASTER DISTINCTUS Agassiz
(Micraster) 1840.
Cette espèce a élé.citée par M. Roussel dans le Céno-
manien de J'anticlinal de la Ferrière (Butl. S. G. d. F.
3e Sér. T. XV, p. 626) et cette détermination a éte con-
firmée par Cotteau dans son Catalogue des Echinides des
Petites Pyrénées et -des Corbières.
Localités : Padern, Saint-Julia-de-Bec ; étage Cénoma-
nien.
MicRASTER ConBARIGUS Lambert, 1895.
SYNONYMIE SOMMAIRE
Micraster brevis (pars) Desor : Catul. raisonné, p. 130 (er locis,
non typo}, — 1811.
— coranguinum (pars) p'OnRBiGNy : Pal. Franc., Crét. VI,
p. 207, pl. KG8, fig. 1, 2 (fantum). — 1853.
— brevis np ArcHIAC : Bull, S. 4. D. F., 2 sér. T, XI, p. 1%.
— 1854.
— — (pars) Deson : Synapxis des Echinides, p. 36%.— 1858.
— — p'Ancuiac: Les Corbières, p. 359. — 1859.
— gibbus n'Arcurac (non Lamarck) : op. cit, p. 359. — 1859,
— cortestudinarium CoTrEAU (non Goldfuss): Echin. foss. des
Pyrénées, p. 55. — 1863. |
— 160 —
Micraster brevis QUENSTEDT : Die Echiniden, p. 655, Taf. 88, fig. 18.
— 1874.
— — PÉRON : Bull. S. GC. D. F., 3 sér.T. V, p. 5233. — 1N71.
— gibbus PÉRoN (non Lamarck) : Op. Ci.
Spatangus brevis BayLe : Foss. principaux des terrains, pl. 156, tig.
5, 6. — 1878.
Micraster (spec. ind.) HéBEerT : Bull. S. G. D. F., 3' sér. T. VI, p. 34.
— 1878.
— brevis Toucas : Bull. S. G. D. F., 3° sér. T, VIE, p. 51. —
1880.
— gibbus Toucas (non Lamarck) : op. cit.
— brevis CoquanD : Bull. Acad. d'Hippône, n° 15, p. 235. —
1880.
— — WRiGur: Brit. foss. Echin., p. 339, pl. 35, fig. 3.
| — 1881.
— — Correau : Bull. S. GC. D. F., 3 sér. T. XV, p. 660.
— 1887.
— — CoTTEAU : Echin. d'Aragon, p. 3. — 1R8K9.
— corbaricus LAMBERT : Monog. du genre Micraster, p. 231.
— 1895. | |
— brevis Toucas : Bull. S. G. D. F., 3° sér. T. XXIV, p. 613.
— 1896.
— corbaricus DE GROSSOUvVRE : Stratig. Craie sup., fase. 1.
p. 444. — 1901. .
— — DacLont : Etude yéol. des Pyrénées de l'Aragon,
p. 236, 238. — 1910.
Après la description très complète que j'ai donnée de
cette espèce, je crois superflu d'y revenir. Elle est d'ail-
leurs bien connue de toutes les personnes qu ont par-
couru les Corbières et il suffit de rappeler qu'elle a été
très longtemps confondue avec le Mic. brevis essentielle-
ment créé par Desor en 1847 pour le Spatangus g'bbus
Goldfuss (non Lamarck) de la Craie de Paderborn. C'est
à Hébert que revient le mérite de l'avoir distinguée com-
me cspèce particulière, mais il avait négligé de hu don-
ner un nom.
La forme commune et typique de l'espèce a été par-
failement figurée par Bavle dans ses fossiles principaux
des terrains ‘pl. 156, f. 5). Elle est remarquable par
son test large et renflé, son ambitus arrondi, à peinc
— 161 —
échancré en avant par un sillon atténué, par sa face in-
férieure convexe, son péristome assez éloigné du bord,
non recouvert par une lèvre saillante. L'apex est faible-
ment excentrique en avant, les pétales pairs sont longs,
droils, à peine excavés, avec zone interporifère plus ou
moins divisée par une rainure centrale et dont les fins
granules tendent à se grouper en bourrelet Sur chaque
primaire. Le pétale impair plus étroit est composé de
pores hétérogènes, les plus voisins de l'apex encore égaux,
séparés par un granule, les autres conjugués, allongés
dans les rangées externes. Les zones périplastronales sont
finement granuleuses, avec quelques tubercules scrobica-
lés, épars, plus petits que ceux des aires voisines. Le fas-
ciole assez net est étroit sur le plastron et parfois s'y obli-
tère.
A côté de cette forme on trouve plus rarement une va-
riété polygonale, déjà figurée par Bayle ‘pl. 156, fig. 6).
D'autres individus constituent une variété renflée, sub-
globuleuse, comme celle figurée dans la Paléontologie fran-
çaise (pl. 868, fig. 1, 2).
Quelques-uns assez hauts, subconiques, ont été jadis
confondus par Péron et M. Toucas avec le WMicraster gib-
bus, dont ils n'ont jamais les flancs déclives, ni la lèvre
sternale saillante, recouvrant le péristome.
Une autre variélé. un peu moins cireulaire, moins large
“en arrière. avec labrum un peu moins court, a été parfois
rapportée au Mic. coranguinum, dont elle se distingue
par son sillon plus atténué, les pores beaucoup plus rap-
prochés de son pélale impair et ses zones périplastrona-
les garnies de granules plus fins, non anastomosés. Le
Mic. coranguinum malgré la cilalion donnée par Péron,
est donc une espèce à raver de la liste des Echinides des
Corbières. |
Enfin, on observe chez Mic. corbar'cus, comme chez
beaucoup de ses congénères, des individus dont les péta-
les deviennent complètement superficiels.
La taille de l'espèce varie naturellement avec Fâge des
individus, mais presque tous sont adultes et les jeunes
— 162 —
restent très rares. J'en ai cependant recucilli un à Sou-
graigne, qui ne mesure pas plus de 20 millimètres de lon-
gucur ; ses pétales sont encore très courts, superficiels et
l'impair est encore différent des autres.
Bien que l'espèce ait élé jadis confondue par d Orbigny
avec le Mic. coranguinum et par Cotteau avec le Mc.
cortestudinarium, elle appartient à un groupe très diffé-
rent, plutôt subglobuleux que cordiforme et dépourvu de
grande lèvre sternale. Ses analogies avec le véritable H'c.
brevis et [es formes voisines, comme mon M'c. :caunensis,
sont plus réelles ; mais chez le premier le sillon est plus
profond en dessus et le fasciole plus complètement obli-
téré ; chez le second l'apex est plus excentrique, les zo-
nes interporifères sont plus régulièrement granuleuses,
les périplastronales plus tuberculeuses ; l'un et l'autre
enfin ont Icurs pétales bien plus courts.
On a voulu également rapprocher du fic. corbaricus
les Mic. arenatus et Mic. latus Sismonda, mais chez ce
dernier le sillon est bien plus large et plus profond, l'am-
bulacre impair est différent des autres et les zones inter-
porifères des pétales pairs sont plus développées. W'c.
arenatus, plus voisin, a cependant son sillon antérieur
plus accentué, une carène postérieure moins atténuée, son
péristome un peu plus rapproché du bord. Mic. Lartet
Munier Chalmas, de la Catalogne, ressemble sans doute
davantage au Mic. corbaricus, mais, comme je l'a déjà
dit, 11 m'a paru s'en distinguer par ses pétales moins
longs, l’impair différant davantage ‘des autres et son pé-
riprocte situé constamment plus haut. M'c. tercens's Cot-
leau plus globuleux a ses pétales plus courts et plus brus-
quement cxcavés, ce qui lui donne une physionomie très
différente. Enfin, j'indiquerai plus loin les caractères
qui ne permettent pas de confondre Mic. corbar'cus avec
son compagnon, It Mic. Matheroni.
On trouve dans la province espagnole de Santander un
Micraster de forme renflée, qui offre plus de rapports
peut-être avec le Mic. corbaricus, dont il pourrait bien
être le représentant dans cette région occidentale. 11 en
— 163 —
diffère toutefois par sa forme plus globuleuse, sa tace
postérieure plus rentrante, ses zones périplastronales plus
régulièrement granuleuses, surtout son péristome plus
rapproché du bord avec labrum un peu plus saillant et
son apex, dont le madréporide lend davantage à se pro-
longer en arrière.
Localités : L'espèce est partout très abondante dans les
marnes dites à Echinides qu'elle caractérise, particuliè-
rement dans le vallon de la Douce, sur le flanc droit de
celui de Bordeneuve, au col de Faviès, en amont de Sou-
graigne sur le flanc gauche de la vallée de la Sals et au
col du Linas ; l'espèce se trouve encore au fond du vallon
de la Coume, au pied de Rennes-le-Château, à Sant-
Louis, à Camps et à Soulaige ; marnes à Micraster du
sous-étage Santonien.
En dehors des Corbières le Micraster corbar'cus a éte
signalé au Beausset (Var), puis par M. Carez sous le nom
de Mic. brevis dans T’Alava (Vitoriano) et en Catalogne
(Boixals\, par Gauthier en Algérie ‘Chettabah) et en Tu-
nisie (Djcbel-Djebba) ; M. Mengaud vient de le trouver
aux environs de Santander : Cotteau l'avait signalé sur di-
vers points en Aragon, où M. Dalloni vient de le retrouver
à la Sierra de Cotiella et dans le massif du Turbon.
MicrasTer MaTHeroxt Desor, 18/7.
Celte espèce très renflée et remarquable par sa grande
taille atteint 90 millimèlres de longueur sur 88 de lar-
geur (1). Elle a été parfaitement décrite et figurée par
d'Orbigny dans la Paléontologie française ‘Crét. VE, p.
203, pl. 861 et 865. Péron, qui devait cependant bien la
connaître et l'avait citée en 1877 à Rennes-les-Bains
(Bull. S. G. d. EF. 3° Sér. T. V, p. 5261, a paru depuis
disposé à la confondre avec Mic. arenatus Sismonda ‘Bull.
(1) Ce grand individu, comme la plupart de ceux des Corbiéres, est
accidentellement déprimé ; un autre, du Crétacé de Nice, mesure 80
millim de longueur sur 38 de largeur et 60 de hauteur.
— 164 —
S. G. d. F. 4e Sér. T. I, p. 519). Le savant géologue
venait cependant de reconnaître que Mic. arenalus, à
ambulacre impair à peu près semblable aux autres, était
un Gibbaster, tandis que Mic. Matheron: n'en cest pas un
et n'appartient pas à 1a même section du genre. Sa pro-
position inexplicable ne saurait donc être acceptée.
On sait que Coquand avail voulu créer, aux dépens du
Mic. Matheront du Beausset, une prétendue espèce nou-
velle, son Æpiaster Michaletr {1) établi sur de simples
débris et, comme je l'ai déjà indiqué, sans aucune valeur
(Monog. du G. Micraster, p. 188).
C'est encore selon moi le Mic. Matheron!' que Cotteau
a cité à Bugarach, d’après M. Roussel iBull. S. G. d. F.
3e Sér. T. XV, p. 660), sous le nom de Mic. Hebertt de
Lacvivier. Jamais, en effet, ni Péron, n1 MM. ‘loucas et
de Grossouvre, ni aucune des diverses personnes qui ont
le plus soigneusement exploré la région de Bugarach nv
ont rencontré le Mic. Heberti, qui est un Gibbasler, tan-
dis que le Mic. Matheron', que Cotteau ne cite même pas
dans son Catalogue, n'est pas rare dans les grands affleu-
rements de marnes à Echinides, qui dominent Île vil-
lage vers le col du Linas. Ces prétendus M'c. 1lebert' de
Cotteau sont de toute évidence de jeunes H'c. Matheron.
Sans doute, M. Toucas à depuis cité à son tour M'c.
Heberti dans le vallon de la Douce avec le Cardiaster °n-
teger ‘Bull. S. G. d. EF. 3° Sér. FT. XXIV, p. 606. Mais
il s'agit de sa part d’une énuméralion empruntée à d'au-
tres auteurs et non d'espèces recueillies par lui-même,
puisque M. Ieberti voisine dans cette liste avec £cluno-
conus conicus, qui n'appartient pas davantage à la ré-
sion de Rennes-les-Bains. M'craster Heberlr doit donc
être rayé de Ja liste des Echinides de la partie étudiée 1c1
des Corbières. |
Le Micraster Matheron: dont les jeunes individus ne
sont pas très rares aux environs de Renncs-les-Bains. se
distingue toujours facilement du M'c. corbaricus par Sa
(1) Etudes supplém. sur la Paléontologie algérienne, p. 279 — 10.
— 165 —
taille plus forte, son péristome plus excentrique en avant,
son périprocte s’ouvrant plus haut, ses pétales pairs pro-
portionnellement moins longs, avec zones interporifères
moins accidentées, finement granuleuses, surtout par son
ambulacre impair différent des autres, très long, étroit,
composé de pores à peine inégaux, séparés par un gra-
nule, souvent un peu obliques entre eux et disposés par
paires scrrées.
Localités : Vallon de la Douce près de Rennes-les-Bains,
Rennes-le-Château, col du Linas, cité aussi par M. de
Grossouvre au col de Cuguillou et par M. Toucas à l'Est
de Sougraigne ; couches à Micraster corbar'cus ; sous-
étage Santonien. |
MICRASTER CARENTONENSIS Lambert, 1895.
J'ai établi cette espèce, dans ma Monographie du genre
Micraster (p. 2140), pour une forme, surtout fréquente
dans les Charentes, mais se retrouvant en louraine et que
Cotteau, dans ses Echinides de la Sarthe, avait décrite
et figurée (p. 324, pl. 95, fig. 1, +# sous le nom de H'c.
laxoporus, qui est une espèce différente, spéciale à la
tranchée de la Rousselière.
M. de Grossouvre a recueilli un individu du fic. ca-
rentonensis dans le vallon de la Douce, à la partie su-
périeure des marnes à Wicraster corbar'cus ; sous-élage
Santonien.
ÎTEMIASTER MINIMUS Agassiz
(Micraxter) 1840.
Cotteau a signalé cette espèce dans l'étage Albien au
Bézu, commune de Saint-Just.
IEMIASTER BUurFo Brongniart
palanqus) 1N22.
C'est M. Roussel qui a signalé cette espèce dans le Cé-
nomanien de lanticlinal de La Ferrière, Sa presence v
semble en effet très probable ‘Bull. S. G. d. EF. 3° Sér.
T. XV, p. 626). |
-
— 166 —
Hemiasrer Desoni Haime, 1854.
Hemiaster Desori HaiME. in d'Archiac : Bull. S. 6. D. F., 2 sér. T. NE,
p. 198, 238, pl. 1, fig. 6. — 1854.
— Desorii Deson : Synopsis des Echin., p. 369. — 1858.
— Desori Correau : Echin. des Pyrénées, p. 60. — 163.
— Gauthieri Toucas (non Péron) : Bull. S. G. D. F., 3° sér.
TT. VIE, p. 45. — 1879.
— Desori PÉRON : op. cit., p. 100.
— Gauthieri RousseL (non Pérou) : op. cit., T. XV, p. 626. —
1887.
— Leymeriei Roussez (non Desor) : op. cit.
— Gauthieri Correau (non Péron) : op. cit. p. 659. — 18N7.
— Leymeriei Correau (non Desor) : op. rit.
— Gauthieri DE GRossoUvRE (non Péron) : Stralig. Craie sup,
fase. 1, p. #42. — 191.
— Desori Savinx : Notes sur quelques Echin. du Dauphiné et
autres régions, p. 2. — 1902.
Hemiaster Desori, ‘décrit et figuré dans la Note de
d’Archiac sur la Géologie des environs des Bains de Ren-
nes, à été attribué à cet auteur par Cotteau. C'était une
erreur dans laquelle Desor n'était pas lombé (Synopsis,
p. 369) et on doit avec lui tenir compte de la Note de
d'Archiac, qui attribue positivement (p. 205) la déter-
mination et la description de ses Echinodermes à J.
Haime.
Le gisement du tvpe de cette espèce donna lieu à une
difficulté dont ne se sont pas préoccupé les auteurs qui
Tont citée. Dans Ia description des espèces nouvelles
celle du 77. Desort est donnée sous le titre: Assise des
Calcaires à Echinodermes, N° 8. Mais dans la nolice
straligraphique où chaque espêce est énumérée par as-
sise. il nen est fait aucune mention pour cette couche
N° 8. H. Desori esl seulement cité dans les calcaires
noduleux el marnes jaunâtres, bleues à l'intérieur, Nos
14 el 15. c'est à dire dans l'assise marneuse du Turonten.,
au-dessous des calcaires à Rudistes de cet étage.
Dans ces conditions, on peut se demander si le type du
— 167 —
H. Desori est la forme des marnes turoniennes, ou celle
des bancs à Phymosoma Archiaci base des marnes à
Echinodermes, ou enfin le petit /Zem'aster des marnes à
Micraster. Les auteurs ne nous fournissent aucun rensei-
gnement pour la solution de cette question. Cotteau avail
cité jadis 77. Desor:' sans indiquer son niveau précis. Si
Peron finit par le mentionner en 1879, c'est pour le con-
fondre avec une forme très différente, Perraster Verneuïl!,
comme M. Toucas l'a depuis confondu avec H. Gauthier:.
J'ai dû alors rechercher sur place des éléments nouveaux
de décision. Malheureusement, je n'ai pu retrouver aux
Bains-doux, dans les calcaires marneux où d'Archiac l'a-
vait rencontré, le 1. Desorti ; mais dans les marnes turo-
niennes, inférieures aux calcaires à Aippurites resectus,
du ravin des Capilaines, j'ai recueilli de petits Hemuaster
qui se rapportent exactement à la description et aux fi-
gures de Haime. Dans le Coniacien à Phymosoma Ar-
chiact on trouve d’autres petits Hem'aster que M. ‘loucas
a voulu rapporter au À. Gauthiert. Is n'en ont cependant
ni la forme oblongue, ni les pétales et ils se rapprochent
plutôt du H. Desori. Quant à l’/Zemiaster des marnes à
Micraster corbaricus, il n'est connu que par des indivi-
dus trop écrasés pour se prêter à une détermination pré-
cise.
Or, d'après Ilaime, le véritable 77. Desor: est une torme
voisine du 77. bufo, mais moins élevé en arrière, avec pé-
tales antérieurs pairs plus longs, plus étroits, plus pro-
fonds et plus droits, plus rapprochés des postérieurs.
Les figures confirment cette description comparative et,
avec leur forme renfléc, arrondie, à peine sinueuse en
avant, obliquement tronquée en arrière, moins haute,
moins acuminée de ce côté que chez H. bufo, les immdivi-
dus des marnes turoniennes sont exactement conformes
au type de l'espèce. Leurs pétales pairs sont, comme le
dit Haime, longs. droits, étroits, mais ces pétales ne sont
ni plus profonds, ni plus divergents que ceux du #.
bufo ; 1eur face inférieure est seulement un peu plus
bomlée et leur fasciole reste indistinct, |
+
s — 168 —
Quant à l’Hemiaster du Coniacien, il diffère du type
du Æ. Desori seulement par sa face inférieure moins bom-
bée, ses pétales un peu plus larges et plus profonds, son
fasciole plus distinct ; mais ces différences me paraissent
de trop peu d'importance pour justifier une séparation
spécifique. Sans doute, quelques individus de plus forte
taille, mesurant 31 millimètres de longueur (au lieu de
20), sur 29 de largeur et 22 de hauteur, s’éloignent da-
vantage du type par leur forme plus haute, plus bombée
en dessus, avec carène postérieure plus saillante, mais
de nombreux intermédiaires les rattachent aux autres.
H. Desori, ainsi largement compris, en réumssant les
individus du Comiacien à la forme type du l'uronien, se
distingue facilement des formes très inéquipétales du.
groupe du H. Leymeriet. Bien qu'en aient pensé MM.
Toucas, Roussel et Cotteau, il est très différent du 71.
Gauthieri Péron du Sénonien de la Provence par sa forme
moins ovale, ses pétales moins inégaux, moins étroits,
moins superficiels. Sans doute, j'ai sous les veux quel-
ques petits Æemiasler des Jeannots près La Bedoule
(Bouches-du-Rhône) plus voisins du H. Desor! que le
type figuré par Péron de son H. Gauthier: (1), mais ils
restent bien distincts de l'espèce des Corbières par leurs
pétales pairs plus courts, plus inégaux, plus larges et
plus superficiels.
Haime avait indiqué déjà les caractères qui séparent
son A. Desori du H. bufo Brongniart ‘Spatangus). Il est
superflu de le comparer aux espèces pourvues d'un sillon
antérieur échancrant nettement le bord et aussi aux espé-
ces très inéquipélales. H. Toucasi d'Orbigny plus grauu
a sa face postérieure moins oblique, son apex plus excen-
trique en arrière et ses pétales plus inégaux. H. lge-
(1) Bien que décrit dans un travail sur les Echinides des Corbierex
(Bull. S. G. d. F.3" sér. T. V, p. 521) l'A. Gauthieri n'est pas une espèce
des Corbières. Péron le dit positivement, mais il a été mal compris de
la plupart des auteurs qui paraissent s'être imaginé de contraire et
ont, avec Cotteau, Roussel et M. Toucas, confondu avec lui le H. Desori.
— 169 —
riensis d'Orbigny est plus arrondi en avant, plus retréci
en arrière et ses pétales plus courts, plus flexueux, sont
plus inégaux. Savin a indiqué les différences qui exis-
lent entre l’espèce des Corbières et son H. Lambert des
Martigues (Notes sur q. q. Echin. du Dauphiné, P. 2,
pl. [, fig. 12, 18 — 1902;. Mon 77. Dalloni' du Cénoma-
nien de l'Aragon diffère du 4. Desor! par sa forme plus
déclive en avant, ses pétales pairs plus inégaux, plus
courts, subflexueux, moins profonds et plus larges. Parmi
les espèces du même groupe non décrites et naturellement
encore mal connues, 77. cadierensis Gauthier du Cénoma-
nien est plus déclive en avant, son péristome est plus
excentrique et ses pétales pairs plus courts sont plus
brusquement excavés.
Localités : Falaise des Bains-Doux à Rennes-les-Bains,
vallon des Capitaines à Bugarach ; marnes inférieures de
l'étage Turonien. Montferrand, Le Linas d'après M. ‘Lou-
‘as, Soulatge d'après Cotteau ; bancs à Phymosoma Ar-
chiaci du sous-étage Coniacien.
Je ne puis terminer cette étude du ÆZem'aster Desor:
sans dire un mot d'une espèce trop souvent et bien à tort
confondue avec lui, H. Leymerie: Desor, d'ailleurs porté
par Cotteau dans la liste des espèces de Rennes-les-Baïins.
Il a existé et il existe encore au sujet du A. Leymer'e:
une certaine confusion. Le tvpe (1. 43) du Turomen de
la Touraine (Saint-Christophe) fut simplement carac-
térisé par la brièvelé de ses pétales postérieurs (Catal.
raisonné, p. 122). Il est donc très voisin du H. nucleus
Desor (CF. 55) du Turonien de Thaims (Charente-Infé-
ricure) à pétales antérieurs plus larges et plus arqués.
D'Orbigny qui, le premier, a décrit et figuré ces espèces,
les signale dans de nouvelles localités, mais son interpré-
tation, la première en date et accompagnée de descrip-
lions complètes et de figures, doit être suivie, commea
l’a d'ailleurs suivie Desor (Synopsis, p. 372).
A côté de ces espèces d'Orbigny à créé son H. sem'l's
du Cénomanien de Villers-sur-Mer ct de Port des Barques,
de forme intermédiaire entre les précédents, moins dé-
— 170 —
_clive en avant que H. nucleus, moins gibbeux de ce côté
que À. Leymeriei (Pal. franç. Crét. VI, p. 229, pl. 874).
Il crée également son H. Regulusi (op. cit. p. 248, pl.
884) plus régulièrement convexe que les précédents et
à apex plus excentrique en arrière, du Sénonien du Beaus-
set. | |
Cotteau, dans ses Echinides de la Sarthe, maintient
les À. simil's du Cénomanien, H. Leymer'e et H. nucleus
du Turouien, mais il y ajoute un 71. nucleus du Santo-
nien de Saint-Paterne (p. 317, pl. 52, fig. 10, 11) plus
renflé en avant, à pétale impair très étroit et pétales
pairs presque droits.
Les choses en étaient là quand Hébert fit paraitre son
Etude critique sur un groupe d’'Hemiasters (Bull. S. tr,
d. . 2e Sér. T. 22, p. 193 — 1865). I cherche à v
interpréter les espèces d'après les formes retrouvées aux
localités qui avaient fourni les types, mais en même
temps il substitue certaines localités à d’autres, Chatel-
lerault à Saint-Christophe et Saint-Christophe à Villers-
sur-Mer. Ce système le conduit à des réunions tout à
fait inattendues, comme celle des H. simil's et H. Ley-
meriei. :
Péron, en 1877, n'a cité H. Leymerie: que pour repro-
cher à Hébert d'avoir confondu cette espèce avec son
IH. Gauthier: plus ovale, moins inéquipétale et à ambu-
lacres plus superficiels.
Cotteau, qui évidemment tenait à ne pas contredire
: Hébert, a pris en 1883 Île singulier parti (Echin. du
S.-0., p. 168) de réunir sous le nom de A4. Leymertre:
tous les Hemiaster luroniens, très inéquipétales et une
partie de ceux du Cénomanien, tout en faisant de son an-
cien A. similis de la Sarthe son 1. sarthens:s.
C'est dans ces conditions et après avoir admis celte
confuse interprétation de l'espèce de Desor que Cotteau
cilait en 1887 7/1. Leymer'ei parmi les Echinides des Cor-
bières (Catalogue p. 699). Il en donne une description
en quatre lignes qui concorde d'ailleurs assez mal avec
les caractères du {ype, qui n'est pas acuminé en arrière ;
— 171 —
puis il le cite d'abord à Soulatge, ensuite comme assez
commun à Bugarach. Or, personne n'a jamais rencontre
un Hemiaster aussi inéquipétale que 7. Leymer'e aux
environs de Bugarach et je suis convaincu que Cotteau,
qui réunissait alors au H. Leymerie: les formes les plus
diverses, a confondu avec lui A. Desor', qui lui se ren-
contre aux environs de Bugarach, mais que précisément
Cotteau n'y cite pas.
Cotteau cite également une espèce sénonienne, H. Re-
gulusi, dans le Cénomanien des Corbières (Catalogue, p.
642). On peut cependant affirmer que si la détermination
est exacte, l'indication du gisement ne le serait pas ; mais
si le niveau stratigraphique, indiqué par M. Roussel, est
exact (Bull. S. G. d. EF. 3e Sér. T. XV, p. 626), c'est
la détermination qui ne l'est pas. Cette dernière hyÿpo-
thèse est la plus vraisemblable alors qu'il s’agit d'un
groupe d’Hemiaster si singulièrement interprété depuis
l'Etude critique publiée par Hébert.
Dans ces conditions, on doit logiquement, en attendant
de nouvelles découvertes, supprimer les 77. Rugulusr et
H. Leymerier de la liste des Echinides des Corbières.
Pour en finir avec cet 71. Leymer'er il convient de re-
marquer que Gauthier a repris la question dans sa Note
sur quelques Échinides crétacés de la Touraine. Il pro-
teste contre les confusions proposées par Ffébert et admi-
ses par Cotteau et montre que ‘A. simil's du Cénomariien
se distingue facilement par ses tubercules à peine scro-
biculés en dessus des espèces turonicnnes, À. Leymer'e:
ct A. nucleus. Malheureusement Gauthier nous propose
encore de nouveaux types ; un 7/7. sumid's de Briollay
(Maine-et-Loire) se substitue à celui de Villers-sur-Mer ;
son H. Leymeriei est du Cénomanien de Port des Barques
et non plus du Turonien de Saint-Christophe.
Si l’on interprète les Hemiastler de ce groupe plutôt d'a-
près les créateurs des espèces que sur les opinions subsé-
quentes des commentateurs, j'estime que l'on doit const-
dérer comme espèces distinctes :
* 19 Hemiaster similis d'Orbigny du Cénomanien de Vil-
16
— 172 —
lers-sur-Mer, Port des Barques et Briollay (Pal. franc.
Crét. pl. 874) renflé, non acuminé, à carène obtuse en
arrière, légèrement déclive en avant, à pétales pairs an-
Lérieurs Targes, profonds, presque droits ; tubercules à
peine scrobiculés en dessus. — On doit lui rapporter les
IT. Leymertei Hébert (non Desor\ ct H. sarthens's Cot-
teau.
2 1lemïiaster Leymerte! Desor, du Turonien de Saint-
Christophe, Villebourg ‘Indre-et-Loire, et retrouvé à
Uchaux (Vaucluse), figuré pl. 875, très renflé, gibbeux en
avant, non acuminé en arrière, pélales pairs profonds.
subflexueux ; tubercules nettement scrobiculés en dessus.
3° {lenuaster nucleus Desor, du ‘Turonien de Thaims
‘Charente-Inférieure), figuré pl. 876, acumine en ar-
rière, déclive en avant ; ambulacres larges, les antérieurs
pairs subflexueux ; tubercules scrobiculés plus dévelop-
pés que chez l'espèce précédente.
40 Jemiaster Regulust d'Orbigny, du Santonien du
Beausset (Var. figuré pl. 884, régulièrement convexe en
dessus, apex excentrique en arrière ; pétales postérieurs
un peu moins courts que chez les précédents ; fasciole cir-
conserivaut de moins près les pétales.
90 emiaster Desmoulins! d'Orbignv, du Sénonien su-
périeur de Lanquais ‘Dordogne! et de Rovan, figure
pl. 883, diffère des précédents. par la présence dun sil-
lon antérieur peu profond, mais distinct.
6° Hemiaster Gautlier' Péron, du Santonien de La Bec-
doule, ovale, avec pétales larges, superficiels, moins iné-
gaux que chez les précédents,
7° Nemiaster Soulier' Fallot, du Sénonien de Dieulerit.
oblong, à apex très excentrique en arrière et large am-
bulacre impair.
Quant au Hemiasler nucleus Cotleau {non Desori du
Santonien de la Sarthe, figuré pl. 52, fig. 16, 11. il se
distingue par sa forme plus retrécie en arrière et il devra
sans doute constituer un jour une espèce nouvelle.
— 173 —
PERIASTER VERNEUILI Desor
(Hemiaster) 1847.
Cette espèce est 1e compagnon du /lenuaster Desort
dans le Coniacien des Corbières, mais beaucoup plus rare.
Sa forme polygonale, l'ampleur de son sillon antérieur
ne permettent d’ailleurs aucune confusion entre eux, alors
méme que le second fasciole ne serait pas distinct. Ce
fasciole latéro-sous-anal très étroit est en effet souvent
atrophié et explique le classement répété de l'espèce dans
le genre Hemiaster.
J'ai toutefois sous les yeux un individu recueilh par Sa-
vin à Soulatge et qui montre nettement ce second fas-
ciole.
Localités : Montferrand, Soulatge ; couches à Phymo-
soma Archiact'du sous-étage Coniacien.
TABLEAU
De la Répartitlon stratigraphique des Echinides crétacés étudiés
sax. | Ë
ec TOSIES | 5
| AHAAEME
NOMS DES ESPÈCES - Ë ô E £ £ -
<islélsisisls
J 218
HÈIE
Cidaris pyrenaica Cotteau .......... far +
— rennensis Lb..,..................... ||) || — {+
Dorocidaris Defrancei Lb....... So eat _|—|— —|+
Balanocidaris Sorigneli Desor............,... — | + |
— gibberula Agassiz.............. er +
— Miquel LD: hisser eh Tr
Cyathoridaris cyathifera Agassiz ............. —|—|—;—|+
Typoridaris hirudo Sorignet ......... Hoiiue ae +
— corbarica Lb ......... ue Sie —|— 5 D à
— pseudopistillum Cotteau..... .s.l—|—|]—)—
— pseudosceptrifera Heb.... .... He eiT
— hippurilum Lb ........... tft +
Stereocidaris sceptrifera Mantell.............. ne de Es
Tylocidaris clavigera KϾnig..............,,.. nue +
Diplopodia rariolaris Brong.. ......... sans —|+
Glyphocyphus radiatus Hœningh ........., ….|—|+
Orthopsis miliaris d'Archiac............,..... —|—|—,+|+ |
— Grossoutrei Lb..... sise ==
Peltastes acanthoides Demoul................ | —|+
Phymosoma Rousseli Cotteau........ net —|+
— Archiaci Agassiz........... nee + :
— liara Agassiz.................. el US |
Circopeltis meridanensis Cotteau ........,....——|—-i-l-i- “
Goniopyqus major Agassiz....... A cui Le à
— Menardi Desmar ....... ns ES T7
— pelrocortensis Arnaud ......... || i—|-—|— +
Anorlhopyqus Michelini Cotteau ....... .,....|—1|+-
Discoides subuculus Klein ........ es Sun
— arizensis Cotteau.............,..... —| +
— NUIRIMUS ALASSIZ........ sos... —|—|+
_— Archiari Cotteau.................,.—|—1—|- +
Conulus subrotundus Mantell.......... ss. —|—|+
Globator Rousxeli Cotteau.........,.... ae .|—|+
— 2 mn ec er mn Où en Es
sax. | £
hole TONIES 2
| AAA
NOMS DES ESPÈCES 38181815 1El
|| lTIS
Globator nucleus Agassiz...............,... sales re
— Haugi Lb......................—1—-|-—{—1— +
— cornuum Lb................ ll — +
Pseudopyrina atacina Cotteau................—|—|—|—|— sa
— Toucasi d'Orb ..... sussssssssosl—|—|—|—-|— +
— (pet nissan le) ete —|+
Pygaulus subæqualis Agassiz...... unes ...|—
Nucleopygus (spec. ind.)......................1—|—|—1— +
Botriopygus alaxensis Cotteau...........,..... =
Phyllobrissus Boriesi Lb.....................1—1—| || —|+
Oolopyqus Sarini Lb.........................1—|—|— =) à
Clypeolampas otum Gratel..................,1—1—| 1 | 14
— Toucasi Lb...,.......,...0.0.,1[—1—|—|—| 1 1+
Holaster nodulosus Goldf..........-,....,... st
— tlrecensis Leymerie..............,..,.]—1+
Cardiaster integer Agassiz ..............,...,1—1—|—1 14
Echinocorys Graxesi Desor ...........,....,..,11—{—1—|+4
— vulgaris Breyn.........,........,1—]—|— —|+
_ gibbus Lamarck........ css mo l—|—|—|— {+
Epiaster distinclus Agassiz.............,,,,.. —|+
Micraster corbaricus Lb ....., ..,.. débehente —|—|—|—|+
— Matheroni Desor....,....,..,.... —|—|—|—|+
— carentonensis Lb....,...... dire —|—|—|—|+
Hemiaster minimus Agassiz..............,... +
— bufo Brongniart.................... — | +
— Desnré Haime.... sous soso —|+1+
Periaster Verneuili Desor..........,.,..... .|—|—|—|+
2173/#1211718
TABLE ALPHABÉTIQUE
Des Genres et Espèces décrites ou discutées
(LES SYNONYMES SONT EN ITALIQUE)
pages
Anorthopygus Michelini Cotteau................,....,....... 137
Balanocidaris gibberula Agassiz...........,.,...........,.... * 103
— Miquélr-Db::2:3%.584. danses anse 107
— Sorigneti Des........ ......,,.. rss tie 103
Botriopygus ataxensis Cott..............,. ,......,......... 152
Cardiaster integer Agass ....... ..,....,..,.,..,.. li 156
— lércénses Coll haine aire sed eee 156
Ciddrs lation 'KŒnIS : 25 rus misent e nier eat 124
— rlatimorus Quenstedt.............. hdi odeu se 105
— claviphœænix Fraus ss. usines masse tonséesse 106
— cyathifera Agass..........,.,..... D 108
= PUEYNACAMIAR ABASS ses dredisametedesschsdsets 108
= ‘flamentosa ASasss.i sisi nest 113
— gibberula Agass.. eos umeveuessereosese 105
= AUrUUU SOTIR rss tintin en <. 117
— Jouanneti Desm...... Rd Poser . 109
— Jouanneli Agass... ue see see seessesssee 108
= Lémbérti Valette. ss sosméssdeesiuteé Bees 115
— Mourguesi Cotl......s....ssss soso Re 106
— pseudopistillum Cotteau........... Midi 120
— _ pseudosceplrifera Heb.......,,..... ess ssssssssuses 113
— pyrenaica Cotteau........ as eds ee 99
— Ramoneti Cotteau ....... A UE (LS
—+ ‘ténnensis LD saisir desedases sis siens 99
— Rousseli Cotteau........... RE 117
— sceplrifera Mant..........,,..,,......, A 133
— Sorigneli Des ......,..,.........:.... A 103
— SHDTONITIUMONMOOL Eee einen etes 100
— variolala Parkinson..............., RE 130
— LeNCulost Dunmorlier sue vsadiiai test soses 99
= -VibrayeL bb sions 116
Cidarites Kontqi Mant, esse D 131
— miliaris d'Arch....... noob Strict honte 126
= AUS Gold aa ennemie etudes 130
— vcariolaris Brong......,................. censé 125
— 177 —
pages
Circopeltis meridanensis Cott............. 7 135
Clypeolampas ovum Grateloup................. radeon 154
— TOUCASL ÉD Sent des EE nee. ne 155
Conoclypus otum d'Orbigny.......... HÉtoiarie tmine . 154
— ovum Toucas (non d'Orb........................ .. 199
Conulus (Genre) .................... A 139
= ‘4lbogalcrus Klcihssssssass sas 140
— gigas Colleau........ssessscssessess, TR TT. 140
— subrotundus Mantell ....................,,..,.... 141
Cosmocyphus bonpis Arnaud................ A 132
Cyathocidaris cyathifera Agass............................... 108
Cyphosoma Archiaci Agass........................,........ 128
— granulosum Colteau.......,....,44s4seessssss 131
— RIDE COLE, ns sets ire eee NN das 131
— AROUND A MASSE usines einen iudes 129
— MIUPI TC ABASS rise aeraetiiisaitiustestés 131
— OPNULISSEMEUM AHASS. eee esse 131
— LT LRSTA NE OO) A PRE À SR ER ne 128
— PU BASS monotone it needs 130
Diplopodia variolaris Brong............ TT 125
Discoides Archiaci Cotteau................,..,,,..,......... 139
— arizensis Cotteau .......... sous Het ieoesdes 138
— Minimus APASS errant ai 138
. subuculus Nieities eue state 138
Dorocidaris Defrancei Lb....... node noire ends 100
Echinoconus conteus d'Archiac............. ss ssssssssessess 140
— HS POlTON er suehe denses brasse it 140
Echinocorys gibbus Lamarck............,,,.....,...,....... 159
— Gravest DéSob ss cmesse eERNden 158
— OUI ATOM 28 aissssseeeoteses 158
— vulgaris Breynius................ PARTS se 158
Echinus Millbri Desmaresl:s season destine rod 130
— raiatus Hæœninghaus....,...................,.., vess 120
Épiaster dISLiRCtus-A ASS: S ad eme amenant she 159
ns. Michaletr Coquahds. ss 2eme donétaionues 16%
Gulrriles orum Grateloup.................,................., 15%
Globator (Genre)..................... SR .… 141
— cornuum Lh....... béton detre 146
— Haugi Lb............. tas eee iiense EL
— nucleus Agass.........,.........., a 143
— Rousseli Cott......... ...,. 143
Ru tauroentanus Gautbhier.. ns 20000000 145
— 178 —
pages
Glyphocyphus radiatus Hæninghaus....... . ......... iii . 126
Goniopygus major Agass........,.. eue ln Hisndireo 135
— Menardi Desmarest......................... ….. 135
— petrocoriensis Arnaud. ...........e.....ooss.ss.e 136
_— sulcatus Guéranger........... A 136
Hemiaster bufo Brongniart........................ idee 165
— Desori Haime ............ SH baleine 166
— Desmoulinsi d'Orb ............... ........ éésusee “112
— Gauthieri Péron..........44s....cssessesce sis 168 172
— Gauthieri Toucas........,..... ice dns .….. 166
— Leymeriei Desor .........,......, its ossicrerese100 172
— Leynierier Coll .:ssisésosséesen sas sous Re 166
— minimus Agass......... A sb ie ‘165
— nuclens Desor.......,... 169 172
— nucleus Colt ses en nn illumine. tot. ..170 172
— Regulusi d'Orb........... sérése sise: on. 170 172
— SIMS d'OPD sers. us en .....109 171
— Soulieri Fallot ...... Siret dés edu ane ra lee 172
— Verneuili Des......,......... see dde 173
Holaster integer Agass........,.. .. Ro situsenieties 7100
— _ nodulosus Goldfuss.........,,... desc et reset 155
— tercensis de Grossouvre......... RE
— trecensis Leymerie......... sidéseneteness scene. ‘190
— Trigeri de Lacvivier.........., ua etes buses "197
— Trigni Roussel. ......... série PR TU 157
Leiosoma meridanense Cott..... ass seen soso 135
Micraster arenatus Sismonda ..."........s.os..ssesoosoues .<. 164
— DreviS DeSOrissndii ein iethosduein sida 159
— carentonensis Schr. ..............,,........... és 140)
— CorEnqUuERAUMN Obs Sis us ssesenses tés a es … 159
— COFDAFICOS BDs is es stande ne carie rot 159
— cortestudinarium Cott ...... sis Re 159
— gibbus d'Archiac ............ Has Hess ste ce en 159
— Heberti de Lacvivier.......,........... . 164
— Matheroni Desor .....,............ daube sussass 109
— DETIMUUS ATASS. en esresvoossee Red t …. 165
Nucleopygus (spec)...........,...... dois Saoteceensa “esse, 101
Oolopygus Savini Lb..,............,... een doses Hautes 153
Orthopsis Grossouvrei Lb ...........:....... ....... siseuees 1420
— miliaris d'Archiac................ esse sis x 126
Peltastes acanthoïdes Desmoulins.............,...... Messie 128
Periaster Verneuili Des.......... reereesesenereses 173
Phyllobrissus Boriesi Lh ................,... ......... RE
Phymosoma Archiaci Agass ...............................e 128
— Goldtussi SchIUter ses susiiimssimine esse 130
— Kænigi Mantell ........... ES 133
— magnificum Agass.........o.......s.se.es RE
— normannum Db..:2:,3.4ecesssssesses restes 133
— ornatissimum Agas....... PR 133
— princeps Hagenow..............,.,..........es.e.e 132
— Roussel Colles sienne 128
— tiara Agass ........... Soi Dern ane 130
— tæniatum Hagenow,...............,...., idees 132
Pseudopyrina atacina Cott.......,........ ...,,........ .,.. 148
— ovulum Lamarck.............. “ess des te . 151
— (SDEL rss scenic dise 151
— Toucasi d'Orbigny..............,,...,... TR 150
Pygaulus sub:rqualis Agass...............,..............,,.. 151
Pyrina (Genre): ses ii eme seins 141
— alaciana d'Orb........ TR 148
=, at Colbert RP Sous 148
— alaxensis Cott......... CRRPEES ETES EESTI E TE EESEETTE .. 148
— orulum Toucas .........,..,..,.,,,,. esse 141
— pelrocoriensis Cott ..........,,.... .….. 145
— Rousseli Cott......,.... RE . 143
— TOUS A ONDES road eonste 150
Rhabdocidaris Noguesi Cott .......,...... sors cs... 108
Salenia Bourgeoisi Cott...................,, ses .sosssse.ves 127
Spatangus breris Bayle.................... A 160
— bufo Brongniart.........,.....,,.,..... dé osessoe 165
Stereocidaris (Genre).......... A fntares Dobues 112
_— Grille bb Siren es soeeinsnete Te 123
— sceptrifera Mant ..,....,..,.s.sosesssssessessssee 123
Tylocidaris Bargesi Cott................. sis tue sers «+ 104
—_ clavigera Koni®.s ss ss essieu e sci 124
— Ramondi Leymerie...............,..,.......,.,.. 104
Typocidaris (Genre).......... irimeente sit eee tone 112
_ Boriesi Lb ...... ess PT D 117
— Corparica LD: henss is os 119
— bippuritum. bus sssssstieseausnteesse nes 122
— hirudo Soriguet...........,............ Membse 117
. Lamberti Valette.................. er abus 115
— pseudopistillum Gott...,..........,... ti 120
— pseudosceptrifera Heh.....,,... SR rt. 115 122
— royanus Schlüter............,.. M 115
— 180 —
EXPLICATION DE LA PLANCHE 1.
Fic. 1. Flanc méridional de la Montagne des Cornes, montrant en
haut les calcaires à Rudistes, inclinés de 15° vers l'Ouest et
reposant sur un gros banc de Psammite B. que coupe le
chemin du Lac A. vers le milieu de la figure. Toute la pente
au dessous est recouverte de blocs éboulés des couches supé-
rieures.
Fi. 2. Pente de la Montagne de Sougraigne, au bas des Croutets,
prise du côté de l'Oucst. Au second plan on voit les couches
du grès ferrugincux fossilifère inférieures aux bancs à
Rudistes, qui remontent vers le Nord en suivant la pente de
la Montagne A. A. Au fond les Marnes bleues B. et les Psam-
nites C. suivent la même inclinaison et plongent au Sud vers
le synclinal de la Sals.
SOCIÈTE D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES DE L'AUDE PL.
Fig. 1. — MONTAGNE DES CORNES.
Cliché Louis Lambert.
Fig. 2. — MONTAGNE DE SOUGRAIGNE SOUS LES CROUTETS.
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SOC. D'ÉTUDES SCIENT. DE L'AUDE PL II
£ 22 Go et =
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..
2
FGauthier del et th.
ÉCHINIDES CRÉTACÉS..DÉS)GOF
— 181 —
EXPLICATION DE LA PLANCHE II
Fig. 4. — Typoridaris hirudo Sorignet (Cidaris), de la Bergerie
Gravère, vu en dessus ; coll. Bories.
Fig. 2. — Le mème, vu en dessous.
Fig. 3. — Le mème, vu de protil.
Fig. 4. — Radiole du Palanocidaris Miqueli Lambert, de Montferrand;
coll. Lambert.
Fig. 5. — Autre radiole de la même espèce et du même gisement ;
coll. Bories.
Fig. 6. — Goniopyqus petrocoriensis Arnaud, des bancs à Hippurites
de la Montagne des Cornes, vu de prolil ; coll. Borics.
Fig. 7. — Le même grossi.
Fig. 8. — Radiole du mème, du même gisement ; coll. Lambert.
Fig 9. — Le méme grossi.
Fig. 10. — Fragment de radiole du Cidaris rennensis Lambert, du
mème gisement ; coll. Lambert.
Fig. 11 — Autre radiole de la mème espèce et du même gisement.
Fig. 12 — Autre fragment de radiole, du méine gisement.
Fig. 13. — Le même grossi.
Fig. 44. — Orthopsis Grossoutret Lambert, du vallon de Bordeneuve,
vu en dessus ; coll. Bories.
Fig. 15. — Interambulacre du méme, vu en dessous.
Fig. 16. — Intcrambulacre de la face inférieure d'un Orthopsis miliaris
d'Archiac (Gidariles) de Soulatge ; coll. Lambert.
Fig. 17. — Radiole du Typocidaris hippuritum Lambert des bancs à
Hippurites de la Montagne des Cornes ; coll. Lambert.
Fig. 18. — Le mème grossi.
Fig. 19. — Circopellis meridanensis Cotteau (Leiosoma) des bancs à
Hippurites de la Montagne des Cornes, vu en dessus;
coll. Miquel.
Fig. 20 — Le mème grossi.
Fig. 21 — Le méme, vu de prolil.
Fig. 22. — Radiole du Typocidaris pseudopistillum Cotteau (Cidaris),
de Montferrand ; coll. Lambert.
Fig. 233. — Le méme grossi.
Fig. 2% — Cyathocidaris cyathifera Agassiz (Cidaris) des Marnes à
Micraster de Sougraigne, vu de côté et montrant deux
radioles adhérents : coll. Lambert.
Fig. 25. — Radiole allongé de la mème espèce, de Montferrand ; coll.
Bories.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
— 182 —
26. — Radiole cupuliforme de la même espèce et du même gise-
ment.
27, — Autre radiole de la mème espèce à cupule encore plus
évasée, du même gisement ; coll. Lambert.
28. — Radiole du Tylocidaris clarigera Kænig (Cidaris), de Mont-
ferrand ; coll. Bories.
29. — Radiole du Balanociduris gibberula Agassiz (Cidaris) de
Montferrand ; coll. Lambert.
30. — Radiole du Tupocidaris pseudosceptrifera Hébert (Cidaris)
du col de Faviès ; coll. Bories.
31. — Radiole du Stereocidaris sceptrifera Mantell (Cidaris) du col
de Faviès ; coll. Bories.
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SOC. D'ÉTUDES SCIENT. DE L'AUDE
F.Gauthier del et lith.
E Duchatel. mp . Paris
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ÉCHINIDES CRÉTACÉS DES Co
BIÈRES
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
— 183 —
EXPLICATION DE LA PLANCHE Ill
4. — Clypeolampas Toucasi Lambert, de Sougraigne, vu en des-
sus ; coll. Toucas, à la Sorbonne.
2. — Le même, vu en dessous.
3. — Le même, vu de profil.
k. — Clypeolampas ovum Grateloup (fulerites), du Santonien de
Sougralgne, vu en dessus ; coll. Toucas, à la Sorbonne.
5. — Le mème, vu de profil.
6. — Globator Haugi Lambert, du Sénonien de Bastié (Ariège)
vu en dessus ; coll. de la Sorbonne.
7. — Le même, vu de profil.
8. — Le même, vu par derrière.
9. — Portion grossie d'un ambulacre du même.
10. — Autre individu de la même espèce et de grande taille, de
Saint-Sirac (Ariège), vu en dessous ; coll. de la Sorbonne.
11. — Globator cornuum Lambert, des bancs à Hippurites de la
Montagne des Cornes, vu en dessus ; coll. de la Sorbonne.
12. — Le même, vu en dessous.
13. — Le méme, vu par derrière.
4%. — Portion grossie d'un ambulacre du même.
45. — Globator nucleus Agassiz, des Croutets, apex grossi; coll.
Lambert. ù
16. — Portion grossie d'un ambulacre du même.
17. — Phyllobrissus Boriesi Lambert, des bancs à Hippurites de la
Montagne des Cornes, vu en dessus ; coll. Lambert.
18. — Le même, vu en dessous.
19. — Le même, vu de profil.
20. — Nucleopyqus (spec. ind.) du Santonien des Croutets. vu en
dessus ; coll. Bories.
21. — Le méme grossi.
22. — Le même, vu de protil.
23. — Pseudopyrina atacina Cotteau (Pyrma), de la Montagne de
Brens, à Sougraigne, vu en dessus ; coll. Lambert.
24. — Le méme, vu par derrière.
UNE CHASSE AUX INSECTES
Dans les détritus d'inondation
Les crues des cours d'eau fournissent à l'entomologiste un
excellent moyen de faire sans beaucoup de fatigue des récoltes
aussi abondantes que fructueuses.
Les détritus de toute sorte qu'ils charrient et déposent sur les
bords entraînent avec eux une infinité d'insectes que l'eau a
délogés de leurs retraites et c'est parmi ces détritus, amoncelés
souvent en tas considérables, que l'on rencontre des espèces
venues de points très éloignés et qu'on ne saurait se procurer
autrement.
J'ai profité de la dernière crue de l'Aude, qui s'est produite
le 24 mai 1910, pour recueillir et emporter chez moi une cer.
taine quantité de détritus qui s'étaient déposés sur la rive
gauche, en amont du Païchérou et voici ce que j'en ai retiré :
Notiophilus #4 punctatus Dei.
Dyschirius nitidus Schaum.
— æneus Dej.
Clivina collaris Herbst.
Bembidium cribrum Du.
— tenellum Er.
— obtusum Sturm.
Tachys sexstriata Duft.
— parvula Dej.
— bistriata v:gregaria Chaud.
Perileptus arcolatus Creutz.
Thalassophilus longicornis Sturm.
Olisthopus fuscatus Dej.
Abacetws Selimanni Germ.
Amara ovatla F.
— familiaris Duft.
— bifrons Gvil.
— apricaria Pavk.
— fulva Degcer. :
Ophonus rutibarbis F.
— signalicornis Duft.
— hirsutulus Dej.
Ophonus maculicornis Duft.
Harpalus rufilarsis Duft.
— sulphuripes Germ.
— anxius Duît.
Bradycellus verbasci Duft.
Stenolophus Teutonus Schrk.
— mixtus Herbst.
Acupalpus dorsalis F.
Amblystomus niger Heer.
Lyonichus quadrillum Duft.
Metabletus obscuroguttatus Duft.
— foveatus Fourcr.
Blechrus exilis Schaum.
— Abeillei Bris.
Dromius melanocephalus Dej.
Laccobius sinuatus Motsch.
Helophorus rugosus OI.
— porculus Bedel.
-Gcoryssus cælatus Er.
Chilopora rubicunda Er.
Oxypoda opaca Grar.
— sericea Heer.
— 185 —
Oxypoda lurida Woll.
— fuscula Rey.
Aleochara brevipennis Grav.
— morion Grav.
Aleuonota macella Er.
Colpodota sordida Marsh.
— fungi, v: clientula Er.
Amischa analis Grav.
Atheta vicina Steph.
— atramentaria Gyll.
— divisa Mærk.
— amicula Steph.
— ‘gra Heer.
— fragilis Kraatz.
Aloconota insecta Thoms.
— grégaria Er.
Tachyusa nitella Fauvel.
Falagria obscura Grav.
Gyrophæna bihamata Thoms.
Tachinus flavolimbatus Pand.
Tachyporus nitidulus F.
Conurus pubescens Payk.
Mycetoporus Baudueri Rey.
Quedius molochinus Grav.
— _ picipes Mannh.
— obliteratus Er.
— rufipes Grav.
— semiæneus Steph.
— _ boops Grav.
Bisnius villosulus Steph.
— _ procerulus Grav.
Philonthus debilis Grav.
— concinnus Grav.
— nigritulus Grav.
— varius Gyli.
— varius v : bimaculatus Grav.
— fulvipes, v : varipes Rey.
= pullus Nordm.
Othius l&viusculus Steph.
Leptacinus batychrus Gylt
v: linearis Grav.
Eulissus fulgidus F.
Xantholinus angustatus Steph.
— tricolor F.
Medon nigritulus Er.
— ripicola Kraatz.
— _ propinquus Bris.
— obsoletus Nordm.
Scopæus rubidus Rey.
— didymus Er.
Stenus buphthalmus Grav.
— subæneus Er.
— aceris Steph.
Oxytelus inustus Grav.
Bledius dissimilis Er.
Trogophlœus Mannerheimi Kol.
— riparius Lac.
— exiguus Er.
— corticinus Grav.
Thinobius linearis Kraatz.
Ochthephilus homalinus Er.
Omalium cæsum Grav.
Bryaxis hæmatica Reichb.
— antennata Aubé.
— sanguinea L.
Bythinus pyrenæus Sauley.
Tychus tuberculatus Aubé.
Cyrtoscydmus collaris Müller.
Euconnus hirticollis llig.
— intrusus Schaum.
Choleva cisteloides Frol.
Nargus Wilkini Spence.
— brunneus Sturm.
— _velox Spence.
Catops fuscus Panz.
Ptomaphagus sericeus Panz.
Liodes sp.
Cyrtusa pauxilla Schmidt.
Eucinetus hæmorrhoïidalis Germ.
Clambus minutus Sturm.
Artbrolips æqualis Woll.
Corylophus cassidoides Marsh.
Rhypobius velox Woll.
,
— 186 —
Atomaria nigriventris Steph.
- scuütellaris Motsch.
— pusilla Schonb.
— rufcornis Marsh.
Corticaria crenulata Gyll.
Melanophthalma truncatella Mannh.
Amphotis marginata F.
Monotoma quadricollis Aubé.
Dermestes murinus L.
Syncalypta striatopunctata Steff.
— spinosa Rossi.
Pedilophorus nitens Panz.
Simplocaria semistriata F.
Limnichus pygmæus Sturm.
— incanus Kiesw.
Hister 4 maculatus L.
- _ purpurascens Herbst.
— mœærens Er.
— 12 striatus Schrk.
Carcinops minima Aubé.
Hetærius ferrugineus OI.
Saprinus Pelleti Mars.
— grossipes Mars.
Aphodius granarius L.
— inquinatus Panz.
Pleurophorus cisus Panz.
Rhyssemus verrucosus Muls.
Triodouta aquila Lap.
Valgus hemipterus L.
Throscus dermestoides L.
Drasterius bimaculatus Rossi.
Hypnoidus pulchellus L.
— curtus Germ.
Hypnoidus meridionalis Lap.
Silesis rutilipennis Illig.
Lamprohiza Mulsanti o" Kiesw.
Gonocephalum pygmæum Stew.
Euglenes pruinosus Kiesw.
Mecynotarsus serricornis Panz.
Anthicus tenellus Laf.
— 4 guttatus Rossi.
— hispidus Rossi.
Anthicus læviceps Baudi.
— & oculatus Laf.
— tristis Schmidt.
Omias concinnus Bohem.
Trachyphlœus spinimanus Germ.
Hypera crinita Bohem.
Dorytomus longimanus Forst.
— hirtipennis Bedel.
— Dejeani Faust.
— agnathus Bohem.
Cossonus planatus Bedel.
Codiosoma spadix Herbst.
Amaurorrhinus v: narbonnensis Bris.
Tychius pusillus Germ.
Apion pisi F.
Colaspidema atrum OI.
Gastroidea polygoni L.
Phyllodecta laticollis Suffr.
Haltica oleracea L,
Epithrix intermedia Foudr.
Cassida subferruginea Schrk.
Hyperaspis reppensis v : subconcolor ©’ Weise.
Scymnus Apetzi Muls.
— bipunctatus Kugel.
Soit un total de 193 espèces ou variétés, dont un grand
nombre sont vulgaires et de peu de valeur. Il en est cependant
quelques-unes intéressantes ou peu communes, telles que :
Notiophilus 4 punctatus, Bembidium obtusum, Thalassophilus lon-
gicornis, Stenolophus mirtus, Blechrus À beillei, Helophorus rugosus,
H. porculus, Chilopora rubicunda, Atheta divisa, À. œgra, Scopœus
rubidus, Trogophlœus Mannerheimi, Thinobius linearis, Ochthophi-
— 187,—
lus homalinus, Tychus tuberculatus, Narqus brunneus. Cyrtusa
pauxilla, Hister mærens, Hctœrius ferrugineus, Saprinus Pelleti,
S. grossipes, Rhyssemus verrucosus, Silesis rutilipennis, Anthicus
4 oculatus, Dorytomus hirtipennis (25).
D'autres ne figuraient pas encore au Catalogue de l'Aude, ce
sobt : Ophonus signaticornis, O. hirsutulus, (reoryssus cϾlatus,
Orcypoda lurida, O. fuscula, Colpodota fungi v: clientula, Atheta
frayilis, Tachyusa nitelia, (iyrophœna bihamata, Philonthus ful-
vipés v: varipes, Ph. pullus, Xantholinus angustatus, Catops fuscus,
Eucinetus hæmorrhoidalis, Amphotis marginata, Amaurorrhinus
v: narbonensis (16).
On voit par cette simple énumération combien il est facile
d'ajouter à sa collection quelques nouvelles espèces ou bien de
regarnir ses cartons de doubles en vue d'échanges ultérieurs.
Carcassonne, 31 mai 1910.
L. GAVOY.
17
DANS LA MONTAGNE-NOIRE
Quand on remonte la riante vallée du Clamoux, en sui-
vant le chemin de grande communication n° 12 qui conduit
à Mazamet par Villeneuve-Minervois, Cabrespine et Pradel-
les-Cabardés, on aperçoit, de l’un des derniers tournants,
et un peu avant d'arriver à Pradelles, quelques maisons
blanches se détachant sur un fond de verdure, au pied du
Pic de Nore. Ce sont les maisons de Castans, petit village
formé de la réunion de plusieurs hameaux, peu distants les
uns des autres, qui portent les noms de Bourdials, Raissac,
La Viale, La Fargue, Quintaine, Escandelle (ancien prieuré
du monastère de Caunes) et Thérondel.
Les trois premiers sont silués sur la même ligne, à flanc
de montagne ; les autres sont éparpillés plus bas sur les bords
du Clamoux. L'église paroissiale est au hameau de La Viale.
C'est ce point élevé de la Montagne- Noire que nous avions
choisi, M. le D' Carbou et son fils, l'ami Rebelle et moi,
comme but d’une exploration botanique et entomologique.
Le 21 juillet 1909, fuyant pour quelques heures la plaine
brûlante, nous parlions de grand matin en automobile et
franchissant allègrement les 33 Kilomètres qui séparent
Castans de Carcassonne, nous arrivions, vers 7 heures et
demie, au hameau ‘de Raiïissac, sans autre incident que la
rencontre de deux paÿsans qui nous avaient pris, Je ne sais
trop pourquoi, pour des marchands de moutons.
Malgré la rapidité de notre allure, nous avions joui plei-
nement des divers aspects de la vallée à travers laquelle le
Clamoux déroule ses capricieux méandres. A celte heure
malinale, une brume légère flottait bu-dessus de la rivière,
cnveloppant loules choses d’un voile de gaze que le soleil
déchirail à mesure qu'il s'élevait sur l’horizon. Villeneuve-
Minervois nous élait apparu coquetlement assis au milieu
des prairies el des vignes: puis ce fut Cabrespine. dominé
par les Rocs de lAigle ct de l'Agnel, el son chäteau en rui-
— 189 —
nes. La brise chantait dans le feuillage des châtaigniers qui
ombragent la route. les voix: des travailleurs partant pour
les champs montaienl claires vers nous, tandis que tout au
fond de la gorge encore ténébreuse grondait le Clamoux
brisant ses eaux limpides sur les roches qui obslruent son
cours. Et de tous ces bruits se dégageait une harmonie déli-
cieuse qui pénélrait notre âme, cependant que nous aspirions
à pleins poumons l'air frais el parfumé du matin.
Notre voiture remisée, nous mellons sac au dos el nous
voilà partis à la recherche des plantes et des insectes. Nous
passons derrière l'église de La Viale et prenant le premier
sentier qui se présente à nous, nous montons dans la direc-
tion de la mélairie de Clamoux. scrutant lentement, sans
nous presser, les moindres recoins. Nous atleignons ainsi
sans fatigue l'altitude de 400 mètres. Un ruisseau descendu
des flancs du Pic de Nore nous barre le chemin : c’est le
ruisseau des Cloutels. Nous le franchissons aisément et obli-
quant légèrement vers l'Est, nous descendons à travers
champs et prés vers les bords du Clamoux qui prend sa
source plus au Nord. Longtemps ses rives fleuries retiennent
les botanistes. Puis, poursuivant notre promenade, nous
allons au gré de notre fantaisie, sans direction bien précise,
laissant nos regards errer sur le vert tapis des prairies dont
l'herbe fraichement coupée exhale avant de mourir son
parfum capiteux. L'air en est embaumé, nous le respirons
avec délices. Aussi loin que notre vue peut s'étendre, nous
n'apercevons aucun être vivant: pas un bruit, pas un cri
d'homme ou d'animal n'arrivent jusqu'à nous. Le silence
est complet, on se croirait perdu au bout du monde. Mais
bientôt la brise nous apporte un murmure confus qui devient
insensiblement plus distinct à mesure que nous avançons.
C'est la chanson du ruisseau d'Aigucbelle qui court en ser-
pentant au milieu des prés vers le Clamoux dont il est le
premier affluent de gauche. Son nom lui est bien donné
car on dirait vraiment de l'argent cn fusion.
— 190 —
Sur ses bords garnis de plantes aquatiques, des aulnes et
des saules forment un berceau’ de verdure. L'endroit est on
ne peut plus propice pour une halte. Vite, sacs à terre et
vidons leur contenu. Aussi bien il est midi passé. nous
marchons depuis plus de quatre heures, il est temps de se
restaurer.
Bien installés à l'ombre et doucement bercés par le
gazouillement de l’eau, nous goùtons pendant quelques
instants-un repos bien mérité.
Mais le temps passe et il nous faut reprendre notre course
vagabonde.
Dévalant les ravins par des sentes à peine tracées au
milieu des ajoncs et des bruyères. escaladant les croupes
moutonnanles, nous finissons par atteindre une métairie
qu'on appelle, je crois, la métairie Basse. Personne à qui
parler. tout le monde est aux champs, occupé à rentrer les
foins. À quelque distance de la ferme, en effet, nous voyons.
au milieu d’un pré fortement en pente, une charrelte
pesamment chargée que traînent des bœufs. Excité par les
cris du bouvier, l'attelage, lentement maïs sûrement, tire le
lourd véhicule dont le poids est augmenté par la pente qu'il
lui faut racheter. Ah! les braves bêtes! Vraiment, on se
demande ce qu'il faut admirer le plus, de leur force mus-
culaire et de leur docilité ou de l'intelligence de l’homme
qui a su les asservir à son usage. |
De la métairie Basse nous gagnons un chemin qui nous
ramène à Castans où nous allons nous rafraichir. À cinq
heures nous remontons en voiture et deux heures après
nous rentrions chez nous, enchantés et ravis.
Nous avions exploré une grande partie du bassin supé-
ricur du Clamoux el nous rapportions une belle moisson de
plantes et d'insectes. Les botanistes pourront juger de la
richesse ct de la variété de la flore par la liste ci-dessous
que je dois. comme toujours, à l’amabilité de notre collègue,
M. Rebelle. Quant à moi, j'avais recueilli une centaine d’es-
1
pèces de coléoplères, parmi lesquelles huit ne figuraient
pas encore au calalogue de l'Aude : Philonthus nigrila,
Plalysoma frontale, Ancystronycha abdominalis, Polydrusus
amænus, Apion sorbi, Xyleborus monographus, Leplura hybrida,
Balanomorpha chrysanthemi. Résultat très appréciable qui
doublait le prix d'une course en montagne effectuée par
une belle journée et en charmante compagnie.
Carcassonne, octobre 1910.
L. GAVOY.
BOTANIQUE
Ranunculus aconitifolius EL.
Helleborus viridis L. |
Teesdelia nudicaulis R. Br.
Lychnis sylvestris DC.
Drosera rotundifolia L.
Spergula arvensis L.
Sagina procumbens L.
Mærhingia trincrvia Clairv.
Cerastium erectum Coss. et Germ.
Hypericum pulchrum L.
— linearifolium Valh.
— humifusum L.
Elodes palustris Spach.
Trifolium montanum L.
— incarnatum L.
Ornithopus perpusillus L.
Paronvchia polygonifolia DC.
Corrigiola littoralis L.
Scdum Cepæa L.
— acre L.
— hirsutum All
— dasÿphytlun LE.
Bunium bulbocastanuin L.
Carum verticillatum K.
.Fgopodium Podagraria L.
Galium vernum Scop.
Knautia longifolia Koch.
Matricaria Chamomilla L.
Leucanthemum cebennense DC.
Eupatorium cannabinum L.
Centaurea montana L.
— Cyanus L.
— nigra L.
— pectinala L.
Filago minima Fries.
Gnaphalium sylvaticum L.
— uliginosum L.
Arnoseris pusilla Givrtn.
Tolpis barbata Wild.
Adenostyles albifrons Rchb.
Senecio lividus L.
— adonidifolius L.
Cirsium ecriophorum Scop.
Campanula Erinus L.
Wahlembergia hederacea Rech.
Phyteuma spicatum L.
Erica cinerea LE.
Jasione montana L.
Anagallis tencella L.
Verbascum floccosum W et K.
Veronica scutcllata EL.
— oficinalis L.
Anarrhinum bellidifolium Desf.
Pedicularis sylvatica L.
Thymus serpyilum L.
Teucrium scorodonia L.
— 192 —
Calamintha Clinopodium Benth.
— Acinos Benth.
Brunella grandiflora Mænch.
— _ pyrenaica G. G.
Stachys sylvatica L.
Rumex acelosa L.
— thyrsoides Destf.
Polygonum dumetorum L.
Salix Caprea L.
Carex depauperata Good.
Carex Linkii Schk.
Rhynchospora alba Vahl.
Molinia cœrulca Manth.
Brisa media L.
Anthoxanthum odoratum L.
Danthonia decumbens DC.
Deschampsia flexuosa Griseb.
Asplenium septentrionale Sw.
Pteris aquilina L.
Blechnum spicant Sm.
ENTOMOLOGIE
Carabus catenuulatus v: Mulsanti 6éh.
Lebia cyanoccphala L.
Philonthus nigrita Grav.
Piuderus littoralis Grav.
Anthobium torquatum Marsh.
Necrophorus vestigator Hersch.
Olibrus pygmivus Sturm.
Brachypterus urtica F.
Heterostomus gravidus Il.
Meligethes obscurus Er.
— umbrosus Sturm.
Cerylon histeroides F.
Platysoma frontale Payk.
Lucanus cervus L.
Dorcus parallelipipedus L.
Geotrupes sylvaticus Panz.
es pyrenieus Charp.
Phylopertha horticola L.
Anisoplia segetum Herbst.
Ludius irneus, v : germanus L.
Athous Godarti Muls.
Helodes minuta L.
Ancystronycha abdominalis F.
Cantharis livida L.
— bicolor Herbst.
Rhagonyeha nigripes Redt.
Malthinus seriepunctatus Kiesw.
Malachius geniculatus Germ.
Autholinus amictus Er.
Dasytes flavipes Muls.
Cis setiger Mellié.
Octotemnus glabriculus Gvl.
Eryx ater F.
Isomira murina L.
Direiva #4 gutlata Pavk.
Anaspis ruficollis F.
Zonabris variabilis. v. mutabilis Mars.
Pyrochroa coccinea L.
OŒEdemera flavipes F.
Otiorrhynchus singularis L.
Peritelus hirticornis Herbst.
Phyllobius argentatus et var. L.
Polydrusus amænus Germ.
— planifrons Gvil.
Strophosomus coryli F.
— Desbrochersi Tourn.
Sitona flavescens Marsh.
— Jineatus L.
— Sulcifrons Thunb.
Pissodes notates F.
Pachytychius sparsutus OL.
Ceutorrhynchus eric Gvll.
Balaninus nucum L.
Sibinia viscariæ L.
Rhynchænus fagi L.
— stigma Germ.
Cionus hortulanus Fourcr.
Apion craccæ L.
— 193 —
Apion sorbi F.
— fagi Kirby.
— trifolii L.
— frumentarium L.
— sedi Germ.
— violaceum Kirby.
— afline Kirby.
Cyphus nitens Scop.
X vleborus monographus F.
Leptura hÿbrida Rey.
Judolia cerambyciformis Schranck :
Strangalia aurulenta F.
— maculata Poda.
— bifasciata Muüll.
Stenopterus rufus L.
Platenumaris consimilis Schranck.
Gynandrophthalina concolor F.
Cryptocephalus vittatus F.
un labiatus L.
— bilineatus L.
— prgnieus v. amœnus Drap.
Chrysomela fastuosa Scop.
Spartophila olivacea Forst.
Luperus nigrofasciatus Gocze.
— flavipes L.
Psylliodes cuprea Koch.
Chivtocnema arida Foudr.
Balanomorpha chrysanthemi Koch
Sph:eroderma testaceum F.
Hispa atra L.
Adalia obliterata L.
Thea 22 punctata L.
Halyzia 12 gutlata Poda.
Hyperaspis campestris Herbst,
NOTE SUR DES SÉPULTURES ANCIENNES
Découvertes aux environs de Moux”(Aude)
Au nord et à 150 mètres environ de la gare de Moux,
un avancement molassique domine le chemin qui va à
Saint-Couat ; il représente les dernières assises du Luté-
tien moyen qui vont se perdre sous les alluvions moder-
nes. Cette masse rocheuse a quarante mètres de large el
s'élève au-dessus des terrains environnants ‘partie Nord:
d'environ trois mêtres. Une vigne à la végétation luxu-
riante le contourne. C’est dans le travail de remblaiement
de cette vigne que les ouvriers de M. Eugène LE ont mis
à jour quelques tombes et des silos.
Le travail de remblaiement consistait dans l’enièvement
de la terre arable qui se trouvait sur la partie basse de ce
tènement. Par ce travail la partie rocheuse fut dégagée
et on put y voir des tombes formant cercle et gardant
toujours la même orientation. Ces tombes sont de deux
formes, les unes en ovale allongé, ayant 2 mètres de
long sur O m. 40 dans Ia partie la plus large el O m. 20
dans la partie la plus étroite : celle des pieds. Nous avons
recueilli dans les déblais des blocs cubiques qui étaient
placés dans la partie large et qui devaient servir à ap-
puyer la tête. D'autres moulaient le corps du défunt et
avaient 2 mètres de long sur O0 m. 40 de large aux épau-
les et O0 m. 30 aux pieds. Ici la tête se dégageait au-dessus
des épaules et reposait dans une partie cylindrique. Elles
sont creusées de O0 m. 10 dans une molasse assez dure,
mais qui s’effrite facilement à l'air ; l'épaisseur de terre
arable qui les recouvrait était de O0 m.50. Ni couver-
cle ni dalle pour protéger le défunt, aussi tous les os
étaient brisés, pulvérisés presque. Leur orientation étail
Est-Ouest.
Au centre se trouvent six silos variant comme ouver-
Lure depuis 0 m. 40 jusqu'à O0 m. 70; leur DPOUACUE
varie suivant l'ouverture depuis 1 m. 20 jusqu'à 2 m.50.
Ils ont Fa même forme que les urnes cinéraires. Le rava-
lement est très régulier cl semble même avoir subi | ac-
— 195 —
fion du feu pour en durcir les parois. Chaque silo était
recouvert d’une dalle en calcaire compact, roche preve-
nant sans nul doute de la montagne d’Alaric, située à
2 kilomètres environ de ce point.
Comme trouvailles, M. Huc a recueilli un morceau de
fût de colonne en marbre de lAlaric, de O0 m. 20 de lar-
geur, une urne de O0 m. 05 en terre cuile dans une tombe,
une plaque de cuivre rouge percée, mais très fruste. À no-
tre tour, nous avons recueilli quelques fragments de pole-
rie noire irês fine et paraissant être faite au tour.
Ce mamelon a pu être muré, car dès le début du dé-
blaiement, on a reconnu des traccs de fondations.
Quoique les trouvailles faites en cet endroit ne soient
pas riches, nous pouvons, grâce surtout à la forme des
cercueils et à leur orientation, fixer approximativement
l'âge de ces sépultures et les faire remonter à l'époque
— 196 —
Romane secondaire. : A celte époque la forme des
cercueils ou des tombeaux non apparents a été à peu
près la même depuis le XI° siècle jusqu'au XIIIe. Le plus
souvent on remarquait à l’intérieur un espace circulaire
pour recevoir la têle. Quelquefois aussi la place de Ia tête
était indiquée par deux arêtes en pierre ménagées à l'ex-
trémité du coffre » 1.
« D'une manière générale. les cimetières se {trouvent sur
le versant oriental d’une colline, rarement en plaine : les
fosses sont orientées de l’ouest à l'est, le défunt regardant
le levant » ‘2".
Avec de pareilles données. notre tâche a été bien sim-
plifiée. Nous avons cherché dans les auteurs méridionaux
qui ont parlé de Moux. Et voici ce que nous avons trouvé :
Albas ‘fief et prieuré), dans l'ancien Diocèse de Nar-
bonne, pour le temporel et dans le diocèse de Carcas-
sonne, paroisse de Saint-Couat, pour le spirituel.
1110. — Bernard Alton, vicomte de Carcassonne. fait
hommage à l'Abbé de La Grasse pour : villa Atbars: ‘3.
1692, Juin 25. — Bail à ferme des fruits décimaux des
prieurés d’'Albas et Fleix. pour deux années. consenti par
M. de Grignan, évêque de Carcassonne, en faveur de Jean
Huc, baïilli de Moux 1'.
1722, Juillet 7. — Anne d’Alibert fait hommage au roi
pour Albas 5).
1777, Août 28. — Acte par lequel M. de Bezons, évêque
de Carcassonne, confère, en sa qualité d'Abbé de La
Grasse. le prieuré d'Albas à M® Jacques Camavon. cha-
noine trésorier de l'Eglise cathédrale : lequel, par autre
acte du 1er décembre de la même année, en prit possession
au lieu où se trouvait la vicille masure de l'Eglise du dit
Pricuré.silué à un quart de lieue du village de Moux 6.
(1) A. pe CAUMONT. — Architecture religieuse.
(2) BanRiÈRE-FLavy. — Sepultures barbares.
(3) Histoire générale du Languedoc.
(#) VIGUERIE. — Annales de Carcassonne.
(5) Mauuz. — Cartulaire de Uancien diocèse de Carcassonne.
(6) ViGtvERIE. — Ut supra.
— 197 —
1789. — M. le Prieur de Notre-Dame d’Albas entre,
dans l’ordre du Clergé, à l'Assembiée générale des Tiers-
Ordres de la Sénéchaussée de Carcassonne pour lélec-
lion des Etats généraux du Rovaume‘1).
1810. — Le pricuré de Sainte-Marie d’Albas n'était sé-
paré de Moux que par une colline et reposait dans la par-
lie la moins aride de la plaine, au bord d’un ruisseau
ombragé d'ormes et de peupliers. L'emplacement de l'E-
glise et du cimetière, livré maintenant à la culture, est
marqué par des traces de construction et des débris de
picrres tumulaires, mêlés à des ossements humains /2).
D'après ces divers textes, il nous semble évident que
nous nous trouvons en présence du cimetière d'Albas.
Prenons d’abord, pour le prouver, le nom de cette par-
tie du cadastre : Combe du Bas, qui signifie vallée de peu
de hauteur par rapport au pays environnant. Or, vu la
situation du cimetière, cette dénomination n'a pas sa rai-
son d’être, car, nous l’avons déjà dit, la partie qui nous
occupe est élevée. Le nom de cette Combe ne se serait-il
pas modifié ou simplifié ? Si nous le disons en patois, nous
avons : « Coumbo dal bas ». n'aurions-nous pas là son vrai
nom! Le prieuré de Sainte-Marie d’'Albas n'était séparé
de Moux que par une colline: nous l’avons encore, c’est
la prolongation de la colline 117.
La distance de Moux au prieuré était de un quart de
lieue : Ia distance est encore la même, un kilomètre en-
viron.
Cette partie était la moins aride de la plaine, le prieuré
était bâti dans les alluvions modernes, terrains de plaine
el de production. Le nom du ruisseau qui passait à ses
pieds élait le Lazagual, qui Y coule encore el qui va vers
Saint-Coual, d'où dépendait le prieuré pour le spirituel.
Rien dans le mobilier funéraire ne nous met sur la trace
de ces guerricrs aux armures de bronze qu'on enterrait
(1) Procés-verbal de L'Assemblée.
(2) MESTRE-Huc, dans l'Emancipation, Journal de Toulouse,
— 198 —
avec, ni sur la trace des femmes de cette époque qui em-
portaient dans Ja tombe de belles fibules ou ces épingles
que l’on retrouve parfois si bien conservées. Rien ! N'est-
ce pas une nouvelle preuve que nous avons là le cimetière
du prieuré d’Albas ? |
Quel peut être le mobilier funéraire d'un moine? IIS
partent Iles mains vides ; n'ont-ils pas. d’après leurs lois,
fait abandon des biens de la terre ? Ils partaient enserrés
dans ces coffres étroits, la tête bien posée dans cette ca-
vité qui moulait le crâne. Une urne noire, poterie de deuil,
les accompagnait. Elle était placée à côté de la têle,
pleine d’encens, afin de combattre la mauvaise odeur
qu'exhale le cadavre.
« L’encens est aussi le symbole des bonnes œuvres, qui
font pour le défunt une recommandation puissante au-
près de Dieu » (1). |
Quant à la présence des silos au milieu des tombes.
ils n'ont pu servir de sépullure par incinération. D'abord
ils sont trop grands ; tout au plus si les amphores qui ont
servi à un pareil usage ont O0 m. 40 de hauteur.
S'ils avaient servi de sépulture, on aurait dû trouver,
dans le déblaiement. des cendres, des charbons el
peut-être aussi quelques os calcinés, tandis qu'on en
a retiré une terre fine, qui paraissait même tamisée. Cette
terre y a été amenée par les pluies qui en ont opéré le
remplissage.
Quelle était donc l'utilité de ces grands trous aux vas-
Les panses arrondies ? C'étaient les greniers ou celliers du
prieuré de Sainte-Marie d'Albas.
Leur situation était un peu lugubre, il est vrai, mais là
ils étaient en sûreté. |
A l'époque où existait le prieuré de Sainte-Marie d’Al-
bas. les guerres civiles, les guerres de religion étaient fré-
quentes. des bandes de pillards saccageaient notre con-
trée. Les cloîtres el pricurés n'étaient pas épargnés. Au
contraire, €est chez eux que lon allait le plus souvent.
(D Pnu, DELAMAIN. — Le Cimetière d'Herpes,
— 199 —
car la renommée voulait que là existassent de grandes
provisions que les bandes armées ne dédaignent pas.
Pour sauvegarder lcurs réserves, nos prieurs, se ba-
sant sur le culle des morts, avaient fait creuser ces grands
silos au- milieu des tombes ; lendroit était sacré et puis,
qui aurait deviné un pareil stratagème ? Vers ces époques
lointaines, le culte des morts était mieux observé que de
nos jours, à l’époque Larnaudienne, par exemple. M. A.
de Mortillet nous décrit, dans son Musée préhistorique,
une fouille qui le prouve bien.
A Presle, dans la Seine-et-Oise, on mit à jour, dans le
Dolmen des Justices, un guerrier romain qu’on avait mis
à la place de l'homme de l’âge de la pierre. Mais au lieu
de rejeter le premier défunt, on avait placé ses os dans
un caisson à côté, sans ordre, il est vrai.
Les cimetières étaient des lieux sacrés, légendaires mé-
me, qu'on fuyait. Nos greniers étaient donc en sûreté,
c'est le cas de dire qu’ils étaient gardés par des morts.
Nous nous garderons de conclure, car notre compte-
rendu nous paraît encore incomplet. Nous souhaitons que
d’autres, mieux documentés, développent les quelques
idées que nous venons d'émettre et les mettent au point.
A. FAGES.
— 200 —
COMMUNICATIONS
Faites pendant les Séances de l'Année rgro
L. Gavoy... — Sur les récoltes myriopodologiques de M. H.
Ribaut dans la Montagne-Noire et les
collections de trois entomologistes de la
région toulousaine........ éséhiadete ;
A. Fages... — A propos d'un échantillon de Syénite prove-
nant de Fitou (Aude).......... Mrs us
M. Cathala. — Découverte d'une grotte sépulcrale dans la
commune de Montouliers (Hérault) .....
L, Gavoy... — Note sur la capture de deux Coléoptères
nouveaux pour le département de l'Aude.
A. Fages... — Analvse d'une étude de M. Ir D' Baudoin
sur la véritable signitication des trouvail-
les faites au pied des Menhirs..... se
F. Bru..... — Découverte de l'Epilobium parviflorum
Schreb., var. : menthoidles Haunk sur les
plages de Sainte-Lucie (Aude)..........
G. Hyvert.. — Présentation d’un appareil dont il est l'in-
venteur, destiné à la recherche du mouil-
lage des vins (NITROCOLORIMÈTRE DIFFÉ-
RENTIEL)........... RU ETS das on
A. Fages... — La Grotte du Trou du Renard, près Cavanac
CAUAC IS Na Ne en us
D' Bourrel.. — Un cas curicux de Tératologie végétale...
G. Bories... — Sur la Stratigraphie des environs de Rennes-
lés-Bains séismes sabeel sieur
L. Gavoy... — A propos du projet de loi, dépose le 25 octo-
bre 1910 sur le Burcau. de la Chambre
des Députés, en vue de la surveillance
des fouilles préhistoriques .............
À. Fages... — Etude des Silex et Quartzites de la région
d'Oran (Algérie) offerts à la Société par
—
M. F. Doumergue.............. aa
XXXVII
XLI
NLITI
NLV
XELVII
NLIX
LI
LIX
LI
LI
LXIN
LXVI
TABLE DES MATIÈRES
Contenues dans le Tome XII
INTRODUCTION
Liste des Membres Fondateurs..........,................. VII
I'' PARTIE
Etat des Membres de la Société au 31 décembre 1910... … IX
Liste des Sociétés correspondantes ..................... XXV
Administration de la Société pour l'année 1911 ............ XXXI
Procès-verbaux des séances de 1910......... serons XXXI
État des recettes et des dépenses de la Société au 31 dé-
cembre.....,,... estossssesesenssiese Snbsdonsétaeesses LXIX
Il” PARTIE
Rapport sur l'excursion du 28 mars 1910 aux Mines de Vil-
lardonnel et à la Grotte de Villaniere, par M. R. Esparseil. 3
Rapport sur l'excursion du 17 avril 1910 à Cesséras et à la
Grotte de la Coquille, par M. A. Fages............. 26
Rapport sur l'excursion du 26 juin 1910 à la Cascade de Cu
serviès et au Roc du Bougre, par M. L. Gavoy........ 35
Rapport sur l'excursion des 13 et 14 juillet 1910 au Pic de
Madres (2453 met. ), par M. L. Gavoy....... TR Se 40
Rapport sur l'excursion du 24 juillet 1910 au Château des
Cheminières, par M. Pierre Embry...... éd ss pee 49
III"* PARTIE
Trouvailles au plateau de Carsac, près Carcassonne... ... —. 09
Etude sur les Echinides crétacés de Rennes-les- Bains et des
Corbières, par M. J. Lambert..................,....... 66
— X)2 —
Dans la Montagne-Noire, par M. L. Gavoy.......... .... ; 188
Note sur des Sépultures anciennes découvertes aux environs
de Moux (Aude), par M. À. Fages...................... 194
Communications faites pendant les séances de l'année 1910. 200
Table des Matières...... sieste daes RE — 201
Le Tome XXII du Bulletin de la Société d'Etudes Scientifiques dr l'Aude
a été publié à Carcassonne le 15 septembre 1911.
Ce volume est délivré aux personnes étrangères à la Société
moyennant le prix de 10 francs.
Tarifs des tirages à part
Travail comportant uue feuille d'impression (10 pages) et au-dessus.
NOMBRE DE FEUILLES Di x 150 ex [100ex.[200ex. [00 ex.
Pour une feuille — papier,
piqûre et enveloppe de couleur
NON IMPPIMÉC. osseuses 2 fr.00/3 fr. 0015 fr.00!8 fr.0011G £.00
Pour chacune des autres fouil-
les en sus de la première ...... 1 002 :0/# 00/7 20112 00
Trois quarts de feuille en sus
d'une feuille (12 pages) ........ 1 G0!2 5013 90/5 70 8 30
Demi - feuille en sus d'une
feuille (8 pages)... .. ........ 0 951 9511 502 85) 4 15
Un quart de feuille en sus
d'une feuille (#4 pages) ......... 10 OI 15 SIT 95 3 35)
Travail comportant moins d'une feuille d'impression, c'est-à-dire
moins de 16 pages.
Trois quarts de feuille (12 Eee.
pages)... .. eee … (tr. %{2 tr. 50/4 fr.50|7 fr. 50[111. 50
Demi-feuille (8 pages) ...,.... [1 6512 254 005 O00!10 430
Un quart de feuille (% pages). V1 5512 O0! 5085 0019 OC
ee de ne nn
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NL |
SCIENCES LIB. |
SEP 10 1965 |
RS
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’ General Library
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